‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 89 sur 200 · CHRETIEN — CHRISTIAN · texte numérisé non relu

CHRETIEN — CHRISTIAN

l,cs frères l'arfaict. Histoire du Théâtre- François , III, fuV. — Bibliothèque du Théâtre-Français ,\, 412. — Bibliothèque dramatique de M. de Soleinne , n° 923.

cimÉTiEN {Pierre), poëte latin moderne, né à Poligny , eu Franche-Comté , dans le seizième siècle. On a de lui : Lucanici centones , ex Pharsalise libris desumpti, in quibus faciès bellorum apud Belgas gestorum repreesenta- ^«r; Besançon, 1588, in-4° ; Bruxelles, 1590, in-8" : ce centoQ de Lucain est un violent pamphlet contre les insurgés des Pays-Bas.

Feller, Dict. biogr. univ., édit. de M. Weiss.

CHRÉTIEN. Voyez Plessis {Toussaint du)

I CHRIST {Jean-Frédéric), poëte et savant alle-

^nand, ^né à Cobourg, enl701, mortleS aoùtl756.

1 hérita du goilt de son père pour les lettres, et

le bonne heure il s'essaya dans la poésie. Trois

ins de séjour à léna le mirent à même de com-

léter ses études. A son retour dans la maison

iaternelle, il se chargea de l'éducation des en-

mts du baron Wolzogen, premier ministre du

uché de Saxe-Meiningen , et voyagea avec ses

ilèves. C'est ainsi qu'il visita une seconde fois

Ma , puis Halle, où il se lia avec les savants de

luniversité de cette ville et y obtint la permission

l'ouvrir des cours publics , quoiqu'il ne fût pas

acore maître es arts. A Leipzig, où il connut

riebner, ilfut recommandé par Celnia au chan-

îlier polonais Bunau, qui lui confia l'éducation

un de ses fds. En 1729 Christ se fit conférer le

Te de maître es arts ; il obtint à la même époque

titre de professeur adjoint d'histoire, puis il

■sita avec son élève les principales villes d'Al-

nagne, l'Angleterre et la Hollande, et séjourna

.elque temps à La Haye. A son voyage de re-

ar, il passa parvienne, Venise, Vérone et

xAoue. En 1740 il fiit nommé professeur titu-

re de poésie, et le succès de ses leçons fut tel,

e pour avoir moins d'auditeurs il était obligé de

•mmencer son cours avec le lever du soleil. L'ex-

'j du travail abrégea ses jours. Les principaux

' I ses nombreux ouvrages sont : Commentatio de

mensuartium; Halle, 1726, in-4° ; — Ajia-

:ta de sportula clientelari; ibid., 1726,

4"; — Commentatio de Ulrico Hutteno;

:d., 1727, in-4'' ; — Noctes academicee obser-

Hionibus literariis ad rem Uterariam mis-

i lis et conjecturis expositse; Halle, 1727-

29, iri-8°; — Disputatio derebus Longobar-

i;i5 ;ibid., 1730,in-4° ; — de Nic.Machiavello

I ni//; Halle et Leipzig, 1731,in-4°; — Vario-

■ m carminum sïlva; ibid., 1733, in-8° ; —

^iputatio de murrinis veterum; Leipzig,

]i3, in-4° ; — Magisteria veterum in poculis;

il., 1745, in-8°; — Prolusio de Phœdro

usque fabulis ; ibid., 1746 ; — Anzeige und

jslegung der Monogrammatum beriihmter

Mhler, Kupferstecher und anderer Kunstler

(odication et explication des monogrammes

(peintres, graveurs et autres artistes célè-

1 s ); ibid., 1747, in-8" ; traduit en français, sous

1 titre de Dictionnaire des monogrammes;

lis, 1750, in-8°; — ad Ertiditos quosdam de

moribus simul de Phœdro ejusque fabulis uberior exposltio; accessit auctarium fabulantm quarundam Phsedri nec Phœdri ; Leipzig, 1747, in-4°; — Fabularum veterum JEsopicarum libri II ; ibid., 1748. in-4°.

Adelung, suppl. A Jôcher, Allgem, Gelehrten-Lexicon. — Meusel, Gel. Deutch.

* CHRiSTENius {Jean), musicien allemand, né à Bottstœdt, en Thuringe, vivait au commencement du dix-septième siècle. Il fut chanteur dp l'électeur de Saxe et musicien k Altenbourg. On a de lui : Selectissima et nova cantio, quam Valedictionis ergo dedicat Patronis , 6 vocib^is ; léna, 1 609 ; — Musikalische Melodien mit i stimmen gesetzt ; Leipzig, 1016, in-4°; — Gulden Venus- Feil , in welcher zu finden, neue weltliche lieder, teutsche und polnische Tànze; Leipzig, 1619; — Sijmbola saxonica, Fiirstlicher Personen tœgliche gedenkspriiche mit 3 stimmen gesetzt; Leipzig, 1 620 ; — Complementum, und dritter Theïl Fest und Aposteltxgiger evangelischer Spreuch, so Melchior Vulpius ubergangen , mit 4-8 stimmen; Erfurt, 1621 ; — Omnigeni mancherley Manier neuer weltlicher Lieder; Erfurt, 1621.

Fétis, Biographie universelle des Musiciens.

CHRISTIAN, nom de huit rois de Danemark, dont voici l'histoire :

CHRISTIAN I", roi de Danemark, deNorvège et de Suède,néen 1425 ou 1426, mortle21 mail481. 11 fonda l'illustre maison d'Oldenbourg, dont les descendants ont régné jusqu'à nos jours sur le Danemark. A la mort du roi Christophe de Bavière, qui fut le dernier de la race des Valdemars, et ne laissa pas d'héritiers directs, l'aristocratie du royaume, pour mettre fin à de longues dissensions, offrit la couronnée Adolphe, duc de Slesvig ; celui-ci refusa, et recommanda son neveu Christian, comte d'Oldenbourg, descendant par les femmes de l'ancienne famille royale de Danemark. Christian accepta la couronne, et signa mie sorte de charte {capitulation), conclue dans l'intérêt de l'aristocratie; puis il épousa la reineDorothée, veuve de son prédécesseur, et fut sacré roi de Danemark, le 28 octobre 1449. La célèbre reine Marguerite, en fondant à Calmar l'union des trois royaumes du Nord, avait dû admettre la clause que la royauté serait, comme avant l'union, le produit de l'élection par les états des trois royaumes ; mais l'application de cette clause amena de grandes difficultés. Cette fois encore les Suédois n'approuvèrent pas le choix des Danois. En Suède, malgré un parti puissant, composé surtout du clergé. Cari Knutson (Charles VHl), déjà administi-atefu- avant le roi Christophe , avait réussi à i^e faire éUre roi. Peu de temps après, il entra en Norvège, et par l'influence de l'archevêque de Drontheim, Aslak Boit, il s'empara de la couronne de ce pays. Mais en 1450 la noblesse de Suède et de Danemark conclut un traité par suite duquel Cari Knutson dut renoncer à la couronne de Noiwège; il fut même

décidé qu'en cas de mort d'un des prétendants, le trône de Suède tomberait en partage au survivant. Christian fut sacre roi de Norvège en 1450, et en 145G il commença la guerre contre la Suède ; peu de temps après , Cari Knutson, s'étant rendu odieux aux Suédois par ses violences, fut chassé, et Christian fut reconnu roi de Suède et couronné à Upsal, en 1458. A la mort du duc Adolphe, survenue sur ces entrefaites, en 1459, Christian, au lieu de garder le. duché de Slesvig comme un fief tombé en déshérence , préféra négocier avec les nobles et prélats du Slesvig et du Holstein, et après avoir signé, en 1460, une convention qui liait plus encore qu'en Danemark le pouvoir royal au profit de l'aristocratie, il fut élu duc et comte de ces deux provinces , et reçut l'hommage de la ville de Hambourg. En Suède quelques impôts firent éclater de nouveau une révolte, et après une défaite de Christian, de retour d'une expédition contre les Russes, Cari Knutson fut rappelé, et remonta sur le trône en 1464. Christian réussit, par le concours du clergé, surtout de l'archevêque d'Upsal, Jens Bengtsen Oxcnstieni, guerrier intrépide, à iechasser encore une fois. 11 espéra en vain recouvrer le trône. En 1467 Cari Knutson fut encore rappelé par quelques familles puissantes de la noblesse, et à sa mort, en 1470, son neveu, Steen Sture, fut élu régent, ou administrateur du royaume.

Christian, pour faire valoir ses droits, arriva devant Stockholm à la tête d'une grande flotte et d'une armée de 5,000 hommes ; mais ayant perdu la sanglante bataille de Brunkebjerg, où le roi fut blessé par une flèche (1), les derniers 500 Danois se sacrifièrent, comme les compagnons de Léonidas ; il futobhgéde renoncer à ses projets, et dut se contenter de régner en Danemark et en Norvège. Roi loyal et guerrier, il n'eut peutêtre pas assez le souci des finances du pays ; il manqua aussi de prudence lors de l'acquisition des duchés de Slesvig et d'Holstein , et n'en sut pas assurer la possession à ses successeurs. 11 laissa le commerce de Norvège aux mains des villes hanséatiques, dont le pouvoir était si redouté que le roi respecta leurs privilèges même après que les marchands delà Hanse à Bergen, bravant l'autorité royale, eurentfait périr dans les flammes d'une égUse incendiée le bailli et l'évéque, en 1455. Les ports de la Norvège restèrent interdits aux Flamands, rivaux de la Hanse, et quelques-uns même aux Anglais, auxquels cependant une convention conclue plus tard avec Edouard IV fit ouvrir tous les ports norvégiens et danois , excepté ceux de l'Islande. Christian , las de ses guerres, fit vœu d'aller en pèlerinage à Jérusalem, et se mit en route en janvier 1474, avec une suite de 150 nobles et prélats. Il reçut dans ce voyage les hommages les plus empressés de l'empereur Frédéric IH, des ducs d'Autriche et de Milan. Deux cardinaux l'attendaient à la frontière

(1) il tua (le sa ptopre main dans cette bataille un chef enncrui.

des États pontificaux, et les autres princes de l'Église l'escortèrent, au milieu d'une foule immense, jusqu'au palais du pontife. Le roi montra la plus grande piété, paria à genoux au pape, et lui offrit, entre autres présents , des harengs, des morues et des peaux d'hermine. Sixte I\ lui fit présent d'une rose d'or, lui donna des indulgences, un morceau de la vraie croix , une canne à pomme d'or, des mouchoirs bénits el un habUlement magnifique, également J)énit. I le défraya tout le temps qu'il resta à Rome, e le dispensa du pèlerinage à Jérusalem moyen nant une aumône donnée à un hôpital. En outre il lui accorda des privilèges p<îur les églises é Suède et la confirmation de l'ordre de l'Élépiian (symbole de force et de courage ), institué ; l'occasion du mariage du prince royal Jean ave Christine, fille d'Ernest , électeur de Saxe. Ei 1475, à son retour de.Rome, le roi fit unvoyag à Cologne, pour réconcilier l'empereur Frédé rie m avec Charies le Téméraire. Christian étai presque toujours en proie à des embarras finan ciers ; ainsi, lors du mariage de sa fille Margueril avec le roi Jacques UI d'Ecosse , ne pouvar trouver de l'argent pour payer la dot , il fi obligé de mettre en gage les îles de Shetland < d'Orkeney, qui sont devenues, par droit de pre; cviption, la propriété de l'Angleterre. Aussi fallu il lutter longtemps contre les mêmes embarri avant que Christian pùtréaliser son idée favorit de fonder pour la première fois en Danemark ui université libre à Copenhague. Cette fondatii avait été autorisée par le pape en 1474 ; mais l'i niversité ne fut ouverte qu'en 1479. Hans ( Jeai fils de Christian lui succéda sur le trône.

P.-L. MôLLER de Copenhague.

J. Langebck, Christian I udôdelige Jhuhommclse(V négyrique de Ctir. I| ; Copenhague, i7't9.-E. C. Werhu Tre Jfhaiidlinoer til Christian I Historié ( Scandina Litt. Selsk.Skri/ter. 15 voI.}|; 1849.-J.-H. Schlegol, C Christ. I. Udenlandsreise 03 Ophold I Rom. (Voyage séjour àRome,enlklit ; Samlungen zur Dan. Ceschich, 2 \o\.).— Lettres de Christian J, dans Suhms nyc Saml ger, 3 vol., et dans Scriptorcs rerum danicariim, 8v.

CHRISTIAN II, roi de Danemark, de Norvè

et de Suède , fils du roi Haiis ( Jean ) et pet

fils de Christian I'% né le 2 juillet 1480 , roi •

1513 à 1523, mort prisonnier, le 24 janti

1559. Ce prince, dont les bonnes qualités fure

longtemps mal appréciées pa-les historiens, aVî

reçu une éducation des plus singulières. Natup

lement doué d'un esprit juste, on laissa à la vie

à l'expérience le soindel'éclairer. Son père l'ati

mis en pension chez un honorable bourgeoia

Copenhague, ensuite chez un chanoine, qui le fr

nait chanter à l'église avecles enfants du peup

Un précepteur, venu de Brandebourg, lui apjif

la langue latine , et le laissa libre de choisir f

camarades et ses plaisirs. Nommé successe

au trône du vivant de son père, dès 1501,

prit part au gouvernement , notamment en N(

vège, où, avec beaucoup d'énergie et de sévéri

il comprima les insurrections de Canut-Alfe

en 1502 et de Herluf-Hydefad en 1508. Sorti

iOS

rasion de l'fle de Gothland fut moins heureuse. >tte entreprise avait pour objet de miner la pré- )ondérance des villes hanséatiques, qui s'entenlaient avec les insurgés de la Suède. Christian ,igna à son avènement, sans l'intention de la res- )ecter, une capitulation qui mettait plus en- ;ore que celle de son père la royauté à la merci !le l'aristocratie laïque et cléricale, en leur réserjrant le droit de haute et basse justice , et en prohibant l'hérédité de la couronne ; mais dès (ion avènement au trône tous ses efforts tendirent ]. fortifier la puissance royale, surtout en Suède, lù l'on avait refusé de le reconnaître, et où un louvel administratetir on régent, Steen Sture B jeune, fils de Svante Sture, s'opposait à l'union e Calmar. Christian, pour s'allier à la maison la 'lus puissante de l'Europe , demanda et obtint en uariage laprincesse ÉUsabeth (Isabelle), fille de ''liilippe F"", roi de Castillc, et sœur de Charles- )uint;iirépousa, à Copenhague, le 12 août 1515. lajfiunesse et les vertus d'Elisabeth la firent aimer ar le peuple ; d'après son conseil, Christian lit |enir en Danemark , où l'horticulture était peu ■éveloppée, une colonie de villageois flamands, ;our y introduire les modes de culture et les proidés en usage dans les laiteries des Pays-Bas, et nt les descendants, habitant la petite île d'Aont conservé jusqu'à nos jours les anciens Isages et costumes. Ce fut aussi par cette reine lue le luxe et les modes de la brillante cour de lourgogne pénétrèrent dans le Nord. Malgré son iariage, et sans que la paix domestique en partit ■oublée, le roi gardait sa maîtresse, la belle Diiecke, qu'il avait connue à Bergen en Norvège, ù sa rnère Sigbritte tenait une auberge. Cette mine, d'origine hollaudaise, et douée d'un> esprit ès-judicieux, exerça sur le roi une grande in- .uence. Elle connaissait bien les institutions, l'in- ■ustrie, les sources de la richesse des Pays-Bas ; : ses tendances hbéraies se trouvaient tellement accord avec les sympathies de Christian , qu'il li confia l'administration des revenus des douacs, môme de celles d'Œresund. A la fin, la favoite devint une sorte de premier ministre ; elle fut :Our beaucoup dans les sages lois qui concihèrent u roi l'amour du peuple ; elle protégea efficacelent le commerce national contre la concurrence es villes hanséatiques ; forte de son bon sens et e la faveur du roi , elle brava la noblesse , qui exaspéra de plus en plus. Duvecke mourut sûrement, en 1517, probablement empoisonnée à instigation de quelques membres du sénat , qui =î composait des nobles, ou des parents de Torten Oxe, jeune gentilhomme, amoureux de Du- Bcke, et qui pensait à l'épouser. A la suite d'un al de la cour, où Torben Oxe avait fait des aveux «discrets, le roi, irrité et peut-être jaloux, le fit iger par un jury, composé, au mépris de là caitulation, de douze paysans, qui rendirent un erdict à double entente. Oxe fut immédiatement écapité, et ni le sénat, ni le légat du pape, ni la îine ne purent le sauver.

Peu de temps après, Christian entreprit la guerre contre la Suède. En 1518 il se présenta avec une flotte devant Stockholm, mais revint sans succès en Danemark. Le chef du parti danois, l'archevêque d'Upsal, Gustave Trolle , fut destitué par une assemblée de nobles et de prélats, puis assiégé par Steen Sture , le régent, qui brûla le château de l'archevêque et le mit en prison. A cettenouveUe, le pape Léon X excommunia Sture, mit tout le royaume en interdît, et chargea Christian de l'exécution de la bulle. Un légat du pape, Angelo Arcemboldi, qui vendait des indulgences, ayant révélé à Sture les plans du roi, Christian fit saisir les richesses , soit en argent, soit en provisions, qu'il avait accumulées en Danemark, et les employa à la nouvelle expédition, qui eut lieu en 1520. Une députation danoise, Sigbritte à la tête, avait été envoyée à Bruxelles, pour réclamer à la cour un à-compte de la dot de la reine, fixée à 200,000 florins d'or. La cour de Bruxelles, mécontente deceque la même députation était allée à Paris réclamer des secours conformément aux traités, paya seulement, après mie longue résistance , la moitié de la somme demandée. L'armée danoise , renforcée par des volontaires de tous pays et par un corps auxiliaire de 2,000 Français, commandé par Gaston de Brézé, se rassembla dans les provinces méridionales de la Suède actuelle, qui j 11 »|u'en 1658 firent partie du Danemark. Le fameux Théophraste Paracelse assista, dit-on, comme chirurgien militaire à cette campagne. Les Danois, commandés par le général Otto Krumpen , passèrent la frontière , et battirent les Suédois dans la journée décisive de Bogesund, en Vestergothiand, le 19 janvier 1520, où l'administrateur Steen Sture fut tué. Après une victoire remportée sur une nombreuse troupe de paysans, près d'Upsal, tout le pays tomba entre les mains de Christian, excepté Stockholm, où l'héroïque veuve de l'administrateur, Christine Gyldenstjerna, organisa une résistance énergique. Il fallut Tanivée d'une flotte coDimandée par Christian lui-même, et un siège de quatre mois, pour que la vUle ouvrît ses portes. Mais déjà le 7 mars la noblesse avait conclu la paix ; l'union fut rétablie à Copenhague, le 31 mars, une amnistie complète promise, et Christian II couronné roi de Suède le 4 novembre 1520. Malheureusement les prélats qui entouraient le roi ne reconnurent pas l'amnistie promise par ce prince et par le général Krumpen. Gustave Trolle demanda, au nom de Dieu , du pape et de l'Église , d'être vengé ; il fut soutenu par Jens Andersen Beldenak, évêque de Fiouie, et par Diderik Slaghoek, parvenu vestphalien , amené en Danemark par Arcemboldi, et devenu secrétaire et confesseur du roi . Le bruit fut répandu qu'on avait voulu faire sauter par des mines le château royal à Stockholm. Cédant aux instances de ses conseillers cléricaux, Christian fit arrêter environ quatrevingt-dix notables suédois , parmi lesquels deux J évêques, dont l'un même était partisan du roi*

déclarés coupables d'hérésie et de conspiration contre le pape et l'Église, ils furent décapités à Stockliolm, le 7 novembre. Leurs biens furent confisqués, ainsi que ceux de la veuve de Steen Sture , également condamnée pour hérésie, et emmenée en prison en Danemark. Slaghoek et Beldenak prirent possession des deux évêchés vacants. Le retour du roi de Stockholm en Danemark fut encore signalé par d'autres exécutions sanglantes.

Ayant soumis la Suède, et laissé des garnisons dans les principales villes, Christian crut pouvoir continuer les réformes delà législation, interrompues par la guerre. Il établit l'unité de poids et mesures dans tous ses États, fixa un nouveau tarif de douanes, et des taxes fort régulières ; institua les postes aux lettres et une police sanitaire. II organisa l'enseignement primaire du peuple, réforma les écoles supérieures , et éleva le salaire des précepteurs. Il fit défense de brûler les sorciers et sorcières", fit respecter les formes de la justice, et institua à Roskilde un tribunal siùcituel , indépendant de Rome. Il s'occupa avec sollicitude du sort des paysans ; il interdit la coutume barbare de les vendre et de les acheter, et porta ainsi un coup redoutable au servage, introduit seulement vers le commencement du quinzième siècle par les nombreux nobles allemands qui vinrent s'établir en Danemark. Jusque alors la féodalité avec l'hérédité des fiefs et d'auti-es abus étaient inconnus dans le Nord ; les paysans y formaient une classe libre , ayant droit de participer à l'élection royale et au vote des lois et des impôts dans les assemblées publiques. Ensuite Christian II mit, sous peine de mort, fin au droit d'aubaine, si contraire au commerce, et que l'on exerçait de la manière la plus barbare : souvent les naufragés étaient tués , et leurs biens appartenaient par confiscation aux seigneurs et aux évêques voisins. Mais avant tout il avait en vue le -tiers état; il comprit que Ja création et l'émancipation de cette force sociale n'étaient possibles que par l'encouragement de l'industrie nationale et la délivrance du commerce des mains de la ligue lianséatique. Il projeta de faire de Copenhague un port hbre et le centre du commerce de la Baltique , en dépit de Lubeck. Puis il accorda à la bourgeoisie des droits politiques , en créant l'organisation indépendante des communes et l'administration des villes par des magistrats communaux (1). Il .rendit des ordonnances contre le luxe énorme du clergé et de la noblesse , qui furent obligés de payer des impôts comme les autres classes. Il régna enfin presque en monarque absolu, entouré de conseillers du peuple, haï de l'aristocratie laïque et cléricale autant qu'il était aimé des bourgeois et des paysans. Malheureusement il ne lui fut pas permis de consolider son œuvre ; bientôt on s'éleva contre lui de plusieurs côtés. La ré-

(1) Les deux codes de Christian II, de 1521 et de 1622, furent réédités par 1'. Rcsen, en 1034.

forme des moeurs du clergé, qui s'était beaucoup plus occupé de comntei-ce que de religion les sympathiesdu roi pourles doctrines naissantes de Luther, professées dès 1520 à Copenhague sans grand succès, par les prédicateurs Martin Reinhard et PauUvs Eliœ, éveillèrent les soupçons de la cour de Rome. Le nonce Jean Fi-ançois de Potentia fut envoyé en Danemai-k pour demander réparation au sujet de l'exécution des deux évêques à Stockholm. L'archevêque de Lund , Diderik Slaghoek, reconnu seul coupable, fut condamné et pendu à Copenhague, le. 29 janvier 1522. Mais déjà la Suède , où les récentes violencesdu roi l'avaient rendu^impopulaire, était en pleine révolte. Le jeune Gustave Wasa , dont le père avait été une des victimes du massaci-e de Stockholm , réussît à lever une armée de paysans de la Dalékarlie et à chasser le; garnisons danoises. Il assiégea Stockholm, ei fut proclamé administrateur. En même terni); Christian fut en lutte avec son oncle Frédéiic duc de Holstein-Segeberg , qui le poursuivait <li ses prétentions féodales. Les Lubecquois , alliée de Gustave-Wasa, déclarèrent la guerre, et menacèrent Copenhague d'une attaque. Christiai les repoussa vigoureusement avec 10,000 paysans mais , privé de ressources financièi-es , il ne pu rien entreprendre contre la Suède , et convoqua pour trouver les fonds nécessaires , une dict( vers la fin de 1522. Au heu de s'y rendi-e, le; prélats et les nobles se réunirent à Viborg, er Jutland, appelèrent l'oncle du roi, le duc Fré déric, au trône, et proclamèrent la déchéance di Christian. Ils y accusèrent celui-ci d'avoir violé k capitulation, exprimèrent leur mécontentemen contre ses réformes, en représentant les maladici et les guerres des derniers temps comme une pu nitionde Dieu. Un seigneur, appelé Mogens-Munk ne craignit pas d'apporter en personne au ro cette insolente déclaration. Christian, au lieu de faire appel aux bourgeois et aux paysans, s'embarqua le 23 avril 1523 à Copenhague avec I; reine, ses trois enfants, Sigbritte et plusieui.' Danois de distinction, pour aller aux Pays-Ba: demander secours à son beau-frère Chailes Quint. Les fidèles citoyens de Copenhague c de Malmoe soutinrent vaillamment un siège di huit mois. Le départ de Christian amena en Suètk la victoire de Gus'tave. Maître de Stockholm, i obtint la couronne , et mit fin en 1523 à l'union dt Calmar, qui avait duré 126 ans, sans que les peu pies en comprissent encore les avantages. Lf chute de Christian II fut l'affermissement de 1; servitude féodale et le triomphe de l'aristocratie, à laquelle les tentatives du roi avaient tant déplu, que peu de temps après on brilla publiquemeni ses statuts comme « nuisibles et contraires aux bonnes vieilles coutumes ».

On a peu de détails sur la vie aventurcusf que mena Christian n pendant neuf ans à l'étranger. Assez bien reçu à Bruxelles, il fut am du célèbre Érasme, qui dans ses écrits vant(

Page 1