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CHRYSOSTOME
pays entièrement inhospitalier. Pour l'y conduire, il fallait traverser presque toute la péninsule de l'Asie Mineure. On eut l'inhumanité de M faire parcourir cette route à pied, au milieu des chaleurs de l'été, la tête nue et chauve, sous la garde d'une escorte de soldats , qui n'avaient aucun ménagement pour la faiblesse d'un vieillard épuisé de travaux et ruiné par de fréquentes maladies. A l'approche de Coraaua du Pont, il se trouva dans l'impuissance de poursuivre sa route, et demanda, comme dernière faveur, de retourner à l'étape du matin, où se trouvait la chapelle de Saint-Basilisque, afin qu'il pût y réciter ses prières. Là, il se revôtit de vêtements blancs, en signe du voyage qu'il allait faire dans un autre monde , et il mourut sur le tombeau du saint, à peine sexagénaire. La nouvelle de son martyre se répandit rapidement dans les contrées d'alentour, et tous ceux auxquels la foi chrétieuue était chère accoururent à ses funérailles. Ses cendres furent tranférées à Constantinople en 438 (1); mais dès l'an 414, sur les pressantes sollicitations du sage pontife Innocent F", saint Chrysostome fut porté sur la liste des saints, même à Constantinople, où Atticus, qui était devenu archevêque, revint sur le témoignage qu'D avait porté contre sonillustre prédécesseur en 404. Théodose U vint prier sur ses cendres, et demander au saint martyr pour les auteurs de ses jours, Arcadius et Eudoxie, le pardon de leurs persécutions (2). Saint Chrysostome était de petite taille, et il avait le corps décharné ; mais le feu de son génie éclatait dans ses yeux : son éloquence était vive et abondante. Ses amis, cependant, lui ont reproché trop de prolixité , surtout dans ses prologues. 11 s'en est excusé, dans un de ses ouvrages, par la nécessité de l'improvisation et du grand nombre d'auditeurs illettrés auxquels il s'adressait. Sous le rapport littéraire et historique, il est utile qu'mi choix de ses œuvres soit feit , pom' ménager sa réputation d'écrivain éloquent et pour éviter de nombreuses répétitions. Il est incontestable qu'il était emporté et violent de caractère , et que la liberté de ses apostrophes n'aurait pas été tolérée dans une bouche moins éloquente et dans des fonctions moins sacrées. Saint Chrysostome rencontra du reste iJans Sisinnius, évêque des novatiens, à Constantinople, un antagoniste éloquent et savant, qui, maître de lui-même dans la discussion, parvint-sur la question de la fête de Pâques à tenu* en échec le pouvoir de saint Chrysostome et composa un ouvrage contre lui. Un liistorien ecclé&iastique presque contemporain atteste ce fait singulier (3).
Du re&te, saint Chrysostome était beaucoup plus tolérant que sa véhémence et le nombre de ses écrits polémiques le feraient supposer; car il a reconnu la liberté de conscience, en professant
(1) Palladlus, Socrate.
(2) Théodoret.
(8) Socrate, 22.
(ju'il ne fallait pas poursuivre l'hérétique, mais riiérésie (1), et en ajoutant, d'après la parole du Christ, qu'il ne faut persécuter personne, et que tuer l'hérétique serait exciter la guerre dans le monde entier (2). Aussi a-t-il encouru devant le synode l'accusation de s'être montré trop tolérant pour les Hellènes (païens). Le motif le plus plausible de sa déposition et de la persécution de trois années dont il devint la victime repose principalement sur son refus de condamner la mcMuoire d'Origène.
Ses œuvres sont considérables en nombre; elles ont été publiées plusieurs fois complètement : H. Savile, Eton, 1612, 8 vol. in-fol. ; Fronton-du-Duc, 12 vol. in-fol., 1614-1621-1624 et 1633; Montfaucon et les bénédictins, 13 vol. rn-fol., 1718-1738, édition réimprimée à Venise en 1753. ~ MM. Dùlraer et Th. Fix, d'après Montfaucon et les inédits , 13 vol. in-4°, 1834- 1S40, avec une table des matières, très-prolixe, mais incomplète en ce qui concerne les noms propres. — M. Fr. Dijbner ira vaille à une édition définitive des œuvres historiques et des chefsd'œuvre oratoires pour la bibliotlièque grecque de MM. Didot (sous presse, in-8% 1854, en 2 vol.). Ses œuvres ont été traduites partiellement dans presque toutes les langues. Voyez l'édition des Œuvres choisies par Ath. Auger, 1785 , 4 vol. in-8°; par Guillon, évêque de Maroc, Bibl. des Pères de l'Église, in-S", 1835, et suiv., vol. X à XIX. Voyez aussi la magnifique apologie de M. Villemain, avec la traduction des passages les plus intéressants, dans son livi'e Sur l'éloquence chrétienne au quatrième siècle, 2*^ éd., 1849, in-S", p. 154-217. Les travaux critiques sur ce Père de l'Église sont innombrables.
Analyse des principaux ouvrages de saint Chrysostome ; Tome \" de l'édition des bénédictins. Exhortation à Théodore, son ami, qui, après avoir embrassé la vie solitaire , était rentré dans le monde , et que par ce motif il appelle tombé. Divisé en deux parties, l'ouvrage renferme l'histoire de plusieurs jeunes hommes, opulents comme Théodore, qui après avoir abandonné moraentanénient la vie du désert, y étaient revenus, après avoir ressenti la satiété et le remords des voluptés illicitesi Tel n'était peut-être pas le cas de son ami, qui recherchait dans lexnariage une position honorable ;'caf on dit qu'il ne céda pas aux prières de saint Chrysos-» tome.— Il est suivi de trois opuscules sur la préférence due à la vie monastique, au point de vue du salut des âmes; d'un écrit dans lequel il compare un moine à un monarque ; et de deux livres à Stéléchius, sur la componction, ou religion du cœur. Mais l'ouvrage capital sur cette matière est celui, en trois parties, qu'il écrivit à Stagire, auquell' ascétisme avait donné des hallucinations. Pour le guérir de cette maladie, saint Chrysostome lui conseille une vie active. Cinq écrits sont relatifs aux mœurs des femmes et à la virginité. Le premier a pour but de flétrir un état qui n'était ni le mariage ni la virginité : c'était l'usage de recevoir dans sa maison des vierges, dont on prétendait respecter la vertu ; le second, d'interdire aux
(1) Tom. II, p. 841.
(2) Tom. VII, p. 542.
CHRYSOSTOME
chrétiens dé doirner asile aux femmes qui avaient fait des vceux; le troisième exalte la virginité, et la place bien au-dessas du mariage ; le quatrième recommande aux jeunes veuves de rester dans cet état, et leur donne sa mère pour modèle ; et le cinquième prescrit d'évitée les secondes noces. L'œuvre
■ capitale de ce volume est le traité du Sacerdoce épis-
■ l'opal , en six livres, dans lequel on lit le touchant épisode des efforts faits par la mère de saint Chrysostome pour le détourner de se retirer du monde. Vient ensuite sa première homéhe, pour l'inaugura-
1 tion de sa promotion à l'état de prêtrise. On y rei marque encore, parmi de nombreux traités tbéologi- ' ques, une homélie sut saint Philc^onius, qui d'avocat était devenu évêque; sur le tremblement de terre d'Antioche de l'an 386 ; sur les trop fréquents anaihèmes portés contre les vivants et les morts, et sur les divisions existant à Antioche entre les évêques nommés par les orthodoxes et par les ariens ; sur la célébration des calendes de janvier, ou étrennes du jour de l'an, adoptée par les païens et les chrétiens. Ce volume est terminé par d'assez nombreux écrits apocryphes attribués à saint Chrysostome, et notamment par une prétendue réponse de Théodore le Tombé à son antagoniste^
Tortii II. il renferme les écrits relatifs à l'émeute d'Antioche dans laquelle on renversa les statues de Tliéodose et de l'impératrice, à la désolation qui s'empara de la population quand elle se rendit coaipte des dangers que M faisait courir la colère de l'empereur; aux premiers actes de répression; à la ré'solutlon généreuse que prit l'archevêque Flavien, malgré son grand âge et ses infirmités, d'aller à Constantinople implorer la clémence du souverain ; aus incidents du voyage ; au discours que le prélat ailressa à Théodose et au résultat heureux de cette démarche ; à la joie que ressentit la population nombreuse d'Antioche de l'obtention de son pardon ; à la reconnaissance qu'elle en témoigna à saint Chrysostome, son consolateur pendant les jours de crise; aux mesures de répression auxquelles l'empereur se . rcitreignit vis-à-vis de quelques coupables , et aux j privilèges perdus par la cité rebelle; aux leçons î quele saint prêtre en lira pour Tamendemen t des chré- I tiens, — Nous citerons particulièrement les homé- ! lies 2, 5, 6, 1 1 , 1 4, 1 7, et surtout la 21 <=, contenant le dis- \ cout3 à l'èmpereUr, composé par sâîrtt Chrysostome. ! Ce vjlume contient encore, p. 4i7432, un discours I sUr l'époque précise de la naissance de Jésus- Christ, qu'on croyait avoir été récemment découverte, et qu'm voulait fixer définitivement ; plusieurs homéïes sur les actes de la vie de saint Paul , le plus i leitrt et peut-être le plus grand des apôtres, no- ! tamnent la quatrième ; l'homélie sur Mélétius, ar- L chevcque d'Antioche, le premier bienfaiteur de saint Chrysostome ; les deux sermons sur saint Babylas, qii contiennent des accusations exagérées contre rcmp(reur Julien, et l'apologie de l'incendie du tempk païen de Daphné , dont Libanius avait déploré U perte. On y trouve, enfin, une homélie sur un nouveau tremblement de terre éprouvé par Antioche, un grand nombre d'éloges de martyrs, des dissertctions bibliques, et d'autres ouvrages théologiques,
Tom III. La plus grande partie du l" vol. de ce tome eit consacrée aux écrits de saint Chrysostome relatifs à des sujets moraux, religieux et sociaux, tels quele choix d'une épouse, la répudiation, etc.; mais l'éliteur a eu le bon esprit de réunir dans un ordre clronologique les écrits relatifs aux actes de la vie poliique de saint Chrysostome, depuis son ar-
rivée à Constantinople , et à son double exil, jusqu'à sa mort prématurée. Ils terminent la première partie, et remphssent toute la deuxième, à partir de la p. 434 jusqu'à la p. 904. Cette série importante commence par les deux homélies de l'an 599, au sujet de l'asile accordé à Eutrope. La seconde fut prononcée après qu'Eutrope, qui s'était imprudemment éloigné de cet asile inviolable et avait été pris, eut subi la peine capitale. Cette seconde homélie, bien inférieure à la première, a paru suspecte au savant et consciencieux Tillemont. L'homélie suivante a été prononcée sur les troubles de Constantinople et l'exil des généraux Saturninus et Aurélieil, victimes des persécutions de l'usurpateur Gaïnas. L'auteur n'aborde ce sujet qu'avec circonspection, et par allusions. Trois sermons, conservés en latin seulement, sont relatifs au voyage de saint Chrysostome, en Asie, pour apaiser les troubles d'Éphèse , et au différend qui s'éleva entre lui etSévérien, évêqUe de Gabales, à cause des intrigues que fit celui - ci à Constantinople pour le supplanter dans son siège et lui faire encourir la disgrâce du souverain. On y trouve ensuite (p. 494-499) l'homélie dans laquelle l'auteur rendit compte au peuple de sa disgrâce et de l'exil dont il était menacé (eu 403); elle est suivie de deux écrits très-courts, dont un au moins fut prononcé la veille de son départ et dont l'autre est suspect de fabrication. Trois homélies aussi courtes, qui auraient été prononcées au retour de son premier exil , sont ici rapportées. L'homéUe sur la Chananéenne, attaquée comme suspecte par Fronton, est défendue comme authentique par Tillemont et par Montfaucon , au moins poUr la majeure partie, à cause des détails qu'elle renferme sUi- son premier exil. Quatre pièces de l'an 404 et de l'an 403 figurent ensuite dans ce recueil; c'est 1° la lettre par laquelle saint Chrysostome informa Innocent, pontife de Rome, des circonstances de son deuxième exil ; 2° la réponse, courte mais sympathique, du saint pontife ; 3° sa lettre au clergé de Constantinople pour la réunion d'un concile ; 4° la lettre de l'empereur d'Occident Honorius à son frère Arcadius, contre cet acte odieux de persécution. Une cinquième lettre au nom de saint Chrysostome. est adressée aux prêtres arrêtés pour sa cause en 404. Enfin, on y trouve une deuxième lettre écrite par saint Chrysostome au pontife de Rome , du lieu de son exil et sur ses misères, en 406. Le volume se termine par le. texte de 242 lettres écrites pendant le cours de cet exil et par quelques autres, postérieurement découvertes, et qui complètent le récit du martyre du grand et saint prélat, qui dans cette terrible épreuve, et malgré l'épuisement de ses forces, ne cessa d'édifier le monde chrétien par ses vertus apostoliques, et fit rougir ses ennemis les plus acharnés.
Tom IP'. — Consacré aux homélies ou commentaires et sermons sur la Genèse et autres parties de l'Ancien Testament et à quelques parties du Nouveau.
Tom. F, — Commentaires sur les Psaumes ; c'est un ouvrage écrit avant son épiscopat, et dont il nous reste à peine le cinquième.
Toin. FI. — Commentaires sur Isaïe, Jérémie, Daniel, et sur les obscurités des prophéties, avec sept écrits de Sévérien sur la création du monde et le serpent du jardin d'Eden.
Tom. Fil et FUI. — Commentaires sur l'Évangile de saint Matthieu et sur l'Évangile de saint Jean.
Tom. IX. — S5 homélies sur les Actes des Apôtres, et 32 sur l'Épître de saint Paul aux Romains.
Tom, A', m, XII. — Homélies sur les autres
CHRYSOSTOME — CHRZANOWSKI
épîtres de saint Paul, et 15 homélies sur divers sujets religieux, notamment celle qui est relative à la translation des reliques qui eut lieu en présence de l'impératrice Eudoxie, et de l'empereur Arcadius, avec un autre écrit de Sévérien.
Tom. XIII.— Dialogue historique de Palladius, évêque d'Hélénopolis, contemporain de saint Chr y sostome, avec Théodore, diacre de l'Église romaine, sur les mérites et la vie du saint archevêque, en <0i pages. Cet ouvrage, étranger à saint Chrysostome, pourrait être réduit aux détails purement historiques, et dans tous les cas il devrait être divisé en paragraphes. — Il est suivi d'un.Épitomé anonyme sur la vie du même prélat , qui paraît entaché de plusieurs erreurs, et d'une ample dissertation de Montfaucon sur celte vie, en HO pages. On y a joint d'utiles dissertations sur les préjugés régnant à l'époque de saint Chrysostome ; quinze sermons inédits, mais réputés apocryphes, comme tous ceux qui remplirseut la fin des volumes précédents; les extraits de Photius sur les ouvrages de saint Chrysostome, une lettre de Libanius, et quelques autres témoignages anciens, notamment celui de suidas; et enfin des tables. La deuxième partie de ce volume est remplie par un avertissement du nouvel éditeur, M. Théobald Fix, un double index, et l'Abrégé de la vie de saint Chrysostome par Stilthing. Isambebt.
Sa vie par Stilthing, angl.. Actes des Saints. — Sept., IV, 203.— Tillemont, Mémoires. — Montfaucon, éd. 1840, t. XIII, p.. 103-213. — L'évéque de Maroc, X, p. 67-149.— Néander, 1827; S» édit,, 1848, 2 vol. in-8".
CHRYSOSTOME (Dion). Voyez, Dion.
CHRYSOTBEMis et EUTELiDAS, statuaires d'Ajgoa^ vivaient vers 520 avant J.-C. Ils firent les statues en bronze de Damarète et de son fils Théopompe, vainqueurs aux jeux olympiques dans la soixante-cinquième et la soixante-sixième olympiade, Pausanias décrit l'une de ces statues, et cite l'inscription qui donne les deux artistes comme Té/wv âiSoTe; èx itpoTs'pwv. Ces mots semblent indiquer que Chrysothemis et Eutelidas appartenaient à des familles dans lesquelles l'art était héréditaire.
Pausanias, X, 6.
1 cHRZANOWSiii, {Adalbert), général polonais, né en 1788, dans le palatinat de Cracovie. Il descendait d'une famille ancienne et célèbre dans les annales de la Pologne, parce qu'elle a produit l'immortelle héroïne de Trembowla, qui sauva cette forteresse en 1675, en forçant son mari, commandant du fort, à se défendre jusqu'à la fin contre les Ottomans. Il fit ses études à l'université du chef- lieu. En 1809 il entra dans le corps des cadets à Varsovie, d'où il passa en 1811 sous-lieutenant dans l'artillerie. Après la campagne de 1812, qui lui fournit plusieurs fois l'occasion de se signaler, principalement à Krassnoï, où il fut blessé , il se montra encore avec honneur à Leipzig, puis plus tard sous les murs de Paris, et enfin à la bataille de Waterloo. Après l'abdication de Napoléon, il retourna dans sa patrie, et fut nommé lieutenant dans la nouvelle armée polonaise, qui venait de s'organiser sous les ordres du grand-duc Constantin. Peu de temps après, «n l'attacha au général russe
d'Auvray, que son gouvernement avait chargé d'établir et de marquer les nouvelles limites entre la Russie et le royaume de Prusse, et auprès duquel il resta huit ans. Grâce à la protection de ce général , il obtint le grade de capitaine. Lorsque Diebitsch partit, en 1828, pour sa campagne contre les Turcs, il demanda d'emmener Chrzanowski, dont il appréciait les talents, et que le général d'Auvray lui avait d'ailleurs fortement recommandé. Dans cette campagne, on dut en partie à Chrzanowski la prise de Varna. Après la paix d'Andrinople , l'empereur Nicolas le récompensa en le faisant lieutenant-colonel, et ce fut lui que l'on envoya à Varsovie pour porter au grand-duc la nouvelle de la cessation des hostilités. Il se trouvait dans cette ville lorsqu'éclata la révolution du 29 novembre. Au commencement de janvier on lui confia le commandement de la forteresse de Modlin, qu'il eut bientôt mise en état, et le mois suivant Skrzynecki, nommé généraUssime, le choisit pour son chef d'état-major. Appelé au conseil, il s'y fit remarquer par la ténacité de son opposition. « Il avait rapporté (dit Roman Soltyk, dans son ouvrage sur la dernière révolution de Pologne) de ses campagnes de Turquie, faites sous les ordres de Diebitsch , une idée exagérée des forces de l'empire et de l'excellence des troupes moscovites aussi lorsque Prondzynski , plein de confiance et d'ardeur, disait qu'il faillait attaquer les Russes deux contre trois, partout où on les rencontrait, Chrzanowski répliquait que les Polonais ne pouvaient pas même les combattre à forces égales. Cependant ces opinions personnelles, ajoute Soltyk, ne le détournèrent pas de l'accomplissement de ses devoirs : il rendit à ia Pologne, en différentes occasions, d'importaats services jusqu'au blocus de Varsovie, et en fut récompensé. » Sa belle résistance aux Russes, qu'il empêcha de passer le Wieprz, lui valut le grade de général de brigade. Dans le mois de mai, il eut occasion de se mesurer près de Kotzk avec le général Thieman, dont il avait été laide de camp et l'ami : il le culbuta , et se retira à Zamosc. Placé ensuite dans le palatinat de R)dlakhie , il se signala dans plusieurs rencontres qu'il eut avec le corps de Rùdiger. Le 14 jullet, enfin , il remporta une victoire signalée prfe de Minsk. Si tous ceS succès n'eurent pas une grande iniluence sur le sort de la Pologre, ils gênaient au moins les mouvements des Eusses et les tenaient en respect. Mais ce qui fait éplus d'honneur à Chrzanowski, c'est de s'êt*e fait jour à travers l'ennemi avec vingt-cinq pièces de canon qu'il an>enait de Zamosc pour la défense de la capitale, et d'avoir réussi à les conduirejusque dans les murs de Varsovie.
Saretraite àZamoscpassepour un chef-dœuvre stratégique. Le gouvernement lui rendit la justice qui lui était due en le nommant, à la fin dejuillet, général de division. Vers cette époque, il îut une entrevue avec le général Thieman. On a ton-
!497 CHRZANOWSKI
ours ignoré le sujet de cette conférence; mais .;e fut de ce moment que datèrent toutes ses lemi-mesures et son opposition à tout élan de latriotisme. Comme chef d'ëtat-major générai , m l'accusa d'avoir laissé pénétrer les Russes jus- [u'à Lowicz et d'avoir poussé Skrzynecki à î'inction qui amena sa ruine. 11 alla même jusqu'à irotester contre le principe de la guerre. Dans la iiiit du 15 août, le pouvoir ayant passé dans les lains de Krukowiecki, Chrzanowski fut nommé ar le nouveau chef gouverneur de la capitale. ,c dernier jour du bombardement, lorsque enints et vieillards criaient : Aux armes! etcouîient sui" les remparts, il s'opposa de toutes 3S forces à cet élan général ; il fit arrêter et déirmer tous ceux qui se rendaient au lieu du ambat (Ga::,ette nationale de Zakroczym, 331, n° 2). Lorsque enfin la trahison eut fait reimber Varsovie au pouvoir des Russes , il y I !sta ; et pendant que ses compagnons se bat- \ ient encore aux portes dé la capitale, il se ^pouilla de son grade de général, que la révotion lui avait conféré. Quelques mois après les j usses lui délivi'èrent un passeport de colonel )ur l'étranger. Mal accueilli en France par ses ères d'armes, il se rendit à Bruxelles ; mais le inéral Dwernicki, comme chef de l'émigration, împressa d'annoncer au gouvernement belge le les Polonais ne recomiaissaient point Chrza- >wski pour leur compagnon d'exil, et il fut iligé de revenir à Paris. Dans les premiers ois de 1849, Chrzanovfski fut appelé au comandement de l'armée piémontaise, avec le titre major général. Les Piémontais, après une tte acharnée, furent vaincus à Novarre, le 23 îrs; mais les juges impartiaux ne sauraient jeter sur Chrzanowski la responsabilité d'une faite amenée d'un côté par l'audacieuse maeuvre du feld-maréchal Radetzky, qui reprit ffensive en franchissant à Pavie le Tessin et Gravellone, de l'autre par l'inexplicable inacm du général Ramorino, qui, placé près de Pa- 3 , laissa , sans s'y opposer, les Autrichiens sser le Tessin. Depuis cette époque Chrzawski est revenu habiter Paris. [A. Rypinski, ns VEnc. des g. du m. ] Zonversations-Lexicon.
CHTCHERBATOV (Le prince Michel), hislien russe, mort le 12 décembre 1790. Il fut aateur et chambellan. De bonne heure il té- >igna un goût très-vif pour les lettres, et sur- Jt pour l'histoire; l'impératrice Catherine n cûuragea ce penchant, et mit à la disposition jeune liistorien les documents placés dans les pots scientifiques et Uttéraires de l'empire. On fie lui : le Livre des Tzars ; — Histoire des oubles et des révolutions de Russie ; Sainttersbourg , 1777 ; — le Journal de Pierre le 'and; — Tableau des possessions de Vladi- 'r Monomaque.
évêque, Hist. de Russie.
CHUBB ( Thomas ), philosophe anglais, né à
— CHUMACERO 498
East-Hadbam, près de Salisbury , le 29 septembre 1679, mort à Salisbury, le 8 février 1746. Fils d'un marchand de drèche, il apprit simplement à lire, à écrire et à compter; mais plus tard, dans ses moments de loisir, il compléta, par de
I nombreuses lectures, cette première éducation. ! Il se plaisait à méditer sur les sujets les plus
difficiles de la théologie et de la philosophie. Dans ses premiers ouvrages, sans être orthodoxe, il se rattacha étroitement au christianisme; mais il inclina peu à peu vers le déisme. Il ne céda jamais aux instances des plus éminents littérateurs de son temps, qui l'appelaient à Londres, et resta à Salisbury. On a de lui : the Supremacy offather asserted; 1715; — Recueil de divers traités; 1732, 3 vol. in-8° : ce recueil contient les traités suivants : a Discourse on reason, as a sufficient guide in matters of religion; On moral and positive duties, showing the higher daim of the former ; On sincerity; On future judgement and eternal punishment; Inquiry about inspiration of the New Testament; the Case of Abraham; Doctrine of vicarious suffering and intercession refuted; Time for keeping a sabbath.
Biographia britan. Aikin, General bioyraphy.
CHCDLËiGH (Lady Mary), femme poète anglaise, née en 1656, à Winslade, dans le comté de Devon, morte à Ashton,le 15 décembre 1710. Elle épousa le baron sir George Chudleigh, dont elle eut plusieurs enfants, entre autres Élisa Maria, qui mourut de bonne heure et fut pleurée par sa mère dans un poème intitulé : a Dialogue between Luanda and Marissa. Mary Chudleigh écrivit un autre poème, sous le titre de the Ladies defence, à l'occasion d'un sermon prêché contre les femmes. Ces deux poèmes furent recueillis, avec plusieurs autres, en un vofume, en 1703, et réimprimés pour la troisième fois en 1722. On a encore de Mary Chudleigh ^5says upon various subjects, in verse and prose, publiés en 1710 et dédiés à la princesse Soplùe de Hanovre; —des Lettres insérées dans les Mémoires de Richard Gwinnelt et M. Thomas; 1731, 2 vol. in-8°, et dans la Collection de lettres de Curl, vol. HE.
Cibber, Lives of English poet. — Ballard, Learned ladies. —Rose, New biog. dict.
CHUMACERO {Jean), légiste espagnol, né à Valence d'Alcantara, dans l'Estramad ure, au commencement du dix-septième siècle, mort en 1660.
II était chevalier de Saint-Jacques, et obtint successivement à l'université de Salamanque les chaires appelées codicis , voluminis et vesperorum. Envoyé en 1G33 en ambassade à Rome, il passa dix ans dans cette ville, et fut nommé à son retour président du conseil suprême de Castille. On a de lui : Selectarum jicris disputationum dodecas ; Salamanque, in-8°; — Pro legitimo jure Philippi IV, Hispaniarum et Portugallias régis; in-4°; — el Blemorial de sv, Mayestad CatoUca que dieron a nues-
CHtJMACER.O — CHUN
tro muy S. Papa Urbano VIII, etc. C'est le récit de l'ambassade de Chuinacero à Rotne.
Antonio, Uibliotli. hispana nova.
* CHDMNUS {Micliael ), juriste et canoniste byzantin, vivait dans le treizième siècle. Contemporain de Nicéphore Blemmydas, patriarche de Constantinople , il fut d'abord jiomophylax, et ensuite métropolitain de Thessalonique. Il est connu par un petit ouvrage sur les degrés de parenté ( Flepl ttwv paXaajj-wv [ paBfxwv.^] f/jç CTuyYsveîaç), inséré dans la collection- de Léunclave. Suarez, qui confond mal à propos Domnus avec Chumnus, place celui-ci au nombre des scoliastes de la Basilica ; c'est probablement une erreur.
Suarez, ad Basilic. — Bôcking, Instituliones ; ^oan, 1843. ~ Heimbach , de Basil, orig. — Siiilth, Dict. oforcek and roman biography.
* CHUMNUS (Nicéphore ), homme d'État byzantin, vivait dans la seconde moitié du treizième siècle et au commencement du quatorzième. 11 était probablement natif de Constantinople, et appartenait certainement à une des premières familles de l'empire. Honoré de la confiance et de l'amitié de l'empereur Andronic Paiéologue l'ancien, il fut nommé successivement préfet du caniclée (c'est-à-dire de l'écritoire impériale), garde des sceaux et grand stratopédarque. En 1395 il entra dans la famille impériale, par le mariage de sa fille Irène avec Jean Paiéologue, fils d'Andronic. Pendant les guerres civiles des deux Andronic, Chumnus, resté fidèle à son maîtrCj défendit Thessalonique contre les troupes d'Andronic le jeune ; mais celui-ci fut vainqueur, et le grand stratopédarque se retira dans un cloître, sous le nom de NathanaeL Ou croit qu'il mourut après 1330 j sous le règne d'Andronic le jeune.
Chumnus écrivit un grand nombre de traités, sur la philosophie, la religion, la rhétorique, le droit civil et le droit ecclésiastique. Nous citerons d'après les catalogues des principales bibliothèques de Rome, Venise et Paris, les titres de quelques-uns de ses ouvrages : Confutatio doginatis deprocessione Spiritus Sancti; — Sermo in Christi Transfiguratlonem ; — Symbuleuticus de justitia ad Thessalonicenses , et urbis encomium ; — ex Imperatoris decreto, ut jicdices jurejurando obligentur, ad munus sancte obeundum; — Encomium ad imperatorem {Andronicum II); — Querela adversus Niphonem, ob maie administratain patriarchatus sut provïnciam ; — Oratio funebris in Theoleptum, metropolitam Phiïadelphix ; —ad Imperatorem, de obitu despotes et filii cjus -. c'est une lettre à Andronic II, l'ancien , sur la mort de son fils, le despote Jean, mari d'Irène, fille de Chumnus; — de Gharitate erga proximum, et omnia relinquenda ut Christum sequamur; — deMundi natura; — de Primis et slmpiicibus corporibus; — Quod terra, quum in medio sit, infra se nihil habeat; — Quod neque materia
ante corpora, nequis formas seorsifn, sed hœt ipsa simul constent ; — Contra Plotinum, dt Anima rationali questiones varix,ubt de mt tempsychosi, de belluis , utrum intellccti pradditœ sint necne, de corporum resurrec tione disseritur; — de Anima sensitiva et ve getatira; quod non impossibile sit, etiam se cunduni physices rationes, collocatam essl aquam infirmamento, tum, quum orbis tei\ rariini creatus sit, eamque ibi esse et perpi, tuo manere; — Oratio in laudem imperati] ris Andronici senioris ; et beaucoup de lettre qui offrent un grand mtérêt historique. Plusieu des opuscules de Chumnus ont été publiés y. M. Boissonade, Anecdota gracca, t. I, II, ' Paris, 1829 ; Anedota Jioya, Paris, 1844. M. Cre zer avait déjà publié en 1814 le traité de Anim contra Plotinum.
f'. Nicéphore, Gregoras, VU. — Cantacuzène , I. Fabricius, Bibl..grœc.,\U. — Cave, Historia litte: vol. II.
"CHuaiNCS (Géorgie), historien grec, néàCa doceou Chandace, dans l'île de Crète, vivait pi bablement dans la dernière période du Bas-E pire. Il écrivit en vers une histoire commença à la création du monde et allant jusqu'aux gnes de David et Salomon. Cet ouvrage exi en manuscrit dans la Bibliothèque impériale Vienne.
FabriclQs, Bibl. grœc, XII. — Cave, Hist. lit., vol.
CHUN, neuvième empereur de la Chine, réi depuis 2,285 avant J.-C. jusqu'à 2,205. Qi qu'il fût né dans une famille obscure et qu'il toujours vécu dans une condition privée, ill, sur sa seule réputation de vertu, associé à l'e pire par Yao. Chun se montra digne de cette veur. .« On admira en lui, dit une chronique ( noise, une prudence, une affabUité jointes à grand génie, beaucoup de douceur et de grav' il fut sincère, et il releva ses talents par une gra modestie.» En faisant observer parmi le pei les cinq règles immuables, c'est-à-dire les devoirs, qui sont ceux du père et des ei du roi et des sujets , des époux , des viei et des jeunes gens , et enfin des amis entre il fonda cette profonde subordination hién que qui existe dans l'empire chinois, et qui a| peut-être l'a préservé depuis quatre mille de la dissolutijDù morale et physique soi quelle tant d'autres Etats ont succombé. II o)j d'excellentes réformes dans le code crhninel| existait avant lui, et qui portait l'erapreinl la barbarie. Il adoucit les supplices et subsl à des tortures cruelles des châtiments ni disproportionnés avec les délits, et sur moins contraires au dessein providentiel i société, qui n'entend rejeter définitivemei son sein que ceux de ses membres dont IT rigibifité dangereuse peut la menacer contiD lement de graves périls. Avant là réfornat Chun , on marquait au visage avec un fer n ceux à qui on laissait la vie ; on leur coupi nez ou les pieds, on les mutilait , ce qui fu'
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CHUN — CtiUN-TCHI
igine des eunuques j qui eurent, par la suite, a garde du palais et des femmes de l'eœpeeur. A ces peines Chun substitua la cangue, a bastonnade, la confiscation et l'exil, châtiaents qui sont encore en vigueur aujourd'hui, jorsque Chun fut associé à l'empire par Yao, I choisit pour réparer les désastres causés par î débordement des eaux, et les faire rentrer lans leur lit, le jeune Yu, d'une condition obsure, mais qui passait pour descendre de Hoangi comme Chun lui-même. Ce fonctionnaire diigea, avec autant d'art que de succès, la consruction des jetées et des canaux qui empêchent 1 Chine d'être submergée annuellement par ses eux grands fleuves , quoique des inondations artielies et assez considérables encore aient eu cuvent lieu depuis. Ces immenses travaux de analisation, qui marquent la première grande enquête de l'homme sur la nature, désignèrent fu au choix de Chun. On trouve dans le Chouing un long et curieux entretieu entre l'empeeiir et l'habile ingénieur, qui allait être assolé à l'empire. Voici sur les devoirs des princes uelques paroles remarquables de Yu : « La ertu est la base du gouvernement, et ce gouverenient consiste d'abord à procurer au peuple les hoses nécessaires à sa conservation, c'est-àire l'eau, le feu, les métaux, le bois et les grains. I faut encore penser à le rendre vertueux , et nsuite à lui procurer l'usage utile de toutes hoses. II faut, enfin, le prései-ver de tout ce qui ■eut nuire à sa santé et à sa vie. Voilà neuf bjets qu'un prince doit avoir en vue pour se sndre utile et recommandable. Ces neufs su- •ts doivent être la matière des chants natioaux. Quand on enseigne, on emploie les éloges; uand on gouverne , on emploie l'autorité. Ces euf sortes de chants servent à animer et à exorter ; et c'est ainsi que l'on conserve le peule. M Chun, touché de ces excellents principes de ouvernement, associa Yu à l'empire et le dési- Qa pour son successeur. Les maximes de Chun jrent recueillies 550 avant J.-C. par Confucius, ui les arrangea , mais ne les inventa pas . On eut facilement établir, par le caractère de la ingue qui y est employée, que la plupart des agments qui composent ce recueil appartienent d'une manière évidente au temps des emereurs dont il est question, ou du moins à des poques bien antérieures à celle de leur arranement par Confucius.
Paulhier, la Chine, dans VVnivers pittoresque.— L. P. âubil, le Chou-king, ft-aduit en français.
CHCiv-TCHi, premier empereur de la dynastie artare mantchoue, aujourd'hui régnante en Chine, lé en 1636, mort en 1662. Il fut proclamé emlereuren 1644, et commença à. régner par luiaême en 1651, à la mort de son oncle et tuteur imavang, qui lui laissa un grand empire presque ntièrement conquis. Le-jeune empereur dégrada a mémoire d'Amavang, détruisit le magnifique ombeau qui lui avait été élevé, en arracha le
cadavre, auquel il fit couper la tête, comme aux cri' minels d'État, parce que l'on découvrit, dit-on, que ce prince avait eu le projet de faire passer l'empire dans sa famille, au détriment de son neveu. Chun-Tchi adopta une politique toute contraire à celle des derniers empereurs cliinois : au lieu de se tenir continuellement renfei'mé dans son palais , il voulut se rendre plus populaire en se montrant souvent au public, et en donnant un accès facile auprès de sa personne. Il ne fit que très-peu de changements aux lois et aux statuts de la politique de l'ancien gouvernement ; et défendit aux Chinois d'apprendre la langue tartare sans une permission expresse. Il conserva les six conseils ou tribunaux suprêmes institués depuis quatre mille ans, mais en ordonnant toutefois que ces tribunaux ou conseils eussent autant de présidents tartares qu'ils en avaient de chinois; il voulut en même temps qu'ils ne siégeassent qu'à Péliing, où l'ésidait la cour, et que ceux, en pareil nombre, qui existaient à Nanking, sous la dynastie précédente, pour les provinces méridionales, fussent supprimés. Il continua de confier aux seuls lettrés chinois le gouvernement des villes et des provinces ; mais il plaça à la tête du tribunal des mathématiques le P. Adam Schaal , missionnaire jésuite, pour réformer l'astronomie chinoise sur les méthodes européennes. En 1656 arriva à la cour de Péking la première ambassade moscovite; mais elle n'eut point de succès, parce que l'ambassadeur ne voulut pas s'assujettir au cérémonial chinois. Une ambassade hollandaise, qui arriva vers le même temps , ne reçut pas un meilleur accueil. Le nouveau gouvernement tartare eut à soutenir encore plusieurs combats sur mer avant d'être maître des provinces maritimes. Les provinces méridionales , où s'était retiré Young-Li, descendant des Ming, coûtèrent moins à soumettre. Young-Li fut forcé de quitter le territoire de l'empire pour se retirer dans le royaume de Pégou, sur les confins de la province Yun-Nân. Inquiet de ce voisinaage, Chun-Tchi envoya des troupes sur la frontière du Pégou, et somma le roi de ce pays de livrer le fugitif. Le malheureux Young-Li fut conduit avec toute sa famille à Péking, où il fut étranglé. L'empire chinois étant ainsi entièrement conquis , l'empereur s'abandonna à ses passions, longtemps comprimées. II s'éprit violemment d'une jeune dame tartare remarquable par sa beauté. Ayant mandé le mari de cette dame à la cour, il lui donne un soufflet. Le Tartare offensé ne put survivre à cet outrage : il en mourut de chagrin. L'empereur épousa aussitôt sa veuve; mais celle-ci mourut au bout de quelque temps. Chun-Tchi, inconsolable, fit immoler trente hommes sur la tombe de cette femme, dont il fit réduire le corps en cendres sur un magnifique bûcher. Il recueillit les]cendres, et les enferma dans une urne d'argent. Ensuite il voulut quitter le monde, se fit raser la tête, et courut de pagode en pagode comme un insensé.
CHUN-TCHl — CHURCH
Cei>endant, la raison lui étant un peu revenue, il reconnut ses fautes, et s'en accusa publiquement. Ensuite, il déclara que sa mort était prochaine, et nomma pour son successeur à l'empire chinois son plus jeune ûls, qui n'avait que huit ans, et qui est devenu célèbre sous le nom de Khang-Hi. Il lui désigna en même temps quatre tuteurs. Puis il se fit apporter le manteau impérial, s'en revêtit, et, se repliant en quelque sorte sur lui-même , il dit à ceux qui l'environnaient : et J'irai bientôt retrouver mes ancêtres. «'A peine avait-il achevé ces mots qu'il expira, âgé seulement de vingt-cinq ans.
Selon les historiens chinois, Chun-Tchi régna sur 14,883,858 familles, lesquelles, en comptant six personnes par familles , donnent une population de 89,000,000.
Pauthier, la Chine, dans l'Univers pittoresque.
€HUN-Ti , empereur de la Cliine , le dernier prince de la dynastie mongole-tartare, né en 1 320, mort vers 1370. Il n'avait que treize ans lorsqu'il monta sur le trône. Le caractère faible et insouciant de cet empereur, son amour des plaisirs, lui firent abandonner le soin des affaires de l'État à des ministres qui préparaient^sa ruine par leur mauvaise administration. Les historiens chinois qui ont écrit et mis en ordre l'histoire de la dynastie mongole vivaient sous les premiers empereurs de la dynastie des Ming. Ils ont eu soin de rendre odieux l'empereur Chnn-Ti, en faisant voir ses vices dans tout leur jour. Ils ont , en outre, marqué exactement les famines, les inondations, les maladies épidémiques, les tremblements de terre , les chutes de montagnes , les comètes, les éclipses et les autres phénomènes qui effrayèrent l'empire sous le règne du dernier prince mongol. Ces mêmes historiens ont flétii la mémoire de l'un des ministres de Chun-Ti, nommé Pe-yen. C'était , disent-ils, un homme méchant, débauché, sans honneur; le ciel donna des marques de son indignation le jour même que cet homme fut élevé à la dignité de premier ministre , car la terre trembla et une montagne s'écroula avec fracas. La rivalité de beaucoup de grands seigneurs tartares-mongols , qui s'étaient abattus sur les riches provinces de la Chine, comme sur une proie facile à dévorer, et l'élévation de nouveaux favoris à la place des anciens, furent la cause de plusieurs rébellions, qui commencèrent à précipiter lacliute de la dynastie conquérante; des intrigues et des massacres de palais se joignirent à ces causes de ruine prochaine. Les Chinois éclairés et patriotes, qui n'avaient jamais désespéré de délivrer leur patrie du joug odieux des Tartares, surent habilement exciter l'esprit de leurs concitoyens contre leurs conquérants. Plusieurs partis de révoltés se formèrent et se grossirent peu à peu. Il y eut en 1337 des troubles sérieux dans les provinces méridionales de l'empire. Chun-Ti augmenta encorele mécontentement en voulant changer le cours du grand fleuve Jaune ( Hoang-Ho ) . Les travaux que l'on exé-
cuta dans ce but insensé ruinèrent une infini d'habitants, et firent imposer de nouvelles taxe Le mécontentement devint général, et dans toul les provinces différents chefs.de parti excitère | les populations chinoises, que les mandarii retenaient difficilement dans la soumission .Pe: dant que la révolte se propageait et menaç; d'envahir l'empire tout entier, l'empereur Chu ^ Ti ne pensait qu'à se livrer auxdivertissemen' et à la débauche; tous ses soins se bornaient j inventer de nouveaux plaisirs et de nouvell manièi'es de satisfaire ses passions. Ce fut en 13.1 que le fondateur d'une nouvelle dynastie, Tcho sortit d'un couvent de bonzes, se joignit ai révoltés, passa le Kiang, et prit la'ville de T; Ping. Dès lors la révolte ne cessa de faire de r pides progrès. Les généraux et les troupes < Chun-Ti furent vaincus par les insurgés dans pi sieurs sanglantes batailles; lui-même sevoyai, en 1358, sur le point d'être investi dans saca[i taie, assembla les grands, les princes et les prii cesses de sa cour, et leur déclara qu'il vouk se retirer en Tartane. La nuit suivante , il prit route du nord, et se rendit avec sa cour à Yn Tchang-Fou, ville alors cimsidérable , à vin? cinq ou trente lieues au nord-est de Cliauii Tou, aujourd'hui Péking. Ainsi finit cette dynasl mongole-tartare , qui, presqu'un siècle aupar xsLïii, avait fait la conquête de la Chine avec d armées formidables et avec toute l'impétuosi de conquérants à moitié barbares , avides de : précipiter dans toutes les jouissances de lacivj lisation ; cette même civilisation , en les dépoui] lant de leur rudesse, les avait aussi dépouilli de l'énergie nécessaire pour conserver leur coi quête, et ils cédèrent la place à la dynastie di Ming.
Le p. Gaubll , Histoire de Gentcfiiscan et de toute dynastie des Mongoux, ses successeurs. — Pauthic la Chine, dans l'Univers pittoresque.
*CHUNO {Jean i/eZ/ricA), jurisconsulte allt mand, né à Cassel, en 1632, mort dans la mên ville, en 1686. Il professa le droit à Rinteln e 1673, et devint conseiller et avocat du fisc Cassel. On a de lui : Disputatio inaugural de feudis in génère; Bàle, 1655, in-4"; — deEi nunciatxonlbus in pewere, Riuteln, 1674, in-4' — de. Felonia ;\h\di., 1674,in-4°; — rfe Retract consanguinitatis ; ibid., 1674, in-4°. j
Adeliiiig; suppliim. à JOcher, Allgem. Gelefirtèn-Lexi\
CHVRCH {Thomas ), théologien protestant, r en 1707, mort en 1756. Nommé vicaire de Bal tersea et prébendaire de la cathédrale de Sainl; Paul , il écrivit les ouvrages suivants : a Vir dication of the miracîilous pomers which sui sisted>in thefirst three centuries of the chrh tian Church; 1749. C'est une réponse à l'oi vrage du docteur Middleton intitulé : Free in quiry; — an Appeal to the serions and un prejudiced, or a second Vindication ; 1750; an Analysis of thephilosophical worhs ofth late lord Bolinghroke ; 1755.
Rose, New biog. dictionary.