RON
avec indignation qu'un vaisseau d'Alexandrie qu'on croyait chargti de blé l'était de sable fin destiné aux lutteurs de l'amphithéâtre. Les prétoriens avaient été entraînés dans le parti de Galba par leur préfet Nymphidius, dont le collègue Tigellinus était en fuite. Néron n'avait plus de conseillers ; les postes qui gardaient son palais avaient déserté ; ses amis l'abandonnaient. Le 10 juin 68 il se jette sur son lit, dort quelques instants d'un sommeil agité par des songes funestes, demande nn gladiateur pour se faire tuer, n'en trouve pas, et s'élance hors du palais avec l'intention d'aller se jeter dans le Tibre. C'est alors que commence cette course expiatoire dont M. Ampère a dit : « On peut faire sur les pas de Néron une promenade qui commence au grand cirque et se termine au lien où dut être la villa de Phaon : je rappellerai la promenade vengeresse (I). » Il dut sortir en effet par une des portes du Palatin qui donnait sur le cirque Maxime, témoin de ses honteux triomphes. Renonçant à la mort quand il arriva sur les bords du Tibre et qu'il la vit si près de lui, il se laissa entraîner par son affranchi Phaon vers la villa que ce favori possédait à quatre milles de Rome sur la voie Salara. A peine vêtu, nu pieds, ayant jeté un grossier manteau sur ses épaules , un voile sur sa tête, il se dirige vers la porte Nomentane pendant les dernières heures de la nuit. Quatre personnes seulement l'accompagnent : les rues sont silencieuses, et quand ce silence est troublé par quelque bruit sortant des maisons le long desquelles il se glisse avec précaution, c'est qu'on proscrit son nom et qu'on fait des vœux pour sa mort. Les éléments eux-mêmes semblent conjurés pour sa perte ; des éclairs blafards viennent interrompre les ténèbres qui lui seraient si favorables ; la terre tremble comme si elle voulait , selon l'expression de Dion , rendre au jour tant de victimes prêtes à crier vengeance contre lui. Arrivé à la porte Nomentane, il lui faut passer le long des murs qui enserrent le camp des prétoriens; il entend leurs cris de joie et les vœux qu'ils forment pour Galba. Un passant aperçoit les fugitifs : « Voilà des gens, ditil , qui sont à la poursuite de Néron. » Son cheval se cabre au milieu de la route : c'est qu'il vient d'apercevoir on cadavre ; peut-être quelque partisan de l'empereur immolé par les ennemis qui surgissent contre lui de toutes parts. Le voile qui lui couvrait la figure tombe, les premières lueurs du jour commencent à paraître. Un prétorien qui se trouve là reconnaît le prince et le salue par son nom. Chacun d<* ses pas est marqué par une terreur nouvelle. On quitte la voie Nomentane, et l'on se dirige à travers un champ de cannes vers la Tia Salaria. Néron, qui a mis pied à terre, ne peut qu'avec peine se frayer un passage. Il arrive enfin près de la villa, où il doit entrer sans être vu de ceux
(1) Histoire romaine à Rome, dans la Revus det Deux Monde», livraison du IS décembre 18K.
NERON — NERSÈS
qui l'habitent. Phaou lui propose tic se réfugier dans l'une rie ces grottes d'où l'on lire U pouzzolane, comme on en voit encore un ni ami nombre dans les environs ; Néron refuse. Il veut bien mourir, dit il, main il ne veut pas être enterré tout vivant Cependant on fait un trou dans la muraille, et il peut enfin pénétrer en rampant dans une salle détneublée où il se couche sur une natte grossière Du pain d'orge, voilà tout ce qu'on peut lui offrir; il le refuse, et boit quelques gouttes d'eau tiède. Bientôt un des esclaves de Phaon arrive de Rome apportant un décret du sénat qui condamne Néron à mourir du supplice que la loi ancienne réserve aux traîtres Néron demande quel est ce supplice, et oo lui répond que le condamné , dont le cou est maintenu par une fourche, est frappé de verge a jusqu'à la mort, puis traîné par un croc et jeté dans le Tibre On l'engage à éviter par une prompte décision cet excès d'ignominie. Néron pleure , essaye la pointe d'un poignard, puis assure qu'il n'est pas temps encore. Il fait creuser sa fosse, et s'< crie : « Quel artiste on perd en moi ! Qualts arti/ex pereo ! » C'était le mot de toute sa vie. Il réoumait ainsi la vanité folle qui avait détruit en lui tout instinct généreux. Des cavaliers approchent : on entend le galop de leurs chevaux ; ils viennent pour le saisir ; atars il se décide, cite un vers de l'Iliade, puis, avec le secours d'un affranchi, s'enfonce un fer dans la gorge. Quand les soldats arrivèrent il respirait «more : on voulut panser sa blessure, sans doute pour le réserver au supplice; mais il était trop tard ; il mourut en disant au centurion : « Voilà donc votre tidélilé. » Crut-il jusqu'au dernier moment qu'il était daus son droit, et accu sa -t il le sort d'injustice? On l'avait tant flatté dans sa vie ; Sénèque lui-même lui avait si souvent répété qu'il était un dieu, qu'on était parvenu &m& doide à étouffer en lui tout autre sentiment que celui d'un féroce égoisme. Noël oes Vkrcejoi.
Tacite, junalc*, U XIII, XIV, XV cl XVJ. - Dion Cactus, I. I.XI. I.XII, I.XIII. - Suétone, fie de \eron. — Lenaln de TtHemont , Hut. de» emprreiirs, t. F', p. «MU - Erkhrl Doclriua numornm vettrnm , I. VI. p. KO-îft». - i harki Mrrlvaif, A HntorV of t*e Romans umtrr the rmotr»; i nr.df*, IM», t. M. - Karl B.*rt. Itômlsrht 6>*fAlr*^;GoctrtBKOe, MM. S» part., p. Ml US.
Réiiex ( Pierre), jurisconsulte français, vivait au milieu du dix septième siècle. Il fut avocat au parlement de Paris et publia avec Étienne Girard : Us Edits et Ordonnances des rois de France depuis François l«rjtftqu'd Lotit* XIV t arec annotations, apostilles et conférences sur aucun d'eux; Paris, 1647 et 1656, ln-4°; 1656, in- fol.; une nouvelle édition, augmentée et mieux disposée, en fut donnée par Perrière; Paris, 1720, 2 vol., in-fol. O.
Dm ««aria , SUcU* UUérmtru.
reooriou nrg rom i ( Partolommeo), dit le Hiccio, peintre et architecte de l'école de Sienne, né dans cette ville, mon en 1 573. Il fut élève du Sodoma, dont il épousa la tille et qu'il
aida dans beaucoup de ses travaux. Il imita son stjle, mais en y mêlant daus les teintes quelque chose du coloris de Vasari, et après la mort de, son beau-père devint chef de l'école. Il a beaucoup travaillé à Sienne et aux environs; si on n'y trouve qu'un petit nombre de tableauv, eu revanche on y voit plusieurs fresques qui lui fout honneur, telles qu'une Cène dans laneien hôpital de Monagncse, aujourd'hui école de jeune filles, et une belle Descente de C/oiz, au palais Sergardi, peiuture décrite énergiquement par le P. délia Valle, dans ses lettres siennoises. Quelques autres fresques existent encore dans un corridor des chanoines à la cathédrale, à la cha pelle du palais Saraciui, dans l'oraloireabandoimé de Snnta-Croce, à la chapelle San- Donuino, dam l'église de San- Pietro alla Magione, enfin hors la porte Ovile, dans la chapelle du Ponlicino- Rosso. On rherclierait en vain d'antres pointures, dont suivant Vasari il avait décoré une cha- I pelle de la cathédrale de Sienne; il n'en reste 1 plus de traces. Le musée île Berlin possède use ! Madone saint Louis et sainte Çlatrt. tableau du Ricdo Comme architecte, il adonné les dessius du lutrin et d'une partie des >tallej 1 de la cathédrale de Sienne et construit dans cette ville le palais Pannilini. Il changea en salle «le spectacle, en 1560, la salle du grand conseil de [ la république, et fit pour ce théâtre, inc-ndié | depuis, plusieurs belles décorations qui t«i>0r gnaient de son habileté dans la science de la perspective.
! Neroni forma ptusieurs élèves, dont lespluscon- ] nus sont Michelangelo Anselmi. qui plus tari devint un des chefs «le l'éco'e de Panne, et Ar changelo Salimheni , souche d'une illustre famille d'artistes qui soutiut l'honneur de l'école de Sienne. E. 0— *.
Vi«ar1, y tU. - Orlandl, Abbratdano. - 6aM"*«*. yotiUe. - Lanzl . Uoria putoriea. - Tkow. DM** rio — Rumaitnult, Cenni slot leo-artlsilci dl
NERSÈS l'p OU KORSESES OU SIF.B>ÈS,
surnommé le Grand, sixième patriarche à Arménie, né à Vagharchabad. vers 310, mort «apoisonné,eti 374. Son père,
Athénogène, appartenait à la maison royale des Arsacides, et luimême était petit-fils d'Hé*ychius , ae*M *> saint Grégoire l Illumina leur. D'abord setrétaire du roi Diran, il fut l'un de* grands . l am bellans de son fils Araace, et, au milieu des révolutions qui sous ce règne ensanglant*** l'Arménie , il parvint plusieurs fois a éiaWir* paix dans le pays. Arsace, après l'avoir charge de diverses missions à la cour de Sapor II, & de Perse, le députa à Coastantinople pour négocier la paix avec l'empereur Constance Il obtint de ce prince des conditions a»»^* geuses pour l'Arménie, et pour Arsace la nu» d'Olympias, fille du préfet Ablavius et pn>» parente de l'empereur. Déjà, depuis 340, Ner» avait été élevé au siège patriarcal, et phwfur» fois son influence avait apaisé la fureur drs
ÎS KHS ES
granits du royaume soulevas contre la tyrannie d'Arsace . mais enfin ceux-ci, victimes des perfidies multipliées de ce prince, appelèrent à leur secours Snjwr, qui (it envahir l'Arménie par une nombreuse armée sous les ordres de Méroujan, prince des Ard/rounien3. L'empereur Julien l'Apostat soutint Arsace, qui le trahit auprès de Clésiphon, et passa dans le camp des Persans ; mai* Sopor fil enfermer le satrape dans la tour de l'Oubli, à Fchatane A cette nouvelle, Ncrsès se rendit à Constantinople pour implorer la protection de l empereur Flavius Valens, et faire reconnatire comme successeur d'Arsace, Para ou Hab, «on lils, renfermé avec sa mèretPharandsera , dans la forteresse d'Ardagers , dont les Persans faisaient le siège. Grâce aux secours qu'il en obtint , les Persans furent chassés de l'Arménie et le jeune Para fut placé sur le trône. Les intérêts du royaume ayant exigé assez longtemps la présence du patriarche à Constantiriople, Valent voulut le contraindre d'embraser l'arianisme, et sur son refus constant, il l'exila dans une !le déserte de l'Archipel. Quelques raisons politiques le firent gracier on an après, et revenir en Arménie, où les eunuques, pour mieux tramer un rapprochement entre Para et S;ipor, le firent empoisonner. Cette même année ( 374 ), Valens punit la trahison du roi d'Arménie en le faisant assassiner au milieu d an festin. Nersès, dont l'Église arménienne révère la mémoire, se distingua par son zèle pour ta propagation de la foi chrétienne et par sea efforts pour en maintenir la pureté. L'arianisme ne fit que peu de progrès en Arménie, et sa charité contribua beaucoup à arrêter la marche de cette hérésie. Il avait publié quelques ouvrages ; mais c,e qui nous reste de lui se borne à quelques canons, insérés dans le recueil des canons de l'Église d'Arménie, et à quelques prières dans le rituel. Sahag ou Isaac, son fils, devint patriarche en 390. . H. Fisquet.
Mlch l.equlrn. Orient chrlttiamn, t. I, p. 1373. — iean VI Oitholico*, mstntre d'Arménie, tradatlc par Saint-Martin. — tialanu*, CondUatio. 1. 1.
XBA»KS il , vingt-cinquième patriarche d'Ar* ménie, né à Aschdarag ( province de Pakrevant ), mort en 538. Il succéda a Léonce en 531, et pour séparer entièrement les Arméniens des Grecs, assembla à Thevin un concile où furent publiés trente huit canons, qui existent encore. On y décida que les fêtes de Noël et de l'Éptphanie seraient célébrées le même jour, et que les mois : qui cruàfixus est pro nobis seraient ajoutés au (risagton. Nersès, de concert avec Nerschalwuh, évèque des Mamigoniens.el Pierre, évêque de Siounie, y défendit aussi aux Arméniens d'aller à Jérusalem , afin de se trouver complètement séparés des Grecs. Ce concile, sur l'époque duquel ont varié les ailleurs, fut tenu la dixième année du règne de Justmien I», c'està-dire en 537, et la sixième année du patriarcat de Nersès, qui transféra à Thevin le siège
patriarcaljusqu'alors à Artaxate (Ardasciad).
Mlch. Lequlen, Orient chrittlanm. Ut, p.mi. XKRSÈs ill, surnommé Schinogh (le Fondateur ï, trente-troisième patriarche d'Arménie, ne à Ischkhanats-Avan { province de l>aik h).m( rt en r*Ct. Élu en fi40 pour succéder à Esdras, il doit son surnom aux nombreux édifices religieux <|u'il éleva en Arménie. Après avoir rétabli le siège palriarclial à Artaxate,, il y construisit une magnifique église sur l'emplacement du gouffre ou. victime de la tyrannie du roi Dertad (Tiridate) 11, avait vécu pendant quatorze années saint Grégoire V llluminateur ( voyez ce nom ). C'est lui qui fit bâtir auprès de Vagharchabad, capitale d'Arménie aujourd'hui ruinée, le fameux monastère d'Edchiniadzin, qui a été depuis ce temps le principal sanctuaire de la religion en Arménie. Profitant, de quelques instants de repos laissés au pays par les Arabes, qui cherchaient à l'entraîner dans la religion de Mahomet , Nersès convoqua à Thevin, en 64^, un concile où se trouvèrent dix-huit autres évêques. Un vartabied, appelé Jean Mairagometsi, qui répandait en Arménie les erreurs d'Eutycliès sur la nature de Jésus-Christ, y fut condamné à être enfermé à perpétuité dans un monastère du Caucase, et av.mt sa déportation le prêteur d'Arménie lui fit avec un fer chaud imprimer au front la figure d'un renard. Peu de temps après, une révolte conduite par Pa*ognalhe éclala en \rménie, H cette province parvint à se soustraire au gouvernement de Byzance, et se donna aux Arabes.qui avaient recommencé leurs incursions dan» le pays et dont il fallait arrêter les ravages. L'empereur Constant Il leva une nombreuse armée pour punir la défection des Arméniens, et Nersès, de concert avec les autres évèques, crut pomuir apaiser la colère impériale en convoquant à Manazgerd un concile pour y recevoir les canons du 4* concile général de Chalcédoine , rejeté jusqu'à ce moment par les Arméniens. Nersès et quelques évêques seuls se soumirent alors à l'empereur, qui retourna bientôt à i onstantinople , et, trop occupé sur d'autres points de l'empire, laissa les Arabes établir leur puissance en Arménie. Le patriarche confia en 649 l'administration de .«on église à un coadjutcur, et se retira dans sa ville natale. H. F.
Mtr h L^uten, Orient chriitlunui. U 1, p. I»»8. — Galam», ( imctUatio. t. I.
KKftsfes IV, surnommé Gtaïefxi ou Chnorhali fie Gracieux), soixante-neuvième patriarche d'Arménie et poëie, né en 1098, a Hrhomgla en Cilicie, où il mourut, le 13 août 1 173. Fils d'Abiran, qui possédait la forteressedes Lacs CDzoukh) située près de Kharpert. dans la Méso|»olamie, il était, par sa mère, petit- fils du prince Grégoire Magisdros. Son père l'envoya tout enfant ;iuprès de son grand.onele, le patriarche Grégoire Vgaiaser, qui, avant de mourir, chargea le prince
Kogh Vasi
Halilavouni, soD frère atné, par le
NERSÈS I»
faire élever arec Grégoire j et un recueil intitulé : Hisous Orti , qui mvartabied ferme en cinq cent soixante vers une HutoHt
Étienne Manoug, au monastère de Garmir, dans | abr, 'gée de l'Ancien et du Nouveau Testament.
le désert de Cboughr En 1 125 son frère, devenu patriarche, lui conféra la prêtrise, et dix ans
après le sacra évéqueten le chargeant de pré- I ecclésiastique, en vingt-quatre chapitres -, une l)é
cher des missions daus le pays pour soustraire , claration de la foi de l'Église d'Arménie et
Les autres ouvrages de Nersès sont : deui Homilies ; des décrets et canons touchant la discipline
les fidèles au prosélytisme furieux des musulmans. Après avoir assisté en 1141 au concile latin d'Antioche, il fut chargé l'année suivante de traiter avec l'empereur Jean Comnène, qui se trouvait alors à Anazarbe, de la réunion des Eglises arménienne et grecque; mais la mort accidentelle de ce prince ( 8 avril 1 143 ) fit malheureusement échouer cette mission. Forcé d'abandonner la forteresse- de Dzoukh pour échapper aux incursions des Atabekn, il chercha en 1147 un refuge avec Grégoire son frère dans celle de Hrhotngla, où il aida le patriarche dans toutes les fonctions du ministère pa^oral, et son influence fut si grande qu'en 1166, à la mort de son frère, il fut, d'une voix unanime, appelé au siège patriarcal. Il employa dès lors tons ses soins a chercher des voies de conci-
décrets ecclésiastiques; une Histoire <T Arménie très succincte,trdduite par Mathieu de Veissière de La Croze, 1739, petit in -8°; une longue Eltgk en deux mille quatre-vingt-dix vers sur la prise d'Édesse par Emad-eddin-Zenghi, sultan d'Alep, sur les chrétiens, en 1144 ; les lettres réciproques de Manuel Comnène et de Nersès ao sujd de la réunion ; vingt-quatre prières ou oraisons ; etc. On a donné de nombreuses éditions des écrite de Nersès, soit en Russie, soit à Venise, ou à Constantinople, à l'exception toutefois de son élégie sur la prise d'Edesse, que les invectives du poète contre la loi musulmane et son prophète ont empêché les éditeurs arméniens de publier. Mais elle l'a été à Paris, 1826, in-8°, par le docteur Zohrab. En 1818, il a été fait à Venise en un volume in-24 uoeédi-
liation entre l'Église greoque et celle d'Arménie; | tion en quatorze langues des prières de Nersè»
et comme les Grecs étaient pleins de vénération pour ses vertus, Nersès serait arrivé à d'heureux résultats si la mort ne l'eût frappé. On a les lettres que l'empereur Manuel Comnène lui écrivit à cet égard, et ses réponses à ce prince, qui lui envoya, en mai 1 1 70, un philosophe nommé Théorien, avec lequel Nersès eut diverses con férences. Théorien devaif convaincre Nersès sur la nécessité d'admettre deux natures en Jésus- Christ, et le porter à se réunir à l'Église grecque
Gldietsi, et une édition en vingt-quatre langues, 1832, in 12. L'abondance, l'élégance, la grâce et la facilité sont les caractères distinctes du style de ce poète, dont les Œuvres complètes ont été trad. et publ. en latin, par l'abbé J. Cappelletti; Venise, 1833, 2 vol. in-8°. H. Fisottf.
Morert, DUt. kltt. — Mich. I.eqolen, Oriau càrittianut, l. I, p. 1999. — Sjmuel d'An!, ( kronol al* «rite de Ij Chroniqui <f Eutébe, par Zohrab- — Fleorv. i/ùt. fcct., liv. 7t. — Galanu* ConcUlalio, t. I, ch. XCi- - Guil de Vlllefrov, Notice de* ouvrage* armenJetb miiK
sur ce chef et sur plusieurs autres; c'est du j trouvent a u Bibliothèque du Roi
moins ce qui résulte du récit de Fleury et ce qui prouverait qu'il n'était pas d'accord avec eux sur ces points. Cependant, il existe dans les manuscrits arméniens de la Bibliothèque impériale à Paris, n°* 21 et 50, une lettre adressée par Nersès en 1106, a son avènement au patriarcat, à tous les fidèles d'Arménie et intitulée : Lettre universelle, où il reconnaît expressément par sa profession de foi deux natures en Jésus-Christ. Cette lettre a été traduite par l'abbé de \ illefroy. Les Arméniens considèrent Nersès Glaîctei comme leur Homère. Le haut degré de perfection auquel il porta chez eux la poésie rimée doit le faire regarder comme l'inventeur réel de ce nouveau genre de poésie arménienne, dont quelques auteurs ont cependant voulu faire honneur à Grégoire Magisdros. On a de lui environ vingt-cinq tan-
y r Rsfcs Lampronelsi , archevêque de Tarse, l'un des Pères de l'Église d'Arménie, né en 1 143, à Lampron (Cilicie), mort le 14 juillet HW.U était fils d'Ascin, prince de Lampro i. d'où loi vient son surnom, et par sa mère, Sch ilianioukhd, fille du prince Schahan, de la maison royale des Arsacides, se trouvait le neveu du patriarche Nersès Glaïetsi. Élevé d'abord à ConsUntinople, à la cour de Manuel Comnène, puis au inooastrre de Sgevra, il se livra avec ardeur à l'étude des langues, et devint fort habile dans toa!fsJ^ sciences sacrées et profanes. Son oncle Nersèi lui donna en 1169 la prêtrise et son nom; car jusqu'alors il avait eu celui de Sempad. Attiré vers la vie monastique, il se plaça sous la direction d'un savant vartabied, appelé Etienne Dirateou ; mais, en 1176, il fut obligé d'abandonner le cloître pour obéir aux ordres du pt-
tiquesf et des Hymnes, tant en rimes que sans triarche, qui lui" donna l'archevêché de Tarse *
rimes, pour les mystère» du salut et les actions Cilicie. Ce fut lui que Grégoire IV charge "'
éclatantes des saints dont la fête se célèbre prononcer le discours d'ouverture du conale
plus solennellement durant le cours de l'année, tenu dans cette ville en 1178, pour renouveler
une Prose pour les jours de jeûne, composée la tentative de réunir l'Église arménienne à I B*
de cent quatre-vingts vers pentasyllabiques, un gl i se grecque, et ce discours est uo chef -doeutre
poërne sur la fin du monde , et le jugement d'éloquence. Nersès ne brilla pas moins nu roo-
dernier contenant deux cent trente vers rimés, cile convoqué l'année suivante à Hrbomgw;
761 NERSËS -
aussi Rhoupen II et Livon H, rois d'Arménie, I eurent-ils la plus grande conliance en ses lumières. Ce dernier le chargea, en 1190, d'aller complimenter en son nom l'empereur Frédéric Barbe Rousse, passant par la Cilicie, et l'envoya, sept ans après, à Conslantinople, pour y aplaoir quelques différends qui s'étaient élevés entre les Grecs et les Arméniens. Le dernier acte de sa ▼ie publique tut sa présence, le 6 janvier 1198, an sacre de Livon II , que fit dans sa cathédrale de Tarse Conrad de Wittelsbach, archevêque de Mayence. On a de Nersès, dont l'Église arménienne révère la mémoire le 17 juillet : Traité sur l'Église et sur l'Eucharistie; — Explication de la liturgie arménienne, ouvrage auquel ont pris part les docteurs Khosroè* et Jean d'Argis;
— Vte de Nersès G la ie t si t poème de 974 vers eu l'honneur de son oncle-, — Explication des Psaumes, selon le sens moral; — des Commentaires sur les Proverbes, l'EcclésiasIe, la Sagesse et les douze petits Prophètes ; — Des Homélies, des HymnesetdesSermons.il traduisit du grec en arménien Y Histoire du pape saint Grégoire et la règle de l'ordre de Saint-Benoit; enlin,il revit et corrigea une version arménienne faite sur l'original grec d'un Commentaire sur l'Apocalypse, composé par les évêques de Cé< sarée, André et A retas, version faite en 1179 par Constant, métropolitain d'Hierapolis. De tous les ouvrages de Nersès , on n'a imprimé <jue son discours à l'ouverture du concile de Tarse. Il a été publié à Venise, avec une version italienne, sous ce titre : Orazione sinodale di S. Merses Lampronense, arcivescovo di Tarso, recala in lingua italiana d'alV artnena ed illuslrata con annotazioni dal P. Pasquale Aucher, Venise, 1812, in-8° ; et la même année il en fut aussi donné une édition en grec moderne, in-8°. Un prêtre appelé Nersès composa en 1206 un Discours sur la Vie de Nersès Lampronetii; on le Ironve dans les manuscrits de la Bibliothèque impériale. H. F.
M. Leqnlrn , Orient christlanut , t. I, p. 1345. — Richard et Glraud . Blblioth. iitcrt*. — Morerl, DM. hi$t.
— Vlllefroy, Notice des ouvr. arménien!.
kerva (Marcus Cocceius), empereur romain, né le 17 mars 22 après J.-C, mort eu janvier (le 21 ou le 27 au plus tard ) 98. Il appartenait à une famille originaire de Crète et établie à Narnia dans l'Ombrie. Oo croit que lui-même naquit dans cette ville. L'il ustration de sa famille était récente et datait des premiers temps de l'empire (l). Un M. Cocceius Nerva fut consul en 36 avant J.-C. Un autre M. C. Nerva, qui parait être le fils du précédent, et que Ton a quelquefois confondu avec lui, fut consul en 22 après
{Pli ne font paa con fondre cette famille des Cocceius HcRva avec la famille des UiCMius Nanva,. qui occupa de liante» magistrature* Mita lu république, sans arrl»rr cependant a une grande ilUWr.Uon. (Sur le» Uclnlu* Nenra, voy. Drumann. Cetehirhte Roms, vol IV, p. iw, ru-., et SmM>, Dktionar, o/ gredi on* roman bioçrjpkjf).