ERS
1549 à la cour de Henri II, qui lui accorda des lettres de naturalisation, et le fit élever avec ses enfants. Dès l'âge île quatorze ans, il commença de porter les armes, devint en 1557 capitaine de cent hommes d'armes et servit dans l'armée de Picardie. A la journée de Saint-Quentin, il eut un cheval tué sous lui, et tomba entre les mains de son oncle Ferdinand de Gonzague, l'un des généraux de Philippe H. Plutôt que de passer au service des Espagnols, il aima mieux payer pour sa rançon la somme énorme de 60,000 écus d'or, équivalant à plus de 700,000 fr. de notre monnaie. En épousant Henriette de Clèves, sœur des deux derniers ducs de Nevers (4 mars 1565), il quitta le titre de prince de Mantoue, sous lequel il avait été connu jusqu'alors; il obtint du roi à cette occasion des lettres de continuation de la pairie attachée au duché de Nevers, ce dont il n'y avait pas encore eu d'exemple. En 1567, il fut nommé gouverneur du Piémont, et ne se démit de ces fonctions qu'en 1574, lorsque Henri III rendit au duc de Savoie Pignerol et les autres villes qui en dépendaient. A cette époque il s'opposa avec fermeté à cette restitution impolitique, adressa au roi un long mémoire à ce sujet, et ne céda qu'après avoir fait enregistrer sa protestation au parlement de Grenoble. Pendant la seconde guerre civile , il battit les protestants du Lyonnais, et s'empara de Mâoon. Comme il se rendait auprès de sa femme, il rencontra près de Donzi une troupe de gentilshommes huguenots, dont la plupart étaient ses vassaux ou ses voisins. « Sans dire gare, il les chargea, dit Brantôme , et en porta par terre un et son vassal, qui tout par terre lui déchargea son pistolet à la jambe , vers le genou il , et le blessa tellement que l'on en attendit plutôt et longtemps la mort que la vie. >» Il demeura boiteux toute sa vie, et, selon l'expression de Mézerai, « fort ulcéré contre les huguenots ». Lors du massacre de la Saint-Barlhélemi. il sauva la vie à son beau-frère le prince de Condé ; mais il fut du petit nombre de personnes qui, de concert avec la reine mère, imprimèrent à la France cette tache ineffaçable. Quelques mois après, Charles IX, en partant pour la Lorraine, lui laissa la garde de Paris. Le bâtard Henri d'Angouléme , mettant à profit l'absence du roi, imagina de faire un second massacre et de piller toutes les maisons riches de Paris en affirmant que leurs maîtres étaient hérétiques. Le duc de Nevers, à qui cet abominable projet fut communiqué, refusa d'en partager la responsabilité sans informations, lit arrêter plusieurs des complices du chevalier d'Angoulème, et envoya un courrier au roi , qui ne permit point ce nouveau crime. En 1573, il assista au siège de La Rochelle, et accompagna de là le duc d'Anjou en Pologne.
Au commencement du règne de Henri III, Nevers se montra fougueux partisan des Guises, et fut un des chefs de la Ligue. A diverses reprises il poussa le roi a proscrire le culte réformé, et à