‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 138 sur 206 · NERO · texte numérisé non relu

NERO

scientifiques et deproductions d'histoirenaturelle. Il avait des connaissances fort étendues dans la littérature, tant sacrée que profane, en phvsique et en mathématiques. On a de lui : De templo et cœnobio sanctorum Boni/acii et Aient h ts fonça monvmenta; Rome, 1755, in-4°; — De suscepto itinere subalpino epistolœ III; Milan, 1753, in-4°; — Hieronymianx familix vêlera monumenta ; Plaisance, 1754, in-t*; l'auteur a pour but de démontrer l'ancienneté de l'origine et les progrès de l'ordre de Saint-Jerome, contre l'opinion de ceux qui lui assignent une éjwque plus récente. p.

Diiionario istorico Bauanese.

nerli {Philippe), historien italien, né a Florence, en 1485, mort dans la même ville, en 1556. Sa naissance noble, son mérite et plus encore son dévouement aux Médicts le firent parvenir h de hautes dignités ; mais il vivait dan* •m temps de troubles, et il partagea la mauvais* comme la bonne fortune de la famille à laquelle il était attaché. Après avoir beaucoup souffert pour la cause des Médicis, il vit cette cause triompher et écrivit des mémoires sur l'histoire de Florence, y compris les événements auxquels il avait pris part. Cet ouvrage, que l'auteur mou rant avait laissé à son neveu, ne parut que près de deux siècles plus tard , sous ce titre : Commentarj de' fatti civili occorsi nella città di Firensè dat 1215 fino al 1537; Florence, 1728, in-fol. Ces mémoires sont un utile complément des autres histoires de Florence, et contiennent beaucoup de détails omis par Guichardin. Nardi et Machiavel. On reproche à Nerli d'avoir sacrifiV plus d'une fois la vérité à l'esprit de parti, et Tiraboschi ajoute qu'un auteur qui écrit l'histoire de son lemps échappe rarement à l'imputation de partialité. Cependant Bernardo Segni, écrivain d'un parti contraire, reconnaît en général l'exactitude et la précision de l'histoire de Nerli. , L. J.

y le de Nerli, en tetr de l'édition de se* ( otnmrntar) — Tlrabo»ehi. Storia délia Utteratura Unlmna, t. VU. p«rt II, p. îSt. — Glngoené, Histoire littéraire d'Italie, t. VIII.

Nero {Andalone del), astronome italien, Hivers 1270, à Gènes. Après avoir parcouru différentes contrées de l'Europe , il vint à Rome, où il compta parmi ses disciples Hugues IV, roi de Chjpre, qui dans la suite l'entoura de respect et d'affection. Puis il enseigna l'astronomie à Naples. Boccace , qui suivit ses leçons , le cite dans plusieurs ouvrages de la façon la plus honorable : c'est ainsi que dans un long pissape de la Genealogia Deorum(\\b. xv, c. 6) il le place pour l'astronomie au même rang que Cireron pour l'art oratoire et Virgile pour la poésie. Vto atteignit un Age très-avancé, puisqu'on le retrouve en 1342 a Rome, chez, le roi Hugues, son bienfaiteur. On a de lui ; un seul ouvrage imprimé , Opus prxclarlsslmum Astrolabii (Ferrare, 1475, in-4° de 19 ff. ), et quatre opuscules manuscrit* : De Sphxra, Theorice plunctarum,

f,!>î) NERO —

Expositio in canones Pro/acii Judœi de gcquationibus planetarum, et lntroductio ad yudicia aslrologica, qui se trouvent à la Bibliothèque impériale. P.

Tkraboschi, storia delta Letter. itai., V, IIS. — Glnguené, Mit. lilter. d Italie.

REROCCIO LAND1 OU LAND1XI, dit KCTOC-

cio (ta Siena, peintre et sculpteur de l'école de Sienne, né dans cette ville, en 1437, suivant Romagnoli, et mort en 1503; ou né en 1447, et mort en 1500, si l'on en croit le catalogue du musée de Sienne, où Ton voit de lui une Madone entre saint Jean et saint André. Il fut peintre assez médiocre, mais- meilleur sculpteur. Les églises de Sienne ronronnent un assez grand nombre de productions de son ciseau ; les principales sont, dans la cathédrale, le tombeau du prélat Testa,dc\ix statues dans la chapelle Sainl- Jeau et une sibylle gravée dans le merveilleux pavé de la nef; à la confrérie de Sainte-Catherine, la statue delà sainte, sculptée en 1465; et à l'église de Fonte- Giusta, un bas-relief datant de 1489. E. B— n.

Vaiarl, Vite. - Baldlanccl, lfotitU- — Romagnoll, benni storico-artisttci ai Siena. — Tlco«l. IHiionario.

xénon ( L. Domitius, devenu par adoption Claudius-GTsar-Drusus-Germanicus), empereur romain, né à Antium, le 18 des kalendes de janvier de Tan de Rome 790 (15 décembre 37 de notre ère), mort dans la villa de Phaon, à quatre milles de Rome, le 1 1 juin 68. Quelles que soient les passions politiques qu'on apporte , à certaines époques, dans l'étude de l'histoire, il y a des noms qui n'offriront jamais aucun enseignement et sur lesquels on ne saurait appuyer aucun système; car, heureusement, ils sont des exceptions pour l'humanité. L'empire romain réunissait-il les conditions nécessaires au développement de la civilisation ? Est-il venu à son temps? l'ut il un progrès on un obstacle dans la marche de l'esprit humain ? Ce n'est pas le règne de Néron qui pourrait nous le dire. A celte question, si controversée, il nous faut chercher une solution dans l'ensemble des faits encore imparfaitement connus, dans l'histoire des institu;ioos,qui, malgré de nombreux travaux, ont besoin d'être étudiées davantage. Ce que nous I suivons affirmer aujourd'hui, c'est que les mauvais instini'ts ont souvent triomphé des sages prescriptions ; c'est que chaque forme de gouvernement à Rome, république ou despotisme impérial, ont été tour à tour souillés par de terribles excès. 11 semble que ceux qu'a flétris Tacite dans les trois derniers livres de ses Annales eussent amené bien rapidement la mine de l'empire si le nivellement du monde sOus une même loi, sous une volonté unique, n'eût été dans les voies de la Providence.

On peut trouver quelque intérêt à rechercher dans les grandes familles de Rome certains traits qui semblent se perpétuer dans leur postérité et donner à quelques-unes d'entre elles un caractère

NÉRON 690 tout particulier. Non-seulement les descendants naturels, mais ceux qui entraient dans une famille par l'adoption semblent avoir conservé avec soin cette part d'héritage. Néron fut le représentant de deux des familles patriciennes les plus altières, celle des Domitius, à laquelle il appartenait par la naissance, celle des Claude, qui l'adopta. Son père, qu'il perdit a l'âge de trois ans, était Cneius Domitius Ahenobarbus, dont la vie fut de tous points détestable, ainsi que le rapporte Suétone, omni parte vïtx detestabilis (1), et qui disait avec tant de cynisme : • D'Agrippine et de moi il ne peut naître qu'un monstre, fatal au monde. » Il descendait de ce Lucius Ahenobarbus auquel les Dioscures étaient apparus pour lui annoncer la victoire du lac Régille, changeant la couleur de sa barbe, qui devint cuivrée de noire qu'elle était, en signe de leur divine mission. C'est à ce changement que cette branche de la famille doit le surnom d'Ahenobarbus (barbe d'airain). A la mort de son père, Néron resta confié aux soins de sa mère, Agrippine, fille de Germanicus et sœur de l'empereur Caligula. Les débuts du jeune prince dans la vie s'annoncèrent sous de tristes auspices. Son père avait laissé à l'empereur les deux tiers d,e ses biens , espérant ainsi conserver la troisième part à son fils; mais Caligula n'aimait pas les partages, et s empara du tout. Bientôt après, Agrippine fut envoyée en exil, et l'orphelin n'eut pour veiller sur ses premières années que sa tante Domitia Lepida, mère deMessaline. Cette femme, sans cesse occupée d'intrigues, était moins capable que toute autre de veiller à l'éducation d'un enfant dont les instincts pervers auraient dû être réprimés par une sévère discipline. Tout ce que nous savons de cette tutelle, c'est que les premiers maîtres de Néron furent un danseur et un barbier (2).

Claude, en montant sur le trône, fit revenir Agrippine de l'exil et rendit à son fils les biens paternels. L'héritier des Domitius parut dès lors appelé, par ses richesses et sa naissance ( il était arrière-petit-fils d'Auguste ), a jouer un rôle important dans l'empire. Le bruit courut même que Messaline, effrayée de la rivalité dont il pouvait menacer son fils Britannicus, alors seul héritier du trône, voulut le faire étrangler pendant son sommeil.- Malgré tous les crimes qu'on peut reprocher à la fille indigne de Germanicus, on ne saurait méconnaître qu'Agrippine n'ait voulu promptement corriger la mauvaise direction donnée à l'éducation de son fils, en appelant auprès de lui deux hommes que Rome estimait alors pour leur savoir et leurs vertus. Lucius Annœus Sénèque, fils du rhéteur Marcus, passait à cette époque pour Pun des plus éloquents adeptes de cette école philosophique du Portique, qui tendait peu à peu à s'emparer du monde romain , qu'elle devait régir au second

01 Fie de Néron, ch. V.

(S| Suétone, f ie de Néron,*. VI.

siècle avec, les Trajan, le» Anionin, les Marc- accordé». 11 était auguste, revêtu de la

Aurèle; il fut choisi comme précepteur du jeune prince. Afrauius Burrhus, prétet du prétoire , vaillant général et politique habile, secontkntSénèque dan* les soins à donner à celte éducation, dont on pouvait attendre de si heureux résultats pour l'empire, et qui n'aboutit qu'à for-

ti ibunitienne, jyand pontife; il avait seulement refusé le titre de père delà patrie, à caineiW» aon jeune âge (1). Quant au testament du Claude, on n'en parla pas : il est probable qu'on n'eût pas gardé le silence à cet égard s'il eût institué Néron comme son héritier. Toutefois l'oraison fumer un monstre doot le nom est demeuré le stig- ■ nèbre dn prince qui venait de mourir empoisonné mate de la ioJie sanguinaire et du plu» effrayant par Agrippine fut prononcée parle (ils auquel despotisme. i ce crime venait de donner le trône. Sénèipie

Néron, toutefois, sembla d'abord se roonlrer i passa pour avoir composé ce discours, ou fou docile aux leçons de ses maîtres, et les débuts de entendit le pompeux |«tnégyrique du priuce dont sa jeunesse ne laissaient pas encore prévoir l'a- . le même philosophe devait si cruellement flétrir venir. Malheureusement sa mère, qui rêvait de}» . l'incapacité dans son Apoholokynlose. Le noulesliaute»<UiStinéesau«qnelle*se»crmies devaient j veau maître de l'empire exposa ensuite au sénat appeler son (ils, et qui voulait pouvoir régner j les principes qu'il voulait suivre, disait-il, dans

la direction de l'État, et nous ne savons si l'aristocratie romaine fut satisfaite de lui entendre citer avec une égale valeur comme sources de sa haute fortune et l'autorité du sénat et le con-

sous son nom , combattait l'influence des sages conseillers qu'elle-mém* avait choisis. Elle lut donna pour compagnons de» affranclûs, qui ne devaient leur laveur qu'à I» coMulaùnnce avec laquelle ils flattaient les caprices des grands, et la J sentement de l'armée. Toutefois il fit une imvoix du plaisir Gt taire celle du devoir. On sait | pression plus favorable en rappelant qu'il était

qu'à la mort de Messaliue, Claude avait épouse la mère de Néron, et l'un des premiers soins d' Agrippine avait été de fiancer son lits à la jeune Octavie, ûlle de l'empereur : Néron avait alors douze ans. L'année suivante il franchit encore un <le* degrés qutleséparaient du trône, et fat adopté par Claude. Un fragment de* registres ou tables des frères arvale*, contenant les procès-ver* baux de leurs réunion», a fait r.onnal re récemment l'époque précise de cette adoption, qui eut lieu le 28 juin de l'anuée 50 de notre ère (I/. C'est alors qu'il changea son nom de Lucius DomUius pour celui de Claude Néron. Lu au

étranger à toutes discordes civiles ou domestiques, qu'il n'avait pas- d'injures à venger, pas d'ennemis à poursuivre. Il ne voulait pas, ajoutait-il, prendre sur lui d* prononcer des jugements qui n'appartenaient qu'au premier corps de l'État. C'était au sénat que- l'Italie et les provinces devaient désormais recourir pour obtenir justice; quanta lui il se réservait de courir aux frontières là où Ton aurait besoin de son épée (2). Ces promesses furent accueillies avec une faveur marquée, et l'on s'abandonnait à l'espoir d'un règne heureux. Dans leur joie, les sénateurs décrétèrent que de si belles paroles seraient gra-

plus tard il prit la toge virile et fut désigné véessur des tables d'argent, et que chaque année

consul.

Tout était prêt, à la mort de Claude ( an de Rome 807, de J.-C. 54). pour que le fil» d'Agrippine vit les droit» qu'il tenait de l'adoption préférés à ceux que Britannicus tenait de la naissance. Conduit par Burrbus au camp des prétoriens, il en sortit pour entrer au sénat, porte sur les épaules de* soldats,, et dès le soir même tous les titres qui faisaient de l'empereur le maître absolu du monde romain lui avaient été

II; y o«. le Bull. d« l' In dit. arc.ktol., année isH, p. 17?, et Ilen/cn, 3* vol. d'OrcIll, o° 7V19. V <>><•* aussi dan* Ecllhcl 1 1>. H. V, t. VI, p. »! i la uir'ljille qui pruu>r qu'A la *aéte de ni adoption Héron fut agrégé par un sénaOïs consulta au* quatre grasMi* sacerdoce*, qui étalent crui des poutuVs , de» augure», des qoîndcrrrovlr* tacrit facittn dis et de» srprrnrvlrs eputonum. I r rerers de cettr médaille offre le* lnr.fcno d» ces différente* dignité» re Ugtcitsc«. on y voit le «impnJe. le tré pied, le IUuhi, ou bâton d'augure, et l<< patere. BorglieM a prnuté dans wi décade* noaitscnallques que le Trépied indique le colles* de* qnlndScenrvIn, te Utmu celui des augures, te «Impute celui des pontifes, et la paiere cehil des septcoiTlrs tpulonum (Décade VU, nb*m t, r.uirn<tle Areadif.t. XV, p. Jir-). Celait la première lois qu'un pnam de la (a mille Impériale se trou* ut alm* agrégé a tous les grands sacerdoces, qui jusqu'alors nr leur avalent ete concédés dans leur totalité qu'après leur accession au trooe. Cf. Gruter, p. ccxxxvt, », et Orem , u» eio et 7J5 )

on en ferait la lecture aux calendes de janvier, le jour de l'entrée en charge des consuls éponymes.

Si Agrippine avait élevé son (Ils à l'empire, si elle lui avait acheté le trône par un forfait, c'était moins l'amour maternel qui la guidait que l'insatiable ambition du pouvoir, et des les premiers jours elle voulut agir en irnperatrice. Des monnaies furent frappées par son ordre on les deux tètes île la mère et du tir» étaient jointes dans la même couronne (3). Elle ré|K»ndait aux sadeurs; elle envoyait des depèch étrangères. Sans consulter l'empereur, elle ordonna la mort d'an des personnages les pws considérables de l'État, Marcns Silanus, amérepetit-fils d'Auguste, proconsul d'Asie, dont elle avait déjà fait périr le frère Lucius Silanus et dont elle redouta* la vengeance. Ces sxT«|dôm**s d'une tyrannie nouvelle effrayèrent Burrhus et Sénèque, dont l'influence était encore puissante sur l'esprit de leur élève. Malheureusement, Hs

(1) Cetlc modestie ne fut pas de longue dorée. Des U seconde atinée de sou régne te titre de ptttrr putn.r apparaît »or ses monnaies. ( top. Kcâitei. aX M. V, C. M,

W Tarlte. ^nn, L. XIII, c. iv.

13) fof. Eckbcl, I). flf. V., t VI, p. Kt.

093 *k ne crurent à leur tour pouvoir la conserver que par de fâcheuses complaisances. Mère et précepteurs, dans «les buts différents, semblaient d'accord pour flatter les passions du prince que ces derniers voulaient diriger vers le bien public, <jne la première comptait exploiter à son profit. On vit donc de graves stoïciens fermer les yeux sur l'abandon de la pauvre Ocîavie, délaissée par Néron, sur la liaison du jeune empereur avec une affranchie grecque du nom d'Acté, snr son intimité avec des débauchés, Salvius Olhon, Claudius Senecio , perdus de réputation dans ta ville où l'on était le plus indulgent pour le plaisir : c'est en croyant faire la part du feu qu'on activait l'Incendie, [/espoir d'inspirer à Néron un esprit de clémence et de modération devint l'écueil où fit naufrage la vaine sagesse de ses maîtres. Ils t'enivraient d'orgueil en lui rappelant sans cesse Timmensité de son pouvoir.

« Je me suis proposé, Néron César, dit Sén que, d'écrire *ur la clémence, pour le servir en quelque sorte de miroir et, en te montraut à toi même, pour te fajre arriver a la première de toutes ces joies. ïTesl-il pas doux d'avoir une lionne conscience, puis de Jeter tes yeux sur cette fonle rmrneme, discordante , séditieuse, effrénée , prèle à se précipiter également vers sa propre perte mu celle des autres si elle vient a briser son joug? N'esC-il pas doux de pouvoir se «lire : C'est moi qui mû* le préféré entre tous les mortels; j'ai été choisi pour remplir sur la terre le* fonctions des dieux ; c'est moi «mi suis parmi les nations l'arbitre de la vie et de la mort ; le sort de chacun est dans ma main ; ce que veut donner la fortune aux hommes, elfe le déclare par ma bonche ; ma parole rail 1» joie des peuples et des villes; nulle partie du monde ne fleurit que par ma volonté et ma faveur ; tous ces milliers de glaives que u.a paix retient dans le fourreau vont eu sortir a mon signal ; quelles nations seront anéanties? quelles nations seront transportées? quelles nations recevront la liberté , on la perdront? quels rois deviendront esclaves? quels fronts seront ornés du diadème royal? quelles villes tomberont ? qucUr» Tilles wront fondée»? toat cela est de mou ressorti!)..

Singulier ensHprcmerrt pour nnr jeune prince que d'exalter ainsi son orgueil par te spectacle de sa toute-puissance. Ne reconnait-on pas là ce prétendu sage dont la philosophie était si complaisante el qne Tacite a si bien peiut lorsqu'en en faisant reloge par com [«raison à la société dégénérée qui l'entoure, il nous dit que son esprit agréable savait toujours s'accommoder aux oreilles des hommes de son temps : tngenium cnnœnum et temporis ejus auribus accommoda lu m (2).

Les intrigues «TAgrippine pour recouvrer son crédit sur son fils eurent peu de succès. Le respect de Néron pour elle était encore apparent : il affectait le dévouement et la tendresse t un jour il donnait pour mot d'ordre au tribun de garde « oplima mater, la meilleure des

|1) Seneque. Dt Ctem , I. I, c. 1. (S) Tacite, Ann., I. Xtll, c. m.

inères (l) >» ; souvent il se promenait avec elle <lans la même litière ; mais ses actes tendaient .i l'isoler de ceux qui lui étaient dévoués. L'affranchi Pallas, ministre de Claude, complice de l'impératrice dans le drame auquel Néron avait drt la couronne, fut privé de ses charges, renvoyé de Rome, puis compris «lans une accusation de lèse-majesté, dont il fut défendu par Sénèque. Déjà Néron, dans son opposition à sa mère, allait au delà de ce que voulaient ses conseillers : ce n'était plus son autorité qu'il défendait , il devenait agressif. Agrippine comprit parfaitement que son fils se proposait de l'atteindre dans la personne de Pallas. Frappée dans ses espérances de domination, menacée dans sa sûreté personnelle, elle eut recours à une décision hardie en réveillant à la fois chez Néron et la reconnaissance des bienfaits reçus et la crainte d'une vengeance facile. Elle lui rappela que sans elle il ne serait pas le maître de l'empire, mats que sa jeunesse s'écoulerait obscure, un que, tout au moins, sa parente avec le véritable héritier du trône l'exposerait sans cesse à des soupçons jaloux. Maintenant Britannicus approchait de sa quinzième année ; c'était le fils et l'héritier naturel de Claude. A quoi tenait-il qu'elle ne dévoilât les sanglants mystères du palais impérial, qu'elle n'avouât les iniquité* de sa conduite et jusqu'au meurtre de son époux ? Elle voulait réparer l'injustice commise ; elle irait chercher un refuge au camp des prétoriens conduisant avec elle ce Britannicus dont le nom était un vivant souvenir de la plus belle conquête faite sous l'empire. Alors l'armée, le peuple décideraient entre lui .et l'indigne élève du vieux Burrhus et de Sénèque le déclamateur (2).

Néron connaissait trop bien Agrippine et l'ambition qui avait guidé sa vie pour ne pas comprendre le danger d'une pareille menace. Depuis qu'il avait revêtu la pourpre, sa mère et son frère d'adoption occupaient incessamment son esprit. S'il était alarmé des emportements d'Agrippine, il ne l'était pas moins de la Terroeté de caractère que chaque année développait chez Britannicus ; il venait d'en acquérir la preuve, et cette preuve l'inquiétait. Pendant les dernières saturnales, parmi les jeux de, leur âge auxquels s'étaient livrés les jeunes princes , ils avaient imaginé de tirer au sort la royauté; elle échut à Néron, qui ordonna a ses compagnons, d'après les règles du jeu, quelque acte que chacun devait accomplir. Aux autres enfants Néron dicta de» ordres qni n'avaient rien d'embarrassant pour leur inexpérience ; quand vint le tour de Britannicus, il lui commanda de se lever, de s'avancer au milieu de rassemblée et d'y chanter des vers* espérant que sa timidité, sa confusion seraient une occasion de risée. Son espoir fut deçu : Britannicus t élevé dans l'intérieur nu |ialais et qui n'avait aucune habt-

1) Suét., Néron, c.xx.

M Tacite, Mm., t. XIII, c. xiv.

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