CHRIS
embarras étaient immenses ; Cliristme en fut (épouvantée , et ne trouva de salut que dans la pensée d'une abdication (1651). Mais une vigoureuse opposition, à la tête de laquelle se distinguait le chancelier Oxenstiem, le plu s sincère ami de la vieille monarchie de Gustave- Adolphe , empêcha la fille de ce grand roi de consommer son dessein. Elle sembla se résigner , reprit les rênes du gouvernement avec une nouvelle énergie , et pendant quelque temps on n'eut aucun reproche à lui adresser. Cette seconde partie de son règne fut consacrée à l'accomplissement de son idée ifavorite : les sciences, les lettres et les arts fixèrent presque exclusivement sou attention ; ,elle fit des achats d'objets précieux , dont elle icrabellit les musées de la Suède , et s'entoura de pavants et d'artistes. Descartes , exilé de France,
frouva un asile à sa cour , et elle se mit en corespondance avec Grotius, Puffendorf, Saumaise, jNaudé, Vossius, Meibom, Bochard, Chevreau et Conring. Le médecin Bourdelot avait disparu; mais les favoris régnaient encore. Parmi eux , on BÏtait particulièrement des étrangers : Chanut, mibassadeur de France, Whitelock, envoyé par 3romwell , et Pimentelli , que l'Espagne avait içcrédité auprès de la reine. Cette société l'hommes érudits et de petits rnaîtres bienexer- ^s dans l'art de la galanterie ne pouvait man- (uer d'inspirer à Christine une profonde anti- )athiepour un pays dont les mœurs simples et nême grossières encore formaient à ses yeux un )éuible contraste. La perspicacité de Christine le pouvait d'ailleurs lui laisser ignorer à quel )oint elle descendait dans l'estime publique ; ïlle n'attendait donc qu'une occasion pour en retenir à ses projets d'abdication. La conspiration le Messénius ne tarda pas à la lui fournir : les hefs du complot périrent sur l'échafaud , mais iresqu'en même temps Christine convoqua les ■tats à Upsal, et , inébranlable cette fois dans .a résolution, elle déposa sa couronne entre les nains de son cousin Charles-Gustave (6 juin 654). Elle s'était réservé le revenu de plusieurs Jistricts de la Suède, de la Poméranie et du ■leklembourg, l'indépendance de sa personne et j'atrtùrité suprême sur les pei sonnes de sa mai- ,on qui se décideraient à la suivre. Peu de Suédois prirent ce parti : sa maison se composa iresque entièrement de ces étrangers qu'elle •vait s"i bien accueillis lorsqu'elle était sur le ,rône.
j Quelques jours aprèà son abdication, elle avait (uitté les habits de son sexe , et partait en preiantpour devise ces mots ; Fata viam inventent. irrivée à Bruxelles en traversant le Danemark ft l'Allemagne, elle se décida à mettre à exécution *n projet qu'elle nomrissait depuis longtemps , rt profita d'une entrevue qu'elle eut avec l'archiluc Léopold, le comte Fuen Saldanha, le comte flontecucuUi et son favori Pimentelli , pour re- .loncer au luthéranisme , qu'elle abjura ensuite iolennellement dans son passage à Inspruck , au
NOUV. BIOGR. UNIVERS. — T. X