I. XV, C. TI
justice, ainsi que cela résulte de* paroles qu'il La réponse de Néron Ait touchante S'il pou-
prononca à celte occasion et qui ont été gravées vail répliquer sur-le-champ, «lisait il, à un dis-
sur le marbre auquel nous devons ces détails cours préparé, c'était à son maître qu'il en était
hi*lori(iu.-s : Mxsix Un prxfuit {.Elianus) redevable. Puis il l'engageait a rester auprès de
tti non debuent in me di/erri honor triumpftalium ejus ornamentorum : - ŒHanus a gouverné la Mésie de telle manière que Thon neur de recevor les ornements du triomphe n'aurait pas dû être différé jusqu'à moi. » Mais quittons les provinces et revenons à Rome.
Chaque jour disparaissaient les faillies obstacles qui s'étaient opposés jusqu'alors au débordement complet des vices de Néron. Burrhus mourut, et l'on a douté que sa mort ait été naturelle. Beaucoup de gens aflirmèrent que l'empereur, le sachant souffrant d un mal de gorge, lui avait fait donner par son médecin quelque drogue empoisonnée. Il fut remplacé comme préfet du prétoire par l'un des hommes les plus effrénés dans leur dépravation, Tigeilinus, associé depuis longtemps aux secrètes débauches du prince Un second préfet du prétoire, Fenius, qui avait acquis quelque faveur populaire par des services rendus dans l'administration du Tannon?, devint le collègue de Tigeilinus.
La mort de Burrhus affaiblit le crédit de Sénèque. Ces deux hommes , dans leur molle résistance aux caprice* du maître, s'étaient du moins soutenus l'un l'autre, et la perte du plus courageux des <leux, laissait pour ainsi dire, sans chef le parti que, par comparaison, on pouvait appeler celui des honnêtes gens. Burrhus d'ailleurs, quoiqu'il se fut toujours montré plus guerrier que stoïcien, avait conservé dans ses impurs une austérité a laquelle les somptueux palais et les riches villas du philosophe ne lui permet taient guère de prétendre. On ne tarda pas à attaquer auprès du prince celui de ses deux conseillers qui restait encore comme un reproche muet, mais vivant, au milieu de celte cour dissolue. Jusque* à quand, disaiUon, Néron aurait-il besoin des leçons d'un précepteur? N'etait-il pas son maître alors qu'il était depuis longtemps le maître du monde?
Seuèque, averti de ces sourdes menées, et remarquant de jour en jour le refroidissement de Néron, prit le parli de la retraite, et demanda, j
dont II ;i pu dei
dans une audience solennelle, à se relrrer de la ^ consulaire s cour. Tacite nous a la^sé le discours qu il prononça à cette occasion, espèce d'exercice oratoire où nous ne rechci (hérons pas le talent incon testante du stoïcien pour trouver des formule* adulatrices, mais où nous pr endrons un fait chronologique qui a échappa aux historiens. C'est la date du consulat de Sénèquu, consulat substitué qui ne ligure pas dan» les fastes et qu'il trous faut porter à i'aooée de Borne 811 (de J. C. 58) (i).
lui, a ne pas lui refuser des conseil dont il avouait n'avoir pas toujours profité comme il aurait do le faire, et par les embrassements les plus ten.lre» il semblait contirmer ses paroles. Sénèque rendit de nouvelles actions de grâces; c'est toujours par là qu'on finit avec les princes, dit Tacite ; mais tl se retira de la cour, répudia ce corlege de clients qui assiégeaient sa porte, et sembla se préparer, par le détachement des biens de la terre qu'il avait trop aimés, au sort qu'il prévoyait sans doute; car il connaissait son élève.
Dès lors commence cette période du règne de Néron où la mort, l'exil, la confiscation frappent chaque jour les principaux personnages de l'Etat. L'influence de Tigeilinus n'a plus de contre» poids; les proscriptions commencent. Plautus, en Asie, Sylla.dans la Gaule Narbonnaise, sont mis à mort par les ordres de l'empereur, qni
(l| « f"x»»r, dit Senéqur , Il y a quatorre an* qire J'approche <te 1,1 | ersonne et il y en :i huit que tu régne-- Vpm Ir milieu de ces huit année* ta m'a» porte au comble de» lionneur», en sorie qu H ne manque a mon bonheur que de pouvoir en Jouir avec modération : Oetniut e$t
annut, Caetar, tit imperium nbttuet : wcdèo tempttrit tamum homorvm tn me coutulutt ht "tAil ftitcitaU mex dtttt. uùt modrrattocjm. u(.4im . L. X|V,C lui). M. Borgnes» a fait obnei ver, dan» une lel'rc écrite a M Ucrvasio sur une Inscription transcrite de 17 fifop»lilana de Fabio Gtordann, que «•# doit «'entendre <ot de I époque qui uhtsc eu deux parties égale* Ir» huit année* alor- écoulées du régne de Ncn.n, rt non pas de eé* huit années tout entières, alrrsl qu'oo l'a comprit iténéralement , attendu qu'il aurait éCe pl« n.iturrl de dire o^u» ce dernier Cas tnedio t>ir,por*. Il tu résulte que <-éneque ne dit pas à -Néron : Il y a luiU an* que vous régnez rl pendant >out ce icmps *ou> m'avez comblé ii'h-nueur», et.- ; mal* bien : Il y a huU an* que vous régner, et il y • n a quatre que vous m'avr* fait parvenir au faite de» honneur-. Or ces honneurs dont Senéque parle d*ns sou styie déclamatoire quels pouvak*nl-il* étrr ? Il avait obieuu la prédire wm rjafac : non» savons qn II n'eut le pouvi nu ment «l'uooutie province, put-qu'll ne sVlali pa- élo^'ite <ie Rome. Ce soot donc le* honneur* consulaires nonl 11 s'octt dans cr pas* usiur. U quatrième année du régnr de ÎVéron. «e trouve être lu ait" de ht fooiiatlon de Home ide J.-C M>. nouée pour laquelle Jugement nous tir savl ,n- pa» qùrls et .ient lc<«cuiif.iil- -nbatltu. » q«r. avalent succédé au I do sli mot». srloo i'ui.imc on Irmps (.Vrro m teuos vteruwqnt mrntrs dcdW ,• Suét., fi*, de Aeron, e xv | au\ con-ail- ordloanes : N.-rini pour la troisième lot* et Vah-rln» Me*»a|.i. M. Rorgt>« si. arrés avoir établi P ir d'inirrnifiix ruI-ooceroenLs que le» année» preré i«otea du mitantes appartiennent a d'antre» cunsuis su6*lliu«» erui'nrr Ici noms, el que par r>>n*eqarot Senèque, dan* lequel i eut pour co'MiQt Tn li-Ulu» l'uihon roy. le UtQale, K XXX VI Tit. 1. 1. 1; /oj'l'i/fr* de JuNt.i.ien, I. II. t.l M; i.al«». , l. IL,
c. !S3 !, vient **enra<1rer tré— hrnreu^rmenl d..ns les fastes de l'iin 81 1 . remarque que JuMrmenl a la Du d> cette aum-e le »<liiai, pour *all«fatre a la haine e-arUru liero de senéque, condamna a I eiil le vient corMulalre Silill i" JV'TMlillU^, et que c'c*t la le -eul téuiolgnaiie direct «ir l'influence du précepienr pinlo«ot^he »ur les determumUDiit nu sénat N'ct H na- pnibable dès lors que cette Influence élait due «oit au litre rie enn*<>',qnl In. rîcnmll i.i prê<Heiiec du prrmier cn^p* <\- I J l -r •» a m position de eon-ul .Je»»i:n>, qui lui ronfTa t le droit de'donr-er le premier snnavi<; uciu pritilegrs d. ni pri.iit ih nt souvent h-s cor.-u » en et.arse on le- consuls désignes pour fihe triompher l"iir opinion {rflf. la leîtrc nrtre-see par M. finrgiiesi a ARostin» C'-rvaslo, et In-érée dan- le uiéinnlr'* d<* ce savant nubli'* a Naplcs en 1**S» »ous i-c titre : (Itserraiiani tntoruo atenne aaticht uucrijioni ihe tono ofurono yin in Na poli )
en recevant
la tête de Sylla plaisante sur les cheveux blancs dont elle est couverte (l). Le double meurtre est accueilli par le sénat comme il accueillait tous les crimes du prince : on décrète que Ton remerciera les dieux. Comme la lâcheté «ies sujets Tait la force du maître, Néron pense que l'heure est venue de se défaire enfin de la lille de Claude et de réaliser cet hymen avec Poppee qui a été la cause première dn meurtre de .sa mère. Il fallait un prétexte; on activera la jeune impératrice d'adultère avec un esclave; on appliquera à la question toutes les femmes de son service; et cependant, tel est l'intérêt qu'inspire l'Infortunée, que c'est à peine si la violence des tourments arrache aux plu» . faibles quelques paroles en faveur de l'imposture. Il n'en faut pas davantage; Octavie élail condamnée d'avance; on la relègue an fond de la Camftanie, sous la garde de quelques soldats : mais N*ron , cette fois, avait compté sans la volonté du peuple; il se tronqiait en le croyant aussi docile que le sénat. Le nom d'Octavie était populaire, et l'on fit entendre de tels murmures qu'il fallut revenir sur la décision prise : l'impératrice fut rappelle. A cette nouvelle Rome fait éclater ses transports; on monte au Capitule, on croit enfin à la justice des dieux ; les statues de Pennée sont abattues, celtes d'Octavie couvertes die fleurs et placées au Forum ou dans les temples. On veut même féliciter Néron, et la foule est déjà dans la cour de son palais. Néron tremblait devant cette joie qui ressemblait à une menace. Les cohortes prétoriennes, armées de fouets, dispersent la foule; chacun rentre chez soi, honteux et puni d'avoir cru à un retour de vertu chez l'empereur. On défait tout ce qu'avait fait la sédition ; les statues de Poppéc sont replacées sur leurs bases, tandis que cette femme artificieuse emploie tout son ascendant pour prouver à- son amant le danger qu'il court a garder près de lui cette fille des césars pour laquelle la plèbe de Rome vient de témoigner une m aveugle affection.
Il fallut ourdir une trame nouvelle : évidemment les soupçons élevés contre Octavie à propos de sa prétendue liaison avec un esclave n'avaient pas trouvé de créance. On chercha quelque imposture où il y eût moins d'ignominie : à tout prix on aura l'aveu d'un homme auquel on puisse aussi prêter le projet de se rendre maître de l'empire par la séduction de la fille «le Claude. Le commandant de la flotte du oap Misène, Anicelus, s'était chargé de l'accomplissement do parricide : il se chargera sans doute de frapper dans sa réputation la jeune épouse de Néron. La position de cet homme à la cour du tyran était devenue intolérable. On avait profité de son crime; mais il y a des ser- Tiees dont la reconnaissance fait bientôt place au mépris. Néron le fait venir, loue son dévoue*
(1) Tacite, Annales, XIV, lvii.
NÉRON 726 ment; cette fois il ne s'agit plus de verser le
sang, mais d'assurer d'une parole le salut de l'empereur, menacé par l'influence d'Octavie suite peuple. Il faut avouer un adultère avec cette femme et se retirer en Sarduignc pour y jouir des richesses qui seront le prix du mensonge. Annvtns consent : Néron déclare par un edit qu'Octavio, avec le dessein formé de se faire livrer la flotte, en avait séduit le commandant. Le même édrt l'exilait dans l'Ile de Pantellarie. Jamais Néron n'avait mis a une plus rude épreuve ce (pii restait de pitié dans le co»ur des Romains On se rappelait Agrippine, la femme de Gernianicos , persécutée par Tibère; la mémoire de Julie, exilée par Claude, était pins récente encore ; mais si ces deux femmes avaient été frappées injustement*, c'était dans la maturité de leurre; chacune délies pouvait, comme consolation dans le malheur, reporter sa pensée sur quelques beaux jours. Pour Octavie il n'y en avait jamais eu : la première heure de son liyinen avait ouvert pour elle la longue série de ses infortunes : elle avait toujours été repoussée, dédaignée par l'homme auquel elle avait apporté en dot l'empire du monde Le deuil de son frère avait été sa pnrure de noces; Acté, une de ses esclaves, lui avait enlevé tout d'abord l'affection à laquelle elle avait des droits légitimes, et Poppée succédait à Acté pour lui ravir cette fois par un lAcbe complot jusqu'à la renommée de vertu qui était son seul refuge. Reléguée à vingt ans dans une Ile sauvage, sans amis, sans suite, entourée de soldats farouches, elle était déjà séparée de la vie, dit Tacite, par le pressentiment de la mort. Ce pressentiment ne la trompait pas; elle reçut bientôt l'ordre de terminer ses jours. On avait alors d'étranges ménagements : à ceux qu'on ne voulait pas frapper de l'épée on ordonnait le suicide. En vain elle invoqua les noms de fiennanicus et d'Agrippine; elle n'était plus, disait-elle, que la veuve du prince et sa sipur par l'adoption ; elle suppliait, elle voulait vivre : elle avait vingt ans. Tout fut inutile; elle fut liée sur son lit, on lui ouvrit les veines, et comme son sang glacé par l'effroi coulait trop lentement, on la porta dans une éruvo, oh elle mourut suffoquée par la vapeur. Puis sa tête fut coupée et portée à Rome : Poppée prit plaisir à l'examiner.' Quant aux sénateurs, ils ne perdirent pas cette occasion de voter des offrandes à tous les dieux. « Si je rapporte ce fait, dit Tacite à ce propos, c'est afin que tous ceux qui liront le malheur de ces temps dans mes écrits sachent bieu que tous les exils, tous les assassinats commandés par le prince furent suivis d'autant d'actions de grâces rendues aux dieux, en sorte qoe ce qui avait été autrefois le signe de nos prospérités était devenu l'indice infaillible des calamités publiques (t). >»
Est ce comme compensation au meurtre odleu x
IM annales, livre XIV, i.xit.
inkrois
de cette pauvre victime que Néron, dans la même année, (it empoisonner ses principaux affranchis? Non, c'est que ces indignes favoris avaient amassé d'immenses richesses dont il voulait jouir ; ce fut du moins la cause qu'on assigna a la mort de Pal las. Doriphore s'était opposé, dit-on, à l'hymen de Poppée, Rornanus <5tait accusé d avoir trop d'affection pour Senèque. Ainsi chacun était frappé, bons et méchants, les uns quand leur vie devenait un obstacle aux caprices du prince, les autres quand il* n'obéissaient pas avec assez d'empressement à ces mêmes caprices. Le mariage de Poppée, célébré douze jours après l'exil d'Octavie, ne demeura pas stérile. Elle mit au monde à Antium, où Néron était né et on it s'était plu à orner des chefs-d'œuvre de la Grèce la magnifique villa dont les ruines embellissent encore cette plage solitaire, une petite fille, à laquelle le prince se hâta de donner le titre A'augusta , ainsi qu'il le donna à sa mère. On dédia à cette occasion un temple à la Fécondité : les 6tatues en or de la Fortune virile et de la Fortune mulièbre furent placées sur le trône de Jupiter Capitolin, et le sénat décréta qu'on célébrerait en l'honneur des Claude et des Domitius des jeux du cirque institués à Antium, à l'instar de ceux qu'Auguste avait fait instituer à Boville pour la famille des Jules. Vains honneurs, car l'enfant eut à peine quatre mois d'existence. Sa mort donna lieu à de nouvelles adulations : la fille de Poppée fut mise au rang des déesses, eut un temple, des prêtres, des sacrifices, et Néron ne se montra pas moins exagéré dans la douleur qu'il ne l'avait été dan* la joie.
Chaque événement, du reste, devenait pour lui l'occasion de se livrer à cette passion du
qui le fit revenir à Rome. Celui qu'il ne paraît pas du moins fondé sur une observation bien exacte de la vérité : il prétendait avoir vu la tristesse peinte sur le visage des citoyen»; sa présence seule pouvait les rassurer contre des malheurs imprévus. Or, puisque l'on doit céder aux affections de famille et que le peuple romain était la sienne, il lui fallait, disait-il, oheir à ses vœux. S'il est vrai que la populace ait redouté son absence, c'est qu'elle craignait que pendant le voyage de l'empereur les distributions de blé fussent moins fréquentes et les spectacles moins animés. C'était là le thermomètre de son dévouement. Pour répondre a ce programme, Néron donna des festins dans tous les lieux publics, et ces fêtes, ordonnées par Tigellinus, dépassaient, en profusion comme en dé* bauches, tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. On construisit sur l'élang d'Agrippa, là où se trouve aujourd'hui la place du Panthéon et le Mercato délia Valle, un radeau remorqué par des navires ornés d'or et d'ivoire; ils avaient pour rameurs les mignons qui servaient aux plaisirs de Néron et de sa cour. De toutes les provinces qui formaient l'empircromain, depuis les déserts de la Perse jusqu'aux forêts de la Calédonie, on avait rassemblé le gibier le plus délicat, les oiseanx les plus rares , les poissons de l'Océan et de la Méditerranée. Sur les bords du lac s'ëlevaieut des lupanars où s'étaient rendues des dames romaines appartenant à d'illustres familles; en face se trouvaient les courtisanes de profession, et quand le jour disparut tous ces lieux s'illuminèrent de clartés soudaines et retentirent de chants de débauches. Néron se montra le plus ardent au vice, et l'on eut cru qu'il en avait atteint en ce moment les dernières limites si, quel-
Uiéâtre qui fut le trait caractéristique de sa vie. ques jours après, il n'eût eu la honteuse fantaisie
Jeux funèbres ou chants de triomphe, il était toujours prêt à paraître sur la scène. Pendant longtemps il n'avait osé chanter que dans ses jardin» ou ses palais; à Naples, il parut sur le théâtre de la ville. Naples était une cité grecque, et il voulait se préparer ainsi, disait-il, à aller obtenir en Grèce les nobles couronnes que celle contrée seule savait décerner aux véritables artistes. La nouvelle des débuts de l'empereur attira les habitants de toute la Campanie. Jamais l'assemblée n'avait été plus nombreuse, et la foule s'était à peine écoulée, que les piliers qui soutenaient les gradins, fatigués de la surcharge qu'ils avaient eu à supporter, ou ébrantés par quelque tremblement de ferre, s'écroulèrent en entraînant la destruction du théâtre. Les superstitieux Campaniens voyaient dans cet événement un triste présage; Néron ne voulut y voir qu'un effet de la protection des dieux, et composa des chants où il les remerciait de ce qu'il appelait cette heureuse issue de ses débuts dans la carrière dramatique. Il partit ensuite pour la Grèce, mais n'alla que jusqu'à Bénéventdans sa route vers l'Adriatique. On ignore le motif
de prendre pour époux, avec toutes les cérémonies usitées dans les mariages légitimes, Pythagore, l'un des vils histrions oV cette bande flétrie. Le voile des épouses, le finmmeum, recouvrait la tête du prince; on n'oublia ni tes aruspices, ni la dot, ni le lit nuptial; on avait allumé les flambeaux de l'hymen , et i on vit publiquemment ce que l'on dérobait avec soin aux regards dans les unions les plus saintes (1).
Un terrible fléau, qui éclata bientôt après, put faire croire que le ciel, fatigué de tant d'borreurs, renouvelait â Rome la catastrophe des ville» maudites. Un incendie, plus violent qu'aucun de ceux qui eussent encore atteint les quartiers populeux de la ville, se déclara tout à coup, k 19 juillet de l'an 817 de sa fondation (64 de noire ère), à l'extrémité orientale de la région appelée du cirque Maxime , entre le Palatin et le Caelius. Ce quartier commerçant contenait un grand nombre de maisons bâties en bois et de marchandises combustibles Le vent du sud-est, qui garde les chaudes émanations du Sahara ,
(l) Annales, U». XV, xxxvu.
même après son passage au-dessus de la Méditerranée, et dont les vapeurs brûlantes des7 sèchent tout ce qu'elles atteignent, soufflait alors avec force. Les flammes enveloppèrent bientôt le Palatin où, arrêtées d'abord par les constructions en pierre du palais dos Césars, elles se bifurquèrent dans les deux vallées qui l'isolent du Caelius et du Capilole pour se répandre avec la plus grande intensité dans le Suburre, le Vélabre, le forum Boarium et toutes les parties basses de la ville. Trouvant un aliment facile dans les rues étroites et tortueuses de ces anciens quartiers, l'incendie prit un tel développement que ni temples, ni basiliques, ni autres édifices publics ne résistèrent à ses fureurs. Dfs quatorze régions qui composaient la ville, trois furent entièrement détruites, le Circus Maximvs, où le fléau avait commencé, le Palatin, qui s'était trouvé enveloppé de toutes parts, et la région appelée d'isis et de Sérapis, maintenant une des plus solitaires, mais alors une des plus peuplées de la ville éternelle. Nous croyons pouvoir protester cependant contre la destruction complète du quartier du Palatin : le palais des Césars fut gravement atteint sans doute, puisque Néron se fit construire une nouvelle demeure; mais plusieurs partie» de ce vaste édifice avaient été respectées. Nous voyons en elfet les historiens mentionner à une époque postérieure l'existence de la fameuse bibliothèque d'Apollon, dont la perte eût été signalée comme une calamité publique, ainsi que les oracles sibyllins conservés dans le temple consacré au même dieu ; et ces deux monuments faisaient partie du palais des Césars. Sept régions furent ptus on moins gravement ravagées par la Hamme : l'Aventin, la région de la piscine publique, celle de la via Sacra, la région rœlimontana et le forum romain (bien que da.is ce dernier quartier il nous faille reconnaître que le Capitule fut entièrement préservé, et que la plupart des monuments publics du Forum le furent également ) , la via Lata et une grande partie de la région du Circus Flaminius. Quatre régions seulement étaient intactes après l'incendie : la région Transtibérine, séparée du feu par le fleuve; l'Esquelina, l'atta Semita et la Porte Cappène. S'il fallait s'en rapporter au récit de Tacite, l'incendie aurait duré six jours; mais one inscription trouvée à Rome (1) lui donne neuf jours de durée. Le récit de Dion, sans assigner un temps fixe, semble confirmer l'assertion du monument épigraphique. Une première fois le feu s'était apaisé devant le vide qu'on avait opéré par la destruction volontaire d'un grand nombre d'édifices, lorsqu'il se ranima
(1) BAC AREA IKTKA HA*C nEElMITIOXE» CIPPO- RVM || CI.4VSA Vt.RVRVS ET ARE*. Qi;,* EST INVE- RIVS OED.rvl A EST KX VOTO S\ SCF.rTU QVOII DIV || E R AT Ht.GI.»CTVX. H»C R f DtlITVM. lUfHVDIon VU Il ARCRITnoRVM C*V*V QVAMOO II VR8» PER SOVEM DIE* ARS.T II REROmAHIS TEMPORlBVS.... (GralCr, p. I.X!,»;Orclll,QJ> 7M.)
tout à coup, partant cette fois de la colline Pinciana, où se trouvait l'habitation de Tigellintis. C'est dans cette seconde irruption des flammes que furent atteints une grande partie des monuments qui avaient fait du Champ de Mars l'un des plus brillants quartiers de la Rome impériale. Le Yiminale et le Quirinale furent aussi envahis dans cette seconde reprise du fléau qui ne laissa debout sur ces collines qu'un petit nombre des anciennes constructions. Tacite ne s'est point hasardé à donner une liste de tous les ravages causés par l'incendie. Il s'est borné a nous dépeindre ces masses croulantes, la population fuyant en désordre et se trouvant comme enveloppée par les flammes, les torrents de fumée obscurcissant l'air et gênant la respiration des travailleurs; les femmes, les enfants, les vieillards, les infirmes victimes du désordre et se trouvant atteints par le feu, qui leur oppose une barrière infranchissable au moment où ils croient lui avoir échappé. Il n'a pu se refuser cependant à nommer quelques-uns de ces monuments de l'ancienne gloire romaine qui disparurent alors à tout jamais de cette grande cité dont ils faisaient l'orgueil. Tels étaient Y Ara ma xi ma et le temple consacrés a Hercule au pied du Palatin par l'Arcadien Êvandre, le temple que Servius Tullius avait érigé à la Lune, celui qui avait été consacré par Romulus à Jupiter Stator, le palais de Numa, dont la simplicité a servi si souvent de contraste aux satiriques pour stigmatiser le luxe de la Rome des empereurs ; le temple de Vesta et les pénates de Rome, qui du reste s'étaient montrés gardiens si peu vigilants de sa liberté. Une perte que nous pouvons déplorer encore, à dix huit siècles de distance, et en présence des trésors qu'on exhume chaque jour de ce sol fécond, ce sont les statues, les bronzes, les tableaux, dépouilles de la Grèce, et dont un bien plus grand nombre sans ce terrible cataclysme seraient probablement parvenues jusqu'à nous.
Néron, qui se trouvait alors dans sa villa d'Antium, ne revint à Rome qu'au moment où l'incendie menaçait la galerie qu'il avait construite pour réunir probablement par une espèce de viaduc le palais des Césars aux jardins de Mécène sur l'Esquilin. On ne put cependant sauver ni la galerie, ni le palais, ni Rome ellemême, ainsi que nou3 venons de le voir, et l'empereur, pour soulager les maux «le ce peuple désormais sans asile, dut lui ouvrir l'accès de tous les monuments publics épargnés par le désastre. On construisit à la hâte des hangars on l'on pût s'abriter au moins pendant la nuit ; on fit venir des villes voisines les provisions ou les vêtements indispensables à tous ces malheureux ; on ouvrit les greniers et le prix du blé fut réduit à trois sesterces. Mais tous ces soins. pris par le prince ne pouvaient détourner un terrible soupçon qui pèse encore sur lui après tant de siècles. Tacite n'exprime à ce sujet qu'un
731 INÉRON doute; Suétone et Dion Cassins, beaucoup plus explicites, accusent positivement Néron d'avoir voulu marquer son repue par la reconslructioo complète d'une Rome nouvelle , dût la destruction de l'ancienne causer d'irréparables malheurs C'eût été pour lui , selon eux , un spectacle attrayant et digne de tenter ses goûts d'artiste que celui de ces torrents de flammes, de ces langues de feu consumant une nouvelle Ilion, éclairant le ciel de leurs rouges reflets , tandis que, monté sur une des tours du palais de Mécène, revêtu du coutume d'Apollon Cytharède, il récitait les vers de quelques poèmes cycliques où l'on avait dépeint .l'embrasement de Troie. Quelle que soit la valeur de cette tradition et que les hommes qu'on vit ça et la jeter des torches allumées pour propager l'incendie aient api par ordre de Néron ôu n'aient été que des malfaiteurs augmentant le désastre dans l'intérêt du pillage , on montre encore à Rome la tour du haut de laquelle Néron contemplait en artiste et célébrait en poète la sublime horreur de sa capitale embrasée. Mais cette tradition populaire est fondée sur une erreur. La tour en briques que l'on montre aux voyageurs n'appartenait point au palais de Mécène; elle a été construite au moyen âge par la puissante famille des Cajetani.
Néron, dit Tacite, se servit des ruines de sa patrie, pour se construire un palais dans lequel les marbres et les métaux précieux prodigués de toutes parts excitaient encore moins l'admiration que les immenses dépendances et les nombreux édifices qui en formaient comme une ville entière : ville et campagne tout à la fois: car, ajoute Suétone , il y avait des champs de blé , des vignes, des pâturages, des forêts, remplis de toutes sortes d'animaux domestiques et de bêtes sauvages. Le palafs de Néron, a dit Martial, touchait à tous les quartiers de Rome, et Pline l'ancien , renchérissant encore , affirme qu'if enveloppait la ville entière (1). On serait tenté de croire à l'exagérât on du poète ou à l'amplilication oratoire de l'historien si nous ne pouvions mesurer sur le terrain, à l'aide de traces encore visibles, l'étendue de ces folles constructions, qui n<* trouvent leur analogue que dans les brillantes fantaisies dues à l'imagination des conteurs arabes. En effet , les recherches d'un archéologue consciencieux , Nibby, donnent à la Maison dorée de Néron trois milles et demi de tour, ou , en mesures françaises, plus de cinq kilomètres. Il faut y comprendre, avec toutes ses dépendances, non-seulement le Palatin, déjà envahi progressivement sous les règnes précédents par l'exten-
(1) Et quota par» ra fu t iiirrar dorons amtvrntl» urbrm L. XXXlll. c 16) ? - Ailleurs IMmr répète <»r..re : • I) «u fnl« nuu« »Ynn» vu I:» ville eniléxe enclose par le* palal* des empereur» ; ti alxird par celui de Gilijritla. puis par celui rte Mernn. Kncore ce dernier, pour que nen ne m.in<nitU.nt-i1 dorer le *ien : IV» tldlinns nrt» m tol«m cinirl «oNitfcn* urkieipitm, r;aii rt ffer*nls, et hu}at quldeui, iwî quld dccssci, a.irca. > ( L. XXXVI.a xxiv ).
ston toujours croissante du palais des Césars, mais encore la vallée qui le sépare du Oeliuà; puis , en remontant sur les hauteurs de i'Ksqui- |in, toute cette partie de Rome qui s'étend an delà de Sainte Marie Majeure jusqu'aux ruines de \'avger de Servius. Cela sulût pour justifier lYpigrarome qui courut alors : « Rome ne sera bientôt plus qu'une maison; allez à Véies, o Romains, à moins que Véies ne soit déjà cota prise dans son enceinte (1). •
Il ne serait pas sans intérêt de rechercher à ce propos quel était l'état des arts dans Rome sous cet empereur artiste qui affectait pour eux une passion si exclusive. On avait jusqu'alors emprunté beaucoup à la Grèce. Nous voyons cependant que les deux arclulectes auxquels Néron confia ce* immenses travaux portaient des noms latins, Severus et Celer. (Mine (2) nous parte aussi d'un peintre habile dont la Maison dorée était devenue pour ainsi dire la prison ; car il y passait sa vie à peindre ces fresques que nous retrouvons encore dans quelques-unes des salles qui firent partie plus tard des tliermes de Titus. Ce peintre se nommait Amulius, et ce nom indique également une origine latine. Nous rions donc supposer que, malgré son enthousiasme pour la Grèce, Néron voulut favoriser tes arts de son pays; mais nous savons que les artistes romains eux-mêmes s'inspiraient constamment des admirables modèles que leur ©rirait, en si grand nombre, la terre classique des beaux arts. Pour orner son nouveau palais, Néron ravit encore à la Grèce quelques uns de ers chefs-d a'uvre inimitables qui faisaient depuis tes beaux temps de Phidias et d'Apelles l'admiration des voyageurs. Pausanias (3) nous apprend qu'il avait enlevé à Olympie la statue d' «7/ y»**, ainsi <iue quelques autres chefs-d'œuvre dus au cisea i de Dyonisius d'Argos. De Thespie il avait (ait venir la statue de l'Amour, sculptée par Praxitèle (4); de Delphes cinq cents statues de bronze représentant des dieux ou des héros (6). Vespasieo les distribua plus tard dans te* temptes et les basiliques qu'il fit construire '0). l'ans l'atrium du palais qui contenait tant de trésors se trouvait I .t statueeolossaledeNér*n,en bronre doré ; elle était l'teuvre de Zénodore, artute qui s'était déjà fait connaître par une statue colossale de Mercitt e, d'un travail admirable et pour l'exécution de laquelle la cité gauloise des Arvernes lui avait payé pendant dix ans quatre cent mille seaterces (ou 84,000 fr.) charme année. Les auteurs contemporains doonent au colosse de Néron une hauteur qui varie de cent â cent vingt pieds; probablement «eloo qu'elle' est calculée depuis la base de la statue ou depuis celle du piédestal. Il fut, après la mort de Né-
il) Suétone, Fit de Néron, e.
(t) litre XXX V.c xxxva.
[i) t.t»re v.c xxv. xxvt.
U. Ib ri , !.. IX. c xxvn.
61 Ihid., L X. r. vu.
Mine. XXXIV, c xix.
ron, consacré au soleil et parait avoir existé jusqu'au sixième siècle , puisque Cassiodore en parle encore comme l'ayant vu. Pline, qui le décrit sous Ves|»asien, l'avait contemplé dans l'atelier de Partiste (I). « Nous admirions, «lit-il, la parfaite ressemblance non seulement du modèle «l'argile, mais même ries première? esquisses. Toutefois cette statue montra que les précieux secrets de la composition de l'airain i étaient perdus ; car ni l'or ni l'argent ne man- ' quaient ; Néron fournissait à tout, et d'autre part Zéuodore ne le cédait à aucun des anciens sta- j tuaîres dans l'art de modeler et dans celui du
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ruine de tant de familles. C'est pour repousser celte accusation qu'il la rejeta sur les di réliens, et que furent ordonnés ces infâmes supplices anxqnelsona donné à tort, à ce-que nouscrojons, le nom de première persécution de l'Église.
On peut affirmer que pendant la plu* grande partie du premier siècle de notre ère l'enfante» ment du christianisme et son émancipation n'affectèrent que faiblement l'hutoire de* l'empire romain. Si l'Église fut persécutée, elle ne le fut que par les Juifs, avec lesquels les païens la confondirent pendant longtemps (l). Partout où pénétraient ses dogmes en Asie, en Grèce,
ciseleur. Cependant l'œuvre était évidemment à Rome, c'est dans la poftulation juive qu'ils
inférieure comme matière à celle des beaux temps de Lysippe. »
C'est dans les palais de Néron qu'on a retrouvé quatre des chefs-d'œuvre les plus célèbres de la statuaire antique : le Laocoon et le Vr1léagre dans les ruines de la Maison dorée, le Gla-
trouvaient tout d'abord et leurs premiers prosélytes et leurs véritables ennemis. Quand la populace païenne figure dans les émeutes qui éclatent à leur occasion, c'est a l'instigation des synagogues, qui, dans leur colère et leur jalousie contre le nouvel enseignement, veulent armer le
diateur mourant et V Apollon du lielvedère pouvoir constitué contre les disciples du Christ, dans la villa impériale d'Anlium. Jamais du resto l'architecture n'avait atteint à Rome une perfection plus grande que sous ce règne : toot ce qui nous en reste atteste par la pureté du style, comme par la qualité des matériaux, le goût et la magnificence de cette époque Dans' la partie de la Tille que cet immense p;dais avait laisséé libre,
qu'elles représentent aux agents du gouvernement comme des factieux. Mais, malgré ces dénonciations, le polythéisme romain ne se croit pas aStaqué : par conséquent il ne saurait songer à se défendre. Les querelles deviennent-ell. s trop •vives entre les* sectateurs de la loi ancienne et coux de la loi nouvelle, nous voyons Claude
les maisons ne furent pas rebâties au hasard et : publier un édit par lequel il expulse de sa sans ordre, comme après l'incendie de* Gaulois ; les plans avaient été dressés d'avance; on élargit les rues; on détermina la hauteur des édilices; on réserva de vasles cours au centre des habitations; on éleva des portiques au-devant de chaque façade. Nén»n avait promis de les construire à ses frais et d'en abandonner la propriété aux possesseurs des bâtiments auxquels ils étaient appuyés. Des primes furent accordées à tous ceux qui achevaient leurs constructions dans un temps donné; de nombreux navires, chargés des décombres laissés par l'incendie, descendaient constamment le Tibre pour aller combler les marais d'Ostie. Chaque jour on ▼oyait la ville éternelle renaître de ses cendres , et pour qu'elle eût moins à craindre le fléau qui venait de la détruire, on avait institué de nou- Teaux services chargés de veiller avec plus de soin aux Incendies. Le corps des vigiles , création d'Auguste, avait reçu de notables améliorations : des réservoirs étaient disposés dans chaque quartier; défense avait été faite aux particuliers d'en dMraire l'eau à volonté, ainsi que cela avait eu lieu précédemment. Ces sages dispositions, cependant, n'apaisaient pas les murmures. On se plaignait que les voies plus larges, les maisons plus basses laissassent pénétrer partout les rayons d'un soleil brûlant , toujours dangereux sous le ciel de Rome. La cause véritable de cette or»i>o»ltion était le soupçon qui planait sur Néron et le désignait comme Pau leur de la
(i) Litre XXXI V, XYm.
pitale les Juifs qui sont sans ce&se en révolte, dit-il, à l'instigation de Chrestiis (2). C'est une mesure municipale, violente sans doute, mais qui n'a nullement le caractère d'une persécution religieuse. Tacite y fait probablement allusion dans le célèbre passage où, a propos des supplices que Néron fit subir aux chrétiens, il ajoute que celle secte pernicieuse avait été déjà réprimée (3).
Cependant, des faits de la plus haute importance pour l'histoire des origines du christianisme s'étaient accomplis depuis ce premier acte de l'hostilité des empereurs. Suffisent-ifs pour qu'on puisse croire que le caractère de la répression avait changé et qu'elle ait pris cette fois les apparences de la persécution ? Nous ne la pensons pas. Saint Paul était venu à Rome en fan de notre ère 61, dans la huitième année du règne de Néron, pour y plaider sa cause,
(i) roy. Seldriwtnckrr, Dr chrHtianlt ad Trajanum utque a Vit tarifait et tenntu Howano pm cuttonbus rttiyiunis motuitte v» per habita; HeliuMsrdt, rw. — V. j.-o. Kraft, hrolutio tic titttcrntt Chritti eirletia tertte Judaicw nom Oie tvta ,• 1771. — On volt dans ht Aoirt des \pôtre» que l< s chrétiens étalent cun>1iirr<'a [ar I*-h agent* du ftouvcriiroi'-nt imperal comme une s-cle lui**' appelé «ecle de* ftaxarteni taraque Tcrtnllin, a nn-ii>:;itm>! du graiid-prêlrc An.mle, accuse Paul itérant rellx il du ■ « Voici un homme que non» avons trouve qui «si une pente publique, qui met le trouble parmi tout c qu'il y a de Juif» répandus d<in« le monde et qui e»t Ir eluT < e la secte »etlllleu«e des Nazaréen* (AiXrt. ch. xxjv. j . S i. • ♦
(t; JiKiros, impuison* < hresto, assidu* (umaUuaMc*, TAoma ripullt. (Suétone, Claude, C.MO OMm*^ 1. XT, c. xliv.
comme citoyen romain, au tribunal de l'empereur. Ses frères en religion vinrent à sa rencontre jusqu'au forum d'Appius, à l'entrée des marais Poutins. A son entrée dans la ville, l'apôtre, confié aux prétoriens que commandait Burrhus, obtint la permission, selon la tradition chrétienne la plus accréditée, d'habiter, sous la garde d'un soldat, le logement sur les fondements duquel s'élève aujourd'hui la petite église de Santa-Maria in via Lala, près du palais moderne des Doria. C'est là que, pendant les deux années consacrées à l'instruction de son procès, il prêcha les vérités de l'Évangile à ceux qui venaient le visiter (I), trouvant des adeptes non parmi les puissants du jour, auxquels il restait inconnu, mais parmi les déshérités de la fortune, parmi cette agglomération d'esclaves, d'affranchis, d'artisans, d'étrangers qui se concentraient à Rome, débris des vieilles civilisations de la Judée, de l'Égypte ou de la Grèce. L'esclave converti à ces doctrines généreuses les apportait au sein de la famille du maître, où quelquefois elles furent bien accueillies. C'est ainsi qu'on peut reconnaître une chrélienuedans Pomponiu Graecina, femme du conquérant de la Bretagne, Aulus Plautius. Accusée sous le règne de Néron de superstitions étrangères, elle fut acquittée par son mari, puis vécut pendant de longues années dans la retraite, le recueillement et le renoncement au monde (2), ainsi qu'on peut le comprendre d'une servante du Christ au milieu des débordements de la dépravation et de l'immoralité païennes.
Toutefois, ces exemples sont rares ; et bien que la présence de l'apôtre ait dû , sans aucun doute , redoubler le zèle des chrétiens à Ri me, bien que sa parole, qu'on n'avait pu enchaîner, eût fait des prosélytes, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, jusque dans le prétoire (3), le christianisme était trop ignoré en haut lieu pour provoquer la rigueur des édits impériaux. Les abominables supplices dirigés contre les chrétiens par Néron n'eurent donc aucun caractère politique ou religieux, et ne s'étendirent pas
(t) « Panl demeura droi ane entiers dam on logis qu'il «Tilt loue, el tl recevait tous ceui qui venaient le visiter. - l'rcrhanl le royaume de Dieu et enseignant avec une grande libetlé ce qui regarde le Seigneur Jésus-Christ «an* que personne n'y opposât • {Actes des sépôtrts, ch. xxv ni, > t. M et Si ).
(I) Pmtiponia Crjreina, suprrstitionta etterne rea... Ii.nu . nu r Pomponlc astas et continua irlstla fuit... Per quadrafftnta ai.nn» non ciittu, nlsi lugubrl. non anlmo, nUt œtvn, mu. (T.clte, .4nn., I XIII. c. xxxn.)
l3)£plrre de saint Paul aux Philippins, XV, n-lS. Ou a voulu que la parole de sjitnl Paul ait converti le poète Luealn. épictéfe, Thrii*éaa, Démétrlus le Cynique, Acte U favorite de Nero , É i.ipiiroditc «on affranchi Ce» hypothe*c«, qui ne «'appuient sur aucun document certain ou même probable, doivent être re)etées. Saint Jean Chryso*tome parle seulement d'une concubine de Rtron et d'un echanton d< c- prince qui furent convertis par l'apAtrr; mais II ne le* nomme pas {vou. l'abbé On p»o, >/en» relat. à Vhist. ecctes). Il n'y a rien de mieux fondé dan» les rapports »tipt>o*c» entre Séocque et wint Paul ( vou. M. Aubcrtin, Étude critiqué $ur Senequt et saint Paul; Paris , 1857 ;.