‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 156 sur 206 · NESTOR · texte numérisé non relu

NESTOR

du passé sans compromettre les destinées de son âme »;on montre encore à la foule des pèlerins qui afflue aux cryptes vénérées de Kief l'endroit où reposent ses restes.

Les recherches de Tatichtef, Schloezer, Pogodine, Boutkof établissent que la Chronique de Nestor est bien authentique, et qu'il a puisé à bonne source les renseignements qu'il nous a laissés sur les événements dont il n'a pas été le témoin oculaire. L'année à laquelle s'est arrêté Nestor varie, selon ces auteurs, de 1090 à 1 1 16. Son style révèle un homme initié aux auteurs grecs, dont il a su, toutefois, éviter l'emphase comme l'adulation, de nos jours dépassée; trèsfamilier surtout avec les historiens sacrés, dont il cite fréquemment des passages, il parvient quelquefois à en imiter la simplicité. Sa Chronique, qui prouve combien se trompait Voltaire en donnant au patriarche Nikon ( mort en 1681) le titre de premier historien russe, est généralement regardée comme le plus antique et le plus précieux monument historique que possède la Russie. Après avoir donné des notions exactes sur tous les peuples slaves , notions infiniment importantes pour l'ethnographie, il nous y met au fait de la formation de la monarchie russe, et fournit des détails sur les règnes des princes qui ont gouverné la Russie depuis le neuvième jusqu'à la fin du onzième siècle; sur la translation de la capitale de Nowgorod à Kief et sur les guerres de ces princes avec les Grecs et les Pétchénègues ( tribu asiatique nomade qui ap|»arut au neuvième siècle sur le bas Dnièpre et disparut au onzième ).

La première édition critique de la Chronique de Nestor est due à Schloezer (voy. ce nom), qui y a consacré quarante années de sa vie; elle est intitulée : Nestor, Russische Annalrn in ihrir Slavonischen Grundsprachc verglichen,iibersefz underklart, von A.L. Schloezer; Gcettingue, 1802-1 805, 4 vol. in-8° ; elle s'arrête à l'année 980. lazikof en a donné une traduction russe ( Saint-Pétersbourg , 1809-1819, 3 vol.); mais le meilleur texte de Nestor est celui qui se trouve dans la collection des Annales russes publiée par la commission archéologique de Saint- Pétersbourg , qui a pris à tâche de reproduire toutes les copies de Nestor qui ne remontent pas au delà du quatorzième siècle, en commençant par celle qui est connue sous le nom de Laurenttenne. M. Louis Paris, dont l'érudition est si étendue, a publié en 183» (Paris, 2 vol. in-8°) une traduction française, difficile aujourd'hui à rencontrer, de la Chronique de Nestor, accompagnée d'excellentes notes et d'un curieux recueil de pièces inédites (i) touchant les anciennes relations de la Russie avec In France. Malheureusement , elle a été faite sur le texte

(i) Telles qne te foiaoe de Jehan Sauvages, que M. I-ouls Lacour a cru publier pour la premtère fins, Tlngt ans arpre* M. L. Part», dan« le Trésor des pièces rares ou inédite» Je M. A. Aubry.

NESTOR1US 782 • peu exact dit de liadziwil ou de Kœnigsberg ; , il serait donc fort a désirer qu'on en entreprit une nouvelle, en ne s'appuyant plus que sur les travaux de la commission archéologique de Saint-Pétersbourg, et non sur l'édition qu'en a donnée son académie en 1767.

Outre celte Chronique , qui peut lutter par son style comme par son intérêt avec les plus lameux écrits contemporains, on attribue à Nestor une Vie de saint Théodose et le Récit des martyres des saints Boris et Gleb, inséré dans le Paterik de Kief, imprimé dans cette ville, eo 1661 (in-fol.), et maintes fois réimprimé depuis cette époque. Prince A. Gxlitzin

Bantfch-Kainrnski, Dicl. hisl. — Gretch, Essai sur t'hist. de ta tilt, en Russie. - K'ranuln, Hist de l'Empire de Russie. I. 1.- Pogndlne, Recherches hi*t. sur Nestor; Moscou, — Boutkof, Défense de la Chronique de Nestor contre les attaques des sceptiques ; Silnt-Pctenbourp. tSW. — Relairf, De ta Chronique de Xts'or; Moscou. 1SVT. — MlkloMcl». liber die Spr>iehe der âltesten Rutsischen Chrongken, vcrgleich y estocs; Vienne, IMS. — ,1/ém. de la III* «cet. de l'tc.id. rte Saint-Pétersbourg, t. III. - Des hellioen \ettart àtte,te J^hrbacher der nusiichen (.esehiehte, trad. par J.-B. scherer ; Lelpaig; ITÏi, lu-**.

nRSTORius, patriarche de Constantinople, et célèbre par l'hérésie qui porte son nom , naquit à Gennanicie, bourg de la Syrie, à la fin du quatrième siècle, et mourut en Libye, vers 439. Nestorius fut élevé à Antiocbe , et lit ses études , avec Théodoret , dans un monastère où il eut pour maîtres Tht oriore de Mopsueste et Jean Chrysostome. Ordonné prêtre, il se consacra tout entier à la prédication, se ht remarquer par son éloquence et sa piété, et en 428 fut appelé par Theodose le jeune sur le siège de Constantinople. Neslorius se montra aussitôt adversaire très ardent des hérésies , dès son premier sermon, il dit à Theodose : « Donnez-moi la terre purgée d'hérétiques, et je vous donnerai le ciel ». Soutenu par l'empereur, il obtint de rigoureux édits contre les ariens; il les chassa de Constantinople, souleva le peuple contre eux et abattit leurs églises. Mais Neslorius ne détruisait cette hérésie que pour qu'elle laissât la place à une antre, dont il voulait être l'instigateur, et dont les principes lui avaient été enseignés par Théodore de Mopsueste. Un prêtre, nommé Anastasc , ami de .Neslorius , et venu avec lui à Constantinople. prêchant un jour dans h basilique de Sainte-Sophie, combattit les apollinariàles, qui soutenaient que Jésus-Christ n'avait pas une âme humaine; puis, se jetant tout à coup dans l'extrémité cou traire, il avança que non-seulement la nature humaine était parfaitement distincte de la nature divine en Jésus- Christ , mais encore qu'elles formaient en lui deux personnes différentes, ayant chacune ses attributs particuliers. « Marie, ajoutait-il, n'a pu donner naissance qu'à la personne humaine, car la génération du Verbe est éternelle; Marie ne doit donc pas être appelée iiu'i /' de Dieu, mais seulement mère du Christ. » Ce sermon

783 NESTORIUS souleva contre Anastase tout le clergé de Constanlinoplc, et Nestorius prit ouvertement le parti du novateur. La querelle devint sérieuse; le patriarche, entraîné peut-être par l'ardeur de la discussion, en vint à déclarer « que Jésus-Christ au moment de la naissance possédait la nature humaine seule; qu'ensuite, par ses éminentes vertus , il avait mérité que le Verbe s'unit à lui, non pas d'ailleurs par une union hypostatique, mais par une simple adjonction, par une société morale en quelque sorte, qui se chargeait de l'éclairer et de le diriger ». C'était détruire tout le mystère de l'incarnation, qui repose précisément sur l'union intime des deux natures divine et humaine en la personne du Verbe. Nestorius ne se contenta pas de soutenir cette hérésie dans ses prédications, il en rédigea les principes, et envoya partout des copies de ce travail ; il en adressa même au pape Célestin I*'. Mais il trouva un ardent adversaire dans Cyrille d'Alexandrie , qui lit parvenir à l'empereur d'éloquentes protestations contre la nouvelle doctrine. Célestin convoqua alors à Rome un concile, qui se prononça contre Nestorius; un autre concile, réuni par Cyrille à Alexandrie, donna également tort /iu patriarche de Constantinople. Celui-ci obtint enlin de Théodose la convocation d'un concile œcuménique à Éphèse ; Nestorius y fut condamné et déposé ( 22 juin 431). Cinq jours après, les évéques partisans de Nestorius se rassemblent, cassent la sentence prononcée contre lui , et déposent Cyrille. Mais le concile tint une nouvelle séance, le 1 1 juillet, et confirma la déposition de Nestorius. Celui-ci , soutenu par le comte Candidien , parvint à soulever ses adhérents; de la discussion on passa aux insultes, puis on courut aux armes , et une lutte sanglante allait s'engager, quand Nestorius consentit à abandonner Constantinople. Il se retira dans le monastère où il avait été élevé, et continua de là à troubler la chrétienté. L'empereur le relégua alors à Pélra en Arabie , et ordonna que tous ses ouvrages fussent supprimés et brûlés (43ô). Nestorius fut ensuite exilé dans une oasis du désert de Libye , et il y mourut, des suites d'une chute, après l'année 439. L'hérésie dont il avait été le cher ne s'éteignit point avec lui ; elle tit de rapides progrès en Perse, et se maintint très-longtemps en Syrie. Malgré le soin qu'avait pris Théodose de détruire les œuvres de Nestorius, il nous reste de lui quelques homélies, qui ont été jointes à l'édition de Marius Mercator publiée par Garnier, et quelques lettres qui se trouvent dans le recueil des actes du concile d'I-pbèse. On atlribuc aussi à Nestorius l'évangile apocryphe dit de V Enfance, dont Henri Sike a publié une traduction sous ce titre : Evanfjetium infanlix, vel liber apocryphus de infantia Salvatoris , arabtee, edente eu m latina versione et notis Henrico Sike ; Utrecht, 1G97, in-8'. Voltaire en a donné une traduction française; royez dans ses œuvres : Collée-

- NKTSCHATI 7M

tion d'ancien f évangiles extraits de Fafrn- ^c. Alfred I-ba^lix

L. Doiicin. Hist. du Nestorianlsme ; un, ln-4».- J.-S. Franck, Très duserlationes de Sestorw. ht», lo-t». — B. Racine, Hist. ecclésiastique. — J.-C. LclvJ.. DissertaOn Nestor iantsmi hlttoriam compilent; îtisj in-*». — l'Iuquct. DM. des hérésies; 176t. lo-lt - G Mxuritlo*. Du A estorwnismo ; u«, |n-i» — D Cflllier, Hist. des auteurs certes. — Fleury. Hist ercia - S. Sartorlui, De Ncs'orio httrttiarcha ; tm, »■;•'.- Macquer, Abrtgé de Chitt. eccUs.:\;V!, ln-lJ -H. Klic- «Ing, De contruversia JVestoriunorvm ,■ vu, In f.

ttKTCHAËi' ( Innocent \ prélat el écmain rus^e , né en 1722, mort à Saint- Pétersbours, le 2% janvier 1799, archevêque de Pskof elde Kiga, est connu par des Semions, publiés par le saint synode, en 1775, pour être lus en chaire, et par les ouvrages intitulés : De la Manttrt de confesser les enfants; Moscou, 1769 et 1795, in-8°; — Conseils d'un évêque a un prêtre pour remplir les obligations de m ministère; Saint-Pétersbourg, 1790 et 1795;- Préparation à la mort ( traduction du latin): Saint-Pétersbourg, 1793. Le célèbre poêle Derjavin a composé l'épitaphe de sa tombe qui « voit à la laure (1) de Saint- Alexandre-Sevsli.

pce a. G —s.

Dictionnaire historique des écrivains eccletiastiem de r Eglise çréco-ru<$c par le métropolite Eugène.

RRTSCHATI ( Isa), célèbre poète turc, né i Andrinople, vers le milieu du quinzième siècle, mort en 1509. Élevé par les soins d'une riche dame, qui l'adopta, il vécut d'abord dans i'iir limité avec le |>oéte Ahmed-Pascha, alor» relégué à Broussa. Vers la fin du règue de Mahomet U, il attacha au turban d'un confident de ce prince une ghasèle en honneur du sultan, qui ayant aperçu cette pièce la goûta si bien, qu'il nomma Netschati secrétaire du divan. Plus Urd il devint secrétaire du prince Abd'allali, tils de Hajazet II, et l'accompagna dans son gouvernement ; ensuite il fut nommé nischandschi (Chancelier ) du prince Mahmoud. Sur la demande de ce dernier, il traduisit en turc V Alchimie du bonheur de Ghasali et le Recueil de récits et de contes d'El-Auni. Dans l'intervalle, sa réputation comme poète allait toujours en aofr mentant; on lui accordait la palme sur tais ses contemporains. A la mort de Mahmoud, Bajazet lui offrit les plus hauts emplois; nais il préféra vivre dans la retraite , avec une pension de douze mille aspres que lui lit le sultan. 11 se bâtit une maison à Constantinople, et y passa le reste de ses jours, ne fréquentant que quelques amis intimes. Il réunit ses poésies lyriques , cinq cents ghasèles et cinquante cassidèles, en un Divan, dont deux exemplaires se trouvent en manuscrit à la bibliothèque de Vienne; deux cent cinquante de ces pièce» ont été insérées dans VAntfiologie de Kaffadé; des

CD Ce terme, conservé au» plus comldéraMei ibosj*tére» rtiMicv désignait un certain nombre de cellule» oexecs a quelque» monastère» de l'F.syple rt de Ij r Une. (f'oye:, Sniccr, Thcsaur. eccte%„ p. î«, ï:v

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trad. allemandes de quelques-unes se trouvent dans les ouvrages de Chahert et de Haramer. O.

Sehl, Hescht bihiseht | Les huit Paradis). — Util), Mémoires in r les poètes. — KmalJsade, Mém. $ur les poètes. — llammcr, Hist. de la poésie ottomane.

netschrr (Gaspar )t habile peintre allemand , de l'école hollandaise , naquit à Heidelberg, vers l'année 1639 (l), d'après Descamps, et mourut à La Haye, le 15 janvier 1684. Sa famille parait originaire de Bohême. Son père, Johan Netscher, étail sculpteur. Fuyant les persécutions religieuses et les calamités de la guerre, il s'arrêta à Heidelberg, où il mourut. Sa veuve, restée avec quatre jeunes enfants se vit, peu après, obligée de chercher un refuge dans un château fortifié, qui ne tarda pas à être assiégé. Elle eut la douleur de voir deux de ses fils , les aînés, mourir de faim dans ses bras; cette horrible perle redoubla son énergie et aussi sa tendresse pour ce qui lui restait d'enfants. Profitant d'une nuit obscure , elle eut l'adresse et le courage de franchir les défenses du château avec sa petite fille et son fils Gaspar, qui n'avait que deux ans : elle ne fut pas moins heureuse pour traverser les lignes des assiégeants. Les divers partis désolaient le pays : après bien des alarmes, des angoises causées par la faim, le froid , la fatigue, celte admirable mère , ne trouvant d'aide que dans la charité de quelques personnes, parvint enfin & gagner Arnheim, où le médecin Tullekens lui offrit une généreuse hospitalité. Il lit plus, il adopta le petit Gaspar, et, le destinant à reprendre sa clientèle, lui fit donner une éducation complète. Gaspar en profita ; mais bientôt la passion de l'art vint le détourner de toute autre étude. Le bon docteur Tullekens, quoique contrarié dans ses vues, aimait mieux voir son fils adoptif devenir un habile peintre qu'un médiocre médecin : il le plaça donc dans l'atelier de Koster, bon peintre de genre qui bientôt n'eut plus de leçons â lui donner. Gaspar Netscher travailla alors quelque temps pour les marchands de tableaux; mais, dégoûté parle peu «l'argent qu'il recevait de ses ouvrages et aussi parce que cette espèce de servitude rétrécissait son génie, il résolut d'aller se perfectionner par l'étude des merveilles artistiques de l'Italie. Il s'embarqua pour Bordeaux; dans cette ville, il fit connaissance d'un marchand de tableaux liégeois , nommé Godjn, dont il épousa la fille, en 1659. Il renonça a passer les Alpes, et serait resté en France « si, dit Descamps, les protestants, de la religion desquels il était, n'y eussent pas été inquiétés ». En 1661, il relourna en Hollande et fixa son séjour à La Haye; il s'y attacha d'abord â composer des petits sujets qui

(1) D aprc«<Kauire-« biographe*, Il naqnlt à Pragu r,en l«M, et ne mourut qu'en HBJ7. IU ajoutent qu'il était Mvd'un Ingénieur rm»rl au service du roi de Pologne, et que ce fut «te Prague que *a mère fut chassée, parce qu'elle profe-«*ait la religion catholique. Il est pourtant constant «fue Gaspar Netscher fut dleve et mourut dans la rellirlon protestante.

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furent fort recherchés , mais trop p<m payés pour le temps qu'il y employai!. Le besoin de subvenir à une nombreuse famille lui fit préférer le portrait. Il y réussit si bien qu'il eut bientôt plus de travaux qu'il n'en pouvait faire. Charles H, roi d'Angleterre, lui offrit une pension considérable pour l'attacher à sa personne : Netscher refusa pour cause de mauvaise santé. Dès sa jeunesse il avait été atteint de la gravelle ; sa vie laborieuse ne fit qu'augmenter cette maladie, à laquelle il succomba à peine âgé de quarante-cinq ans. Il laissa neuf enfants, dont deux, Théodore et Constantin, se distinguèrent dans la peinture.

Netscher peignit surtout en petit et avec un grand fini. 11 composait avec un excellent goût et dessinait correctement. Sa touche est moelleuse et fondue; son coloris chaud, plein d'harmonie; ses ouvrages montrent une grande entente du clair-obscur. Il a fort bien traité quelques sujets historiques , et il a excellé dans le portrait. Ses figures, simplement disposées , ont un air de distinction qui, sans s'écarter du naturel et de la ressemblance, appartient plutôt à l'artiste qu'au modèle ; les poses , habilement choisies, sont gracieuses sans être maniérées. Comme il peiguait avec un talent remarquable les animaux, les fleurs, les fruits, les tissus, etc., ses toiles sont presque toujours enrichies d'accessoires qui font singulièrement valoir le sujet principal. Ses draperies sont jetées avec ampleur. Il a surpassé Mieris lui-même dans l'imitation des tissus et surtout des satins, dont 11 a si bien rendu les tons argentés et glacés, que l'illusion est complète.

Quoique ce maître soit mort dans la force de son talent et que sa vie n'ait guère été qu'une longue souffrance, il a laissé de nombreux ouvrages, dont voici les principaux : à La Haye, Netscher, sa femme et une autre personne; Verlumneet Pomone; un Portrait de femme vêtue à l'italienne; le Portrait de ta princesse d'Orange ( depuis Marie II, reine d'Angleterre); un Seigneur gui montre une médaille d'or à deux dames, l'une vêtue de satin blanc, l'autre de velours et d'hermine, œuvre très-remarquable; une Nymphe nue et endormie surprise par un satyre; Deux Enfants faisant des bulles de savon; une Mère habillant deux enfants, toile charmante pour le groupe principal et les détails; deux Dames se promenant avec un chien dans un jardin ; une Jeune Couturière; une Jeune Femme à sa toilette : son enfant se mire dans son miroir; la Femme de Netscher donnant à teler à un de ses fils ; le portrait de Marie Stuart; — à Rotterdam : une Dame donnant à manger à un perroquet; un cavalier est près d'elle : riches costumes ; — à Dusseldorf : un Berger et une Bergère dans un beau paysage ; un Quatuor; une Petite Fille qui joue avec un perroquet ; — à Vienne : un Portrait

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d'homme, richement vêtu et entouré d'attributs <!e sciences et d'arts; — à Dresde : deux jolis tableaux de genre ; — à Paris, au Musée du Louvre : les Portraits de Xetscher, de sa Jemme et de sa fille : le peintre accompagne sur la guitare K- chant de sa tille; La mauvaise Nouvelle; i.t Portrait chéri ; la Leçon de musique vocale. On regarde comme son chef-d'œuvre la Mort de Cléopâtre qui faisait autrefois partie de la galerie du comte de Vence. On cite encore de lui en France : un Joueur de luth; deux Portraits de Netscher ; une Mère qui montre à lire à sa fille; Sarah présentant Agar à Abraham; Les Grâces adorant Vénus et l'Amour ; une Tricoteuse de bas ; une Petite Dente- Itère, etc., etc. La plus grande partie des œuvres de Gaspar Netscher a été reproduite par les plus célèbres graveurs. A. de Lac&ze.

J. Campo Weyc rnun, 0e Schitderkmst der Sederlanders, l. IV. p. m-137. - D.- riloi. jbreac de la rw des Petnires. — l>e*c*inp«, Im Fie des Peintres allemands, hollandais, etc., t. Il, p. ?io-m. — Pilktnulon , Dietionary of Pointer*. - Chorlei Bl -ne. Histoire des Peintres, U». 151-lSi : École hollandaise, o" «0-a.

NETSCHER ( Théodore ) , peintre français, d'origine allemande, (ils du précèdent, né à Bordeaux, en 1667, mort à Hulst, en 1732. Il était bien jeune encore lorsque son père retourna en Hollande. Il fut son meilleur élève, et à dix-huit ans il revint eu France avec le comte de Vaux, envoyé diplomatique de ce pays. « Il avait, dit Descamps, uue figure aimable, de l'esprit, et ce qu'il fallait pour plaire dans le grand monde, qu'il aimait lui-même; aussi peignit-il les plus grands de la cour et surtout les femmes. » J| gagna beaucoup d'argent, rt passa vingt années à Paris, menant grand train. Après la paix de Ryswick, van Oudyck, ambassadeur de Hollande a la cour de France , le décida à rentrer dans sa patrie , sous la condition d'une belle position ; mais il n'obtint que la recette de la ville d'HuIst, qui produisait d'assez minces bénéfices; aussi fit-il gérer sa place par un commis, et reprit le pinceau. En 1715, les États -généraux envoyèrent en Angleterre 6,000 hommes au secours du roi Georges Tr. Netscher sollicita et obtint d'être le trésorier de ce corps d'armée Accueilli «plendidement à Londres, il devint l'ami des plus riches lords, fut présenté à la cour,

qui devint en 1720, suivant Descamps, un Pérou pour lui, chaque seigneur se faisant une (été de lui prodiguer des billets de banque ». Netscher ne se montra pas avare et dé|#nsa rapidement l'argent qu'il gagnait facilement. En 1722 il retourna en Hollande, possédant encore 50,000 florins (environ 140,000 francs ). Il y reprit carrosse et bon train de maison; mais on l'attaqua « comme receveur de la ville d'HuIst pour une somme qu'il avait prêtée à quelqu'un, et dont on ne voulut point le tenir quitte à moins qu'il ne nommât la personne; il le refusa, a la sollicitation du débiteur, et aima mieux perdre son emploi ». Quelques mé-

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