‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 167 sur 206 · NEVERS · texte numérisé non relu

NEVERS

déclarer aux huguenots une guerre d'extcrmina- ardeur à faire rentrer Henri IV dans le sein de tioo, guerre qu'il nommait une sain te croisade. l'Église, il Tut envoyé en ambassade auprès <!n En 1 577, il lui offrit d'engager, pour atteindre ce pape, afin de lui rendre publiquement ohé/Jime but, tous les biens qu'il possédait dans les Pays- et de solliciter l'absolution (octobre 1593); nu's Bas et qui valaient 100,000 livres de rente, in- en vain fit-il valoir les plus Tories considérations.

vitant avec chaleur la noblesse à se soumettre à de semblables sacrifices. Se< efforts dcmeu-

tirées de la justice, de la politique, de là relipuo même, Clément VIII, asservi aux volonté* de

rèrent stériles. L'espoir de s'emparer du gouver- Philippe II, demeura inflexible, et persiiU a ne

nouent de la Provence l'avait fait entrer dans la Ligue; il était déjà dans Avignon lorsque Marseille, qu'il avait secrètement poussée à la révolte, lui fut enlevée. Déçu dans son ambition, il témoigna des scrupules de s'armer contre son souverain, et se rendit en 1683 auprès du pape Sixte Quint; ce dernier, pour qui le devoir religieux était dans l'obéissance passive, lui remontra « que le roi se devoit faire obéir également

point vouloir reconnaître en lui l'ambassadeur du roi de France. Forcé de quitter Rome sav avoir rien obtenu, il publia une protestât*» contre ce qu'il regardait comme un déni de police, en déclarant que son maître saurait bien tt passer de l'absolution qu'on lui refusait. A «* retour il fut chargé, après la mort de Francots d'O, de la surintendance des finances ( novembre 1594), fonctions qui ne lui convenaient guère et

par tous ses sujets, qu'il devoit être roide et qu'il remit l'année suivante à Nicolas de Harlaj

sévère, demeurer toujours le plus fort et le seul armé dans son royaume, et que s'il y avoit ou des catholiques ou des huguenots qui eussent la haidiesse de cabaler, il n'y avoit rien de plus facile à un roi de France que de faire couper des têtes (1) ». Ces conseils, répétés souvent à Henri III, contribuèrent à le jeter dans un parti extrême. Quant au duc de Nevers, il fil céder ses scrupules devant la promesse du gouvernement de Picardie , dont il prit possession , le 25 avril 1587, et qui, par le traité de Bergerac, avait été assuré au prince de Condé. A la fin de l'année précédente, il avait en, à la demande du roi, une entrevue avec Henri de Navarre au château de Saint- Bris et l'avait vivement engagé à se soumettre ainsi qu'a renoncer au calvinisme. Déaircux de tenir le milieu entre les partis, il ne rompit jamais avec la Ligu»«, et tandis qu'il protestait tout haut de son dévouement au roi, il entretenait secrètement une correspondance avec le duc de Guise. Placé, au mois d'octobre 158S, à la tète de l'armée rojale en Poitou, il s'empara, malgré la rigueur de la saison, de Mauleon, de Montagut , de La Garnachc et d'une quarantaine de châteaux forts. Mais, après le meurtre des Guises, il fut obligé de licencier ses troupes et de rejoindre le roi à Blois; il s'efforça de le réconcilier avec la Ligne et n'ayant pu y parvenir, il se retira en Champagne, dont le gouvernement lui avait été accordé en janvier 15S9.

Après la mort de Henri III, Nevers affecta pendant quelque temps de garder une exacte neutralité; estimant bientôt que la victoire demeurerait à Henri IV , il mit de côlé le vrmi qu'il avait fait de ne jamais servir un prince huguenot, lui prêta une somme de .'!0,000 écus d'or, et lui amena dans les plaines d'Ivry une compagnie de cinq cents cavaliers armés et équipés (1590). Envo>éen Champagne, il y maintint la tranquillité, rejoignit le roi en Normandie et le sauva, au combat d'Aumale, «lu péril extrême où l'avait jeté *a témérité (1592;. Après avoir travaillé avec

Ml Mémoires de Ncrrrs t. I, p. 7C5.

pour prendre le commandement de l'armée de Picardie et de Champagne (30 mai 1595 ). S'il ne réussit pas à empêcher l'occupation de Doullens, il tint autant que possible les Espagnols en échec, approvisionna Amiens, Péronne t\ Saint-Quentin, envoya «les renforts à Cambrai et s'enferma dans Corbie. Il mourut d'une dysenterie que lui avaient donnée les fatigues de cette campagne, à l'âge de cinquante-six ans Se* restes furent transportés dans la cathédrale de Nevers, où sa veuve lui fit élever un magnitîqK mausolée. Louis de Gonzague était d'un esprit souple, adroit, circonspect; les princes qu'il axait servis ne plaçaient en lui qu'une confiance mediocre. « Il faut craindre M* de Nevers, disait Henri IV, avec ses pas de plomb et son compas a la main. » Il avait plus de connaissances q« les seigneurs de son temps, et se mêlait même de théologie. Sully, qui ne le pouvait souffrir, prétend que le roi fut débarrassé par sa mort d'us serviteur aussi incommode qu'inutile; de Tbw le blâme de sa prudence méticuleuse; mais Brantôme le place au rang des grands capitaine* et d'Aubigné le proclame « meilleur Français q«< les Français mêmes ». On a, sous le litre de Mémoires du duc de Nevers (Paris, 166*. 2 vol. in -fol ), un recueil de pièces fort interessantes touchant les événements auxquels 1 pris part, et qui a été publie pour la pren*« fois par Gomberville. Divers traités de controverse, écrits la plupart de sa main, sont coo*«rvés en manuscrit à la Bibliothèque impériale-

Le duc de Nevers laissa un lils, Charles dt Gonzaçue, qui lui succéda et qui devint duc 'W Mantoueen 1627 (t>oy.Go«AciE),etdeuxtitl«S Catherine, duchesse de Longueville, el Ht* nette, duchesse de Mayenne. Sa femme, H«* I riette deClèves, morte le 2t juin 1601, à f'sr ' se rendit célèbre par sa liaison avec le cornl^ '

Cocona*, gentilhomme piémontais, dé»apw « | 1 57 i, pour avoir tenté <l'enle\er de la cour le ** d'Alençon et le roi de Navarre. P.

Turpln , m«(. dt l.ovit dt <„>niaçur* <* j , Taris. ITS9. in -s». - Mémoires du dur de

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