‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 182 sur 206 · ION · texte numérisé non relu

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trouver sur le cercle désigné ; et au moyen du mouvement de précession, aujourd'hui parfaitement connu, nous pourrions vérifier la bonté des données et déterminer les époques des observations. Si, au coutrairc, tes détails ne s'accordent pas ensemble, il s'ensuivra que les divers»* parties de la sphère appartiennent à différents âges.... » — « Or, Delambre, ajoute Daunou, a fait tout ce calcul, et il en résulte que les étoiles placées par Eudoxe sur un même cercle ne s'y trouvent pas réellement ;... que plusieurs étoiles n'étaient même pas encore du temps d'Eudoxe arrivées à la position qull leur attribue, et qu'elles n'y sont pas même aujourd'hui et n'y viendront que dans trois cents ans; qu'il s'est ainsi trompé de vingt-quatre siècles, à moins qu'on n'aime mieux remonter à vingt-trois ou vingt-quatre mille ans; qu'enfin il n'y a aucune sorte de conséquence chronologique à tirer de cet amas grossier d'erreurs et d'incompatibilités (1). « — C'est ainsi que Je système chronologique de Newton fut ruiné par sa base.

Newton avait aussi la réputation d'un grand théologien; elle se trouve en effet justifiée par ses Commentaires sur Daniel et sur Y Apocalypse de saint Jean. D'après une lettre de Newtou à son ami Locke, le premier aurait dès 1690 songé à commenter Daniel. Les Commentaires sur ce prophète, traduits de l'anglais en latin par G. Suderman, forment dans l'édition de Castillon des Opuscula de Newtoa (t. III) 150 pages in-4°. L'auteur commence par passer ( 1er chapitre) rapidement en revue les livres de l'Ancien Testament, depuis le Pentateuque jusqu'à Dauiel ; il y a beaucoup d'érudition, bien que les exégètes modernes pussent y trouver beaucoup à reprendre. Dans le 2e chapitre , il traite du style prophétique. Ainsi, il prétend, par exemple, que rendre les eaux amères veut dire infliger à un peuple quelque fléau ; un homme ou un animal signifie un royaume, etc., formant ainsi un dictionnaire à son usage. Le chapitre 3 et les suivants, jusqu'à la fin, renferment les interprétations proprement dites des prophéties de Daniel ; ces interprétations sont principalement fondées sur le lexique qu'il s'était créé. La naissance, les progrès et la chute du |K>uvoir papal y jouent un grand rôle. Les expressions de « un temps, deux temps et la moitié du temps, * le savant commentateur les traduit par « douze cent soixante années solaires, et prenant pour point de départ l'an 800 de notre ère, il semble fixer la chute de la papauté vers l'an 2060 ». — Dans soo Commentaire sur V Apocalypse, qui suit le commentaire sur Daniel, Newton s'attache d'abord à déterminer l'époque de la composition de ce livre ; cette époque parait, selon lui, coïncider avec la fin du règne de Néron. 11

(j, Delambre, cité par Daunou, Court oTetuda tiitt* t. v, p. m.

IVKWTON

insiste ensuite snrtont sur la destruction probable du monde actuel, et la construction d'un univers nouveau , où régnera la justice ( le mtllenium ). Du reste, presque toutes les prophéties de saint Jean portent sur des événements déjà accomplis, tels que la diffusion des sept communes chrétiennes de l'Asie Mineure, indiquées par les sept candélabres, et la chute de l'empire romain, désigné sous le nom de « grande prostituée de Babylone ». — On s'est souvent demandé ce qui avait pu conduire cet esprit, si sévère, si mathématique, à s'occuper de pareilles études. Les uns y ont vu le déclin du génie de Newton ; les autres ont pensé qu'il avait, en cela, cédé aux entraînements du temps où il vivait. Aucune de ces suppositions ne nous parait (ondée. Newton, comme tous les hommes qui ont fait de grandes choses, se croyait investi

Jacob Boehm, de Basile Valentin et d'autre* alchimistes (i).

Bibliographie. L'ouvrage principal de Newton ( Philosophie naturalis principia mathematica) eut du vivant de l'auteur trois éditions : la lre, en 1687, in-4°, fut donnée sur les instances de Halley ; la 2e parut en 1713, par les soins de Cotes, et la 3e, en 1726, par Pemberton (2). Ces trois éditions pré*enteut de notables différences. Ainsi dans la 3* manque le scholie concernant Leibniz; dan» la 2e, se trouve encore le même scholie ; mais a la dernière phrase : A mea vix abludentem prxtetquam in verborum et notarum formulis, se trouvent ajoutés ces mots : et idea generalis quantitatum. Addition importante, parce qu'elle différencie essentiellement la méthode leibnizienne, d'une génération toute ab*-

d'une mission divine ; cette croyance répondait ! traite, de la méthode newtonienne, qui procède à sa fibre religieuse ; elle se fortifiait avec le i de l'idée de mouvement. Le livre des Principes progrès de l'âge, et cherchait un aliment dans [ fut enfin édité par Tessanek ; trad. en français par

ces prophéties de la Bible où les nombres, qui avaient fait à la fois le bonheur et le tourment de sa vie, jouent un rôle si important. Dieu, dit un sage de l'antiquité , a fait de la géométrie en créant le monde. En découvrant les lois de cette géométrie, Newton ne devait-il pas se croire initié aux secrets de la Divinité?

Comme tous les grands esprits mathématiques, Newton aimait à s'appliquer à toutes les connaissances humaines. La chimie et l'alchimie même ne lui furent pas étrangères. Il avait extrait des notes de Robert Boy le, et dans une lettre à F. Aston il parle d'exj>éricnce.s concernant la transmutation des métaux, et le docteur Brewster cite de Newton une recette pour faire un alliage propre à la fabrication des miroirs métalliques : De métallo ad confie i en dum spéculum componendo et J'undendo (i). A la même époque où il s'occupait de la rédaction de ses Principia , il se livrait fréquemment à des expériences dans le laboratoire qu'il avait fait construire à son usage. Les écrits physiques, chimiques' de Newton sont : Scala caloris, publié sous le ▼oile de l'anonyme, dans les Philosophicat Transactions (28 mai 1701 ); on y trouve l'indication du moyen de rendre les thermomètres comparables par la détermination constante des deux extrêmes de l'échelle, la détermination de la loi du refroidissement des corps solides a des températures modérées , et l'observation de la constance de la température pendant les phénomènes de fusion et d'ébullition ; — De natura acidorum, petit traité de deux pages, suivi de Cogitationes varixy contenant des sentences sur différents objets de chimie, reproduit à la tin du traité d'optique, qui contient beaucoup d'allusions aux travaux chimiques de l'auteur. Différentes notes qu'on a trouvées de lui témoignaient qu'il se plaisait à faire des extraits de

(S) Brevstcr, Mtm., t. il, n« XXIX de l'appendice.

Mme Du Chàlclet, 1756. Le traité d'optique parut [ à Londres, sans date, sous ce titre : Optiks,ora j Trcal tse on Ihe rejlec lions and colours ofltght; l Newton le présenta lui-même, le 16 février 17W, à la Société royale. Une 2e édit. parut eo 171*. I S. Clark, aidé par de Moivre, en donna une edi- J lion latine, en 1706. L'édition anglaise fut reoB- J primée en 1721 et 1730, et l'édition latine en 1719, 1721, 1728 à Londres, en 1740 à Lausanne, et en 1773 à Padouc. Les Lecliones Optiez: ( Cours d'optique fait par Newton à l'université de Cambridge pendant les années 1669, 1670 et 1671) ne parurent qu'après sa mort; l'édition anglaise in-8", en 1728, et l'original latin, en 1729, in-4°.

Les autres ouvrages de Newton ont été recueillis et publiés d'abord par Castillon ( AVktoni Opflscula malhematica , philosophtca et philologica), 3 vol. in-4°, à Lausanne et Genève, en 1744 ; puis d'une manière plus eouv plète, par Horsley, en 5 volumes in-4° ( 1779 a 1785). Dans le t. I( 1779) de cette édition, on trouve : Arithmetica universalis (publié en 1707 par Winston, sans l'assentiment <le l'auteur; c'est un traitéd'algèbre très remarquable, dont il existe une traduction française ; — Tractatusde Huttombus primis ultimisquc;—t*olysis per xquationes numéro termuiorm infinitas (aussi dans le t. Ide Castillon); — Excerpta qxuedam ex epis toits ad senti fluxionesque perlineniia (ibid.); - Tractatus de quadratura curvarum (ibid. ); - Geometria analytica, sive specimina or/i< analyticx; — Methodus diffcrenttal* (ibid. ) ; — Bnumeratio linearum lertu ordinis (ibid.). Dans le t. H ( 1779) • Philosophix naturalis principia mathcmaUca Ubri priores duo. Dans le t. III ( 1782 ) ;

(l) Brewnter, Mewi., t. Il, p.tas-301.

m rȴ Pdleslon, Correspondance de NtKlo* ti * CoUt; 1SM.

Principiorum liber tertius, de systemate mundi ; — De mundi systemate (aussi dans le t. II de l'édit: de Castillon); — Theorïa lunx; Uctiones opticx { ibid.). Dansiet. IV ( 1782) : Optiks; — lellers on various subjects in natural phitosophy, published front the original* in the archives of the Royal Society ( eu partie dans le t. Il de Castillon ) ; — Lelter to Boy le on the cause of gravitation ; — Tabulx dux, colorum altéra, altéra refractionum ; — De problematibxts Bernoullianis ( dans Je t. de Castillon);

— Propositions jor determining the motion of a body ttrged by two central forces; — Four letlers to Dr. Bentley; — Çommercium epistolicum de varia re mathcmatica, etc.; — Additamenla Commerça epistolici ex historia fiuxionum Raphsoni ; dans le t. v ( 1785) : — Thc Chronojogy of ancien t Kingdoms amendai ( édit. latine dans le t. III de Castillon) ; — A short chronicle from a Ms., thc propricty of the R. Dr, Jihws, dean of Carliste; — Observations npnn the prophecies r>f /toi y Wnt; particulurly the prophecies of Daniel and the Apocalypse of S. John (dans Jet. III de Castillon);

— An histo/ical account of two notable corruptions of Scripture ; In a lelter to a frtend. On trouve des manuscrits et lettres de \rwton dans différentes bibliothèques et collections de l'Angleterre. Sa correspondance avec Col es, rotative a la seconde édit. des Principia, et comprenant de soixante à cent lettres, nnc grande partie du manuscrit de cet ouvrage, et cinq lettres à Keill sur la controverse avec Leibniz., sont conservées à la bibliothèque du collège de la Trinité à Cambridge, et ont été publiées par Edleston. Euviron trente-quatre lettres de Newton, à Flamsteed se trouvent dans la bibliothèque de Corpus- Christi à Oxford. Le Musée britannique et la bibliothèque de la Société royale de Londres possèdent aussi beaucoup de lettres de Newton et de ses correspondants. Mais la plupart des papiers de Newton ont été légués par sa nièce, lad j Lymington.à la famille Portsmouth (1 ).

Ferd. Hokpek.

Biographia Britannica. — Pontenelle, Éloge de Newton. — Brcw«trr, Memolrs of the U/e. toritingt and diseoverles of sir Ituac Newton ; »• edlt., ftdltnbourg, ta^o, s Toi. In-lS. — Utot. Mélanges scientifiques, t, l.

— Arago, Notices biographiques, t. III ( Newton },

newton (Richard), ecclésiastique anglais, né vers 167ô, mort le 21 avril 1753, à Lavendon- Grange (comté de Buckinghain). Il fit ses premières études à l'école de Westminster, et prit ses grades jusqu'à celui de docteur à l'université d'Oxford, où il remplit avec beaucoup de distinction l'emploi de répétiteur. Introduit dans la famille de lord Pelham, il fut chargé de surveiller l'éducation du duc deNewcastle, plus tard mi-

|1) Brewster, Mémoires, ete , t II, p. SU.

nistre de Georges II , par lequel il obtint , sans l'avoir sollicité, un canonicat de l'église du Christ, à Oxford. En 1725 il avait fondé le collège d'Hertford et perdu dans celte spéculation malheureuse la meilleure partie de ses revenus. Quoiqu'il eût ordonné en mourant de détruire tous ses papiers, on a imprimé de lui deux ouvrages posthumes, une traduction des Characters of Theophrastus (1753, in-8») et un recueil de Sermons (1784, in-8°). Le révérend Newton n'avait mis lui-même au jour qu'un traité, Pluralities indefensible (1744, in-8°), destiné* réfuter Henry Wharton, qui avait pris la défense de la pluralité des bénéfices. P. L — y.

Chatmcrs, Hùt. of (he/ord.

newton (Thomas), érudit anglais, né le 1er janvier 1704, à Lichfield, mort le 14 février 1782, à Londres. De l'école de Westminster il passa à l'université de Cambridge; après avoir été reçu agrégé et docteur en théologie, il prit les ordres en 1730, vint s'établir à Londres, et y prêcha dans diverses paroisses. La réputation qu'il avait acquise par ses ouvrages attira sur lui les faveurs de la cour : il devint successivement chapelain du roi (1756) , prébendier de Westminster (1757), précenteur de -IVglise d'York, doyen de Saint-Paul (1768), et réunit cette dernière dignité à celle d'évêque de Bristol, dont il avait élé pourvu en 1761. Ce prélat, que recommandaient sa charité et sou érudition » n'eut pas toujours des principes conformes à ceux de l'Eglise anglicane, et se rapprocha souvent des congrégations dissidentes plutôt que du catholicisme. On a de lui : Milton' s Paradise losl, a poem, vit h notes of various authors; Londres, 1749, 2 vol. in-4°, fig. Cette édition estimée renferme des notes critiques ou explicatives rédigées clairement et en général justes , une Vie de Milton d'après les sources les plus authentiques, une apologie des opinions politiques et religieuses du poète, et une table alphabétique très-détailléc; Newton fut aidé dans ce travail , qui est dédié au comte de Batb , par Heylin, Jortin , Warburton, Cruden et quelques autres écrivains contemporains ; — Milton's Paradise regained and smatter poems ; Londres, 1 752, in-4°, fig. : ces deux ouvrages ont donné lieu à de fréquentes réimpressions, soit ensemble, soit isolément; ils rapportèrent h l'éditeur plus d'argent que n'en gagna jamais Milton avec sa plume, — Dissertations on the prophecies tvhicfr have remarkably been fulfilled and are at this lime fuifitling in this ioorld; Londreâ, 1754-1758, 3 vol. in-8°, trad. en allemand et en danois. On a réuni ses œuvres après sa mort ( Works ; Londres, 1782, 3 vol. in-4", et 1787, 6 vol. in-8'). P. L— v.

U/e of Tho. Newton, a U tete de la f édit. de ici OEnvrts.

Newton ( William), architecte anglais, mort en 1791. Il est l'auteur d'une traduction anglaise deVitruve, Londres, 1771-1791, 2 vol. in-8°;

2eédit., 1793, 2 part. in-fol,fig.), suivie d'une description des machines de guerre en usage chez les anciens, et il a édité en 1790 le t. II des Antiquités d'Athènes de James Stuart, avec des explications et des notes. K..

Rose, New biograph. dict.

newton (John), théologien anglais, né le 24 juillet 1725, à Londres, où il est mort, le 31 décembre 1807. Sa jeunesse fut si déréglée qu'elle lui attira toutes sortes de désagréments. Après avoir essuyé de nombreuses vicissitudes,

11 revint à de meilleurs sentiments, s'appliqua à l'étude des mathématiques et du latin , et entreprit divers voyages au long cours. En 1764 il renonça à un modique emploi qu'il occupait à Liverpool pour embrasser l'état ecclésiastique , «t obtint la cure d'Olney, dans le comté de Buo kingham , où il se lia d'amitié avec le poète Cowper. Nommé en 1779 recteur de deux paroisses de Londres, il 6e distingua par son éloquence persuasive et la vivacité de son zèle religieux. Ses écrits ont été recueillis en 6 vol. in-8" et en

12 vol. in- 12; on y remarque sa Vie écrite par

lui-même (1764), Review of ecclesiaslical his-

tory (1770, in-8°), Omtcron's Letters on reli-

çious subjects , trad. en français (Paris, 1829,

2 vol. in* 18), Cardiphonia, ou Correspondance

de J. Aewton, trad. en français (ibid., 1831-

1833, 4 vol. in- 18), The Mes&iah, a séries of

discourses on the Scriptural passages which

form the oratorio of Haendel (1786, 2 vol.

in-8°), des Lettres à Cowper, etc. P.

narrative of fut hfe. - Rlch. Oeil, Ltfe of J. Newton. — Evangelical tmtçaziné, 180».

newton (Gilhert-Stuart), peintre anglais, né en 1794, à Halifax (Nouvelle-Ecosse), mort le 5 août 1835, à Chelsea. Vers 1820 il passa en Angleterre, et, après avoir fait un voyage en Italie, il fréquenta les cours de l'Académie des beaux-arts de Londres. En 1933 il y fut admis comme membre titulaire. Atteint peu de temps après d'aliénation mentale, il ne recouvra la raison que trois ou quatre jours avant sa mort Cet artiste a laissé un grand nombre de tableaux de genre remplis de grâce et d'expression , et qui rappellent ta manière de Watteau ; tels sont La Querelle des amants (1826), Shylock et Jessica (1830), Porlia et Basianio (1831), Abeilard (1833), etc. Le tableau de Macheath, une de ses dernières productions , a été acquis par lord Lansdowne au prix de 500 guinées. K.

CgcL of Ençlish iitrralure (biogr.f. — Njglcr, Neuet AUgem. KûnslUr-lsxikon.

NET (Jean ), cordelier et diplomate espagnol, né à Anvers , vers 1 500 , mort en Espagne, vers 1620. Son père, originaire de Zélande, avait suivi le parti du prince d'Orange, et réleva dans le protestantisme. A vingt-cinq ans, il fit abjuration, et pour expier sa première jeunesse embrassa l'étroite observance. Il devint en 1607 commissaire général de son ordre en Espagne. C'était un homme insinuant, parlant plusieurs langues, versé dans le manège et les intrigues de la cour.

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