KEN MUS
fils du prêtre Beulan, mattre de Nennius (Versus iïennii ad Samuelem, filium magistri sut , Beulani presbyteri, viri religiosit ad quem htstoriam suam scripseral ). Ces indications fixeraient l'époque de Nennius au commencement du septième siècle. Suivant Leland,ii était t abbé de Bangor, où il avait, dit-on, reçu son éducation; et, ayant échappé au massacre des moinesen 603, il passa ses dernières années dans les lies écossaises. Les antiquaires gallois revendiquent une antiquité encore plus reculée pour l'ouvrage attribué à Nennius ; ils prétendent qu'il fut écrit en breton , et d'après les traditions des bardes et des prêtres, par un Nennius, vaincu par Jules César dans un combat singulier ; le second Nennius, abbé de Bangor, traduisit l'œuvre de son prédécesseur, et la continua jusqu'à son temps, c'est-à-dire jusqu'à la mort de Penda.roi de Mercie, en 655. Tous ces récits paraissent être des fictions faites après coup. Les plus anciens manuscrits de V Histoire des Bretons la donnent comme un ouvrage anonyme ; le nom de Nennius ne s'y trouve joint que vers le commencement du treizième siècle, et mfme alors il est souvent remplacé par celui de Gildas. Sur une indication aussi incertaine, il est impossible d'affirmer l'existence de Nennius et encore moins de donner des détails sur sa vie. D'après le ton général et le contenu de son histoire , il est probable que l'auteur était d'origine celtique ( peut-être Gallois) ; et il est certain qu'il était ignorant et ne puisait qu'aux sources les plus communes. Son ouvrage a donc fort peu de valeur au point de vue historique ; mais les fictions qu'il renferme lui donnent une certaine importance littéraire. Les récits de la première colonisation des Iles Britanniques, des exploits du roi Arthur, et surtout de la naissance de Merlin et de ses merveilleuses prophéties, ces récits, qui exercèrent tant d'influence sur la littérature du moyen âge, ne se trouvent pas avant le douzième siècle ailleurs que dans cette histoire. Si réellement elle avait été écrite avant la conquête normande, ce serait une preuve que ces légendes sont d'origine galloise; mais la véritable date de l'ouvrage est impossible à fixer. M. Wright pense qu'aucun des manuscrits de V Historia Britonum ne remonte au dixième siècle; que les plus anciens sont tout au plus du onzième, et la plupart sont du treizième ou même plus récents. S'appuyaut sur le fait curieux que les deux plus anciens manuscrits, celui du Vatican et celui d'Oxford, ont été écrits hors d'Angleterre, le même critique se demande si V Historia Britonum n'a pas été compilée sur le continent, en Bretagne par exemple. L'hypothèse est vraisemblable et s'accorde avec ce que l'on sait d'ailleurs sur l'origine des fictions qui tiennent une si grande place dans les romans du moyen Age.
\S Historia Britonum fut publi e pour la première fois par Gale, dans sa collection des
675 TŒNN1US -
historiens anglais, 1691, m-fol., t. î. Bertram réimprima le texte de Gale à Copenhague, 1757, in-8". Le R. W. Garni, recteur dlrstead, en donna une nouvelle édition avec traduction et commentaire : The Histoha Briitonum, cemmonly attributed to Ffennius; front « manuscrit lately discowered in the library oj the Vatican Palace, at Rame; edited in the ttnth century by Mark the Hermit ; with an englistt ver non; Londres, 1819, in-««. Eirtin M. J. Stevenson a publié d'après plusieurs manuscrits une bonne édition de YHtstoria Britonum. La traduction île Gunn a été insérée dans le volume des Siaro/tf english chrontcles, qui fait partie èeV Anliquarian library de Bonn.
VoMloi. De historicU Udiult. - Tann«r. Uibliolheca. — Lappci.berg. Getch. von EnplanA, woL I, p. xxxut.- Stevca<»n, Introduit, à «on édition. - Wright, Biographie brUannica literarla, t. I.
nkxy (Patrice-François, comte *e), liomme d'Étatbclge, né le 24 décembre 1716, à Bruxelles, où il mourut, le 1er janvier 1784. Il appartenait à une famiUe irlandaise, nommée Mac Neny, réfugiée dans les Pays Bas après l'expulsion de* Stuarte. D'abord secrétaire du conseil privé en 1739, il devint successivement conseiller privé en 1744 , membre du conseil suprême pour les affaires des Pays-Bas à Vienne, en 1751, l'un des commissaires pour l'exécution du traité d'Aix-la-Chapelle en 1753, trésorier général des finances en 1753, chef et président du conseil privé en 1757 II eut une grande part à la direction des affaires de la Belgique sous le règne de Marie-Thérèse, qui le créa comte et lui donna le cordon de commandeur de l'ordre de Saint- Élienne. Curateur de l'université de Locrvain en 1755, il s'efforça d'y améliorer les éludes, et la première séance de la société littéraire qui fut le noyau de l'Académie royale de Bruxelles se tint dans son hôtel. On a de lai : Mémoires historiques et politiques sur les Pays-Bas autrichiens; Neitfchatel, 1784, in-8°; 4* édit., Bruxelles, 1786, 2 vol. in- 12, ouvrage qui obtint un grand succès, et qui fait encore autorité dans les matières qui y sont traitées. Il avait été rédigé sur la demande du prince de Kaonitz, pour l'instruction de l'archiduc Joseph, fils aîné de Marie Thérèse. M. Giethals ( Lectures relatives à l'histoire des sciences, des arts, des lettres, des mœurs et de la politique en Belgique, etc., IV, 274) cite une lettre intéressante adressée au comte de Cobenïl par Neny pour se disculper des reproches d'avoir professé dans ce travail des principes républicains, alors qu'il avait seulement fait preuve d une honorable indépendance. Neny avait écrit sur les aflaires ecclésiastiques des mémoires restés manuscrite et conservés à la Bibliothèque royale de Belgique Barbier lui attribue par erreur lesŒsitT» posthumes de M. le P. de N., contenant la réforme du conseil des domaines et finances des Pays-Bas ; Neufchâtel, 1784, in-8*. Seloa
NEOPHYTE 676
Reiffenberg et de Stassart, Neny fut l'éditeur des Decisiones curix Brabantix récent tores du comte de Wynants. M. Louis Oetaecier s'est approprié, en le publiant sous son nom, un extrait textuel des Mémoires historiques et politiques, qu'il a intitulé be l'Organisation politique, administrative et judiciaire de la Belgique pendant les trois derniers siècles ; Paria, 18*1 in-1 2. E. R.
lie RetffenlMTg. Arrhttw philologiques, 1, m. — le même. Annuaire de tAtaA roy. dts sciences et àeilesle'.lrts de llruxellet. 1*M, p. «7. - Garhard. 4«r les Mémoires hlst. et poht. dit ehe/et président de !Se»y, dam 1rs hiHlettnt del'dcad. roy. des tdemees ettxllrr- lettres de HruxeUlt. tom. VU. 1" part., p. 358. — Le Bibiiophile belge, IV. S89. — Barbier, Diction», des ouvroç<s anonym. et pseudonym.
nÉophron ( Neôipœv ) , poète tragique athénien, vivait dans le cinquième siècle avant J.-C. Sa biographie par Suidas contient une contradiction. Suidas prétend que Néophron écrivit cent vingt tragédies, que la Médée d'Euripide lui a été quelquefois attribuée, qu'il mit le premier en scène le personnage de gouverneur d'enfants ( TC»t5»Yt0Yo; ) et fexamen des esclaves par la torture ; il ajoute qu'il fut enveloppé dans la disgrâce de Callisthène, et mis à mort par l'ordre d'Alexandre le Grand. H est évident que le rival d'Euripide et son prédécesseur dans l*iatroiuction du rôle du pédagogue n'a pas pu vivre sous Alexandre. Suidas anra sans doute confondu Néophron avec Néarque, acteur tra» gique qui était l'ami de Callisthène et qui partagea 3a persécution. Il reste de Néophron des \ fragments d'une tragédie de Médet, qui semble avoir servi de modèle h 1a tragédie d'Euripide qui porte le même titre. Les Fragments de Néophron ont été recueillis par M. Wagner à la suite d'Euripide dans la Bibliothèque grecque de A.-F. Didot. Y.
Suld.ii.iii raotNE6;pcdv. — Elmslcjr, cdlt. de la Medee d'Euripide. - Diojtem- Laerce, 11. m. — Clinton, Fasti HellenM,\. 11. p xxxu.
NÉOPHYTE (Neoyûroç ), historien grec , vivait vers la fin du douzième siècle après J.-C. Il était moine dans l'Ile de Cypre, lorsque cette lie fut occupée par le roi <T Angleterre Richard Cœur de Lion et devint la possession des Latins Il a laissé un opuscule hittloriquc intéressant, queCoteher a publié dans le vol. 11, p. 457-462, de ses Ecclesix grieesc Monument a, sous ce titre : Nsoçurtru npwôurépfrj povsxrô xat éyx>e.<jtoO ~tçi tûv xorn £tî»p*v Kùrrpov <ntaiû>v ( De néophyte prêtre, moine c /oit ré, snr les calamités de Cypre ) ; c'est un court récit de l'usurpation de Cypre, de la conquête de l'Ile par Richard Cœur de Lion, de ï«mpriM>nnement d'Isaac Comnèiie, et de la cession de ''île aux Latins. Ontrouve dans diverse* bibliothèque* do l'Europe des manuscrits qui portent le nom de Néophyte ; ceux qui traitent de sujets théologiqces peuvent appartenir an moine cypriote.
On a d'un Néophyte Prodmotenus une Drmonstratiodepfantis et xleux traités chimique*.
Quant aux Dr/tniliones et Divisiones sumniariœ iotius Aristotelis philosophie, et Epitome in Porphyrii qttinque vocts et in Aristotelis Organon, ces traite» sont probablement d'an troisième Néophyte. Y.
Da Cangr , Gtoitariutn medùc et infiin.t QrxritaUt ; index aurtomm, p. ». — Knblielm . MMèvUtvca qrttca, v«l. V. 9. 7M j val. VJ1I. 661. «CS ; n»l. XJ. p *M. - Cave, Utstoriu litterarla , ad ann. 1190.
HÉoptolkiwb I" ( Ncotito^^o; "), roi d'Epire, mort vers 3C0 avant J.-C. Il était fils d'Alcétas 1er. A la mort rl'Alcétas, Kéoptolème et son frère Arrymbas ou An*) bas se partagèrent le royaume d'Épire. Ils gouvernèrent leurs parts respectives en parfait accord jusqu'à la mort de Néoptolème. On ne connaît aucun incident remarquable du règne de ce prince. Il laissa deux «niants: Alexandre /"• d'Epire et Olympia*, mère d'Alexandre le Grand. Y.
iMUMnbH, I, il. - Jusiln, VII, 6;XVn. 3. — Droysen, Ilellenitwus , vol. I. p. ko.
nRottolkwe n, roi d'Épire, fils d'Alexandre 1" et petit-fils du précédent , tué en 29j avant J.-C. A la mort de son père, en 32(5, il était encore très-jeune, et les belliqueux Êpirotes se prononcèrent en faveur diacide. Mais en 302, en l'absence de Pyrrhus, successeur d'Éacide , une insurrection éclata et fit prévaloir les droits de Néoptolème. Ce prince occupa le trône pendant six ans, et mécontenta ses sujets par sa tyrannie. Lorsque Pyrrhus revint d'Épire, en 296, à la tête d'un corps d'armée que lui avait fourni Ptolémée, roi d'Egypte, Néoptolème, effrayé de la désaffection des Epirotes, consentit à partager 1a souveraineté avec son
NEOPHYTE — NEPOS
H F. peu. Foy. Nàpier.
m mort t»n
, né en 1312, arnés avoir étudié à Bologne , il était devenu, vers 1350, abbé du couvent des Bénédictins à Opatowie. H laissa mie Summula chroniae, tant Romans quam Bohémien, qui s'étend depuis l'ère chrétienne jnsqu 'à l'an 1360; elle a été insérée par Pez dans la collection des "Scripfarts rerum amtriacarum, t. II, p. 1005- 1042. On en trouve aurai un extrait dans les Monttmenta de Dœbner, t. IV, p. 79-93. G. B.
Vr. PalM-lc?, frtrdigung der aHen boftmischen C#schichttchi fètHsr; Prague, 1MO. p. ro-ds.
xKpomccèjik ( Saint Jean), patron de la Bohême , né à Népomuok, vers 1330, noyé le 21 mars 1335. Après avoir obtenu à Prague les grades de docteur en théologie et en droit canon, il se livra à la prédication ; ses mtioous eurent sur le peuple l'effet le plus salutaire, il lut nommé chanoine, et reçut bientôt après l'offre de
l'évéché de Leutinoritz, qu'il refusa, pour continuer à se vouer au redressement des vices. Plus tard il devint doyen de la collégiale de Tous-les-Saints à Prague et aumônier de l'impératrice Jeanne, femme de Wenoeslas. Ce priuce, suspectent la rkiélité de son «épouse, interrogea à ce sujet Népcimnoèire, et le somma de Jiri faire connaître la confession de Jcanue; mais ni par des menaces ni par des [promesses il ne put obtenir que Nepoinucène lui révélât les secrets de sa pénitente. Il le fit alors jeter en prison, et ordonna qu'il fût mis à la question ; mats tout fut inutile. Sur tes instances de l'impératrice , il lui rendit enfin la liberté; mais peude temps après le
rival. Un pareil accord ne pouvait être durable. | v°yant «"» m*" passer devant le palais, il sentit
renaître toute sa furenr contre l'homme qui mettait son devoir au-dessus de la volonté de l'empoisonner son collègue. Pyrrhus, informé de ce 1 pereur; sur ses ordres Népomucène fut saisi et
Un jour que ces deux rois assistaient à un banquet solennel, Néoptolème forma le dessein d'em-
projet, fit immédiatement assassiner Néoptolème.
Wntarque, Pyrrhus, 4, S. — Drovaea, HelltRiimus, vol. I, p. Ko.
kéuptolèmi: de Paros, grammairien grec, d'une époque incertaine. On lai attribue les ouvrages suivants, qui sont tous perdus aujourd'hui : Sur les Êpigramtnes ( llepl 'brtYpaiipâtwv ), probablement une collection d'£/ùgrammes avec des Schclics; — Sur les Langues ( flefi v/axroûv ), qui contenait au moins trois livres : c'est sans doute cet ouvrage auquel Achille Tatius fait allasion en parlant de mats phrygiens (çpvYtou ç«*v» ); — Un commentant sur Homère; — Un commentaire sur Théocrite; — Un traité sur la poésie% auquel, dit-on, Horace lit des emprunts pour sou art poétique. Le poème épique intitulé JSaupactie (Nâumncrta), quePaumnias regarde comme l'œuvre de Carctnus , était attribué à ua Néoptolème. Peut-être Néoptolème de Paros avaiiil écrit un commentaire sur ce poème. Y'.
Jacobt, AntkoL, voL VI, p. xxxti. - Fabrtelns, BtbltotAeca yrvea, vol. I, p. 517; |||, p. 781, "98; VI, p. 1M, 37a. - ClUUon , Fatt. Heu., vol. i, p. »9.
jeté dans la Moldau. Son corps, retrouvé le 16 mai, fut enseveli dans la cathédrale de Prague, où on lui a élevé un monument magnifique en marbre précienx et en argent massif. Vénéré comme martyr déjà du vivant de Wenoeslas, il lut canonisé on 1721. Plusieurs historiens allemands ont conteste l'authenticité de ces faits. D'après eux Jean Népomaeèae aurait été vicaire générai de l'archevêque de Prague-, il aurait pris une part très-actire dans divers démêlés nés entre ce prélat et l'empereur Wenoeslas; depuis il aurait, en 1393, poussé le chapitre à procéder à la nomination de l'abbé de Kladrau, sans consulter 1a volonté de Wenceslas. C'est alors que ce prince irrité l'aurait fait torturer et ensuite précipiter dans la Mol 'I au. O
BalbtiuH, ï'ita Jfepomueeni; — Bergbauer, Protomartyr pwuitcntut { lagibourR. 17M). — pubttachka, Ehrcnrrttuna des H. -Joli von Neptmuk ( PraKue, 1791'r, et Cnusnc >m duo canonici de Pomuk perturbait fuera { Prapic , 11M;. — Effonberger, l*a**d* *** H-'J- vo* /tepomuk ( Pracue. iti9). — SchoUky, Die Carohnischr Zeit nebtt çetchielUUchen Jbhandlungcn uber den H.-J. von yepomuk (Prague, IM0 ). — Abel, Die Uyenêe Z. von Nepomuck (Bt rUn, tB5l).
{Cornélius) y hislorien romain, v»
870 ÎNEI
vait dans le premier siècle avant J.-C. Il fut '
l'ami de Cicéron, de Pomponius Atticas et du I
poète Catulle; mais on manque de renseigne- j
ments précis sur sa vie. La date de sa naissance I
doit être placée entre les années 96 et 86 avant j
J.-C. ; celle de sa mort est certainement |M>sté- !
rieure à l'an 32 avant J. C. Le lieu de sa naissance
est aussi incertain , et c'est par conjecture qu'on
le fait naître à Vérone ou dans un village voisin, j
L'opinion qui le fait périr par le poison est
dénuée de fondement. Les anciens citent de lui
plusieurs ouvrages ; mais il n'en reste qu'un petit
nombre de fragments, qui ne nous permettent
pas de porter sur l'auteur un jugement motivé.
Ces ouvrages sont : Chronica , espèce d'abrégé
d'bistoire universelle en trois livres, à ce que Ton
croit. Ausone, Aulu-Gelle, Solin nous donnent
une certaine idée de cet ouvrage, et Catulle y fait
allusion dans ces vers de la dédicace de ses
poésies à Cornélius Nepos:
jam tum auras m. nno* Italorom , Omne xvuiu Iribus eipllcare chartlf Doctla, Jupiter! et laborlotl*.
( C'est toi qui le premier des Italiens osas expliquer tous les âges dans trois livres savants, par Jupiter! et qui ont coûté de grands travaux. ) — Exemplorum libri ( Les Livres des exemples ), dont Charisius cite le second livre et Aulu-Gelle le cinquième; c'était probablement an recueil de dits et de faits remarquables dans fe genre de la collection faite plus tard par Valerius Maxime ; — De Viris illustribus, dont les anciens grammairiens citent les livres II, XV, ! XVI ; quelques critiques pensent que c'est le ; même ouvrage que le précédent, cité sous un autre titre ; — une Vie de Cicéron ; — Lettres à \ Cicéron : Lactance donne un extrait d'une de . ces Lettres; — des Poésies, si l'on en croit Pline le jeune, qui le place dans la même caté- | gorieavec Virgile , Enniuset Accius; — De Uistoricis. Dans la vie de Dion qui porte le nom , de Cornélius Nepos, on trouve la phrase suivante : « Mais de celui-ci plus de choses sont 1 exposées dans mon livre qui traite des histo- j riens. ■ Plusieurs critiques pensent qu'à ce traité | appartenaient les Vies de Caton et d' Atticus qui existent encore aujourd'hui. Telles .sont les seules traces authentiques que nous trouvons chez les anciens de la vie et des ouvrages de Cornélius Nepos; elles auraient à peine assuré sa mémoire, si la critique moderne n'avait rattaché à son nom un petit ouvrage proraptement devenu populaire dans les écoles.
En 1471 il sortit des presses de Jenson à Venise on volume in-4° intitulé .Emilii Probi de vita cxcellentimn imprratorum. contenant les biographies de vingt généraux illustres, dix-neuf grecs et un perse, dans l'ordre suivant, qui s'est retrouvé identique dans tous les manuscrits : Miltiade, Thémistocle, Aristide, Pausanias, Cimon, Lysandre, Alcibiade, Thrasybule, Conon, Dion, Iphicrate, Chabrias, Timothée,
os rso
Datante, Êpaminondas, Pélopidas, Agésilas , Eumène, Phocion, Timoléon. A la suite venaient trois chapitres intitulés De Regibus, donuant de très-courtes notices de certains fameux rois de Perse et de Macédoine, de l'ancien Dcnys de Sicile et quelques-uns des plus remarquables successeurs d'Alexandre. L'ouvrage se terminait # par des biographies d'ffamilccr et d'Banmbal. En tête des Vies on lisait une préface commençant par ces mots : « Je ne doute pas, Atticus, que beaucoup ne regardent ce genre d'ouvrage comme léger et peu digne des très-grands hommes. • Enfin, en, tête de tout l'ouvrage se trouvait une dédicace en vers à l'empereur Théodose contenant ces mots :
SI rngat aoctorrA, paulatlm dctf«e noatram Tune Domino nomen, me scUt esae Probam.
(S'il demande l'auteur, dévoile peu à peu notre nom à l'empereur, qu'il sache que je suis Probus. )
Une seconde édition du même ouvrage fut publiée à Venise, in-4°, sans date, par Bernard i nus Venetus ; on y trouve de plus que dans la précédente une biographie de Caton. La première partie du volume porte pour titre JEmilii Probi historici Excellentium imperatorvm vitx; la seconde : JSmilii Probi De virorum itlustrium vita. Une troisième édition, in-i°, sans date et sans mm de lieu ni d'imprimeur, mais reconnue pour avoir été imprimée à Milan , au plus tard en 1496, fut publiée sous le titre d'ftmilius Probus, De Viris illustribus , avec addition de la Vie de Caton. Il parut dans la première moitié do seizième siècle de nombreuses éditions de cet ouvrage, mais sans notables changements , excepté dans l'édition de Strasbourg, 1506, qui, sur l'autorité de plusieurs manuscrits, attribua la Vie cf Atticus à Cornélius Nepos. L'édition de Denys Lambin, Paris, 1569, in-4° , marque une époque décisive dans l'histoire du livre attribué àiEmilius Probus. Lambin ne se contenta pas de revoir le texte avec le plus grand soin , il revendiqua l'ouvrage pour Cornélius Nepos. Son principal argument, t'est que le style de ces biographies est trop pur, trop net, trop simple pour appartenir à la langue incorrecte, recherchée, obscure et presque barbare de la ûn du quatrième siècle. L'argument est excellent quant à l'époque, mais non quant à l'auteur. On peut regarder l'ouvrage comme une production du siècle d'Auguste ; il reste à prouver que Cornélius Nepos en est l'auteur. Sur ce point les arguments de Lambin sont trèsfaibles ; il cite un passage de Ja Vie de Coton, très-concluant en ce qui concerne cette Vie . mais qui ne prouve rien pour les autres biogra phies. Onaf ait en effet que les Vies du Caton et d'Attiais ne font pas partie de la compila tion d\£milius Probus. Lambin insiste sur le ton de liberté qui respire dans tout l'ouvrage et qui aurait été déplacé sous Théodose ; en supposant cette raison fondée, elle ne prouverait en-