G27 SELLER
schm, trierischenund rheinlàndischen P/en- Higen und Hetlem ( Bré* e Inntrin lion sur les liante at menues monnaie»» de fancienne tâeme, des Francs, de Trêves «t des pays rhénans); ibid., 1763; — ' Disêertatto m Dogoberli diplôme ilonrense; ibid., 1770; — beaucoup de oUasertalions juridiques, réunies en un recueil,
publié à Trêves, 1776, in-4°. O.
Mcutii, Isnlum. — W«tdl.cU, AucAricMen, l. M et IV. - Hirschuig. t/anttbuch.
jiKLLt {Ptetro), poète italien , né à Sienne, vivait dans le seizième siècle On ne sait rien de sa vie; mais ses ouvrages ont gardé quelque notoriété. Le plus connu est un recueil de satires publié pour la première fois sous le titre de Satire alla Curlona dt messer Andréa Ber^ gamo ; Venise, 1546-1547, 2 loin. in-8°; réimprimées en 1548 et an 1565-1566. Satire alla Carlona signifie à peu près satires sans gène; en effet l'auteur a pris «le telles licences à l'égard de la morale et de la religion qu'il crut prudent de se cacher sous le pseudonyme d'Andréa de Berqame ; puis voyant que ses satires uVxcitaient aucun orage, il s'en avoua l'auteur; elles sont au nombre de quarante-deux; une des plus piquantes est intitulée Misa delta morte ; lepoéte y montre la Mort riant aux éclats des passions basses et ridicules et des circonstances comiques qui se mèleul au deuil dans les cérémonies funèbres. Suivant Ginguené, les deux meilleures satires de Nelli sont les Capitolt adressés à l'Arelin. « Nelli, ajoute t- il, y dit un mal épouvantable du bien, de tout ce qui passe pour bien, de tous les noms , de toutes les phrases proverbiales où le mol bien est employé; il soutient enfin que c'est l'amour du bien qui Tait tout le mal sur la terre. L'idée de plusieurs autres satires n'est pas moins originale ; mais on se Jasse à la fin de ces originalités uniformes, presque toutes tirées des deux mêmes sources, le contraste et la contre* vérité. » Le principal défaut de Nelli , outre la licence de ses idées et de ses expressions, c'est Pobscurilé de son style rempli d'allusion^ aujourd'hui inintelligibles. On a encore de Nelli : Hune dans la Raccolta d'Ottavio Sammarco; Padouc, 1568 4 — Sonet ti ed Epigrammali ; Venise, 1572, in-4°.
Un autre écrivain de la même famille, né aus>d à Sienne et dont la vie est aussi inconnue que celle du précédent, Giustimauo Nklu, est l'auteurde deux nouvelles intitulées : Le amorose Moveile dalle quall cuise un o inamoralo giowtne pito pigUare molli uttli accorgimenti nette casi d'amore, iu-H°, sans date et sans indication de lieu. Ce petit volume, devenu très-rare, a été réimprimé à Livourne, 1798, in*S°. Dans cette édition, si l'on excepte un tirage particulier de douze exemplaires, le texte des Nuveltc a subi de graves et nombreuses altérations. Z.
Ttrabotclit, Storia dtlla Irtleratura italiana, t. VII, part in, p. n. - Olngurn*. Histoire littéraire d'italic. t. VIII. p. Ul: t. IX. p. S».
hblli (Sœur PtottMla), peintre de récdle
- NELLI
florentine, née à Florence, en iffl, morte en 1588, selon la plupart des biographes, bien qu'un tableau du musée de Berlin, qui lui est attribué,
Catherine de Sienne à Florence, elfe ne pouvait avoir aucun modèle masculin, et eUe dut se former par l'élude seule d'une collection de. dessins -du Irate que possédait son couvent £ile imita ce maiti e ; mais cependant ses têtes con^en érenl lotijours quelque chose de féminin, souvenir des religieuses qui seules posaient devant elle. Elle fmput à l'huile et en miniature, et dans tous ses ouvrages elle a fart preuve d'études consciencieuses et savantes. L'Académie de Florence possède l'un de ses plus importants ouvrages, Les Marie et prmsieurs saints pleurant sur ie corps du Sunvew} tableau qu'elle avait peint pour son couvent. K. B — «.
Uml, Storia pttUtrica. — Tteoxzt, DiMomtrim. — Cmtaloyucj de l Acad. de Fioreoce et du 4nu*ée de BerUn.
nwbLi ( Guimbatlista ne' ), architecte italien, né en 1661, à Florence, où il est mort, le 7 septembre 1725. Issu d'une famine patricéenae , il comptait parmi ses an< ôimt la mère de .Machiavel, Bartolommea de* Nelli» femme d'un e*prit supérieur. Après avoir étudié Je phtlosoplùe à Pise, il s'appliqua en même temps aux tua il*matiques, sous la direction de Vuicenxe Viviaoi, et A l'architecture, dont Oiambattista Foggioi lui donna les premières leçons. Le premier de ses maîtres conçut de lui une si haute estime qu'il lut légua en mourant tonte sa -fortune. Nelli devint sénaleur en Uift, puis directeur îles pouts et chaussées. Bien qu'il eut «consacré sa vie an travail , il ne mit au jour -nuonn de ses écrits, et ce fut son M&'Cietnenie qui se chargea d'en faire paraître le plus important : Dutcorsi di
telturji (Florence, 1753, in-4°). On y trouve une bonne description de la cathédrale de Florence , avec uVs recherches sur l'époque de sa fondation et sur les différents arohitoctes qui y ont travaillé. Nelli avait composé une V*e de Gâté' lée , plus complète que celle de Branna, et qui est restée inédite. P.
G -C de' NcUl, fiolice a la tete de* Mteemi. sixt.i (Gia*ni>altista-Ctemente de'), nb> du précédent, né en 1725, à Florence, où il est mort, le 23 décembre 1793. Il reçut à Pise et à Bologne une excellente éducation, et occupa entre autres dignité* celle de sénateur. Il ne fut pas étranuer aux arts du dessin; mais il s'adonna plu* particulièrement à l'étude des antiquités et des bellen- I et très. On a de lui •: Descriûone delUi btmilica di Santa - M arkt- d et- Fiore ; Floit-nor, 1766, in-4*; réiinpr. dans La Metrrpvfttnnc. ttorenHna illustrât* (»id., 1820, rn-4S fcg.); — Saggio di storia letternria florentine del seeoio XVI t; Lucques, 1759, m-4*. Marchettî, mécontent de la notice relative à son père Alensandro, écrivit contre cet ouvrage deux lettres (Lucques, 1762, et Pise, 1774, in-4°); — Vita e commetvio Idterarlo di Gatfleo GalHei;
NELU -
Lausanne (Florence), 1793, 2 part, in-4", fig.; Nelli a tiré, dans cette vie, un excellent parti de* matériaux amasses par son père. P.
E. dcTipafalo. Kiwr.deçtlJlattaui Uliitri. III.
xklsox (Robert), auteur religieux anglais, né le 22 juin 16r>6, à Londres, mort te 14 janvier 1714, à Kensinglun. A deux ans il perdit Kon père, riche marchand, qui avait gagné une grande fortune en commerçant avec la Turquie, Après avoir terminé sa première éducation sous la surveillance du savant Georges Bull, il alla prendre ses degrés à Cambridge. De bonne heure il fut très-lié avec TillOlsonet Halley. Ce fut même dans la compagnie de ce dernier, qui Pavait fait admettre en 1680 à la Société royale de Londres, qu'il visita la France et l'Italie. A son retour ( 1682 ), il épousa une veuve de grande naissance, de beaucoup plus âgée qne lui, et qui lui avait inspiré une vive passion. Peu de temps après il apprit qu'elle avait à son insu cédé aux conseils de Bossuet et du cardinal Philippe Howard, et embrassé la foi catholique. Sensiblement affecté de cette nouvelle, il ne perdit rien de sa tendresse pour sa femme, mais il se joignit à Tillotson et â d'autres théologiens pour la ramener au protestantisme. La controverse inutile qui s'engagea par lettres à ce sujet a été publiée par Hicke» ( Londres, 1675, in-8°). Après la chute de* Stuarts, Nelson se rallia au parti des non-jureurs, et noua des relations intimes avec plusieurs évêques déjvossé'lés, entre autres avec Kettlewell, Kenn et Lloyd. Bien qu'il se fut séparé de l'Église officielle, il n'en déploya pas moins un grand zèle pour la propagande chrétienne et les établissements de bienfaisance. Kn 1709 il «e rallia au clergé assermenté. Par son testament , il légua tous ses biens, qui étaient considérables, aux école? de charité qu'il avait fondées. On a de lui : A companion for the festivals and fensts ; Londres, P04, in-8°; réimpressions nombreuses; — The Practice of true dévotion ;ibid., 1708, in-8!; — Life of bishop Bull ; ibid., 1713, in-8"; — plusieurs ouvrages de piété. K.
Chai me™, General bingraph. Dictionarp.
iœlsoti t Horatio. vicomte), le plus célèbre amiral anglais de notre époque, né le 29 septembre 1758, à Burnham Thorpe, village du comté de Norfolk, mort le 21 octobre 1805, à la bataille de Trafalgar. Il était le cinquième (ils d'Edmond Nelson, recteur de Burnham. Sa mère s'appelait Suckling et était petite -fille d'une sœor aînée de sir Robert "Walpole. A la mort de cette mère, la famille se trouvait composée de huit enfants, et ses ressources étaient médiocres. Le jeune Nelson reçut les premiers éléments de réduction à l'école de Norwich. Il venait d 'accomplir ses douze ans quand il vit dans un journal que son oncle, le capitaine Suckling, d'être promu au commandement d'un de ligne. « William, dit-il à un de ses
NELSON
frères, plus âgé, écrivez à mon père que je drais aller à la mer avec l'oncle Maurice, h Le pèrey consentit volontiers. Ce fat le capitaine qui fit des objections : « Que vous a Tait ce pauvre Horatio, si petit, si malingre, pour être destiné entre tous ses frères à notre rude métier? Qu'il vienne pourtant : au premier combat, un boulet de canon peut lui emporter la tête, et le pourvoir ainsi à tout jamais. » L'enfant partit, tout seul, le cœur bien gros, et arriva ainsi à bord du navire, alors â l'ancre sur le bord de la Medwa>. Il éprouva dans toute leur amertume la tristesse et les fatigues qu'entraîne l'initiation à la vie de marin. Quelques mois après, le capitaine Suckling, ayant passé sur un vaisseau de 74, en station dans te Tamise, jugea que ce service ne convenait pas â l'éducation de son neveu, et le fit embarquer sur un navire marchand qui allait aux Antilles. 41 n'en revint qu'au bout de vingt mois (juillet 1772), et ayant appris qu'on équipait nue expédition pour le pôle nord , il tenta toutes sortes de démarches pour être admis sur le Carcast. Le capitaine, touché de son ardeur et de ses prières, y consentit.
Nelson avait rapporté de son voyage aux Antilles une certaine instruction pratique. 11 l'élendtt et la perfectionna dans la nouvelle expédition. « Lorsque les embarcations furent équipées pour quitter les deux vaisseaux bloqués par les glaces, dit-il naïvement dans un récit abrégé de sa jeunesse, je m'efforçai d'obtenir le commandement d'un ait ter è quatre rames, lequel, en effet, me fut confié avec douze hommes d'équipage, et je voulus croire, non sans un peu d'orgueil , que c'était de toutes nos embarcations la mieux conduite et la mieux commandée. » If montra bientôt un fonds de singulière intrépidité. Une nuit , il s'échappa avec un de ses camarades pour poursuivre un ours qu'ils avaient aperçu. Le capitaine et ses officiers, ne sachant* ce qu'ils étaient devenu*, commençaient à être fort inquiéta. Le temps s'étant éclairci de grand matin, l'on distingua, à une grande distance, nos deux aventuriers aux prises avec un ours énorme. A l'instant, le signal leur fut donné de revenir. Malgré les conseils de son» camarade, Nelson n'obéit point. (jCS munitions étaient épiuV sées, le bassinet du fusil hors d'état : « Si je puis seulement l'atteindre avec la crosse, criattil, il est à moi. » Le capitaine, voyant que son premier signal n'avait rien produit, fit tirer un coup de canon, qui força l'ours â Lattre en .retraite. Nelson revint alors, un peu inquiet des suites de sa désobéissance. Il reçut une sévère réprimande, et le capitaine ayant demandé dans quel but il s'était exposé k poursuivre cet ours : « Monsieur, dit l'aspirant, d'un air sérieux, je voulais tuer l'ours pour en rapporter la peau à mon père. » Au retour de l'expédition (1774), Nelson, toujours dirigé par son oncle, passa sur le Sea-Horse, de 20 canons, qui partait pour tes Indes orientales, avec l'escadre
NELSON
par sir Edward Hughes. Sa bonne conduite lui la Jamaïque (1780) Il obtint la permission de valut bientôt le grade de midshipman. Son ser- revenir en Angleterre pour se rétablir. Après vice fut très-pénible, mais étendit beaucoup son avoir usé quelque temps des eaux de Bath, il expérience. Il visita, dit il lui-même, presque sollicita de l'emploi. On lui donna le commantous les ports entre le Bengale et Bussorali. Les fatigues et la terrible inlluence du climat altérèrent gravement sa santé. Il n'y avait d'autre chance de se rétablir qu'un retour en Europe. Il s'y résigna bien à regret ; déjà une hante ambition échauffait son Ame, et les moyens de distinction et d'avancement semblaient lui échapper. Le découragement le dominait. • Un jour, cependant, raconte-til , après une longue et sombre rêverie, qui m'avait fait songer à me jeter par-dessus bord, une sorte d'exaltation
dément de VAlbemarle, de 2?. canons, qui fut envoyé dans la Baltique. Dans l'état de sa santé, la transition était un peu brusque, de la Jamaïque à la côte danoise ; mais il ne voulut nï se plaindre ni désobéir. Toujours ardent pour s'instruire, il acquit une parfaite connaissance de la côte du Danemark et de ses différents soadages. Ces éludes semblaient alors sans but; mais elles prirent une grande importance en I80L VAlbemarle fut ensuite envoyé au Canada pour une croisière, et peu après la paix de 1783 re-
patriotiqne vint m'animer. Un rayon de lumière, vint en Angleterre. « La fin de la guerre m'a
qui me semblait venir du ciel, dissipa le nuage laissé sans fortune, écrivait-il à un négociant de
qui obscurcissait ma vue. Je me figurai que mon ses amis ; mais aussi , — je puis m'en assurer
roi et mon pays seraient mes patrons : eh bien! \ aux égards qu'on me témoigne, — avec unerépu-
m'écriai-je, je serai un héros digne de l'un et [ talion sans tache; le véritable honneur l'emporte
de l'autre! je me confierai à la Providence, et chez moi sur toufe pensée cupide. » Il avait vingt-
braverai tous les dangers. » Ce moment d'exaltation exerça une grande inlluence sur sa carrière;
cinq ans, et, comme on a pu le voir, ses débuts dans la vie avaient été pénibles, étson service actif
il avait toujours devant les yeux une étoile pour et souvent dangereux. Misa la demi-solde, obligé
le guider à la renommée. Pendant sa traversée sur le Dolphin, sa santé s'améliora, et à son arrivée en Angleterre, il se trouva en état de reprendre du service (1776). Son oncle le lit nommer lieutenant aspirant sur le Worcester, de 64, qui accompagnait un convoi destiné à Gibraltar. A son retour, il passa avec distinction son examen de lieufrnance, et fut promu au grade de second lieutenant sur la frégate la Lowestoffe, de 32 canons, destinée à un
de vivre avec beaucoup d'économie, il passa en i France avec un de ses amis, le capitaine Macna- ' mara. Le but ostensible était d'apprendre le français et de voir une société nouvelle. Les deux amis s'établirent à Sainl-Omcr, et ils y restèrent jusqu'en mars 1784. Nelson nous donne i dans son Journal un tableau plein d'intérêt et ! d'amusement des mœurs et de la société du temps. Nous y renvoyons les lecteurs. Il était disposé à reprendre du service, et à son retour
service actif dans les Indes occidentales. Elle : en Angleterre lord Howe, premier loid de l'a
était commandée par le capitaine Locker, qui devint un de ses amis les plus intimes. « C'est
mirauté , lui confia le Boreas , frégate de 28 canons, destinée à la station des Iles sous le Vent.
à lui que je dois, disait-il plus tard, de savoir ; Nelson y passa plusieurs années, et y rencontra
aboidcr un Français; — Lay a Frenchmon close; — me répétait-il sans cesse; — and you toill beat him. » N'y a-t-il pas là le principe de sa tactique si audacieuse à la mer? Chaudement recommandé par son capitaine au commandant de la station, il passa sur le vaisseau le Bristol, devint bientôt premier lieutenant, et monta sur le brick le Blaireau, qu'il commanda en chef (déc. 1778). L'année suivante, il passa comme post-capitaine sur le fl'mchinbrook, de 28 canons. C'est à bord de ce bâtiment qu'il fut chargé de transporter et de convoyer cinq cents hommes de Port-Royat au cap Gracias-a- Dios. Sa mission se terminait dés que le corps aurait atteint la rivière San-Juan ; mais voyant que pas un homme de l'expédition n'était en état de la guider, il pénétra avec ses chaloupes dans les eaux basses de la rivière. Il courut beaucoup de dangers, ainsi que le reste des troupes. On s'empara de douze forfs ; mais le succès fut chèrement acheté. De dix-huit cents hommes qui composaient le corps, il en revint à peine trois cents. Nelson fut attaqué d'une maladie grave,
avec le duc de Clarence ( depuis roi d'Angleterre ) ; ce prince nous a donné longtemps après la mort de Nelson , un récit piquant de cette entrevue, et de l'impression que lui fit • ce jeune capitaine, le plus petit qu'il eût encore vu , d'un aspect bizarre et presque ridicule, avec un habit galonné sur toutes les coutures, mais dont la conversation et les manières lui parurent séduisantes , plein de feu et d'enthousiasme toutes les fois qu'il était question de marine, et paraissant- dévoré, sans la moindre affectation, du désir de servir utilement le roi et le pays ». Dans la position où il était, le second à donner des ordres, Nelson eut à lutter contre des difficultés de plus d'un genre. Les Américains , se prévalant des papiers de bord qui leur avaient été délivrés tandis qu'ils étaient encore sujets anglais, continuaient alors , dans les lies sous le Vent appartenant à l'Angleterre, un commerce très-actif et illicite. L'Acte de navigation interdisait aux étrangers toute sorte de négoce avec ces Iles. Depuis leur séparatiou, les Américains l'étaient devenus. Nelson résolut de faire
suites du climat et des
et partit pour 1 exécuter les prohibitions , et de concert avec
son ami Collingwood (alors capitaine du Mediator), il agit auprès de sir Richard Hughes, commandant de l'escadre. Mais la mesure froissait trop d'intérêts pour ne pas susciter une vive opposition et de deux cotés. Nelson s'étant rendu près du gouverneur des (les pour lui communiquer les résolutions qui avaient été prises , celui-ci, tout courroucé, lui répondit que « les vieux généranx n'étaient pas accoutumés à demander avis aux jeunes gentlemen. » — « Monsieur, répliqua aussitôt le jeune officier, je suis du même âge que le premier ministre d'Angleterre, et je me crois aussi capable de commander un vaisseau qu'il peut l'être de gouverner le royaume. » Résolu à faire ce qu'il considérait comme son devoir, Nelson saisit à Nevis, quelque temps après cette fière réponse, quatre navires américains, richement chargés. L'orage éclata contre lui. Les planteurs, la douane, le gouverneur lui-même se déclarèrent contre un acte qualifié d'inique. Toute la colonie se souleva contre le rigide capitaine. L'affaire suivit son cours régulier; mais en définitive les quatre navires furent condamnés par la cour de l'amirauté. Nelson ne se laissa pas effrayer par les menaces de procès et d'arrestation qui le poursuivaient jusque sur son bord. Il s'était formé contre lui une coalition d'intérêts et d'inimitiés qui l'accablaient d'accusations et de dégoûts , et il n'était soutenu que par le sentiment d'avoir rempli son devoir. Ses supérieurs lui étaient en secret hostiles ou fort tièdes à le défendre. Pendant qu'il commandait la station de Nevis, il fit la connaissance d'une jeune veuve, mistress Nisbctt , nièce de M. Herbert, président de l'Ile. Elle était belle et bien élevée. Nelson se prit d'amour, et le mariage eut lieu en mars 1787. Peu après , le Boreas revint en Angleterre. Nelson fut reçu trèsfroidement par l'amirauté, tant les spéculateurs des Antilles avaient été actifs et habiles à susciter contre lui des préjugés , des accusations et même des persécutions. Il se retira dès lors, au sein de sa famille, aigri, irrité, et n'attendant qu'une occasion pour renoncer au service. Lord Howe l'invita un jour à venir le voir. La conversation fut amicale et de nature à calmer le jeune capitaine ; mais il n'obtint pa3 d'emploi , et ce ne fut que vers la fin de 1792, au moment où l'Angleterre et la France allaient entrer dans cette terrible lutte qui a inauguré le dix-neovième siècle , que cessa son apparente disgrâce ; le 12 janvier suivant, grâce aux efforts du duc de Clarence et de lord Hood , il fut promu au commandement de VAgamemnon, de 64 canons, et envoyé dans la Méditerranée (janvier 1793).
Ici commence une nouvelle phase dans la vie de Nelson, celle qui rayonne de l'éclat que répand la gloire des grands exploits. V Agamemnon faisait partie de la flotte commandée dans la Méditerranée par lord Hood. Toulon venait d'être livré aux Anglais L'amiral détacha aussitôt IMgomemnon de l'escadre, et chargea Nelson de