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La nouvelle de la proclamation de Galba par ses troupes porta le comble à la terreur de Néron 11 avait pensé d'abord à faire venir sur les Alpes tes légions qui défendaient l'illyrie ; maie à peine avait-il envoyé ses ordres qu'il apprit leur défection. 11 eut alors l'idée de former nn corps de tous les matelots faisant partie des équipages de la flotte d'Ostie; il engagea la po pu lace à s'armer en sa faveur, proposa à ses danseurs de lui servir de gardes du corps, aux courtisanes de s'habiller en amazones; puis toute idée de résistance l'abandonnant, il voulait monter sur un vaisseau , s'enfuir à Alexan drie et y gagner sa vie dans les rues en chantant comme Homère les poèmes qu'il avait composés. Dans d'autres moments il avait la menace à la bouche et s'emportait en invectives contre ce peuple qui le trahissait. Il ne parlait que de livrer les provinces au pillage , d'égorger tous les Gaulois qui habitaient Rome, de mettre à mort jusqu'au dernier des sénateurs , de faire lâcher le* lions de l'amphithéâtre sur la populace, et de réduire la ville en cendres; ou bien il se préparait à se revêtir de la stole des matrones romaines pour aller, tout en larmes et se fiant à sa beauté, demander aux légions de Galba la pitié qu'on ne refuserait pas aux accents de sa voix touchante.
Pendant que ces folles idées, bien dignes de lui , se succédaient dans son esprit , l'espoir de la délivrance avait ému le sénat et l'ordre des chevaliers. On se disait que des prodiges en- Toyés par les dieux annonçaient la fin de la tyrannie. Déjà quelques années auparavant un éclair avait brisé la coupe dans la main de Néron pendant qu'il était à sa villa de Sublaqueum chez les Éqncs (I); maintenant il avait plu du sang sur le mont Albin ; les portes de bronze du tombeau des Jules s'étaient ouvertes d'ellesmêmes, comme pour recevoir leur dernier descendant. C'était à la fin de février qu'il était revenu de Grèce en Italie; on était alors au commencement de juin, et sa cause était perdue sans espoir. Galba, quoique ferme dans ses projets de révolte, n'avait point jusque-là fait marcher ses troupes hors de la province qu'il gouvernait. Elles étaient encore séparées de l'Italie par les Pyrénées , par les Alpes , et déjà cependant Néron n'était plus en sûreté dans sa capitale. Au premier bruit de résistance tout le prestige de sa puissance était tombé. On connaissait enfin ce fatal secret de l'empire, comme l'appelle Tacite, qui apprenait aux Romains qu'on pouvait créer un empereur autre part qu'à Rome. La populace, d'abord indifférente, s'était tournée contre l'idole de la veille; la disette régnait dans la ville, et l'on avait appris
(il Voy. Ph'lostratr-, Vie d\4potl.. V IV. c. xi.iii, e l Tacite. Ann. XIV. xxn CtXXv mal«on de campagne de Néron qoe Fronlln appelle Villa Neroniann Snbtacensu , et qui eil*talt encore au temps de Trajan (Fronlln, de Aquxduct.. c. M), a fait place an bourg moderne de Subi* co» eteve aur tes ruine».