‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 7 sur 200 · CHARTRES · texte numérisé non relu

CHARTRES

du roi et du dauphin en Languedoc, Lyonnais et Maçonnais. Son père, Hector de Chartres, avait péri la même année , en défendant le parti Armagnac, sous les coups des Bourguignons, maîtres de la capitale. Le 28 mars 1424, Renaud de Chartres se vit accorder une première fois la charge de chancelier de France. Mais il la remit quelques mois après, le 6 août, entre les mains de Martin Gouge, son prédécesseur. En 142.5 Charles VII l'envoya comme orateur d'obédience auprès du pape Martin V , à qui l'antipape Clément V disputait le souverain pontificat.

Le 8 novembre 1428 Renaud de Chartres reçut une seconde fois de Charles Vil les sceaux de France, ainsi que le titre de chancelier : il occupait cette éminente position et partageait avec Georges de la Trémouille le gouvernement de l'État, lorsque Jeanne Darc se présenta devant Charles VII à Chinon. Renaud de Chartres fut au nombre des personnages qui, avant de souffrir que le roi agréât les services de la jeune inspirée , commencèrent par faire subir à celle-ci une sorte d'examen et d'enquête. Le chancelier se trouvait à Orléans pendant le siège mémorable de 1429; il se dirigea sur Blois pour y préparer le convoi de raivitaillement destiné aux assiégés et dont la conduite fut remise à la Pucelle.

Renaud de Chartres, fort engoué de lui-même, exerça avec quelques favoris un ascendant exclusif sur l'esprit du roi. Il vit tout d'abord d'un œil jaloux ce nouveau conseiller de la couronne, que la Providence envoyait en la personne de la jeune héroïne auprès de Charles VII pour le sauver. Les mesures énergiques, soudaines , extraordinaires que conseillait la Pucelle, troublaient et contrariaient à chaque pas chez lui les vues ou les calculs d'une politique mesquine et intéressée. Le chancelier, une fois poussé par les événements, les suivit à contre-cœur et à sa manière. Sans cesse intimidé par les obstacles , il attendait tout de son habileté comme négociateur. Jeanne marchait droit au fait , assiégeant et prenant les villes. Lors du siège de Troyes , devant la résistance des habitants , le chancelier venait d'ouvrir en conseil l'avis de battre en retraite , lorsque Jeanne , survenant tout à coup, opina pour un nouvel assaut, en promettant la victoire. Elle tint parole, et justifia son conseil. Ces incidents se renouvelèrent plus d'une fois pendant la courte durée de la carrière de la lilwratrice, et lui aliénèrent de plus en plus les sympathies du premier ministre. Jeanne fut faite prisonnière de guerre le 23 mai 1430, devant la place de Compiègne, alors occupée de vive force parles Français , et assiégée depuis sept mois par les Bourguignons. Dans sa passion pour les voies diplomatiques, Renaud de Chartres, au mois d'octobre précédent, avait voulu, contre 1er gré des habitants, livrer la ville de Compiègne au duc de Bourgogne, comme un gage propre à concilier les bonnes grâces du duc en faveur du roi de

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