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, et du trésor public (1). Dans la même année on frappa une médaille portant, d'un coté la tête de Newton avec ces mots : Félix qui potult rerum cognoscere causas ; de l'autre, l'emblème des mathématiques. Eu 1755, on lui érigea devant la chaw pelle.du collège de la Trinité une statue en marbre, teuvre de Roubillac, portant cette inscription : Qui genus humanum superàvit. Enfin, assez récemment, le 25 septembre 1858, on inaugura en son honneur une siatue colossale en bronze daos Saint-Peters-Hill à Grantham. Lord Broug- , ham prononça , à l'occasion de cette solennité , [ l'Éloge de Newton. « Tacite, qui a reproché aux j Romains leur extrême indifférence pour les | grands hommes de leur nation, eût, dit Fontenelle, donné aux Anglais la louange tout op- : posée. En vain les Romains se seraient excusr* ' sur ce que le grand mérite leur était devenu < familier , Tacite leur eût répondu que le grand mérite n'était jamais commun, on même qu'il , faudrait, s'il était possible, le rendre commun par la gloire qui y serait attachée. »
Newton laissa en mourant environ 32,000 livres sterling ( 800,000 fr. ) , que se partai gèrent quatre neveux et quatre nièces. L'une de ces nièces, célèbre par son esprit et sa beauté, veuve du colonel Barton , avait épousé en secondes noces J. Conduitt, qui succéda a Newton dans la direction delà Monnaie. Elle avait inspiré un vifattachement à lord Halifax, et on ignore ce qui l'avait empêché de l'épouser. Voltaire , avec j sa malignité ordinaire, s'était emparé de ce fait ' pour insinuer que « le calcul infinitésimal et la I gravitation universelle furent une recommanda- ; tion moins sérieuse que la passion de lord Ha- | lifax dans la nomination de Newton à la place de directeur de la Monnaie ». Quoi qu'il en soit, ce lord laissa à sa mort une grande partie de sa fortune à madame Conduit!.
Voici, d'après ses amis et biographes, le portrait de Newton. Il était d'une taille moyenne, prenant de l'embonpoint dans les dernières ananuées de sa vie. 11 avait, selon M. Conduitt,
(i: Sur le fronton d'un sarcophage dressé sur an picdcslal sont sculptes, en bas relief». des entants tenant ea leur» mains les emblème* des principales découvertes de '. Newton. Sur le sarcophage même est placée la 0gurc couchée du grand géomètre, accoude sur ses écrits. On y Ut celle épltaplie:
liic situ» est lsaacus Newton, eques auratus Qui anlml vl, prope di*lna, PUnetarum motus, figura», Comctarura semltas Océanique aestu*.
Sua inalhcsl facem prscfi rente,
Prtinus deroosulr»viU Radiorum lucis dlssttnlllludine*, Colorumquc inde nascenllum proprletate*, Quas nrmoautea ?el su»pkcatu» erat, perveatigatlt. N.iturz. antlquitails S. Scrlpiur*.
Sedulus, sagas, fldus tnterpres, Del Opt. Mas. majrstatéra philt««phla asserntî, Kvangelil slinpllcllatem morlbus ci|,rt>»U. Slbi Kratuleotur momies talc tantumque essiîUsse Hmtnnl generl» decua.
Nalu* XXVdcccmb. MlXlXi II. Obllt XX Mart I MDCCXXMI.
l'œil vif et perçant (1), la physionomie agréable, et une belle chevelure, toute blanche, couverte par une perruque. Sa tète, de grosseur moyenne, ne présentait aucune trace de calvitie ; il ne portait jamais de lunettes, et ne perdit qu'une seule «lent pendant toute sa vie. 11 priait peu en société , et sa conversation n'avait aucun attrait. Il aimait beaucoup la tranquillité, et, comme tous les savants absorbés par leurs pennées , il était distrait. Ainsi, il lui arrivait souvent, après s'être levé le matin, rie rester des heures entières assis au boni du lit, plongé dans ses méditations. Plus d'une fois elles lui faisaient oublier ses heures de repas, et il fallait lui rappeler qu'il devait avoir besoin de prendre quelque aliment (2). 11 était très-sobre, d'une mise simple, et n'avait aucune de ces habitudes dont l'homme ne se rend que trop souvent l'esclave. Quand on lui offrait du tabao, il refusait en disant qu'il ne voulait pas se créer des besoins, il avait des sentiments profondément religieux, et faisait de la Bible sa lecture favorite; il était généreux et charitable, bien que la fortune qu'il hissa montre qu'il ne s'était pas appauvri par ses aumônes (3). Enfin , il ne s'était jamais marié, et peut-être n'eut-il pas , comme le remarque Fontenelle, le loisir d'y penser. On a «lit et répété que Newton mourut sans avoir jamais eu de rapprochement avec aucune femme (4). C'est là sans doute une de ces hyper- )M)les que les panégyristes se permettent souvent à l'égard de leurs « héros incomparables » (5).
(i; Suivant l'évèque d'Attcrbury [Epittolurg Corretpondence, vol. I, p. IM \ New Ion n'avait plu* ce regard perçant dan» le* vingt dernière* année* de sa vie : «on œil était, au contraire. languissant et terne.
<»l Bresriter, Memoirs fi/ tkc li/e, etc.. oj Xewlon , t. Il, p. SS6.
(3) Pendant son séjour a Londres, Il menait un atsex grand train de maison : il avait a son «ervlce trot* domestique* nia le* et autant de domotique» femelle*, ! Orrw»ter, Memnlrtt, vol. Il, p. JH. )
|») Suivant le baron tUcbcrand, Newton devait être d'un tempérament non pa* sanguin, mai* mélancolique. « Si Newton, ajoute ce célèbre physiologiste, eût «•te sanguin, Il ne f«t probablement pa* mort vierge , comme on l'assure, à quatre-vingts ans » [Souvtaux démenti de phonologie. L III, p. «08 \W edlt.).
(S) On • fait beaucoup de bruit d'une lettre d'amour {a love Mter ) que Newton, a l'Age de sol vante ans, anralt adressée a lad y Norrls . qui venait de perdre seto troisième mari. Voici les principaux passades de cette lettre : * Madame, le grand chagrin que vous a cansé la perte de sir William montre que s'il (ùl revenu prés de vous sain et sauf, vons aorlez été bien de vivre encore avec un mari. .. Penser toujours a un roert, c'est mener une trie mélancolique parmi des tombeau*..... E^-ce que voui pouvri vous résoudre à passer le reste de votre vie dans le chagrin et la tristesse? Put vexvoos vous résoudre S porter perpétuellement un habit de veuve?... Le remède propre contre tous ces Inconvei.lent j, c'est un nouveau mari... F.n outre, vous serei plus en état de vivre conformément à votre rang avec {assistance d'un mari que *ur votre seul revenu. Cesl pourquoi, suppose que la personne vous plaise , Je ne doute pas que vous ne me fassiez connaître votre disposition à vous remarier, ou que du moins vous n'accordiez à celte personne la permission d'en causer avec vous. » M. Blut lait observer ici spirituellement .• •i Si cette lettre, qui n'est ni écrite de la main de Newton, ni signée de lui. • été réellemeat envoyée à lady
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De même aussi on a voulu le présenter comme un modèle de modestie, en citant de lui les paroles suivantes : « J'ignore ce que je parais au monde ; pour moi, je me compare à un enfant jouant au bord de la mer, ramassant çà et la un caillou plus lisse ou un coquillage plus beau qu'un autre, pendant que le grand Océan de la vérité reste complètement radie à mes yeux. » C'est, sous une forme poétique, la même idée de ce philosophe ancien qui avait dit avec raison « qu'il faut savoir beaucoup pour savoir qu'on ne sait rien ».
Le principal ouvrage de Newton parut en 1687, in-4°, à Londres, sous le titre de Philosophix naturalis principia ma (hématie a , divisés en trois livres. Dans une prélace , datée de Cambridge, le 5 mai 1686, l'auteur expose succinctement le but de son entreprise : laissant de côté les formes substantielles et les qualités occultes de la scolaatique, il veut appliquer les mathématiques à l'étude des phénomènes naturels. Parmi ces phéaomènes le mouvement occupe le premier rang. Qu'est-ce que le mouvement? L'elfet d'une force. Mais la force elle-même, quant à sa nature et à son origine , nous est complètement inconnue. Aussi, au lieu de poursuivre cette inconnue insaisissable, comme l'avaient fait les anciens, l'auteur se propose-t il l'étude des manifestations ou de la force comme seules accessibles à l'intelligence humaine. Tel est le sens caché, profond, de l'ouvrage que peu de savants comprirent lors de son apparition, parce qu'il ouvre une voie nouvelle tout à la fois par son objet et par sa méthode, qui est l'analyse unies la synthèse. Ainsi, à l'exemple des géomètres, Newton débuta par des définitions et des axiomes : la quantité de matiète se mesure par sa densité combinée avec son volume, de même que la quantité de mouvement s'évalue par la vitesse unie à la quantité de matière ( Définitions 1 et II). 11 appelle centripète la force qui attire ( trahit ) les corps vers un point comme vers un centre commun; sa quantité est accélératrice et proportionnelle à l'effet produit. « De même , dit-il , que la vertu de l'aimant est plus grande à une distance moindre , et moindre à une distance plus grande , de même aussi la force centripète ou la pesanteur (vis gravitons) est plus grande dans les vallées et plus petite sur les sommets des plus hautes montagnes, et diminue
Norrls. elle aurait pu répondre ce que celte courtisane de Veolse disait a Jean-Jacques : Zanetto. Zanetto, latcia le donne, e studia la matematica ^ Mclange$, t. I, p. *M).»Cn savant mathématicien anglais M. A. de Morgan, nie, par des raisons trés-plaii*lblcs, l'authenticité de cette lettre [Jtarth BrUlsn Rewrew, août 1SU ). — En l'n (l'anoée même de la mort de Newton ), le docteur Stukelcy fit connaître au public qu'une dame Vincent, de Crantham . alor» âgée dequalre-vtngl-deui an», loi avait confessé que Newton avais eu de l'inclination pour elle dans sa Jeunesse, qu'il la visitait régulièrement quand Il venait à WooWtliorpe, et lui même quelques snclllngs en cadeau.
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«le plas eo plus à mesure qu'on s'élève au-dessus He la surface du globe (1). » Eo tête des axiomes se Irouve formulé ce que les physiciens nomment le principe d'inerfte de la matière, savoir que tout corps mis en mouvement par une première impulsion continuerait a .«émouvoir indéliniment en ligne droite si aucune force nouvelle ne venait à le faire changer de direction. Les deux autres axiomes sont : tout changement apporté à un mouvement est proportionnel à la force qui Ta produit ; l'action est égale à la réaction. Viennent ensuite des corollaires sur le centre de gravité et la diagonale d'un parallélogramme qui ligure la résultante de plusieurs forces agissant à la fois sur un même point. Après ces préliminaires, qui constituent en partie la base de la dynamique, commence l'ouvrage proprement dit. La première section du livre Ier donne brièvement, en onze lemmes, la méthode géométrique employée par l'auteur pour démontrer toutes ses proportions. Rejetant l'hypothèse des indivisibles, il réduisit ses démonstrations aux limites des sommes et des rapports, c'est-à-dire des quantités qui naissent et qui s'évanouissent. Il sufiit d'avoir tant soit peu le
carré du temps employé à leur chute, c'est-a-diie que si l'on représente pari l'espace pai cornu din> une seconde de temps, !a oinme des espaces parcourus parexemple dans infécondes. seia= to2 ou 100, l'espace parcouru daus la 1" ,'lans la 2', dans la 3", etc., seconde étant comme la progrès sion des nombres impairs. La loi de la chute des corps est donc la même que celle de la génération des carrés. Huygens avait enseigné comment, à l'aide du pendule, on pouvait s'assurer de combien un corps tombe dans la première seconde sons une latitude donnée. Le même physicien s'était même aperçu qu'elle diminue à mesure que l'go approche de Pequateur, où elle atteint son minimum, cl qu'elle augmente, au contraire, à mesure que l'on approche des pôles, où elle a son maximum. Fort de celle connaissance, et sachant, eo outre, que * les molécules matérielles uniformément distribuées dans le volume d'une spliere agissent en somme sur un point de la surlau comme si elles étaient toutes réunies au centre de la sphère », Huygens considéra le premier la terre comme un sphéroïde de révolution, et 'ietermina approximativement la quantité dont b terre est renflée à l'équaleur et aplatie aux poK
génie des mathématiques pour s'apercevoir c'est-a-dirc la différence entre le rayon equatorial
combien il y a de rapprochements à faire entre la mécanique, la géométrie et l'arithmélique. Les livres 1 et 11 traitent des mouvements recti lignes et curvilignes des corps sphériques ou non sphériques , des projectiles, pendules, liquides , mouvements opérés dans des sections coniques , excentriques ou concentriques , etc. Le troisième livre, enfin, est le couronnement de l'œuvre : il a pour titre spécial : De mundi tystemate , et donne d'abord trois règles , appelées régula: philosophundl , dont voici l'énoncé : « Il ne faut admettre comme causes des phénomènes naturels que celles qui sont vraies et qui élisent à les expliquer; — les effets de même espèce ont les mêmes causes ; — les qualités des corps qui soumis à l'expérience ne peuvent être ni augmentées ni diminuées doivent être considérées comme des qualités universelles.... Ainsi, par exemple, si l'observation nous apprend que tous les corps qui environnent la terre pèsent sur elle chacun selon sa masse, que la lune pèse sur la terre et réciproquement, que toutes les planètes pèsent les unes sur les autres, selon leurs quantités de matière, nous pourrons dire, d'après cette dernière règle, que tous les corps pesants gravitent les uns vers les autres ( Corpora omnïa in se tnutuo gravitant). » — C'est ici le lieu de faire connaître le vrai titre de Newton à la reconnaissance de la postérité.
Galilée.mort, comme nous l'avons dit, dans l'année même oii naquit Newton, avait démontré que les corps en tombant obéissent à une force accélératrice, et que l'espace parcouru est comme le
(il 1**1/01. nat.t p. * ( cdlL 17» ).
et le rayon polaire. Cetle différence est en réalité de quaraute-deux mille cinq cent seize mètres. Le> observations du pendule lui apprirent donc qoe la pesanteur, cette force centripète, diminue avec la distance au centre de la terre, ou à mesure <ju on s'élève au-dessus de la surface terrestre, de telle façon qu'arrivé, par exemple, jusqu'à la lune. un corps abandonné à lui-même ne tomberait plu* dans la première seconde que d'une fraction de 1 5 pieds. Mais dans quel rapport la poantwr diminue-t-eHe y Cette importante question. Huygens se l'était sans doute déjà |»osée, et il l'aurai probablement résolu s'il avait essayé de la combiner avec la troisième loi de Kepler, d'aprè» laquelle les carrés des temps employés par le* planètes à tourner autour du soleil sont comme le* cubes de leurs distances moyennes à cet astre. Ma s il était réservé à Newton de réunir dans une même loi générale les phénomènes de la chute de* corps terrestres et les mouvements des coq* célestes. L'idée même de l'attraction universelle, dont on fait honneur à Newton , avait déjà été plus ou moins nettement formulée à des époques différentes, tant il est vrai que les grandes conceptions sont pour ainsi dire le patrimoine du genre humain ; seulement on les laisse longtemps de côté, parce qu'elles paraissent Iwp simples, jusqu'à ce qu'un homme de génie vieaat à en saisir l'importance et les mettre au
Timée de Locres, organe des platoninfltf» admettait déjà l'action de deux forces (la injection et la pesanteur), auxquelles.»! ne manquait que les noms de centripète et de et* trifuge pour expliquer les mouvements ** astres; et il ajoute que ces deux forces i {** SOvapxt;, àf*à; xivijcécdv} étaient cou*»»