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El moins humble de erenr que fier de sa doctrine, 11 ose décider «e que Rome examine.
Le duc de Nevers se déclarait hautement partisan de Pradon ; aussi lui altribaa-t-on le sonnet suivant, qui parut après la première représentation de la Phèdre de Racine et qui mit en émoi et la cour et la ville. Ce sonnet rend , au surplus, avec une réalité quelque peu triviale le» principales situations de la tragédie critiquée :
Dans un fauteuil doré, Phèdre . tremblante et Mime, Oit des vers où d'abord personne n'entend rten. Sa nourrice lui (ait on sermon fort chrétien Contre l'affreux dessein d'attenter sur soi-même.
Hlppolvte la hait presque autant qu'elle raime. Rien ne change son cœur ni «on chaste maintien. Sa nourrice t'accuse; elle s'en punit bien. Thésée a pour son fils une rigueur extrême.
Dne grosse Arlcie,»u teint rouge.aux crins blonds (1), N'est la que pour montrer deux énormes tetons. Que, malgré sa froideur. Hlppolrte idolâtré.
Il meurt enfin, traîné par ses coursiers Ingrat*. Et Phèdre . après avoir pris de la mort-auz-rats. Vient, en se confessant, mourir sur le théâtre.
Ce sonnet fut bientôt répandu dans Paris. Les amis de Racine soupçonnèrent le duc de Nevers d'en être l'auteur; et le comte de Fiesque» les marquis de Manicamp et d'Efliat, les chevaliers de Nantouillet et de Guilleragues, etc., composèrent, comme réponse , le sonnet suivant, sur les mêmes rimes :
Dans un palais doré, Damon, jaloux et blême , Fait des vers où jamais personne n'entend rien. Il n'est ni courtisan, ni guerrier, ni chrétien. Et souvent pour rimer, il s'enferme lul-iném*.
La Muse, par malheur, k-hait autant qu'il l'aime. Il a d'un franc poète « t l'air et le maintien. Il veut juger de tout, et n'en juge pas bien. 11 a pour le phébus une tendresse extrême.
Une sortir vagabonde («] , aux crins plusnolrsque
blonds,
Va partout Puniver* promener deux tétons Dont, maigre ion pays, l)aiu«n est idolâtre.
Il se tue a rimer pour des lecteurs ingrats. V Enéide, à son goïrt , r»l de la mort aus-ratt. Et selon lui, Pradon est le roi du théâtre.
Le duc de Nevers fut justement outré des allusions trop transparentes renfermées dans cette pièce. L'attribuant à Racine et à Bolleau, il déclara qu'il les ferait périr sous le bâton. Les deux poètes s'empressèrent de déclarer qu'ils n'avaient aucune part an nouveau sonnet, et il suffisait de le lire pour les croire. Cependant le prince de Condé , charmé de causer un déplaisir à la famille Ma/arin, les prit sous sa protection, et leur offrit un asile dans son hôtel. « Si vous n'avez pas fait le sonnet, leur disait son fils, le duc Ilenti-Jules, venez à l'hôtel de Condé, où M. le Prince saura bien vous garantir de ces menaces. ... Si vous l'avez fait, venez aussi à l'hôtel de Condé, et M. le Prince vous prendra de même sous sa protection, parce que le sonnet est très- plaisant. • L'affaire n'eut point de suites : le duc de Nevers se borna à
(l) L'actrice qui a créé le rote de Phèdre était Mlle «i'Rnnebaut, qui, Il est vrai, était blinde et ^i nsar, mais très-jolie.
M rrtense Mancini. épouse rîHrmand-Charles «le la Porte, duc de Ma/. irln et de La Mcllleraie.