NEVERS
fabulistes, intitulé Mgtlutlogia jEsopica ( Hei
delberg, 1610, in-4° ). P. L.
Ilaag frères, La France protestante. - Bajrle. DicL cru.
ne vers ( Comtes ne ). Le Nivernais formait autrefois un comté qui releva d'abord du royaume de Bourgogne et qui fut possédé par des seigneurs sur lesquels on ne sait rien de certain jusqu'au milieu du dixième siècle. A cette époque Othon , doc de Bourgogne, s'en étant rendu maître , le transmit à son frère Henri le Grand, qui le donna, en 987, à Othon-Guillaume , fils d'Adalbert, roi d'Italie. Vers 992 la tille de ce dernier l'apporta en dot à un seigneur, originaire du Poitou, nommé Landri, qui devint la tige des comtes de Nevers. Landri conquit le comté d'Auxerre,et mourut en 1028. Sa faraiue s'éteignit vers la lin du douzième siècle, Agnès, fille de Gui , comte de Nevers , d'Auxerrc et de Tonnerre, épousa, en 1 1 84 , Pierre 1 1 de Courtenay, depuis empereur de Conxtanlinople , et hérita de ces trois comtés, qui passèrent de la mère à la fille, pendant quatre générations consécutives, dans les maisons de Donzy, de Ch&tillon, de Bourbon et de Bourgogne. Ils furent ensuite séparés, et passèrent aux trois filles d'Yolande de Bourgogne (voyez ci-après). Le comté de Nevers passa alors dans les maisons de Flandre, de Bourgogne, de Clèves et de Gonxague. Nous citerons parmi ceux qui l'ont fiossédé :
Guillaume II, mort le 20 août 1 148, prit la croix en 1101, et gagna Constantinople, à la tète d'une armée de quinze mille hommes; mais, ayant voulu traverser l'Asie Mineure, il fut harcelé par les Turcs, et atteignit Antioche avec une centaine de soldats. A son retour il fut obligé de donner satisfaction à son évoque, qui l'accusait d'avoir emmené «te force les serfs de l'abbaye de Saint-Cyr. Constamment attache au roi Louis le Gros , il l'aida à soumettre les vassaux rebelles ; fait prisonnier dans une de ces expéditions, il fut livré a Thibaut IV, comte de Biois, qui le tint plus de cinq ans en prisou. En 1 124 il s'opposa , avec le roi de France, à ta marche des Impériaux, quj menaçaient d'envahir la Champagne. Comme il assiégeait la ville de Cosne , il tomba encore une fois au pouvoir de Thibaut. Battu ensuite par le comte du Forez, il perdit sa liberté, et ne la recouvra qu'à l'intercession de saint Bernard. Après avoir fondé plusieurs monastères, touché de repentir pour ses fautes passées , il se fit chartreux ( 1 147) , et mourut quelques mois après. Quoique illettré , il jouissait de la réputation d'un homme trèscapable; le parlement voulut l'associer à l'abbé Super pour la régence.
Guillaume III, fils du précédent, mort le 2t novembre 1161, suivit Louis le Jeune en Orient (1 147), et eut à soutenir différentes guerres contre les seigneurs ses voisins , et contre l'abbé de Vézelay et l'évèquc d'Auxerre.
Guillaume IV, tds du précédent, mort le
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24 octobre 1 168, à Sainl- Jean-d'Acre. Après avoir soutenu une rude guerre contre Étionne Ier, comte de Sancene, et Renaud, comte de Joigny, il saccagea Montfcrrand en Auvergne (1 163). En 1167 il partit pour la Palestine. Jean de Salisbury parle de lui en ces termes dans une lettre à Jean, évêque de Poitiers : « C'est au\ larmes des veuves qu'il a opprimées , aux gémissements des pauvres qu'il a vexés, aux plaintes des églises qu'il a dépouillées, qu'il faut attribuer le mauvais succès de son expédition, et la mort sans donneur qu'il a trouvée au champ de la gloire. » Son frère Gui lui succéda ( voy. ce nom ).
Yolande, de Bourgogne, morte en 1280, succéda, en 1262, à sa mère Mahaut litre Bourbon. A la suite d'un long procès terminé en 1273, elle perdit la propriété des comtés de Tonnerre et d'Auxerre, qui furent , par arrêt du parlement , donné* à Marguerite et à Alix, ses sœurs puînées. Elle se maria deux fois, en 1265, avec Jean-Tristan, fils du roi Louis IX, et en 1272 avec Robert de Dampierre, comte de Flandre. Son lils, Louis Ier, lui succéda; il ne porta que le titre de comte de îïevers , étant mort avant son père. Mais son fds et son petitfils, Louis II et Louis lll, furent comtes de Flandre et de Nevers ( voyez ces noms ).
Marguerite de Flaudre , fille unique de Louis 111, née en 1350, morte le 16 mars Uo5, fit entrer le comté de Nevers dans la maison de Bourgogne par son second mariage, avec le duc Philippe le Hardi.
Philippe II, comte de Nevers et de Rethel, troisième (ils de la précédente, né en 1389, mort le 25 octobre 1415, succéda en 1404, à son frère Jean, qui devenait duc de Bourgogne. En 1410 il fut pourvu de l'office de chambrier de France au préjudice du duc de Bourbon. Après avoir suivi son frère dans ses différentes guerres contre la maison d'Orléans et contre les Liégeois, il fit en 1414 sa soumission à Charles VI, et Jui remit la ville de-Laon. Il (ut tué à la bataille d'Azincourt, où il commandait douze mille hommes d'armes.
Charles Ier, (ils du précédent, né en 1414, mort en mai 146». Sa mère, Bouna d'Artois, s'étant remariée à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, partagea avec, celui-ci la tutelle de ses lils. Quoique Philippe se fût mal conduit envers ses pupilles, Charles se montra toujours attaché à sa personne, et parvint môme, en 1435, à le détacher du parti des Anglais et à le réconcilier avec le duc de Bourbon. La paix fut célébrée a Nevers par des festins et des réjouissances. « On y dansa, dit Monstrclet, il y eut moult grand foison de monteurs et de farceurs. » Ce qui fit dire à un chevalier bourguignon : « Nous autres, nous sommes bien mal avisés de nous aventurer et mettre en danger de corps et d'âme pour les singulières volontés des princes , lesquels, quand il leur plaît, se réconcilient l'un avec l'autre, et