‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 198 sur 206 · M7 MC · texte numérisé non relu

M7 MC

en 8G3 par un syuode convoqué à Rome, qui déposa aussi Zacharie, l'un des légats, pour avoir donné ia main aux fraudes du patriarche. L'empereur Michel n'en maintint pas moins Photius sur le siège de Constantinopie ; il alla jusqu'à nier entièrement le droit du pape de s'immiscer dans ces démêlés. En revanche Nicolas posa en principe que l'empereur n'avait aucun titre à intervenir dans les affaires de l'Église; une rupture complète suivit cet éclat.

Défenseur inébranlable de la justice au milieu de ces temps de corruption universelle , Nicolas était déjà depuis quelque temps entré en lutte contre un autre prince, Lothaire 11 ( voy. ce nom ) , qui, par les moyens les plus honteux, avait fait prononcer par les évêques de son royaume le divorce entre lui et sa femme Teutberge. Au commencement de 863, le pape avait député les évêques Rhodoald de Porto et Jean de CiTvia auprès du synode de Metz, chargé de la révision de, cette affaire. Malgré l'ordre catégorique du pape de juger sans aucune acception de personnes, les prélats de Lotharingie, seuls présents à Metz, confirmèrent leur décision précédente , et maintinrent le mariage que Lothaire avait contracté avec Walrade, autrefois sa mattresse. Les deux envoyés italiens se laissèrent corrompre par de l'or et n'élevèrent aucune objection. Le pape, prévoyant un résultat favorable à Lothaire, avait justement choisi des délégués accessibles à l'appât des richesses, pour Taire sup|K>ser au roi que l'argent était tout puissant à la cour de Rome. Aussi Lothaire, voulant donner à son mariage une complète validité, ne s'opposa-t-il pas à ce que le différend fut en dernier ressort soumis au pape. En l'automne 863 les principaux fauteurs du divorce , les archevêques Gunther de Cologne et Teutgaud de Trêves arrivèrent à Rome, se croyant sûrs d'emporter l'assentiment du pape , moyennant quelques fortes sommes à distribuer aux dignitaires de la cour pontificale. Mais à la fin de l'année Nicolas réunit un concile d'évèques italiens, et leur fit prononcer la cassation des décrets du synode tic Metz. Les deux archevêques furent déposés et les évêques lorrains menacés d'excommunication s'ils résistaient aux prescriptions du saint-siége. La môme peine, disait Nicolas, frapperait tous ceux qui dorénavant mettraient opposition aux décisions du pape en matière de foi et de discipline. Jamais au* cun pape n'avait eu cette hardiesse d'imposer à des tètes couronnées, comme à de simples particuliers, les lois de la morale, et d'enlever à des métropolitains leur siège, sans la participation des évêques de leurs provinces. Mai* Nicolas savait qu'il était approuvé par l'opinion publique et que les peuples le soutiendraient dans sa lutte contre les déportementsdes princes. En effet l'empereur Louis, qui, à l'instigation des deux archevêques, accourut devaut Rome, pour forcer le pape à se rétracter, y renonça

OLÀS 9fc»

> bientôt, convaincu que Nicolas était d'accord i avec le sentiment général. Lothaire , abandonné j par son oncle Louis le Germanique, n'essaya l pas de résister; lui et ses évêques écrivirent j au pape dans les termes de la plus grande sou- • mission. Il promit d'obéir au saint-siége « comme | un homme de la plus humble condition » , e\i primant par là qu'il renonçait au privilège d'être au-dessus des lois, privilège attribué aux princes par les lois romaines. Il eut à s'applaudir de cette conduite : lorsqu'au commencement de 865 ; Charles le Chauve et Louis le Germanique s'ap- ; prêtèrent à se partager ses États , le pape, dins •■ le langage le plus sévère.leur interdit cette spo- ; liation. Peu de temps après, Nicolas envoya an delà des monts son légat Arsène j»our régler : définitivement les grandes questions religieuse» \ alors pendantes dans l'empire franc. Tout plia; j la reine Teotberge fut reçue par Lothaire comme 1 sa femme légitime et couronnée de nouveau; I Walrade fut remise au légat pour être conduite i à Rome, où elle devait faire pénitence.

Arsène se rendit ensuite à Attigny, auprès de ; Charles le Chauve, et lui annonça la volonté furj meUedu pape que Roihad, évèque de Sôisson», dé» i posé, en 801, à la demande d'Hincmar, arche- ! vêque de- Reims, fût immédiatement réinttgré ] sur son siège. C'est ici le lieu d'exposer le récit } des graves démêlés qui s'étaient à ce sujet élevé* I entre le pape et le roi de Neustrie. Après m ; déposition, Rothad avait fait un appel au pape; i mais il avait ensuite renoncé à ce moyen , et ; s'était , en 863, présenté devant le synode de j Seulis , qui avait confirmé la première sentence portée contre lui. Pour le dédommager, on lui offrit une abbaye , qu'il accepta. Charles, aussi bien I que Hincmar avaient le plus grand intérêt à ce ; que l'affaire n'allât pas jusqu'à Rome ; ils avaient | bien, quelques années auparavant , reconnu les ' canons du concile de Sardique , qui attribuaient ; au pape le droit de recevoir les appels des évêques de toute la chrétienté ; mais dans l'empire i franc ce droit n'avait pas encore été mis en i pratique ; une fois appliqué , il ébranlait le p>uj voir métropolitain , le plus solide fondement de i l'autorité royale. Cependant, poussé par des en- ! nemis d'Hincmar, Rothad , au bout de qurlque temps, renouvela son appel à Rome. Iminédî*» j tement Nicolas ordonna à Hincmar de réintef grer l'évêque et de se présenter devant son tribunal en personne ou par délégué dans le délai ! d'un mois, pour que le différend fût de nou- ' veau instruit. Sûr de l'appui de Charles l'archevêque refusa d'obéir; mais sur les menace ; réitérées du pape, il autorisa Rothad à se rendre à Rome, et accepta en principe la compétence du saint-siége. Cependant, il persistas ne pas envoyer de délégué devant la cour pontificale. Le 25 décembre 864 Nicolas « éclara «»v thad déchargé provisoirement de toute font**, 1 puisque ses accusateurs n'avaient pa* ose présenter. A la suite de ce jugement , il deve-

OGfl

k)[tpa une suite de considérants , établissant au profit de la papauté plusieurs privilèges entière* ment nouveaux , celui de convoquer seule des synodes et celui d'ètve de plein droit juge des contestations concernant les évêques. 11 exposa plus longuement ces principes dans la lettre qu'il envoya peu de temps après aux prélats de la Gaule. Ce même pape, qui en 863, à propos d'une question que lui avaient adressée plusieurs évêques de ce pays au sujet d'une fausse décréialedu recueil du Pseudo-Isidore, avait déclaré que la plus ancienne décrétale authentique remontait au pape Siricius, s'appuya maintenant formellement sur les documents apocryphes de ce même recueil. Prévoyant qu'on en attaquerait l'autorité, il rappela qu'Hincmar n'avait pas dédaigné de faire lui-même, en plusieurs occasions, usage des textes du Pseudo Isidore. Il est bors de doute que ce fut Rotliad qui fit remarquer au pape le parti qu'on pouvait tirer de ce recueil, encore peu connu à Rome. Tout en acceptant les services de cet homme, Nicolas le méprisait; et s'il le fit réintégrer sur son siège par son légat Arsène, il réserva toujours aux accusateurs de l'évêque de prouver sa culpabilité, pourvu que ce fût devant le tribunal du pape.

Charles le Chauve se résigna à obtempérer aux prescriptions du pape, d'autant plus que celui-ci avait à lui reprocher de nombreuses spo* liations de biens ecclésiastiques, dont il fut obligé de restituer quelques-uns. Mais, dans son irritation, il accepta bientôt après la proposition de Lothaire de résister en commun à la cour de Rome. Lothaire reprit auprès de lui Walrade, qui s'était échappée des mains du légat ; la malheureuse Teutberge, de nouveau maltraitée, demanda elle-même au pape de consentir à son divorce, pour qu'elle pût terminer sa vie dans un cloître. Nicolas répondit qu'il n'y consentirait que .si Lothaire s'engageait à ne plus se remarier. Sur ces entrefaites, il s'était de nouveau, en 866, brouillé avec Hincmar, dont il connaissait les sourdes menées contre le pouvoir pontifical. Voici le moyen qu'il avait choisi pour frapper l'archevêque d'un coup décisif. En 84» Hincmar avait destitué plusieurs clercs, que son prédécesseur, Ébon, avait institués après sa déposition ; cette mesure, confirmée parle synode de Soissons en 853, avait été ratifiée par Benoit III et par Nicolas lui-même, sous la réserve cependant que les faits fussent tels que Hincmar tes avait présentés. Maintenant Nicolas ordonna que l'affaire fût de nouveau examinée par un synode , auquel devaient assister les archevêques de Lyon et de Vienne, indépendants du royaume de Neustrie , et que si ensuite les clercs déposés voulaient en appeler à Rome, le litige y lût porté immédiatement. Le synode convoqué par le pape se réunit à Soissous en août 866; il déclara fondée en droit la sentence de 853, mais il la révoqua par des motifs de clémence et rendit

' aux clercs leurs prébendes. Dn reste le synode abandonna au pape le jugement en dernier ressort de l'affaire. Nicolas ne se contenta pas de cela, il taxa de nullité les décrets de 853 et exigea la remise de toutes les pièces , pour prendre luimême une décision suprême. La chute de Hincmâr paraissait certaine, d'autant plus que Charles le Chauve lui avait retiré sa faveur. Mais h la fin de 867 Nicolas écouta les représentations des envoyés que Hincmar, dans sa détresse, lui avait adressés. Il se réconcilia avec l'archevêque, l'un des homme? les plus distingués de l'Église à cette époque ; il lui donna des témoignages publics de son amitié, et l'engagea à faire rédiger des écrits contre l'hérésie des Grecs, avec lesquels le pape se trouvait alors en guerre ouverte.

En effet Pbotios avait, à ta fin de 866, lancé contrcNicolas une encyclique remplied'invectives et l'avait fait excommunier l'année suivante par un concile convoqué à Conslantinople, où il fit frauduleusement représenter par des aventuriers les patriarches d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie. Il donnait ainsi cours à la colère que lui avait causée la conversion des Bulgares à l'Église romaine. En 863 ce peuple avait abandonné le paganisme pour adopter la foi des Grecs; mais trois ans après ils avaient embrassé la religion des Latins , parce que Photius exploitait dans des vues politiques sa suzeraineté ecclésiastique. Sur la demande de Michel, leur prince, le pape leur avait donné des prêtres pour les instruire. En réponse à une suite de questions sur des points de religion et de morale que lui avait adressées Michel, Nicolas écrivit une longue lettre, que nous possédons encore et qui est toute empreinte des sentiments les plus élevés et des principes les plus purs du christianisme (1).

Dans l'intervalle Lothaire avait convoqué à Trêves un synode, devant lequel il voulait forcer Teutberge à s'avouer criminelle; mais, intimidés par les menaces du pape , les évêques se refusèrent à tremper dans cet odieux stratagème. Voyant que le pape ne tarderait pas à l'excommunier, Lothaire lui fit écrire qu'il traitait Teutberge en femme légitime et qu'il avait renvoyé Walrade. Cependant il savait que la

(I) VolcJ le* pas*agc* les plu* taillant* «le celte lettre, où se reflète toute la nobles*»? dn caractère de Nicolas et sa profonde Intelligence. Il blâme très-fortement Michel d'avoir forcé par la violence et par des exécutions plusieurs de ses sujets à abandonner le paganisme. « Personne, dit-Il, ne doit être contraint à la fol; rien de ce qui ne provient pas de la libre volonté n'est bien. » Il réprouve l'usage fréquent chez le» Bulgares de la peine de mort; II déclare contraire a tout droit di\iu et humain (a torture employée pour arracher un a* eu aut accusés. SI d'un côté II fait un devoir am Btilgcrcs d'abandonner re qui dans leur* anciennes coutumes etjlt en désaccord avec leur nouvelle religion, 11 les ejhoite en revanche a conserver ce qui dans leurs mirurs n'était pas contraire au christianisme et a garder ainsi leur caractère national. Aussi ne voulut-ll pas condescendre i leur demande de leur envoyer les recueils des lois ro-

fausseté de ces déclarations serait bientôt connue. A bout d'expédients, il se jeta dans les bras de Louis le Germanique, auquel il légua la plus grande partie de ses États , et qui en revanche intercéda activement a Rome en faveur de son neveu. Mais Nicolas resta inébranlable, et vers la fin d'octobre 867 il écrivit à Louis une lettre où il lui marquait du ton le plus ferme tout son mécontentement >ur ce que te roi avait osé lui demander de consentir au divorce de Lothaire. Peu de jours après il mourut.

Nicolas fut un des plus grands caractères du neuvième siècle. D'une charité inépuisable , il venait au secours de toutes les misères ; le peuple de Rome l'adorait. Il tenait à cœur surtout de se maintenir avec une fermeté qui ne se démentit jamais le> principes austères du christianisme. S'irritant de la licence générale introduite par l'indignité des souverains de l'Europe, il forma le projet d'élever sur les débris de l'empire de Charlemagne un royaume plus vaste, où la religion devait régner sans partage par l'intermédiaire des successeurs de saint Pierre ; et il parvint à réaliser en partie ce dessein hardi et généreux , mais qui demandait, pour être continué au profit de l'humanité, que les papes fussent aussi irréprochables que Pétait Nicolas. On ne saurait mieux définir les résultat* immenses que ce pontife obtint pendant un règne de quelques années que ne l'a fait Régi non par ces quelques mots : « Depuis les temps de saint Grégoire Ier il n'y eut pas sur le trône de saint Pierre de pontife comparable à Nicolas 1er. Il a dompté des rois et des tyrans ; il a goovemé le monde en maître; il était doux et plein de mansuélude envers les évéques et les prêtres qui avaient de la piété ; mais envers ceux qui manquaient de vertu et de conscience, il était terrible, et I on peut dire en vérité : C'était un nouvel Élie. >. E. G.

Anattav lr lUblinth^nlrr . Vilat Pontificum. — Prudence . Jnnaiei. — Hlncmnr, Opéra { pattim ), surtout Chronieou it Annules. - Man»l, Concilia, t. XV. — Argloon, Chronlron. — Rudolfu», Annales Fuldemet. — Annatri Trtctntes — Gfrowr, Kirchengetekiehte , L III. et f.fschichtt dtr Carolinger, t I.

Nicolas il (Girard de Bourgogne), cent cinquante - neuvième pape , successeur d'Étienne IX, né au château de Chevron, en Savoie, mort à Florence, le 22 juillet 1061 . Après la mort d'Etienne IX, Grégoire, comte de Tusculum, se mit à la tête d'une faction puissante, et les armes à la main fit reconnaître j»our pape Jean, évéque de Yellelri, connu sous le nom de Benoit X. Les cardinaux protestèrent contre cette élection illégale ; mais les uns durent se cacher, les autres s'enfuir, et le cardinal Pierre Daraien fut forcé de couronner le nouveau pape. Sur ces entrefaites , le cardinal Hildehrand , prudemment envoyé comme négociateur en Allemagne, arriva à Florence, ou il apprit la violence qui venait d'avoir lieu, n écrivit aussitôt aux cardinaux, et de leur consentement proclama Girard, évéque

de Florence, successeur d'Etienne IX. Grice à la protection de Godefroy, duc de Lorraine, l'élection se fit paisiblement à Sienne (28 décembre 1058). Le nouveau pape prit le nom de Nicolas J/t et assembla aussitôt à Sutri un concile qui déposa Benoit X. Celui-ci n'Opposa aucune résistance, et Nicolas put entrer à Rome. Pour prévenir le retour de nouveaux excès lors des élections pontificales, Nicolas réunit un second concile à Rome, et le chargea de régler solennellement la marche A surne en pareil cas. Le concile arrêta qu'aussitôt que la mort du pape serait connue , les cardînaux-évdques s'occuperaient les premiers du choix d'un successeur, que les cardinaux-clercs seraient ensuite appelés à se prononcer, et qu'on en référerait en dernier lieu au lias clergé et au peuple. Dans le cas où une faction dominerait dans Rome, l'élection pourrait être faite dans une ville quelconque ; et que si les événements interdisaient l'intronisation immédiate du nouveau pontife, il n'en serait pas moins dans l'intervalle reconnu et obéi comme tel. Après le concile, Nicolas partit pour la Ponille , où l'appelaient les Normands , résolus à rentrer en grâce auprès du saint-siége, et à restituer les domaines ecclésiastiques dont fis S'étaient emparés. Le pape cherchant l'appui des Normands, abandonna a Richard, l'un de leurs chefs, la principauté de Capoue, et laissa à Robert Guiscard la Pouille et la Calabre ; en leur imposant toutefois une redevance annuelle qui le» constituait ses vassaux. Telle est l'origine du droit de suzeraineté que les papes ont toujours prétendu sur le royaume de Naples. Les Normands, pleins de reconnaissance, accompagnèrent- Nicolas jusqu'à Rome, et le délivrèrent de plusieurs seigneurs qui avaient usurpé des terres appartenant à l'Église, et qui exerçaient sur elle une influence dangereuse. D conserva jusqu'à sa mort l'éveché de Florence; et envoya l'année même de son élection deux légats en France pour assister au sacre de Philippe Ier.

On trouve neuf lettres de Nicolas II dans la Collection des conciles de Labbe, tome IX, pages 1092 à 1097. Le décret de ce souverain pontife sur l'élection des papes a été dans le tome III du Corpus historié xvi de G. d'Eckhard. On a publié encore : EptstoLr Stephani IX, Nicolai II, et Alexandri 1 1 , ponttficum romanorum t ad Gtrvasium , remtnsem archiepiscopum , ex bibltotheca Papirii Massoni (Paris, !610, in-8°).

A. Fra.islis.

V Ua Pficotni H papte, er cardinaU Araaonio; dam Muratorl, R*rum iUtUcarum $criptoret, III. soi. — Uitt. Htt. de la trunee. VII, 518. - Baroplu», Annales eccleniasttri, XVII. tw. - Allctz, Hitt. dei papes. I, in. - UjtMII. Italia $aera. — A. dccireUt. Le rite de ponteflei. — Ph. Jaffe, Reçesta ponti&cvm rmiunortnn.

Nicolas m (Jean-Gaétan Ossim), cent quatre-vingt-quatorzième pape, successeur de Jean XXI, né à Rome, mort le 22 aoOt 1*80 II était cardinal diacre et Inquisiteur générai de la

foi; peu après son élection, qui eut lieu à Vi- «ré lui, été fait général en 127i; on fut égale-

terbe (25 novembre 1277), il se rendit à Rome, ment obligé de forcer sa volonté pour lui faire

où il fut sacré et couronné le 2G décembre 1277. accepter le cardinalat, et on eut beaucoup de

La réserve et la prudence dont il avait donné peine à obtenir son consentement lorsqu'il fut

des preuves avaient fait concevoir à son égard élu pape. Dès le commencement de son pontifi-

des espérances qui ne furent pas réalisées. Son ( cat, il favorisa le parti gilwlin , auquel il était at-

attarhement excessif pour sa famille l'entraîna tache par des liens de parenté, et se déclara

bientôt dans une voie funeste; et quand il s'agit protecteur de la famille de Colonne, dont Pierre,

de l'enrichir, il ne craignit pas de prêter les ; qui en était le chef, fut même créé cardinal)

mains aux plus révoltantes injustices. Appliquant quoiqu'il Rit marié. Le sort des chrétiens établis

les mêmes principes au gouvernement du saint- ! dans la Terre Sainte attira bientôt l'attention de

siège, il se montra jaloux surtout de ses intérêts Nicolas. Le roi de Chypre, qui venait de perdre

temporels.il parvint ainsi a obtenir de Rodolphe | Tripoli, demandait instamment des secours; le

de Habsbourg Rologne, Imola, Faenza, Forli, \ pape lui envoya quelques troupes, et ordonna

Ravenne, Rimini et Urbin (30 juin 1278) ; et ; une croisade, promettant indulgence plénière à

en revanche il releva l'empereur du vo*u qu'il avait fait d'aller en Terre Sainte. Charles d'Anjou régnait alors en Sicile; Nicolas voulut unir un de ses neveux à la nièce de ce prince; celuici refusa, et répondit à l'envoyé du pape : « Bien que Nicolas ait la chaussure rouge, son État n'est pas héréditaire, et sa famille n'est pas digne de s'unir à la nôtre. » Le pape dissimula d'abord

tous ceux qui y prendraient part ( 5 janvier 1290). Sur ces entrefaites, la ville d'Acre fut prise par les infidèles ; Nicolas redoubla d'activité, et envoya des légats en France et en Angleterre; mais il était trop tard. Ni Philips le Bel ni Édouard I" ne consentirent à se dévouer à la défense d une cause évidemment perdue. Le pape continua pourtant de s'occuper de cette expédi

gieux des Frères mineurs qui soit monté sur le trône pontifical ; on ne doit donc point s'étonner qu'il ait accordé de grands privilèges a cet ordre; il le déclara directement soumis au saint- siège et exempt de toute autre juridiction ; il reconnut tous les immeubles qui lui appartenaient

son ressentiment; puis, s'alliant avec Rodolphe tion, dont le projet ne fut définitivement aban-

de Habsbourg, il enleva au roi de Sicile ses [ donné qu'à sa mort. Nicolas est le premier relicharges de vicaire de l'Empire et de sénateur romain. Son désir de vengeance n'étant pas encore assouvi, il conclut plus tard avec le roi d'Aragon une ligue qui produisit, sous le pontificat suivant, l'horrible massacre connu sous le nom de Vêpres siciliennes. Nicolas, accepté

comme médiateur dans le différend qui s'était propriété de Saint-Pierre, et le mit a la tête de élevé entre le roi de France Philippe le Hardi j l'inquisition dans le coratat Venaissin. Ce ponet le roi de Castille, chercha vainement à récon- tife était instruit pour son temps. On dit qu'il cilier les deux adversaires; on ne put même s'en- 1 eut quelque part à rétablissement de l'uni vertendre sur le choix d'une ville pour les confé- ; sité de Montpellier, et on lui attribue des Comrences préparatoires. Il ne fut pas plus heureux mentaires sur l'Écriture sainte. Plusieurs de ses dans ses rapports avec l'empereur Michel Pa- lettres ont été publiées par Bzovius et par Wadléologue, qui désirait la réunion des deux Églises ding. On a imprimé séparément : Huila Nico- (1280). Nicolas III mourut d'une attaque d'apo- \ laipapx IVadCluniacenses monachos, dans plexie près de Viterbe; mais son corps fut dans- [ Bullx très romanorum pontificum pro reporté à Rome et déposé dans l'église Saint-Pierre | formatione et observant ta regulari monaqn'il avait presque entièrement reconstruite. Il chorumordinis Sancli Benedicti abbatis ; Paeut Martin IV pour successeur. A. F. I ris, 1G1G, in-8°. Nicolas IV eut Célcstin V pour

Fila nicolai III, ex m. Bernardi Guidonis, et Fila JTicolai III et Ms. bibliotheca; Ambrosianec , dans Mura'orl, Scrlptores rrrum ttalicarum, III, «06 et «m. — Baronlu», Annales tcclesiaslici, XX 11, 436. — Brajs, hist. des papes, III, K7. — Labuc, Sacrotancta concilia, XI, 1019. — Abrégé chronologique de r histoire ecclésiastique. H, 8t. - AUeli, Hist des papa. II, 19.

Nicolas iv {Jérôme (CAscoli ), cent quatrevingt-dix-septième pape, successeur d'Hooorius IV, mort le 4 avril 1292. Après la mort d'Honorius , les cardinaux se réunirent en conclave près «le Sainte- Sabine; mais une épidémie se déclara dans cette ville, six ou sept cardinaux moururent, les autres s'éloignèrent; un seul resta et fut épargné ; c'était Jérôme, évêque de Palestrine. 11 fut élu à l'unanimité, huit mois après, par les cardinaux, rassemblés de nouveau (15 février 1288). Nicolas IV, entré fort jeune dans l'ordre des Frères mineurs, en avait, mal-

successeur. A. FlUNKLLV

J. Rossi (Rtibcat), Fila Alcolai papte IV ,- Pl*r. 1761, ln-i». — Fita Nicolai papjv IF, ex ms. Bernarài Guidants, dans Muratorl, tterum italwarvm scriptores, flL, 61». — Waddlng, Annales ord. Minarum, et Scriptores ord. Minontm. — Malmbourg, Jlist. des croisades. — Claconlas, F Use et res gesUe pontificum romanorum. — Baronlu* et Rayaaldl, Annales êccUsiasttci. — J.-B. de Glen, Hist. pontificale.

kicolas v, pape, né à Pise (1), en U98, mort le 24 mars 1456. Avant d'être élevé à la papauté, il s'appelait Thomas Parentucelli ; il était (ils d'un médecin peu fortuné. Après avoir commencé de très-bonne heure l'étude de la théologie à Bologne, il se vit obligé, par son manque de ressources, d'accepter un emploi de précepteur a Florence, d'abord chez les Albizzi et ensuite

(1) Comme son père avait longtemps habité Sarzanc , oo li n'était marte, Nlcolat, avant son a*éneinent à U papauté, s appelait aussi Thomas de Sarione.

975 NICOLAS 97fi

chez les Palla Strozzi. Il retourna à Bologne | doyen «lu sacré-collége et légat perpétuel en Sa- \ers 1421 , et y obtint le grade de maître en théo- voie ; les pères du concile de Baie et leurs

logie. Peu d.1 temps après il entra dans la mai- f rents furent relevés de l'excommunication et re-

son du cardinal Nicolas Albergati, qui lui ac- I œuvrèrent leurs bénéfices. En 144» Nicolas

corda toute sa confiance et auprès duquol il rem- | avait fait mettre la dernière main an concordat

plit pendant vingt ans les fonctions d'intendant , d'Aschaffembonrg, qui régla jusqu'en 1803 les

et de secrétaire. Albergati alliait aux vertus les plus austères un goùl éclairé pour les belles lettres ; il était en relation avec plusieurs des

rapports de l'Eglise germanique avec le saint siège. Lorsqu'il apprit l'attaque de Mahomet 11 contre Chypre, il adressa aux princes de l'Eu-

principaux humanistes de l'époque , tels que : rope les lettres les plus .pressantes pour les en-

Pogge et Philclphe. Le jeune Parenluceili les I r;ager à combattre les Turcs ; en commun avec

fréquenta assidûment, surtout lorsque Albergati, l'empereur Frédéric, qu'il couronna en 1452, à

accompagnant le pape, se fut en 1434 établi à Rome, il essaya de décider la chrétienté à une

Florence. Dans ce centre du mouvement intel- ; nouvelle croisade. Ce fut en vain : Constanlinople

lectucl d'alors, il eut ample occasion de s'instruire ' fut pris ; Nicolas ne perdit pas courage, et envoya

dans le commerce des Bruni, Traversari, Ma- i de fortes sommes à Scanderberg, qui

netti, Niccoli et autres célèbres lettrés, auxquels j aux Turcs avec succès. S'il ne négligea aucun de

il plaisait par sa vive intelligence et par son ca- . ses devoirs de commun pasteur d*;s fidèles , il

ractère ouvert et enjoué. Il employait toutes ses ne mit pas assez desoin dans l'administration tetn-

épargnes à augmenter sa bibliothèque, et copiait porelle de ses États, surtout de la ville de Rome,

lui-même de sa belle écriture les volumes que Les grandes idées qui le préoccupaient , et sur

ses modestes ressources ne lui permettaient pas j lesquelles nous allons revenir, lui faisaient tenir

d'acquérir. Les voyages qu'il fit en Allemagne j peu de cas des doléances des Romains, qui, après

et en France à la suite de son maître, envoyé j avoir pendant tant d'années joui d'une grande

comme légat dans ces pays, lui permirent d'ex- j liberté, ne pouvaient s'habituer à ne plus être,

plorer beaucoup de bibliothèques de couvent ; il | consultés sur les affaires publiques. En 1455

y découvrit les sermons de Saint-Léon .e Grand, ; Etienne Forcari, gentilhomme romain, d'un es-

plusicurs ouvrages d'Irénée et de Théophile, jus- prit ardent et généreux, mais cliimérique, se

qu'alors inconnus à Florence. Ce gont pour les mit à la tète de plusieurs centaines de conjurés,

livres lui valut d'être mis à la téte de la biblio- ; décidés à arracher au pape la reconstitution de

thèque publique (la première en date dans l'Eu- 1 la république; trahi et arrêté avec ses principaux

rope moderne) que Corne de Médicis venait de I complices, il fut ainsi qu'eux exécuté par ordre

fonder, à la demande de Niccoli, dans le couvent de Nicolas , auquel on avait fait croire qu'ils

de Saint-Marc. Il la fit disposer d'après uu ordre avaient eu le dessein de l'assassiner,

de classement méthodique, qui futsuiri immé- i Ces événements, les principaux du pontificat

diatement |>our les plus importantes collections , de Nicolas V, ne sont pas ce qui l'a rendu si

de livres en Italie, celles du duc d'Crbin, d'A- célèbre; ce pape est surtout connu dans Fhis-

lesandreSforzc, etc. Parenluceili fut ainsi l'inven- ' toi re comme un des plus généreux protecteurs

teurde 'a science bibliographique. Dans les «lis- des lettres et des arts, qui aient jamais existe,

eussions suscitées par le concile convoqué à Flo- Possédant des connaissances variées, un |ieu su-

rence, pour l'union des Eglises grecque et latine, perficielles il est vrai, il prenait l'intérêt le pin*

il se fit remarquer par son habileté dans l'argu- ; vif à toutes les branches du savoir humain. Plein

mentation. Signalé ainsi à l'attention du pape Eu- ■ d'idées de gloire, il avait a cu?ur de faire de Rome

gène IV, il reçut de lui une prébende. Après la le centre intellectuel de l'Europe. Il employa a

mort «1* Albergati , qu'il soigna jusqu'à la fin avec : cet effet toutes les ressources de ses

un dévouement filial, il fut en 1446 envoyé en florissantes, et s'attacha, afin de n'en avoir

Allemagne pour aider les légats à rompre l'union à détourner pour la guerre, à se maintenir en

des électeurs dirigée contre l'autorité pontificale, bonne harmonie avec les princes et les répu-

De retour en Italie, il fut appelé à l'évêché de bliques de l'Italie, qui continuaient à s'épuiser

Bologne et créé bientôt après cardinal. Au con- dans des luttes sanglantes. Il attira auprès de lui,

clave ouvert par la mort d'Eugène, il allait voter en les comblant d'honneurs et de pensions, la

pour Prosper Colonna, qui avait déjà presque , plus grande partie des principaux humanistes,

les deux tiers des voix, lorsqu'il fut arrêté par ; tels que Pogge, Manetti, Aurispa, Decembrio, et

le cardinal de Tarente, qui proposa la nomî- même L. Valla, qui avait cependant attaqué avec

nation de Parentucelli ; en quelques instants violence les moines et l'inquisition et qui avait

celui-ci eut la mujorité. Il fut couronné le 19 argué de fausseté la donation de Constantin, sur

mars 1 4*7, et prit le nom de Nicolas V, en sou- laquelle en partie les papes basaient leur souve-

venir d'Albcrgati. Reconnu immédiatement par raineté temporelle. Ces lettrés avaient auprès de

l'empereur Frédéric 111, il fit tous ses efforts lui le plus libre accès, et étaient aussi avant dans

pour éteindre le schisme, qui depuis huit ans sa faveur que les moines l'avaient été dans celle

désolait l'Eglise. Il y parvint en 1440; l'antipape d'Eugène IV. Il prenait soin d'eux comme nn

Félk V renonça au pontificat, et fut nommé 1 père; ainsi il les emmenait tous avec lui en <1r

977 NICOLAS 978 dans sa résidence de San-Fabiano, où il se met- ' Nicolas fit faire par son envoyé Alberto Enochc tait a l'abri des épidémies; quelques cardinaux ' des recherches dans presque toutes les bibliolhcseulement partageaient avec eux ce privilège. > ques de l'Europe, pour y découvrir des manuscrits Cette brillante réunion de savants et de littéra- ] précieux , qu'il achetait ou faisait transcrire par teurs, au nombre desquels il faut encore citer 1 ses nombreux copistes. Enocbe rapporta beau- Georges de Trébizonde et Théodore de Gaza, n'a- coup de manuscrits très-anciens et de la plus vait cependant pas le même caractère que le grande valeur; mais il ne découvrit en faitdoucercte des beaux-esprits qui au commencement | vrages inconnus que le Traité de cuisine atdu siècle s'était formé à Florence. Ceux-ci s'ef- tribué à Apicius et le Commentaire sur Horace forçaient avec un enthousiasme pur et désinté- de Porphyrion. Les volumes acquis par le pape ressé de ranimer chez leurs contemporains Tes- et munis sur ses ordres de reliures magnifiques prit des anciens ; ils poursuivaient avec dignité montaient à sa mort , selon des constatations leur noble but de faire avancer la civilisation, certaines, au chiffre de cinq mille. Us devinrent Les humanistes, accourus de tous côtés à Rome le fondement de la célèbre bibliothèque du Vatipour profiter des libéralités du pape, n'avaient ! can, créée véritablement par Nicolas V; avant pas conscience d'une semblable mission ; presque

touscupideset pleins de vanité, ils se jalousaient entreeux et cherchaient de toutes façons à se nuire mutuellement. Le pape semblait prendre un certain plaisir à leurs querelles furieuses, et maintenait toujours entre eux la balance égale; s'il abandonnait la direction des affaires politiques et ecclésiastiques à son honnête secrétaire Picro <ia Noceto, il ne marquait à aucun de ses lettrés une prédilection exclusive. Ce qu'il leur demandait avant tout, c'était de rendre accessibles a tous par des traductions les trésors de la littérature grecque ; ce désir était digne de l'esprit éclaire du pape. La connaissance du grec était alors extrêmement peu répandue; Nicolas lui-même ne le savait que très-imparfaitement; avant d'être traduits, ou, comme l'on disait, donnés à la latinité , les chefs-d'œuvre des écrivains grecs n'étaient que lettre morte, même pour la majorité des personnes instruites. Les principaux auteurs traduits à la demande de Nicolas sont Thucydide, Diodore de Sicile, Appien , Polybe, Strabon et Plutarque ; d'Aristote on traduisit la Physique, la Métaphysique, l'Éthique, les Problèmes; de Platon la République et les fjois. 11 fut encore donné des versions de plusieurs ouvrages des Pères de l'Église grecque; Nicolas chargea aussi Manetti d'entreprendre sur les textes originaux une traduction entièrement nouvelle de la Bible, et il ne se formalisait pas de voir ce savaot s'écarter à ce sujet des opinions de saint Jérôme. Lue de ses idées favorites était de faire traduire en vers hexamètres les œuvres d'Homère; elle l'occupait encore à son lit de mort ; il venait de faire offrir à Philelphe, pour le déterminer à se charger de ce travail, une maison à Rome montée sur un grand pied, une maison de campagne, une pension considérable, en sus de celle que cet humaniste touchait déjà sur la cassette du pape, et de plus dix mille zecchines quand l'ouvrage serait terminé.

Nicolas resta sur le trône pontifical comme dans sa jeunesse, un collectionneur passionné de beaux livres, ce qui mit même de la froideur dans ses relations avec le cardinal Bessarion, qui avait le même goût.

lui elle ne contenait aucun ouvrage remarquable, comme nous l'apprend Traversa» , qui l'avait examinée aux temps d'Eugène IV.

Nicolas mit aussi un grand zèle à orner Rome de monuments superbes , dont les plans lui étaient fournis par Bernardo et Antonio Rosellini et par le célèbre Alberti. Après avoir Tait relever les murs d'enceinte et restaurer les principales églises, il posa les fondements du célèbre temple de Saint-Pierre. A Spolète, Orviète, Civita-Vecchia, et dans d'autres villes, des palais , des ponts , des aqueducs témoignent encore aujourd'hui des goûts de ce pape |>our l'architecture; c'est lui qui a fait construire les bains de Viterbe. Les autres arts n'étaient pas moins encouragés à sa cour, où régnait le plus grand luxe. L'inférieur du Vatican fut orné de fresques par Picro délia Francesca et Fra Angelico ; ce dernier fut chargé de décorer l'oratoire particulier du pape ; les admirables peintures qu'il y exécuta existent encore aujourd'hui.

Au milieu de toutes ces splendeurs, Nicolas conserva toujours son caractère attable, foncièrement bon, plein de probité cl de franchise. D'une vivacité extrême, il parlait rapidement et avec fougue ; il se mettait facilement en colère lorsqu'il était contrarié, mais s'apaisait aussi vite. Il était l'ennemi de toute contrainte cérémoniale, et abhorrait tout ce qui sentait l'hypocrisie. Le seul reproche à peu près qu'on ait pu lui faire, c'est qu'il aimait un peu trop le vin. Quant à son portrait physique, Nicolas était maigre et de petite stature; il avait les yeux petits, mais élincetants et toujours en mouvement. E. G.

VVtpasiaoo, Ntcola /' (dans Muratorl. Scriptores, t. XXV j. — Mancltl, P tta Xtcolai y | même recueil). — Mwcm sylvtas, HUtoria tritlerici III. — l'UUna, FUk pontificum. — Ginrgl, ï'ita JS'icolai y. — Q. Voigt, Dit n'xedtrUtlebung des ctatsisehtn Jllerthums ( Berlin, mt, p. m;-36«J. - Stcrtoo Infeuara. Dlarioromano.

ricolas ou NlKLS, roi de Danemark, lué le 25 juin 1134. Élu à la royauté en 1104, à la mort de son frère Erik, il eut peu de temps après à soutenir une longue guerre désastreuse contre son neveu Henri , prince de Wagric, qui n'avait pu obtenir de lui la part des domaines royaux qui lui revenait du chef de sa mère , sœur de Nicolas. Après dix ans de succès, Henri com-

Page 1