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dans le Slesvig. L'ile de Fionie fut cédée à Geertles autres îles et la Scaulc à Johan. En 1331 , a.pTès la défaite de Christophe à Lohede, en Slesvig , Geert s'empara encore du Jutland , de sorte qu'il ne resta au roi que la ville de Skanderbon , une partie de Lolland et quelques possessions en Estonie. Deux nobles de bas étage incendièrent la résidence du roi, et le firent prisonnier, espérant une grosse récompense s'ils le livraient à ses ennemis ; mais ceux-ci n'en ayant pas voulu , ce roi , le plus malheureux qui ffit en Danemark , mourut peu de temps après, dépouillé de toute autorité. Il y eut ensuite un interrègne de huit ans, pendant lequel le comte Geert exerça une autorité absolue. La ligue hanséatique, formée vei"s la fin du treizième siècle, s'empressa de profiter de la dissolution politique du Danemark. Ce ne fut qu'en 1340, lorsqu'un noble jutlandais, Niels Ebbesen, eut tué Geert et chassé les Holsteinois du Jutland , qu'on put appeler au trône le fils cadet de Christophe, Valdemar, surnommé le Grand ou Atterdag , père de la Sémiramis du Nord^ la reine Marguerite.
CHRISTOPHE III, dit rie Bavière, roi de Danemark, de Norvège et de Suède, mort le 6 janvier 1448. Son prédécesseur, Erik de Poméranie , ayant été déposé par les états réunis , le sénat danois choisit, en 1439, Christophe, comte palatin de Bavière , neveu d'Erik et descendant par les femmes de Valdemar Atterdag. Il ne piit d'abord que le titre à' administrateur ; mais en 1 440, après avoir signé une capitulationkyïhovg en Jutland , il fut élu roi de Danemark par les deux ordres privilégiés. En Suède, où Karl Knutson régnait déjà en qualité à' administrateur, il fut sacré en 1441, au prix d'une capitulation et en cédant la Finlande et Œland à Karl Knutson; l'année suivante il fut sacré en Norvège , où cependant Erik de Poméranie avait de nombreux partisans. La royauté était héréditaire dans ce pays , et Bugislav, le cousin d'Erik, était déjà désigné comme devant succéder à la couronne. Mais, secondé par le clergé, Christophe l'emporta , et il fut couronné en 1442. En Danemark, Christophe sanctionna la convention du sénat avec le duc Adolphe, qui cédait à ce dernier le Slesvig à titre de fief héréditaire. Mais dans le bas peuple les sympathies pour Erik et l'oppression croissante des nobles suscitèrent une révolte; en 1441 une armée de 25,000 paysans jutlandais battit les troupes royales, et douze nobles seigneurs, faits prisonniers dans la bataille, furent mis à mort. Christophe vint ensuite lui-même en Jutland avec des forces imposantes, et défit les paysans , dont 2,000 furent tués. La tranquillité étant rétablie, il interdit aux classes inférieures l'usage de porter des armes, fixa le tarif, jusque alors arbitraire, des dîmes, et char-, gea le clergé de surveiller le peuple. Christophe s'occupa ensuite de mettre des bornes au monopole commercial exercé dans le Nord par la
ligue hanséatique; il accorda les mêmes privilèges aux Hollandais, aux Anglais et auxÉcossais ; il augmenta le péage d'CEresund , il transféra la résidence royale de Roskilde à Copenhague, pour faire de cette ville , désormais la capitale du royaume, une rivale des villes hanséatiques, et ne laissa à celles-ci quelques-uns de leurs anciens privilèges qu'en échange d'avantages considérables. Il résolut même, en représailles de l'attaque sur Copenhague en 1428, de s'ernparer par surprise delà ville de Lubeck. Il s'allia avec quelques princes allemands, qui, sous prétexte d'un tournoi, devaient se rendre dans cette ville pendant que Christophe s'tipprocherait avec sa flotte ; mais un accident fit échouer ce plan. En 1444 Christophe célébra dans les trois royaumes son mariage avec la princesse Dorothée, fille du margrave deBrandebourg, Jean V Alchimiste; elle devait lui apporter une dot'de 30,000 florins du Rhin, somme qui ne fut jamais payée : le margrave s'était ruiné à la recherche de la pierre phik)sophale.
Christophe de Bavière se montra toujours préoccupé de la prospérité de ses États ; il promulgua un code municipal , mais il ne fit rien pour les paysans, dont la position en Danemark dès le commencement du quinzième siècle était des plus tristes, ce qui contiibua à rendre impopulaire dans les deux autres royaumes l'union avec le Danemark. Sous le règne de Christophe on vit les paysans de quelques provinces suédoises mêler, pendant une disette, de l'écorce de bouleau avec la farine, ce qui lui valut de leur part le surnom de roi d'écorce. Christophe mourut subitement, à Helsingborg, sans laisser d'enfants. En lui dormant pour successeur Christian I", le sénat comptait réunir le Scesvig au royaume; un autre parti aurait voulu donner la couronne à un gentilhomme danois. Canut Henriksen Gyldenstierne, que la reine était disposée à épouser. Les premiers successeurs de Christophe de Bavière ne surent pas continuer ses efforts pour abattre la ligue hanséatique; et l'union de Calmar fut dissoute à la mort de ce roi, pour se renouer et se rompre sous ses successeurs à diverses reprises. L'idée politique de Marguerite, qui promettait un bel avenir aux royaumes unis, en les rendant maîtres des mers de la Baltique et du Nord , n'eut après la mort de cette princesse qu'une réalisation passagère. L'hérédité n'ayant pas été fixée comme règle absolue, les négociations, forcément renouvelées audécès de chaque roi, se trouvèrent i presque toujours enti'avées par une défiance et 1 un désir mutuels de prééminence. Ce n'est que de nos jours qu'on regrette ces avantages perdus, et que les peuples voisins, mieux éclairés et gué- • ris de leurs anciennes jalousies , se tendent les bras. P. L. Moller, de Copenhague.
Mallet, Histoire de Danemark. — Holberg, Dan»marks Riycs Historié. — Suhm , Historié af Danmark (justjii en 1400),— n/i^en Haandbog i Fœdrel. Historié.
CHRISTOPHE {Antoine-Noël-Matthieu), lit-
CHRISTOPHE
érateur français, né à Lyon, en 1768, mort à Véris-les-Bains, le 31 juillet 1824. Prêtre au comnencemeut de la révolution, il émigra pour cause le refus de serment, et ne rentra en France qu'en 1797. On a de lui : Antoinette et Valmont; Paris, 1801, 2 vol. in-18. L'abbé Christophe traîuisit de l'anglais trois romans de Henri Lée : Arundel et Henriette; 1800, in-12; les Deux Emilie; 1800, 2 vol. in-18 j le Château de Saint-Hilaire ; 1801, 2vol. in-12; —Lettres Athéniennes; 1802,4 vol. m-i2; ~ Dictionnaire pour servir à Vintelligencb des auteurs ■classiques; 1805, 2 vol. in-8''. Cet ouvrage est ïraduit de Lemprière.
yuérard, la France littéraire.
CHRISTOPHE ( Henry), le troisième des chefs noirs de l'ancienne colonie de Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti, né dans l'ile de la Grenade, le 6 octobre 1767, suicidé à !a suite d'une insur- Irection, le 24 octobre 1820, en son château royal :1e Sans-Souci.
• Né de parents esclaves, Christophe dirigea, au commencement de la révolution de 1789, l'hôtel ic la Couronne au Cap-Français, après avoir été îiuaiicipé par un officier de marme , lors de la prise de la Grenade sur les Anglais par l'amiral d'Estaing. Son intelligence et son activité ilui avaient procuré quelque aisance et du crédit sur ■les hommes de sa race. II ne prit aucune part à la première insurrection des esclaves, an mois d'août 1791. Mais quand elle se renouvela, en 1793, il devint' un des chefs de bande, et participa aux pillages qui désolèrent à cette époque la belle et riche colonie. Les plaiiteurs, par leur orgueil et leur cruauté ;envers Ogé et les hommes de couleur, avaient fini par réunir contre eux les mulâtres et les-noiis; la Convention, en prononçant, en 1794, l'abolition de l'esclavage, ne fit que consacrer nn fait accompli. Christophe se fit remarquer de Toussaiut-Louverture , générahssime des insurgés en 1797 ; il fut élevé à un grade supérieur, et contribua puissamment en 1798 à l'expulsion des Anglais qui avaient envahi l'ouest de l'île, de même qu'en janvier 1801 il fit partie de l'expédition qui opéra momentanément la réunion de la partie orientale, occupée par des Espagnols. Malgré leurs succès et une indépendance réelle de la métropole pendant plusieurs années , les chefs des noirs et les hommes de couleur avaient conservé pour elle une sorte d'attachement et de respect. Si donc sons le consulat le gouvernement français avait reconnu franchement la liberté des noirs et les droits poUtiques des affranchis , il eût été possible d'y faire reconnaître soit la suzeraineté de la France, soit au moms un traité d'alliance et de commerce qui eût ménagé à la France les privilèges coloniaux , malgré la jalousie de la Grande-Bretagne. Mais les anciens préjugés n'étaient pas dissipés à la cour des Tuileries ; on ne croyait pas les noirs susceptibles d'organisation , et, en ne voyant en eux que des barbares, on oubliait la capacité qu'avaient mon-
trée les hommes de couleur alliés avec eux depuis 1792. On envoya une armée formidable , composée des bandes de l'ItaUe et des débris de l'année d'Egypte , sous le commandement du beau-frère de Napoléon , Leclerc , avec le titre de capitaine général. En même temps qu'on faisait inscrire sur les drapeaux : Braves noirs , la France reconnaît seule vos droits et votre liberté, on donnait des ordres pour le rétabhssement de l'esclavage à la Guadeloupe, où on ne réussit qu'en versant des flots de sang. Pendant que l'expédition commençait ses opérations à Saint-Domingue, on faisait décréter par le corps législatif, le 20 mai 1802, l'esclavage ancien dans les colonies restituées par le traité d'Amiens , ce qui s'appliquait aussi à la Martinique.
L'expédition française arriva sur les côtes de l'ancienne colonie à la fin de janvier 1802. Christophe déclara, dansunmanifestedulS septembre 1814, que Toussaint-Louverture n'avait donné à ses lieutenants aucun ordre de résistance et n'avait fait aucun préparatif de défense. La flotte se présenta d'abord devant le port du Cap-Français, le 4 février; Christophe demanda un délai pour obtenir l'autorisation de son chef, afindeperraettrele débarquement; on ne voulut pas l'accorder. Dans la nuit (1) , Christophe donna l'ordre d'incendier la ville entière, avec tous ses édifices pitblics. Malgré la résistance qu'y opposèrent les habitants et la milice, le feu fit disparaître cette cité florissante par te commerce ; et la population, repoussée par les soldais , dut l'évacuer, après avoir VU consumertoutes ses propriétésmobilières. Cet événement eut un retentissement immense en Amérique et en Europe, et aùuprmié à la métaoire de Christophe une renommée presque ineffaçable de barbarie, quoique cinq ans après, devenu souverain de cette partie de l'île, il se soit plu à embellir pendant son règne la nouvelle viUe, qui avait été rétablie, en bois, peu après son incendie , et qu'il ait créé sept palais , soit dans ses murs, soit dans ses environs.
Christophe avait été mis hors la loi, ainsi que d'autres chefs, par le capitaine général Leclerc. Le 26 avril (2) il fit sa soumission , à condition que sa proscription serait révoquée , et qu'il serait maintenu dans son grade , ce qui lui fut accordé. Cette défection lui fut reprochée par Toussaint-Louverture, qui fut forcé de se soumettre lui-même, ainsi que Dessalines et autres chefs, les plus redoutables. Plus tard, le 12 juin, îe chef de l'expédition fit arrêter Toussaint, sous prétexte de conspiration, et l'embarqua pour la France. Cette conspiration restera sans doute un problème historique; mais un écrivain d'Haïti, qui n'est pas suspect, a pubhé des documents qui semblent en établir la réahté, en même temps que la trahison de Dessalines envers son ancien
(1) Madiou, Hist. d'Haïti, 3 vol. in-S», 1847-1848, ch. 22, t. H, p. 142; imprimée au Port-au-Prince , et Mémoires sur Saint-Domingue.
I (2) Madion, ibid., ch. 26, p. 246.
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chef (1). Quant à Christophe, il est difficile de croire qu'il ait trempé dans le fait , car avant sa soumission ( le 22 avril ) il avait refusé de livrer Toussaint-Louverture. La longue captivité du premier des noirs, et sa mort au fort de Joux, sans qu'on ait fait constater sa traliison , accusent le gouvernement français au moins d'avoir violé les lois de l'équité, en ne le rendant pas à la hberté, surtout après l'évacuation de Saint-Domingue. Cependant l'armée française s'affaibhssait à vue d'œil, par la fièvre jaune; les généraux mulâtres, Clairvaux et Pétion, ayant pris l'initiative de l'insurrection, le 16 septembre 1802, Christophe imita leur exemple ; et dans la guerre sanglante qui se renouvela, il ne fut pas celui qui se distingua le moins par ses talents militaires. Il emporta d'assaut les avant-postes du Cap , et assiégea la ville, déjà rétablie par le capitaine général Leclerc. Après la mort du chef de l'expédition française (2 novembre 1802), il redoubla d'énergie contre Rochambeau, son successeur. De grandes cruautés furent commises de part et d'autre. Elles étaient du côté des noirs commandées surtout par Dessalines, un véritable barbare, qui après révar,uation de la colonie, le 28 novembre 1803, proscrivit tous les blancs, et devint le souverain d'Haïti sous le nom de généralissime , et ensuite d'empereur. Après sa mort, arrivée le 17 octobre 1806, on vit qu'il avait, par ses excès monstrueux en tous genres , précipité Haïti dans l'anarchie. Christoplie , son généralissime, conspirait lui-même pour se mettre à sa place. Les généraux insurgés offrirent de se rallier à son pouvoir, sous la condition qu'une constitution limiterait le pouvoir du chef de l'État ( 21 octobre). Le 23 Christophe adhéra à la résolution, ainsi que son état-major (2), et publia une proclamation (le 2 novembre). Il se mit, le 24, eu relation avec les puissances étrangères. Mais, d'autre part-, le général Pétion, homme de couleur, qui commandait daus l'ouest, où cette caste dominait, n'avait point reconnu le gouvernement rétabli dans le nord, et avait convoqué une assemblée constituante au Port-au-Prince. Elle proclama la république le 57 décembre , en lui donnant pour chef un président élu tous les quatre ans, comme aux États-Unis. Christophe protesta les armes à la main contre la nouvelle constitution, et marcha sur le Port-au-Prince. Pétion alla à sa rencontre; on se battit à Cibao. Christophe eut l'avantage, et attaqua la ville; mais il fut repoussé, et retourna sur ses pas. Il publia au Cap un acte constitutionnel , délibéré dans im conseil privé, qui lui déféra la présidence à vie, avec le titre de généralissime de toutes les troupes d'Haïti (17 février 1807) (3), avec les pouvoirs souverains extérieurs. C'était une aristocratie militaire qu'il voulait fonder. Non content de ces pouvoirs, en 1811 il prit le titre de roi.
(i) Maaiou, mst. d'Haïti, ch. S7, toin. 11, p. 261 à 26a.
(2) Ibid., ch. 43, toro. lU, p. 244.
(3) Ibid., P. Justif.; et Unant, Lois d'Haïti, l, l",
créa une noblesse, et se fit sacrer sous le nom di Henri ï". Pour donner quelque consistance ; cette royauté , il fallait ranger sous ses lois Haït tout entier. Malgré ses talents miUtaires, Christophe ne put triompher des forces du sud et di l'ouest, commandées par le général Pétion, soi rival, créé président de la répubhque d'Haïti; e la partie française de Saint-Domingue resta di viséeen deux États, jusqu'à la mortde Christophe L'acte du 28 mars 1811 qui investit celui-c de la royauté fut consacré par une belle médaill( d'argent, frappée à Londres, avec la légende . Dieu, ma cause et mon épée, et un phénix renaissant de ses cendres. Cet acte était calculé de manière àlui ménager l'appui du clergé catholique, auquel il accordait un arclievêque et plusieurs évêchés ; mais comme il s'était fait sacrer avec de < l'huile de cacao, par un ancien capucin, dont il fit son aumônier, et qu'il créa duc et archevêque avant d'avoir traité d'un concordat avei! le pape, le saint-siége ne voulut point dépossédei ; l'archevêque de Saint-Domingue et reconnaître} ce nouvel État. D'un autre côté, Christophe avail créé une maison royale et militaire, avec une armée de 24,000 hommes , que ne pouvait entretenir une population pauvre et sans commerce de 240,000 âmes à peine. Des avantages accordés | au commerce anglais lui ménagèrent d'utiles relations, et une correspondance pour l'organisation des écoles, entretenue avec Wilberforce, fit croire qu'il voulait morahser et éclairer la nation haïtienne. Il avait rétabli les mœurs , en honorant le mariage. Il avait épousé une femme de condition libre , et lui demeura fidèle , au milieu des déportements de la cour de l'empereur Jacques (Dessalines), son prédécesseur : il ne donna jamais à cet égard que de bons exemples ; mais son despotisme et sa cruauté étaient intolérables : il se livra à des exactions , monopolisa l'mdustrie, et rétablit le servage de la glèbe, avec des moyens de répression bien voisins de l'esclavage. Wilberforce, qu'il avait trompé, a chargé sa famille de publier sa correspondance (1) et de justifier de l'emploi des sommes mises à sa disposition par ce chef pour lui procurer des instituteurs. Christophe avait organisé une garde spéciale, établi une prison d'État, élevé des châteaux dispendieux , notamment le palais de Sans-Souci. Il avait prodigué les titres nobiliaires, sous des dénominations dont un grand nombre prêtaient au ridicule, comme celles de prince de Trou-Dondon, duc de la Marmelade , comte de Limonade, baron du Berceau, de la Seringue, etc. Ces noms étaient ceux d'anciennes plantations; mais ils furent prodigués sans mesure et sans intelligence.
La mort de Pétion, en 1818, fit croire à Christophe qu'il pourrait réunir le sud et l'ouest de l'ile à la partie du nord, trop petite poui- «ontenter son ambition. Mais il échoua encore dans cette expé-
(i) Kllc a été publiée en 7 val, iti-is, 1838^1840.