‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 13 sur 206 · MUS · texte numérisé non relu

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Les Amours d'un jeune militaire h Yvcrdun (1779), à Macstricht (1781) et à Londres (1792) ;

— Delà Religion et du Clerijé catholique en France; 1797, in-8°; — Considérations sur l'état des finances du royaume; 1814, in-8°;

— Souvenirs de la mission; Trévoux (Paris), 1827, in-4° : satire en fers contre les Jésuites, sous le pseudonyme de Thomas Simplicien. Il a fourni encore des pièces fugitives aux Étrennes du Parnasse (1775-1782), sous le nom de Billerie;— douze Lettres critiques sur f origine du christianisme et sur le calendrier de f Église gallicanef aux Mémoires de VAcad. celtique (t. U, III et IV, 1808-1809) ; des Mémoires sur les Aulerces et les Cénomant, aux Mém. de la Soc. roy. des Antiquaires (t. IV, 18?.3) ; des articles au Cours d'Agriculture de l'abbé Rolier, etc. P. L.

Orfllle de MuMrt, fille (In preeed., Notice sur le marquis àt M u»W, dan* le Bti'lrtùt de la Soc. A'JarUt. d« laSarthc, mo - De*porlc*, BiUioar. du Main*.

mvsbkt (Victor- Donatien nr.), plus connu sons le nom de Mcsset Pathay, littérateur français, né le 6 )uin 1768, dans le Vendtenois, mort le 8 avril 1832, à Paris. Il était cousin germain du précédent. Admis en 1780 à l'Ècoe militaire de Vendôme, en qualité d'élève do roi, il «errîtdanp l'arme du génie jusqu'en 1793, époque où il Tut arrêté et détenu pendant quelque temps comme frère d'un émigré. Après la terreur, il fut employé dans le commissariat des guerres. En 1805, it dut au général Clarke, depuis duc de Fcltrc, une place de chef de bureau au ministère de la guerre, et passa en 1811 avec le même titre dans relui de l'intérieur. Il quitta l'administration en 1 818. et consacra plusieurs années I a recueillir des matériaux pour V Histoire de J.-J. Rousseau, le plus soigné et le plus exact de «ses ouvrages. Intéressé a, cette époque dans une maison rie librairie de Hruxellrs, il publia de nouvelles éditions d'ouvrages qui avaient obtenu du succès à Paris. En 1828, il rentra au ministère de fa guerre et y dirigea, jusqu'au moment de I sa mort, le bureau de la justice militaire. 11 fut I une des victimes du choléra.

Musset-Pathay possédait en histoire et en agronomie dos connaissances très-variées, et il ' a laissé un grand nombre d'ouvrag*»s, à la plupart j desquels il n'a pas attaché son nom. Lié depuis longtemps avec le général Marescot , il lui fut 1 fidèle jusque dans la disgrâce qu'éprouva ce dernier sous l'empire, d a de Mu&set-Pa- ' thay : La Cabane mystériettse ; Paris, 1799, 2 vol. in- 12, fig , roman qui eut du succès; — L'Anglais cosmopolite* ou voyage de mi lord Laugher, trad de l'anglais ; Paris, 1800, in-8"; cette traduction supposés fut réimprimée en 1802, in- 1 2 ; — Voyage en Suisse et en Italie, fait avec Carmée de réserre; Paris, 1801, in-8*; — Vie militaire et privée de Henri IV, d'après ses lettres inédites ; Paris, 1803, in 8°: la plus grande partie des lettres et des discours, I

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conservés par le président Hesnanlt, était restée ignorée du public; — Recherches historiques sur le cardinal de Retz; Paris, 1807, in-8'; l'auteur s'y montre favorable au cardinal; — Lès trois Bélisaires , Paris, 1 80S, in-8p ; ces trois Bélisaires sont le véritable, celui de Marmontct et celui de M™' de Genlis ; — Souvenirs historiques /Paris, 1810, in 8° ; — Fragment d'un Voyage fait au mois de mai 1810, dans le Brabant hollandais et dans les iles de la Zélande; Paris, 1810, in-8"; — Bibliographie agronomique , ou dictionnaire raisonné des ouvrages sur l'économie rurale et domestique et sur Vart vétérinaire, suivie de notices biographiques sur les auteurs ; Paris, 1810, in-8*;

— Essai sur l'administration ; l»aris, s. d., in-8°; — Anecdotes inëtites pour faire suite aux Mémoires de M"* d'Epinay , précédées de l'examen de ces Mémoires; Paris, 1818, in-8°;

— Chronique française, par un Anglais; Paris, 1820, in-8» ; — Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiques, et dont une partie est restée inconnue jusqu'à ce jour, et d'une biographie de ses contemporains ; Paris, 1821, 2 vol. in 8"; 7e édit., augmentée de Lettres inédites à W d'Hondetot; Paris, 1822, 2 vol. in-n : ces lettres ont été aussi tirées à part dan» la même année; 3e édit., tout a la fois réduite et augmentée ; Paris, 1857 ou 1833, in-8°; — Répons* à la lettre de M. Stanislas de Girardin sur la mort de J.-J. Rousseau ; Paris, 1824, in-8°; — Premier examen critique de Védition de Rousseau publiée par M. Auguis ; Paris, 1821, in-4"; — Examen des Confusions et des critiques qu'on en a faites; Paris, 1824, in-8°; — Observations sur tes correspondances en général et sur celle de Rousseau en particulier; Paris, 1824, inS»; — Suite au Mémorial de Sainte-Hélène ou Observations critiques, Anecdotes inédites pour servir de supplément et de correctif à cet ouvrage; Paris, 1824, 2 vol. in-8" et fn-lî; le libraire Roret ayant voulu éditer cet ouvrage sous le litre «1e Suite an Mémorial . l'auteur refusa d'y mettre son nom ; le t. II contient beaucoup d'articles de M. Grille; — Contes historiques; Paris, 1816, in 8<>; — Chronique amoureuse de la cour de Fronce ; Paris, 1826, in fol., avec M. de Sarerac. C-»mme traducteur, Musset-Pathay a publié deux ouvrages élémentaires de Gol'dsmith, Abrégé de rhhtnire grecque (1801, in-8"), et Abrégé de l'histoire romaine (180?, in-8* ). qui ont eu plusieurs éditions. On lui doit la publication des ouvrages suivants : Voyage à Pétersbourg, ou noure<rur mémoires sur ta Russie; Paris, 1803, in-8" : du comte de La Messeliére ; — Relations <ie* principaux Siénrs faits ou soutenus en Europe, par les armées françaises depuis 1792 jusqu'en 1804; Paris, 1806, in 'i*, a\oc atla», rédigées par les généraux Marescot, Dejean, Poitevin, Dembarrère, etc..

et augmentées par l'éditeur d'un Précis historique des guerres de la France depuis 1792 jusqu'en 1800; l'impression de ce recueil fut arrêtée par Napoléon, que les éloges accordés à Moreau avaient choque ; — Morceaux choisis de J.-J. Rousseau; Paris, 1817, 2 toI. ln-18; — Mémoires d' Elisabeth-Chariot te de Bavière, duchesse d'Orléans; Bruxelles, 1827, 2 vol. in- 18; — Œuvres complètes de J.-J. Rousseau; Paris, 1818-1820, 22 vol. in- 12, et 1823- 1826, 25 vol. in-8°. Enfin, cet auteur a rédigé une continuation de Y Histoire du Bas-Empire de Le Beau (Paris, 1820, t. X à XIII, in-8«), et il a fourni des articles à La Décade philosophique, aux Mémoires de l'Académie celtique, au Cours d'Agriculture de Sonnini et à la Biographie universelle des frères Michaud. On lui a quelquefois attribué une compilation qu'il n'avouait point, intitulée Correspondance historique et littéraire (Paris, 1819, in 8°), et reproduite en 1821 sans aucun succès sous le titre de Budget politique de la France. P. L.

Ch. Brtlnnc, L' Orléanais, II. - H>dHoo, Jnniutirt) •érroloa , II. — Bioçr. nouv. des Contemp. — Quérard, franc* littér.

MrssBT (Louis-Charles- Alfred de), célèbre poète français» né à Paris, le 1 1 novembre 1810, mort dans la même ville, le 1er mai 1857. Fils de M. Musset- Patliay ( voy. l'art, précédent), frère de M. Paul de Musset, son ainé de quelques années, et qui devait être un écrivaiu distingué, Alfred de Musset fut élevé dans le culte des lettres. Il fit de brillantes étude* ao collège Henri IV, où il eut pour condisciple le duc de Chartres (depuis duc d'Orléans ). En 1827 il remporta un prix de philosophie au grand concours. «On voit, dit M. Lamartine , que si la philosophie manqua plus tard à sa vie, ce ne fut pas par ignorance. » Alfred de Musset oublia vite ses dissertations de collège, et, cédant à son talent pour la poésie, il se mit à écrire des vers. Les premiers qu'il composa étaient, dit-on, dans la manière de Casimir Delavigne; mais les écrivains qu'il rencontrait à l'Arsenal, chez son ami Charles Nodier, dirigèrent bientôt d'un autre coté son talent juvénile et inexpérimenté. M. Sainte-Beuve, qui le connut beaucoup à cette époque, a donné des détails pleins d'intérêt sur ces tâtonnements du jeune poète. « Il commença, dit-il, à versifier dès dix -huit ans. Lté d'abord avec les poètes de la seconde période, avec ce groupe qu'on a désigné un peu mystiquement sous le nom de Cénacle , il lançait au sein de ce groupe favorable ses premières études de poésie, quelques pastiches d'André Chénier, des eban sons espagnoles d'une heureuse turbulence de page, mais visiblement chauffées au large soleil couchant des Orientales. La forme dramatique et les petites compositions à la Mérimée le tentèrent vite. Un Matburin Régnier qui lui tomba sous la main lui ouvrit une copieuse veine de style franc et nourrissant , qu'il versa sans tarder

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dans la scène du corps de par

et du cabaret

borgne de don Paez. Puis Shakspearc et Byron le saisirent et ce dernier ne le lâcha plus. Entre ces deux divins maîtres Crébillon se glissa par ses jolies fantaisies libertines. Clarisse Ilarlawe elle-même, plus révérencieuse, eut son tour. De réaction en réaction ce jeune homme en vint, chose monstrueuse en 1829, à admirer et à préconiser les vers de Voltaire. » Les Contes a* Espagne et d'Italie, produit incohérent de ce talent original, qui ne s'était pas encore dégagé de l'imitation , parurent lorsque le poète n'avait pas vingt ans ; ils comprenaient deux nouvelles en vers, Don Paex , Portiay un petit drame versifié La Camargo, un oante en vers intitulé Mardwhe et quelques chansons ou ballades, dont deux, la Ballade à la Lune et L'Andalouse, devinrent promptement populaires, l'une pour sa bizarrerie , l'antre pour son entrain poétique et voluptneux. Ce volume est le plus étrange composé de passion et de moquerie , d'élégance naturelle et de trivialité cherchée, d'esprit distingué et de parodie impertinente et vulgaire , d'expérience précoce et d'insouciance adolescente. Ou ne peut contester au poète l'ardeur du sentiment, le don inné des expressions vives, des images éclatantes, la verve et l'élan; mais on s'effraye du dédain avec lequel il traite les objets les plus dignes de respect, la vieillesse, l'àine, la divinité. Sans attacher une importance excessive à cette effervescence presque enfantine qui frappait sans mesurer la portée de ses coups, il était permis d'y voir un fâcheux augure pour l'avenir. La révolution de 1830, en dispersant le groupe littéraire auquel Musset s'était à demi rattaché, et en produisant dans les esprits une bruyante perturbation morale, acheva de livrer l'auteur des Contes d' Espagne et d'Italie à lui-même et au courant impétueux de sa jeunesse. Dès lors commença pour lui ou se continua avec plus d'abandon une existence que la biographie doit toucher avec une extrême réserve, bien qu'il en ait souvent entretenu le public. Sa nature ardente, délicate et fragile, ne résista pas assez aux séductions des sens; mais il est juste d'ajouter qu'il s'indigna passionnément contre lui-même d'une faiblesse que tant d'autres hommes se pardonnent aisément. Sa poteie est l'expression navrante et quelquefois sublime de la lutte d'une noble nature contre le génie «les sens imprudemment accueilli et fêté. Le volume qu'il publia en 1832, sous le titre d'un Spectacle dans un fauteuil, nous montre l'ame du poète partagée entre l'attrait du plaisir et la colère contre la volupté impure et meurtrière. Ce nouveau recueil, trèssupérieur au premier, mais bien incohérent encore, se compose d'une dédicace à moitié sérieuse, à moitié railleuse, où l'auteur, pour narguer les déclamations religieuses, patriotiques, humanitaires , qui retentissaient autour de lui, affiche un dédain complet pour la religion, lu

59 MUS patriotisme , etc. Puis viennent un drame, La Coupe et les Lèutes ; une cométlie en deux actes, intitulée : A quoi révent les jeunes filles, et un conte, Namouna. Le héros de La Coupe et les i Livres, le Tyrolien Frank, égaré par l'orgueil, quitte son pays et va chercher fortune au loin. U tue en route le palatin Stianio, et devient amoureux de la courtisane Belcolore, maîtresse du défunt. Il épuise rapidement les Apres jouissances de la débauche , du jeu , de la guerre, de j )a gloire ; puis, dégoûté de ces plaisirs dont il a : reconnu le néant , il revient dans ses montagnes natales retrouver son innocente fiancée, Déidamia. Mais c'est en vain que Frank veut purifier sa vie par un chaste amour ; il ne peut effacer la flétrissure de son passé. Le jour des noces, entre le baiser donné par l'époux et non encore rendu, entre la coupe et les lèvres, Belcolore tue Béidamia. Le vice oublié reparaît au sein de t*ivre*»e légitime, et tue l'amour pur. C'est la moralité de ce drame décousu et invraisemblable, où abondent les élans superbes et les beautés «plendides, moralité terrible, qui se résume dans ces vers :

Ah! malheur à celui qui la lue ia débauche Piauler le premier clou sou* sa mamelle gauche. l.e cœur d'un homme vierge est un vase profond: Lor*qne la première eau qu'on y ver»e e»t Impure, La mer y passerait un» laver la aoulllure, Car l'ablmc est Immense et la Uchc cat au fond.

Après la lecture de La Coupe et les Lèvres, A quoi révent les jeunes filles est un délicieux délassement. Alfred de Musset n'a rien écrit de plus spirituel et de plus exquis que cette ravissante fantaisie où une imagination gracieuse et étincelante se joue avec un sentiment délicat et un persiflage sans amertume. Le génie des sens, non pas maudit comme dans La Coupe et les lèvres, non pas épuré et virginal comme dans A quoi récent les jeunes filles, mais adoré d'un culte insensé, triomphe dans Mamouna, \ sous la personnification de don Juan , le perfide sincère, le candide corrupteur qui, dans son ardente poursuite de l'amour infini, dont il porte en lui le rêve et le désir, traverse tous les amours terrestres sans en trouver un seul qui le satisfasse. De bons juges pensent que les deux cents vers consacrés à la peinture de ce don Juan :

Que pmonne n'a fait, que Mourt a rêvé, Qu'Hoffmann a vu passer, au non de la musique. Sou» un éclair divin de aa nuit fantastique,

«ont le plus bel endroit du Spectacle dans un fauteuil. Dans cet ordre de tableaux, Alfred de Musset se surpassa peut-être par Rolla, qui parut •tans la Revue des Deux Mondes dû 15 août 1833- Aucuudescs ouvrages ne donne une plus haute idée de son talent et ne fait plus vivement regretter qu'il ne l'ait pas mieux employé. Rolla débute par une magnifique apostrophe à noire siècle sceptique, sur les temps des croyances païennes et les âges de la foi chrétienne ; mais ce splendide portique conduit à tin conte licen* deux et sinistre, indigne de l'admirable poésie

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