‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 175 sur 206 · NEW M AN · texte numérisé non relu

NEW M AN

1847; — An nppeal to the middle classes on the urgent neccssity of numérota radical re/orms, financial and organic; 1848; — Phases of faith, or passages front the history < / my creed; 1850; — A collection of poetry fnr the practice of eloctttion; 1850; — The Crimes of the house of Hapsburg a gains t its own liège subjects ; 1851 ; — Lectures on political economy; 1851; — Régal Rome, an introduction to Roman history; Londres, 1852, in-8°; — The odes of Horace; ibid., 1853; — The Iliad of Homer ; ibid., 1856 : ces deux traductions sont en vers blancs. M. Francis Ncwman a fourni des articles aux Westminster Eclecttc et Prospective Reviens , et il a édité en 1843 une version anglaise des English universities d'Huber, et en 1853 les Select sketches of Kossttth.

Hen of the rime. - Cfclop. of English liUraturc

iHtovr. ).

newski (Saint Alex.). Voy. Alexaismie.

newton (Thomas), littérateur anglais, mort en 1607, dans le comté d'Essex. Il eut pour premier maître Brownswerd, un des bons latinistes du temps, et fréquenta les universités d'Oxford et de Cambridge. Après avoir reçu les ordres , il obtint , par la protection du comte d'Essex, la direction du collège de Macclesfield , et en 1583 la cure de Little Iiford, où il passa le reste de sa vie, entre les triples fondions de pasteur, de médecin et de maître d'école. On a de lui : A notable history of the Saracens , drawn oui of Aug. Curio, in fil books; Londres, 1575, in-4°; — Approved medicines and cordial precepts; ibid., 1580, in-8°; — Illustrium aliquot Anglorum encomia; ibid., 1589, in-4°, à la suite des Encomia de Leiand;

— Atropoion Delion, or the death of Délia ; ibid., 1603, in-4°, élégie sur la mort de la reine Elisabeth ; — A pleasant new history, or a frogrant posy mode of three Jlowers, Rose, Rosalynd and Rosemary; ibid., 1604. Il est aussi l'auteur de plusieurs traductions, telles que Direction for the health of magistrales and students (Londres, 1554, in-12), de Gratarolus, Touchstone of complexions (ibid., 1581, in 8*), de Lemnius.et Thebais (1581) de Sénèque, etc., et Pulteney lui attribue un Htrbal to the Bible, imprimé en 1587, in-3°. K.

Wood, Mhtnm Oxon., I. — Wsrton, Hlst. of pottrp.

— Lynont, EntHront, JV. — Pulteney, Skctchet.

nrwton (John), mathématicien anglais, né en 1 622, a Oundle (comté de Northampton), mort le 25 décembre 1678, à Ross. Il prit ses grades à Oxford, et reçut en 1661, avec le titre de chapelain do roi, la cure de Ross. Il s'appliqua avec succès a l'étude des sciences, et a laissé plusieurs ouvrages d'une utilité pratique; nous cite rons de lui : Àstronomia brifannica ; Londres. 1656, in-4°; — Help to calculation, uHth tables of declination, ascension, etc.; ibid., 1657, ln-4°; — Trigonomctria britan-

nica, in II books; ibid., 1658, in-f.-l. ; lî deuxième livre est traduit du latin d'Henri f>llibrand; — Grometrical trigonometry; ici9,

— Mathematical éléments; 1660, in-4°; - A perpétuai diary or almanac;lHB7\ — Tht Rule of interests ; 1668, in-8© ; — Art ofpractical gauging; 1669; — The art of natnrnl arithmetic; 1671, in-8e;— The English mdemy; 1677, in-8"; — Introduction to jmgraphy; 1678, in-&". K.

Wood, Mhtntt Oxon^ II. - Mirtln, fiiotf.phU newton (Isaac), l'un des plus grands punies scientifiques de l'humanité, naquit à WocUthorpe, petit village du comté de Lincoln, k 25 décembre (jour de Noël) 1642, l'année mémr de la mort de Galilée, et mourut le 30 mir^ 1727, à Londres. Comme Kepler et Voltaire, il vint au monde avec un corps extrèroemrtii débile. Son père était fermier; sa mère, km Ayscough, devenue veuve peu de mois après foi» premier mariage, se remaria avec Barnabe Smith, recteur de Xoilhwilham. L'enfant tenait d'entrer dans sa quatrième année; il M confié aux soins de sa grand'- mère, qui lui fil apprendre la lecture, l'écriture et le calcul »w écoles primaires de Skillington et Stoke, deu\ hameaux voisins de Woolslhorpe. A Tige de douze ans il fut envoyé a l'école publique de Gnn tham et logé chez Clark, apothicaire de l'endroit. Newton aimait à raconter lui-même qu'il été d'abord très- inattentif et l'un des dernier^ élèves de sa classe. Au lieu d'aimer la société dr ses camarades, il s'amusait à de petits ouvrai de mécanique, parmi lesquels on cite une especf de clepshydre et un moulin à vent. A défaut de vent, le moulin était mis en mouvement par une souris-meunier, ainsi appelée parce que ce j*W rongeur prélevait , pour sa consommation , une partie de la farine qu'il produisait. Pendant «* séjour à Grantham , le jeune Isaac invaifa aussi un char que la personne qui y était assise faiwit elle-même mouvoir. On rapporte encore que pour faire peur la nuit aux gens de la campagne il attachait des lanternes en papier à la qoeoe d> cerfs- volants. Les murs de sa petite chambre étaiteouverts de dessins et de peintures de tonte» sortes, faits d'après son imagination on d'ipré* nature. On cite aussi de l'écolier de Graothare plusieurs essais de poésie, qui sont aujourd'hui avidement recherchés par les amateurs, fuyait les jeux bruyants de ses camarades, il * plaisait dans la compagnie des jeunes personnes qui demeuraient aussi cher maître Clark. L'orn* d'elles, M»e storay, paraissait lui avoir inspi^ un véritable attachement Elle se maria, dans la suite, deux fois, et s'appelait, en dernier lie". Mroe Vincent. Newton, au faite de sa renommée, ne manquait jamais de la visiter dans ses voyap* au pays natal, et la tira, dit-on, elle et a famille, plus d'une fois d'embarras pécuniaires.

Le jeune Isaac fut destiné par sa mère, re<frvenue veuve en 1656, à gérer les biens A» J

84i myv

ferme de Woolsthorpe,où elle s'était retirée avec trois enfants de son second mariage. Les samedis elle l'envoyait au marché de Grantham, en compagnie d'un vieux serviteur ; mais, pendant que son mentor était occupé à débattre le prix de ses produits agricoles, l'apprenti fermier allait étudier derrière une haie. Au lieu de garder les troupeau*, il laissait vaches et brebis courir à l'aventure, li3ant, sous un arbre, les vieux livres qu'il avait empruntés à l'apothicaire. Voyant combien il était impropre à l'état d'agronome, sa mère le renvoya à l'école de Grantham, d'où il passa, en juin 1661, au collège de la Trinité à Cambridge (1). Les premiers ouvrages qu'il parait y avoir étudiés à fond sont la Logique de Sanderson et l'Optique de Kepler, îîientôt le désir de se familiariser avec l'astrologie lui fit aborder l'étude des mathématiques. Il *c procura donc un Euclide en anglais ; mais les théorèmes de cet auteur lui semblaient si évidents qu'il s'étonnait qu'on eût pu songer seulement à les démontrer (2). « On pourrait, remarque ici Fontenellc, appliquer à Newton ce que Lucain a dit du Nil, dont les anciens ne connaissaient point la source, qu'il n'a pas été permis aux hommes de voir le NU faible et naissant. » D Euclide, il passa à la géométrie de Descartes, qui l'initia a l'analyse : il comprit bientôt l'importance qu'il y avait à saisir le rapport des équations algébriques avec le* lieux géométriques. Cependant il *e montra plus tard souvent injuste envers son .•rand initiateur (3). Vers la même époque (1663 et 1664 ), il étudia Viètc , Schooten et Wallis ( De arithmetica infinitorum) , dont il faisait des «xtraifcs, et il découvrit, s'il faut l'en croire luimême (4), la méthode des séries infinies. En janvier 1665, il obtint le degré de bachelier ès arts, et avant le 8 août de la même année il quitta, pour se soustraire aux ravages d'une épidémie, l'université de Cambridge, où il ne revint qu'en automne de l'année suivante. C'est dans <:ette année de 1666 que Ton place l'histoire de

(l) F op., pour la fixation de celte date, qui avait Jusqu'ici présenté quelque Incertitude, ta V edlU (tseo) de Urcwstcr, Manoirs of fi/e. etc., of Newto», ton». I, p. 15 et I».

(t) M. Biot «érable fé««lUer ce fait la en douté. « Qu'après avoir étudié, dlt-lt, les premièrea proportions d'Eucllde, Newton ait successivement cherché et trouvé la démonstration des autres par lui-même, plutôt que de s'enfoncrr dans une lecture ai excessivement pénible par les formes dont elle est hérissée, voilà ce qui peut se comprendre ; et surtout, s'il avait dé|a pria connaissance des mêmes propositions pour aes Jent d'enfant, dans quelque livre vulgaire . on concevra mieux encore qu'il ait Jugé Inutile de perdre son temps a en chercher de nouvelles preuves dans une aussi fatigante lecture. Cela expliquerait très-naturellement le regret qu'il témoigna plus tard de ne s'être pas as«c* arrêté » la géométrie de* anciens. * {Mélanges scientifiques et Uttéruiret, t. I. P «t.»

(S) Ainsi, par exemple, dans son Optique, il attribue la découverte de la vraie théorie de l'arc en ciel à Antoine de Domiots, tandis que te mérite en revient tout entier a Descaries ( f op. Blot, Métatuse*. p. mv|

(•) D'après une note signée 1s. Newton, et qui porte la date du * Juillet ten. (Brewster, Memolrs, etc., p. M.)

la pomme qui aurait suggéré à Newton la première idée des lois de la gravitation (i). Après son retour à Cambridge, il prit successivement les autres grades universitaires et reçut, en I6fi9, la chaire de mathématiques, dont Barrow s'était démis pour se livrer exclusivement à la théologie. Pendant vingt-six ans il remplit avec un zèle extrême ses fonctions de professeur : on assure que de 1669 à 1695 il ne s'absenta jamais de Cambridge plus d'un mois par an, à l'époque des vacances. Le 11 janvier 1672 (vieux style) il fut élu membre de la Société royale de Londres, sur la proposition de Sethward, évèque de Salisbury. Newton .n'avait guère alors d'autre titre a cette distinction que le télescope qui porte son nom : les découvertes qui devaient l'illustrer n'existaient encore qu'en germe; bien que dès cette époque elles fussent déjà écloses peutêtre dans sa tète, elles devaient être pour le public comme non avenues , et par conséquent n'être d'aucun poids dans une contestation de priorité. En pareille matière, les seules pièces de conviction, ce sont les écrits imprimés, portant une date certaine.

Les recherches que Newton avait entreprises sor la lumière suscitèrent de vives discussions , auxquelles prirent surtout part Hookeet Huygens. Ce fut au milieu de ces discussions qu'il écrivit, le 8 mars 1673, à Oldenburg, secrétaire de la Société royale, pour offrir sa démission. Cette démission non-seulement ne fut pas acceptée, mais il fut exempté de la cotisation hebdomadaire, exigée de tous les membres de la société. Le 27 avril 1675, il obtint aussi du roi les dispenses nécessaires pour continuer à rester aggrégé au collège de la Trinité sans entrer dans les ordres. Quelques années après, un événement imprévu le jeta dans le* affaires politiques. Le roi Jacques II avait ordonné au conseil de l'université de Cambridge de conférer au père Francis , moine bénédictin , la maîtrise ès arts, sans l'astreindre au serment d'allégeance et de suprématie. L'université refusa, bien que dans d'autres occasions elle eût donné ce titre même à des musulmans, entre autres, à l'ambassadeur du Maroc. Mais il s'agissait ici d'un sujet du pape, et l'on sait quel rôle a joué l'intolérance de religion dans l'histoire de l'Angleterre. L'affaire fut portée devant la cour du roi ; Newton était au nombre des députés de l'université qui devaient se rendre à Londres pour y plaider leur cause. Ils y déployèrent tant d'ardeur, que le président Jeffrys leva la séance en les renvoyant brusquement sans prononcer d'arrêt. Pouf leur témoigner toute sa reconnaissance, le corps de l'université élut le plus illustre d'entre eux, Newton, membre du parlement de 1689, qui proclama

(i) cette histoire est sans doute une pure fiefon; car elle n'est rapportée ni par Peroberton . ni par wm«Jon , auxquels Newton raconta lui-même par quel enchaînement d'Idées II était arrivé è la connaU^nce des loin de la gravitation. Klle fut rapportée a VolUlrê par Catherine Bartoo, flkec de Newton.

843 KEV

la vacance du trône, et prépara l'avéncment de Guillaume. Mais le savant se trouva complètement désorienté dans cette nouvelle carrière. Il resta comme étranger aux débals de la chambre des communes, et ne prit, dit-on, la parole qu'une seule fois, et ce fut pour inviter l'huissier à fermer une fenêtre d'où venait un courant d'air, capable d'enrhumer l'orateur qui occupait la tribune. Après la dissolution du parlement, en février 1690, Newton reprit le cours de ses travaux favo> is. Vers la même époque il perdit sa mère, el des l'automne de 1GU2 sa santé commençait à s'altérer. Le mangue d'appétit et l'insomnie, dont il se plaignait depuis près d'un an, avaient diminué ses forces. Un accident fâcheux vint mettre le comble aux troubles d'une constitution affaiblie. Cet accident, passé jusqu'alors sous silence par les biographes de Newton, a été pour la première fois rapporté par M. Biot. Ce savant avait été frappé de voir que depuis l'âge de quarante cinq ans Newton n'avait plus donné de travail nouveau sut aucune partie des sciences; il en cherchait vainement la cause, lorsqu'il reçut d'un physicien hollandais, Van-Swînden, la noie suivante : i

« On trouve dans le* manuscrits du célèbre Huygens un petit in folio, qui hit une espfee de journal. dans lei|iiel Huygens avait coutume «le noter différents chose»; il est coté n" », dans le 1 catalogue de ta bibliothèque de leyde, p. M 2. Voici ce que j'y ai trouvé écrit de la propre main d'Iluygens, qui m'est parfaitement connue par le nombre de ses manuscrits et de ses lettre» autographes que j'ai eu occasion de lire. « Le M mai t<5»|, . M. Colin, Eros»ais, m'a raconté que l'illustre géo- j mètre Is. Newton est tombé, il y a «I x-huit mois, j en démence {in phrtnetin), soit par suite d'un excès de travail, soit par la douleur qu'il eut de ! voir son laboratoire chimique et quelques manuscrits consumés par un incendie (I). S'étant, à la , suite «le cet accident, présenté chez l'archevêque : de Cambridge, et ayant tenu des discours qui indiquaient l'aliénation de son esprit, ses amis se sont emparés de lui. ont entrepris sa aire, et l'ayant tenu enfermé dans son a portement, lui ont admi- j nistré, bon gré mal gre, des remède» qui lui ont 1 fait recouvrir la santé, «le sorte qu'il recommence : déjà à comprendre son livre des Principe*. » — . Huygens, ajoute Vau-Swinden, donna connaissance ; de ceci à Leibniz, dans une lettre datée du 8 juin. | suivant ; a quoi Leibniz répondit, en date du 23 : « Je suis bien aise d'apprendre la guérison de II. Newton en même temps que sa maladie, qui ; était sans doute des plus fâcheuses ; c'est a des gens comme vous et lui, Monsieur, que je souhaite une longue vie (2). ■

i1| On raeonlc qu'allant un soir s la chapelle pour faire •«•» «1iMolK.il», Newton laissa par mégarde un» bougie allumer sur le burcin rie son cabinet. Pendant «no absence, Piaui.m'. son chien favori, renversa la boucle, qu\ mrtimit le t> n a ries papier», . au»a l'incendie en que», tlou. « Ah, hiain-nt tu ne soupçonnes pa* je nul que tu m'as fait » »e serail-ll contente de dire a s..n retour. Mal» on »'aeeorde a croire qo If en rut »i péniblement affecté, que son Intelligence en reçut tin profonde atteinte.

(!) Ces pasvages, rapportes par M. Mot ( Mélanges, 1. 1,

La révélation de ce fait, bien nature), fat as<ez mal «cueillie en Angleterre, et particulièrement par M. Brewster, et cela surtout parce qu'on avait insinué que c'étaient les travaux Ihéologiques qui avaient marqué le commencement de l'éclipsé du génie de Newton. L'examen impartial des pièces qu'on a publiées; pour démontrer que l'illustre Anglais avait conservé l'intégrité de ses facultés mentales, prouve tout le contraire, comme l'a fait ressortir M. Biot. Parmi ces pièces on remarque surtout la lettre qu'il adressa, le 16 septembre lf.93, à son ami Locke :

« Ayant cru, Monsieur, que vous vouliez m* embrouiller avec «le* femmes [embroil me with uomen ) , et par d'autres moyens, j'en fus tellement affecté que, lorsqu'on vint me dire que vous étiez malade ou en grand «langer, je répondis «jue ce serait tant mieux que vous fussiez mort. Je désire que vous finissiez oublier ce va*u peu charitable; car je suis convaincu maintenant que ce que vous avez fait est juste ; je vous demande pardon d'avoir en à votre égard de si dures pensées et de vous avoir présenté comme déviant de* voies de la morale ilans votre livre sur les idées, et dans l'ouvrage que vous vous proposez de publier : je vous avais pris pour un hobbtste. Je vous demande également pardon pour avoir dit ou pensé qu'il s'agissait de eue vendre un emploi ou de m'crnbrouiller ( lo embroil we). Je suis votre très-humble et infortuné serviteur, lsaac Newton. >

Le célèbre philosophe dut être bien surpris de la réception de cette étrange missive. Locke y répondit, le. 5 octobre, du fond de sa retraite à Oales, en Essex. Sa réponse est empreinte de tous les bons sentiments que pouvait faire naître l'indice évident d'une si triste situation. Newton lui écrivit de nouveau, U\ 15 dn même mots, le» lignes suivantes : « Monsieur, l'hiver dernier, en donnant trop souvent près de mon feu, j'ai fini par déranger mes habitudes de sommeil ; et une maladie qui, l'été «lernier, a été épidemique, a porté ce dérangement si loin que lorsque je voua écrivais, je n'avais pas dormi une heure la nuit depuis une quinzaine, et pas une seconde depuis cinq jours (I). Je me souviens que je vous ai

p. t66). ont été reproduits par Uvlenbrcrk, Tédltcar de la Correspondence de Huygens el brtbnU.

(1) Il r»t â remarquer que vers la même époque, dan* une lettre »drr**ec (le 13 septembre 16931, a l'epyi, secrétaire de i\iralrauti, Newton »e plaignait de la même IndUposfilon. Voici cille lettre i • Monsieur, quelque temps .iprts <|«Je M. Mlllington m'» ut remis votre nicsuge. Il mr pressa d'allfr vous voir <ian* won prochain voyage a Ijmdre*. J'y répugnais ; mais, sur ses laitance». J'y consentis . avant d'avoir réfléchi a ce que Je faisais; car Je suis ci I ré ment trouble (txtremtly trouhted] de l'embrouillement | rmbroitinent ) où Je »uls ; Je n'ai ni bien dormi ni bien mangé depuis douze mots et mon esprit n'est pas dans ta première assiette (ma former cousitl tenci n/ mtnd \ Je n'ai Jamais eu l'intention de ne rien I obli d r par votre, influence, ni par la faveur du,rol Jac- | que»; mais Je sens que Je dois aujourd'hui me retirer de votre société, et de ne Jamais plu* voir ni vous ni aucui> autre de met amis, si toutefois Je puis m'en séparer sans bruit (i/ 1 mat but hai t, them quutlt). Je voua demande pardon d'avoir dit que Je voudrais vous voir encore, cl Je demeure votre Ires-humbte et trés-o Méssj r.r serviteur I». Newton. » / MrcwOer, Mtwoirt. t. ». p. M; ' Biot, Mélanges. 1. 1, pj. jtj t.

écrit ; mais pour ce que j'ai dit de votre livre, je ne me souviens point. Si vous vouliez avoir la bon lé de m'envover une copie de ce passage, je votw l'expliquerai si je puis. Je suis votre trèshumble serviteur, la. Newton. »

Qu'y a-t-il d'étonnant que le génie ait ses éclipse*? Na-l-on oas essayé d'établir, dans un livre récent, que le génie est lui-même une maladie, une névrose?

Pendant qu'il siégeait à la chambre des communes, Newton s'était lié d une étroite amitié avec un de ses anciens élèves , Charles Montague. Ce jeune seigneur, plus tard connu sous le nom de lord Halifax, devint, en 1694, chancelier de l'échiquier. Un de ses premiers actes fut de nommer son illnsrre maître contrôleur de la Monnaie, et en 1699 il lui donna la place de directeur de la Monnaie ( master and worker of the Mini), aux appointements de plus de 30,000 francs par an. Ce fut alors qu'il se démit de sa chaire à l'université de Cambridge , et désigna Whiston pour son suppléant; ce dernier le remplaça définitivement en 1702. Newton, dans sa nouvelle charge, assez lucrative, rendit des services importants par la refonte des monnaies, ainsi que par une évaluation plus exacte de la monnaie étrangère , comparée à la monnaie anglaise (1).

Dans la même année où il reçut la direction de la Monnaie, il fut compris parmi les premiers huit associés étrangers que , par un nouveau règlement , l'Académie des sciences de Paris pouvait s'adjoindre. Lu 1701, il représenta une seconde (ois l'université de Cambridge à la chambre des communes; mais il y joua encore un rnle insignifiant. Le 30 novembre 1703, il fut élu président de la Société royale , et cet honneur lui fut annuellement renouvelé jusqu'à la fin de sa vie, c'est-à-dire pendant vingt-cinq ans consécutifs. Enfin, en 1703, il reçut de la reine Anne le titre de baronnet. Tous ces honneurs n'ajoutaient rien à la gloire de Newton '■ ils ne pouvaient que flatter son amour-propre , et, quoi qu'en disent certains biographes, il fut loin d'en avoir été exempt.

Newton avait si bien la conscience de sa valeur, qu'il lui arrivait plus d'une fois de traiter les autres avec injustice et dédain. « Hooke n'a rien fait, dit-il, dans une dé ses lettres à Halley ; et cependant il s'est exprimé comme s'il savait tout et qu'il eOt tout approfondi, excepté ce qui exige l'ennuyeux tracas des observations et des calculs. » Dans plus d'une occasion Newton s'est bien gardé de mettre en lumière tout ce qu'il devait à Kepler, à Descartes et même à Huygens, qui avait certainement à se plaindre de lui. Quant à ses discussions de

(i) Un certain William Chaloner avail dénoncé au parlement plusieurs abus qui auraient «té commis a l'hôtel de la Monnaie. Celte dénonciation provoqua de vlf§ débats, qui firent tomber lea accusation» qu'on avait élevée* contre Newton /'oy.ace sojet Brcwslcr, Manoirs, t il, p. 1U et suiv.

priorité avec Leibniz, au sujet de la découverte du calcul différentiel , elles font tache dans la vie du grand philosophe anglais. Nommer un comité ciiargé d instruire le procès ( par la publication du Comme remm epistolicum) (i)t sans que le principal intéressé (Leibniz), celui qu'on mettait pour ainsi dire sur la sellette, eût été appelé pour en contrôler les pièces, reconnaître implicitement, dans une édition du livre des Principes, les droits de Leibniz à l'invention de la méthode du calcul différentiel, puis effacer ce passage dans une édition postérieure, enfin faire paraître presque immédiatement après la mort de son adversaire une nouvelle édition étrangement revue du fameux plaidoyer (Commercium epistolicum) que Leibniz avait, de son vivant, rejeté comme inique à son égard, était-ce là, quelque tort qu'ait eu Leibniz en présentant à la princesse de Galles le livre des Principes comme impie, était-ce là, nous le demandons, agir loyalement? — Il y aurait aussi à écrire sur les rapports de Newton avec Flamsteed un long chapitre, qui ne serait pas à l'avantage du premier (2). Whiston, qui connaissait particulièrement Newton, en fait le portrait suivant : « Newton était, dit il, du caractère le plus craintif, le plus cauteleux et le plus soupçonneux que j'aie jamais connu (3), et s'il eût été vivant quand j'écrivis contre sa chronologie, je n'eusse pas osé publier ma réfutation ; car, d'après la connaissance que j'avais de ses habitudes , j'aurais dù craindre qu'il ne me tuât. » Un passage, emprunté aux mémoires de Flamsteed, tendrait à confirmer ce jugement : « Newton m'a toujours paru, dit-il, insidieux, ambitieux, excessivement avide de louanges et supportant impatiemment la contradiction (4). » Newton était fort attaché au protestantisme tel qu'on le pratique en Angleterre, et il n'aimait pas les incrédules. Aussi, lorsque son ami llalley se permettait un jour devant lui quelques plaisanteries sur la religion, l'arrêta- t-il tout court par cette apostrophe : « J'ai approfondi ces choses-là mieux que vous. » Arago tenait de lord Brougham que pendant la guerre des Cévennes Newton voulait aller combattre, dans les rangs des Camisards, les dragons du maréchal de Villars, et qu'une circonstance for-

ai Vog. Plosba», p. 114.

(1| y of. Biot, Mélonaes. t. 1.

(I) Tour montrer combien Newton était résoné et timide, Whiston rapporte le ralt m vant : Appelé, en l'il, devant un comité de la chambre rte* communes, pour donner son avis verbalement sur un blll relatif a la détermination des longitude* en mer, il le donna par écrit. Quelque* membre» du comité présentant des objection», il ne répondait pu un mot, lorsque Whiston, placé derrière lui, s'éerhi : « Mon*teur Newton éprouve quelque répugnance a foire connaître son opinion, mais Je pul» affirmer qu'il est favorable au blll. » Newton rompit alors le silence, mat* pour répéter ce que Whiston venait de dire, et le blll fut adopté. (Arago, Notices biwjr., t. III, p. «V |

('.) f 'oij. liiot , Melanntt, p. "3, et Arago, , Vett/o/i, t. III, des Notices Mpot., p. 3^5.

tuile l'empêcha de donner suite à ce projet. « Comment, ajoute Arago, le timide Newton se fut-il conduit sur le champ de bataille, lui qui, de crainte de tomber, ne se promenait en voiture dans les rues de Londres que les bras étendus et les mains cramponnées aux deux portières (1) ! »

Fontenelle a donné sur les derniers moments de Newton des détails qu'il tenait de ta famille même de l'illustre savant. - A partir de quatrevingts ans, Newton commença, dit-il, à être incommodé d'une incontinence d'urine; encore «tans les cinq années suivantes qui précédèrent s,n mort, eut-il de grands intervalles de santé, ou d'un état totérable qu'il se procurait par le régime et par des attentions dont il n'avait pas eu besoin jusque-là. Il Tut obligé de se reposer «le ses fonctions à la Monnaie sur M. Conduitt, qui avait épousé une de ses nièces (2)... M. Newton ne souffrit beaucoup que dans les derniers v ingt jours de sa vie. Ou jugea sûrement qu'il avait la pierre et qu'il n'en pouvait revenir. Dans des accès de douleur si violents que les gouttes de sueur lui en coulaient sur le visage, il ne poussa jamais an cri ni ne donna aucun signe d'impatience; et dès qu'il avait quelque moment de relâche, il souriait et parlait avec sa gaieté ordinaire. Jusque-là il avait toujours lu ou écrit plusieurs heures par jour. Il lut les gazettes le samedi 18 mars, au matin, et parla longtemps avec le docteur Mead, médecin célèbre. Il possédait parfaitement tous ses sens t?t tout son esprit; mais le soir il perdit absolument connaissance, et ne la reprit plus, comme si les facultés de son Ame n'avaient été sujettes qu'à s'éteindre totalement, et non pas à s'affaiblir. » Newton mourut à Kensington , le lundi suivant 10 mars, entre une et deux heures du matin, dans sa quatre-vingt cinquième année. Son torps fut transporté de Kensington à Londres , «vposé sur un lit de parade dans la chambre de Jérusalem, et enseveli à l'abbaye de Westminster, à gauche de l'entrée du chœur. Les funérailles étaient splcndides : les cordons du poêle étaient tenus par ic grand chancelier, par les ducs de Moutrose et de Rox bu rgh, comme pairs d'Angleterre, cl par les comtes de Pembrokc, de Sussex *t de Maccleslield, comme membres de la Soriélé royale. Michel Newton , neveu du grand homme, conduisait le deuil, et était accompagné d'un grand nombre de personnes distinguées. LVvêque de Rochestcr officiait, assisté de tout son clergé. Le doyen et le chapitre de Wesminster permirent qu'on lui construisit un monument dans la partie la plus apparente de l'abbaye, place d'honneur qui avait été souvent refusée à la plus haute noblesse. Ce monument fut rJevé en 1731, aux frais des héritiers de Newton

il) Notices biographiques, t. III, p. s«.

,t| C'est M. Conduitt qui a»alt transmis à Fontrncllc le» rf-jcutnenta qui ont *cr*l a V Éloge ,le JVeu tvn par ce secrétaire perpétuel de l'Académie do science».

Page 1