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Manche. L'amiral hissa son pavillon sur la frégate la Méduse, et alla recounaUre Boulo^e, que l'on fortifiait alors avec activité (4 août 1801). La flottille anglaise se composait d'environ quarante bâtiments de guerre, frégates, bricks, corvettes, bombantes, chaloupes canonnières et brûlots. Apres avoir examiné différents point» de la cote, il ouvrit son feu et fit appareiller ses vaisseaux. Alors la canonnade s'engagea entre la terre et l'escadre. Mais en résumé, l'affaire tourna contre les Anglais, qui lancèrent en vain un millier de bombes et durent se retirer après cette démonstration brocante et illusoire. Nelson était mécontent, et bien qu'il eut écrit avec jactance à l'amirauté, un aussi mince résultat produisit une impression fâcheuse en Angleterre. Dix jours après, il résolut de faire une nouvelle attaque. Les Français, avertis, avaient augmenté leurs moyen* de défense, et tout préparé pour repousser vigoureusement l'abordage, si les marins anglais le tentaient. L'cseadriile de Nelson était partagée en cinq divisions, comprenant soixante-dix bâtimentsdeguerre et quatre mille soldats de marine. Elle se init en mouvement vers minuit , et s'approcha de la ligne d'embossage dans le plus grand sHenee. Mais le flot et les courants contrarièrent le plan d'attaque; les divisions se séparèrent et se mêlèrent daus l'obscurité. La seconde et la troisième se jetèrent hardiment au centre de la ligne ennemie, et furent reçues par un feu terrible. L'abordage tourna encore plus mal, et les matelots anglais eurent affaire à des combattants si aguerris qu'après un combat opiniâtre il fallut se retirer sans pouvoir emmener aucune desembarcations qu'on avait prises. La naissance du jour Gt cesser le feu de part et d'antre, et Nelson regagna la cote d'Angleterre, après avoir perdu environ deux cents nommes* H ne put dissimuler son humeur de ce revers, peu important en définitive, mais auquel son nom donnait un éclat particulier. « C'est la dernière fois, ditil, que je laisserai attaquer l'ennemi sans diriger en personne toutes le* opérations. J'ai plus souffert de mes inquiétudes durant cettedutte mal engagée que si un boulet m'eût emporté la jambe. »
Nelson vivait retiré dans le domaine de Merton, qu'il avait acheté près de Londres, où ses amis sir WHKan» et lady Hamilton étaient allés s'installer, lorsque la rupture du traité d'Amiens rendit la gnerre imminente. Il prit le commandement de la flotte de la Méditerranée (mai IS03), arbora son pavillon sur le Victory , vaisseau de 100 canons, et vint s'établir devant Tofllon pour surveiller l'escadre qui s'y formait, et qu'on croyait destinée à une autre campagne d'Egypte. Mais le génie fécond et audacieux de Napoléon méditait, tout en les modifiant sans cesse, des plans bien pins vastes. En continuant ses apprêts menaçants contre l'Angleterre par l'achèvement de dix-huit cents bâtiments pour la flottille , par la formation de sept camps de cent soixante mille hommes d'é-
iite sur les côtes de la Manche , il travaillait arec noe prodigieuse activité à agrandir et à exercer ses escadres , et à un jour donné il voulait réunir dans la Manche soixante à soixantedix vaisseaux, et sous leur protection, embarquer son armée et frapper le grand coup en Angleterre. « Que- nous soyons maîtres du détroit pendant six heures, écrivait-H à un de ses amiraux, et noirs serons les maîtres du monde. >» Trois flotte» se rassemblaient, à Toulon, à Rochefort, à Brest : la première, sous Villeneuve, de orne vaisseaux et huit frégates, portant huit mille hommes; la deuxième, sous Missiessy, de six vaisseaux et quatre frégates , portant six mille hommes; la troisième, sous Gantlieaume, de vingt vaisseaux et quinze autres bâtiments, portant vingt-deux mille hommes; enfin trente vaisseaux espagnols étaient au Ferrol et à Cadix. Les trois flottes françaises eurent ordre de mettre à la voile, de courir sur les Antilles et d'y jeter des renforts; là eHes devaient recevoir des instructions pour se réonir et revenir en Europe, pendant que les Anglais, alarmés pour leurs diverse* possessions par la sortie subite de ces trois flottes, lanceraient de toutes parts des escadres a leur poursuite et laisseraient ainsi la Manche libre. L'Angleterre avait huit flottes en mer : trois sur les cotes britanniques ; une devant Brest, commandée par Cornwallis; deux dans le golfe de Biscaye ; une devant Cadix ; une devant Toulon, commandée par Nelson. Des accidents ou les fautes des chefs dérangèrent l'exécution de/ ce plan grandiose. Villeneuve, ayant trompé la vigilance dfe l'amiral anglais, rallia à Cadix sept vaisseaux espagnols, et, après beaucoup d'irrésolutions, arriva aux Antilles, pendant que Nelson le cherchait dans les eaux de l'Égypte. Là, il reçut de Napoléon l'ordre de se joindre à l'escadre de Miasiessy à Rochefort, de débloquer Gantheaume à Brest, de prendre te commandement suprême, et, à la tète de soixante vaisseaux, d'entrer dans la Manche, ou les Anglais n'en avalent pas cinquante. Nelson, l'ayant cherché inutilement par toute la Méditerranée, courut aux Antilles, fouilla partout, et apprit enfin son départ. Aussitôt , soupçonnant le plan de Napokon. il avertit l'amirauté , revint en Europe, devança la flotte française sans la voir, courut a Gibraltar, chercha dans tout le golfe de Gascogne, et alla jusqu'en Irlande. L'amirauté fit ce que Napoléon avait voulu faire; elle ordonna à Nelson d'aller renforcer la flotte uV Brest, et à l'escadre qui croisait devant Rochefort de joindre celle du Ferrot, que commandait CaMer. Celui-ci ayant rencontré Villeneuve près du cap Finistère, un combat s'engagea oh les deux ami raux s'attribuèrent la victoire , mais qui n'eut aucun résultat ( 22 juillet 1805). Villeneuve, au lieu desuivresea instructions, s'en alla au Ferrol, s'y laissa bloquer, et sur l'ordre réitéré de Napoléon de cingler sur Brest, il perdit la téte, et pour éviter une bataille avec trente-trois vais-