‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 20 sur 206 · MUSTAPHA LALA-PACHA · texte numérisé non relu

MUSTAPHA LALA-PACHA

reprises dans la mer; enfin, après l'avoir écorché vif, le séraskier envoya à Constantinople sa peau remplie de foin. Le 15 septembre 1571, il quitta 111e chargé des malédictions non-seulement des vaincus, mais aussi de celles des janissaires, privés de leur part de butin. Relégué dans un sandjakat éloigné, il fut rappelé par Amurath 111, successeur de Sélim. Nommé général en chef, Mustapha fut mis a la tète de l'expédition contre les Persans en 1 578. Après deux victoires, il s'empara, de juillet en septembre, de toute la Géorgie et de Chirvan , et reconstruisit la forteresse de Kars. Mais ayant failli de perdre la ville de Tiflis , à cause de son inaction à Erzeroum , il se vit échapper le grand-vizirat, auquel il aspirait «Irpais longtemps. Il s'empoisonna de honte et de douleur, selon les uns , tandis que , selon d'autres, il mourut de maladie, à Constantinople.

Ch. R.

Ovman-Enendt, Bio<jraphie des n%irs. - Wakhtaog, histoire de Ccorçie. — tUmmer, Hittoire 4s (Empire Ottoman.

MUSTAPHA-kirlow, grand vizir ottoman , natif de Bosnie, mort, vers 1540, à ConstanUnople. Né de parents chrétiens , il fut pris par les Turcs et élevé dans le sérail. En 1521 il fut nommé séraskier, et prit le 29 août 1521, après un blocus d'un mois, et après plus de vingt assauts, le boulevard de Hongrie, Belgrade, qui avait résisté a tous les efforts précédents des Ottomans. Le sultan Soliman lui donna sa sœur en mariage, et le mit à la tête de l'armée qui devait assiéger Rhodes, le 18 juin 1522. On connaît la résistance héroïque du grand maître Jean Villiers de l'Ile Adam, qui ne se rendit que le 21 décembre 1522. Mais en parlant de la disgrâce de Mustapha Kirlou, qui, malheureux dans les premiers assauts, aurait été attaché à un poteau pour être percé de flèches, les auteurs de la tradition ordinaire l'ont confondu avec le capitan -pacha, Yailak Mustapha, autre beau frère de Soliman, et qui en effet ne fut sauvé de la mort que parla princesse sa femme. Quant à Moustapha-Kiriou, il fut, le 24 octobre 1522, envoyé comme gouverneur en Égypte, où il châtia deux rebelles, Djanim et Inal. Après cette nouvelle preuve de sa valeur, le beau-frère de Soliman fut rappelé À Constantinople, à la prière de sa femme, qui se plaignit auprès de son frère d'être toujours privée de son mari. Il faut relever ici une autre erreur de certains historiens, qui attribuent à MiLstapha-Kirlou une révolte contre Soliman, suivie de sa mort violente par ordre du sultan. Mustapha rentra dans la vie privée à Conslantinople, où il mourut. Ch. R.

Ounan-Brrcnril et Djal-ild Ahmrd-Bey, Biographie des Fixirs. — Homme r, Hittoire des Ottomans.

MVSTAPU* (Jean-Armand) , voyageur mahométan, né vers la fin du seizième siècle , en Turquie, mort vers iflco, près de Paris. Après avtfr voyagé eu Grèce, en Asie Mineure, en Perse «. en Égvpte, il vint en France, où il embrassa la r«ligi0n chrétienne , et où, comme

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interprète, fi rendit au cardinal Richelieu de ' grands services, qui ne restèrent pas sans récompense. Ensuite U accompagna le commandeur de Razilly dans deux voyages sur la côte occidentale du Maroc. Il en écrivit la relation sous le titre : Voyages ô? Afrique, où sont contenues les navigations des Français, entreprises en 1629 et 1630 ès côtes des royaumes de Fez et de Maroc; le traité de paix fait avec les habitants de Salé et la délivrance de plusieurs esclaves français, ensemble la description des susdits royaumes , villes , coutumes , religions , mœurs et commodités de ceux du pays; Paris, 1632, in- 12. Pour la rédaction de ce récit , Mustapha s'est servi de l'ouvrage de Léon l'Africain, qu'il a complété,

il est vrai , sur beaucoup de points. Ch. R.

Graberg de Hem*ne, Itas Katserthum Marocco. — lutter, L' Afrique. — La France littéraire. — ( Spreogel), Gesekiehte der Rtisen in Africa. — Introduction auxFovaçn de Denkam. Clappcrton, etc.

MUSTAPHA bex ismaIl, chef arabe, puis général au service de la France , né vers 1 769, à El-Amriyah, auprès du Rio-Salado, sur la route d'Oran à Tlemsen, tué le 23 mai 1843, à Ël-Blada, près de Kerroucba. Comme les musulmans ne connaissent presque jamais l'époque de leur naissance, on a toujours ignoré son Age exact. Certains biographes ont rempli lea premières années de sa vie de ces merveilleux détails que l'imagination orientale accumule sans effort dans ses contes ravissants ; mais ce serait avoir une foi trop candide que.de les reproduire. Du temps des Turcs, Mustapha était agha des Dooayers et des Smalas , deux tribus arabes du Mnrhzen, ou de l'autorité, nom que l'on donnait alors aux milices indigènes qui servaient d'auxiliaires. Immédiatement après la prise d'Alger, le 5 juillet 1830, l'armée française s'était présentée devant Oran, et le bey Hassan , qui gouvernait alors cette ville, paraissait disposé à la rendre, lorsque la nouvelle de là révolution de Juillet décida le maréchal de lîourmont a rappeler nos troupes , qui se retirèrent en effet, ne laissant d'autre souvenir de leur courte apparition que 4a démolition de toutes les embrasures de la batterie de mer du fort iiers-el- Kébir ( le grand port ). Le bey compromis, puis abandonné, se trouva en guerre avec les gens de l'extérieur, qui lui reprochèrent d'avoir traité avec les chrétiens. On pilla ses maisons de campagne, on enleva ses bestiaux, son blé, et 11 se vit fort embarrassé de nourrir la garnison turque. Dans cette conjoncture, il eut l'adresse d'attirer dans Oran Mustapha ben-lsmaîl, et une fois en possession de cet otage important , il parvint à persuader aux autres chefs que les Français ne devaient pins revenir. Les hostilités cessèrent, et Oran put être approvisionné. Lorsque, peu de mois après, cette ville eut ouvert ses portes aux Français , et que le bey Hassan se lut retiré volontairement, le général Clause!, gouverneur d'Alger, eut la pensée

69 MUSTAPHA «Je le remplacer par Mustapha ben-lsmail Mais ce dernier ne répondit pas aux avances qu'on lai fit à ce sujet , non qu'il éprouvât de l'éloi* gnement pour le» Français, mais parce qu'il avait akrrs Pespoir de se créer une position indépendante. Ce qui prouve ce fait, c'est qu'il refusa presque en même temps des offres analogues <jui lai forent adressées par Mulet Abd d Rahhman , empereur de Maroc. Ce prince avait donné a Muley Ali, son neveu, le commandement de Tlemsen et des tribus de cet arrondissement qui étaient venues réclamer sa protection et se ranger sons son obéissance. Muley Ali fit de si rapide* progrès dans la province de l'ouest, qne Le bey Hassan se trouva bientôt réduit à la ville d'Oran. Presque tous les chefs de tribu l'abandonnèrent; Mustapha hen-lsmaîlfut du petit nombre de ceux qui n'imitèrent pas cet exemple ; et malgré les ordres qu'il reçut du neveu de l'empereur, il refusa d'aller à Tlemsen recevoir son investi) lire des mains de ce prince, alléguant que la puissance du bey continuait à subsister, et qu'il ne devait obéir qu'à lui. Pour punir la résistance de Mustapha ben-lsmail, Moley Ali fit dévaster ses propriétés aux environs d'Oran par ses par* tisans , qui osèrent même se présenter jusqu'aux portes de la ville. Il parait qne Mustapha, voyant que toute la population se rangeait du côté de l'usurpateur, se décida à suivre l'exemple général. Cest du moins ce qui résulte d'une lettre écrite par le bey Hassan à M. Deval, autrefois chargé du consulat général de France à AJger : « Quant aux aghas qui étaient de notre parti dans cette résidence, dit le bey, tels que Mustapha ben- Ismail, d Hadji, el Mensserli et ses cousins, ils ont épousé la caose de Muley Ali, et sont allés le rejoindre. » Muley Ali , redoutant l'influence de Mustapha, le retint prisonnier; il ne fut relâché que lorsque la France eut obtenu que l'empereur du Maroc ne s'occuperait plus des affaires de la régence. Rendu à la liberté, Mustapha non* fit ensuite la guerre, tantôt pour son compte, tantôt avec Abd el Kader, quoiqu'il n'aimât pas ce jeune chef et que la seule crainte de passer pour mauvais musulman l'empêchât d'abord de le combattre. Mais après la signature du traité De sonnerie I s en 1834, Mustapha se mit en révolte ouverte contre l'émir. Celui-ci, tranquilledu coté des Français, par la paix qui venait d'être conclue, songea à détruire tout ce qui pouvait faire opposition à son grand projet de constituer une puissance arabe qui dominât sur toute l'Algérie. Les Douayers et les Srnalas attirèrent d'abord son attention, et an commencement d'avril IR34 il quitta Mascara poor aller les combattre. Son armée, qui était considérable et presque entièrement composée de cavaliers, battit ces deux tribus, malgré les elfcrts de Mostapha. Confiant dan* sa victoire, l'émir se mft en marche sur Tlernsen, et campa , sans aucune précaution, sur la lisière de la forêt de letoul. Vers minuit ( 12 avril ), Mustapha, que sa défaite n'avait pas

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abattu, rassembla le plus de monde qu'il put, vint tomber sur l'armée vidorieuse et la mit en pleine déroute , en dépit du courage héroïque que l'émir déploya en cette dreonstance. En vain Abd el Kader essaya de rallier ses troupes, les Beni-Hamer l'abandonnèrent; en vain le peu de cavaliers restés lidèles , voyant le danger qu'il courait , lui criaient de se retirer. Mais il lea traila de lâches , continua cette lutte inégale, et eut son cheval tué sous lui en combattant El- Ghomari, ebéik du désert d'Angad, qui, expiant plus tard l'honneur d'avoir lutté corps à corps avec l'émir, fut pendu quelque temps après à un canon des remparts de Mascara. Cependant Mustapha ben-lsmail ne put profiter de sa victoire, parce que, contre son attente, le général Desmichds, non content de désapprouver sa conduite, le menaça, dit-on, de l'attaquer luimême s'il ne s'arrangeait avec l'émir. Mustapha n'était point assez fort pour lutter contre Abd el Kader soutenu par les chrétiens. Il fut donc obligé de rendre son butin et de payer une forte somme. Malgré cette soumission , l'émir se fit beaucoup prier pour loi pardonner, et lorsqu'il se dédda, il eut soin d'appuyer avec affectation sur l'excès de sa clémence envers on si grand coupable.

Mostapha eut le bon esprit d'apprécier cette récoodliation à sa juste valeur, et il mit entra lui et la clémence d'Abd el Kader les murailles du Méchouar. Retiré auprès des Turcs et des CoulouglK qui défendaient cette dtadelle de Tlemsen , il y rat tenu Moqué par Ben-Houna, kaïd de cette ville pour Abd el Kader, jusqu'à l'arrivée des Français, le 13 janvier 1830, tout en ayant à soutenir des escarmouches continuelles contre les badar (maures citadins au centre des partisans de l'émir ) qui rodaient dans les environs de la ville. Ce jour-là , dans la matinée, le maréchal Claûscl fit nne halte à Ouzida. On apprit que Mustapha ben-lsmail, sorti de la ville pour venir au-devant du général en chef, à qui il avait écrit pour annoncer l'évacuation et le pillage de la ville par Abd el Kader et ses partisans, dans la journée du 10 de ce mois, se dirigeait sur le corps du général Perregaux, qui se trouvait vers la gauche; car l'armée marchait alors en deox colonnes. Le maréchal expédia vers lui quelques éclaireurs, qui guidèrent la marche dn vidl agtia. « J^ai perdu il y a quelques jours, dit-il, en abordant le maréchal, soixante de nos plus braves enfants; mais la joie que me cause votre rencontre me fait oublier tous mes malheurs passés. Depuis six an? j'ai reçu plus de cent Idtres de généraux , je n'ai pas osé me fier à eux ; mais votre réputation et votre conduite en Afrique m'inspirent tant de confiance, que je viens me remettre entre vos mains. »

Pendant le séjour de l'armée française à Tlemsen (du 1 3 janvier au 7 février JM6) plusieurs courses furent faites dans les environs do

la ville avec l'intention d'éloigner entièrement ! les forces d'Abri ei Kadcr. Les combats d'Onchbah et d'Ybdar donnèrent en partie ce résultat, , en obligeant l'émir à aller se réfugier chez les kabaîles de la Tafna, et en réduisant son armée à un petit nombre d'hommes de la tribu des Béni- | Hamer. Mustapha dans ces deux rencontres ; combattit pour H» première fois aux côtés des Français, et montra dès lors cette brillante Ta- { leur, cette remarquable intelligence de la guerre ! qui lui méritèrent l'estime de l'armée et de ses chefs. Mais ce fut surtout à l'affaire qui eut lieu le 26 janvier, auprès du confluent de l'Isser et de la Tafna, que Mustapha ben-lsmaïl fit connaître fout ce que l'on pouvait attendre de lui. A la tète des Arabes auxiliaires et des Coulougtis, il prit sur lui l'initiative de l'attaque du camp d'Abd el Kader, força ce dernier à descendre ! dans la plaine de Bemcha, où il devait rencontrer nos autres troupes, et le plaça ainsi entre 1 deux feux, sur un terrain coupé par deux ri- \ vières à berges escarpées, où son infanterie, ne j pouvant combattre avec avantage, fut sabrée et I culbutée.

Pendant la remarquable expédition que le général Perregaux fit au retour de Tlemsen, dans l'est de la province d'Oran, et jusque sur les bords du Chélif, Mustapha nous fut encore de la plus grande utilité par sa profonde connaissance | du pays, par son influence sur les indigènes et ' par sa valeur sur le champ de bataille. Le combat de Dar-el-Atchen ( 15 avril 1836 ) est sans contredit celui où Mustapha montra avec plus d'à- 1 vantage les qualités que nous avons signalées I en lui. Le 25 du même mois, à la reconnais* sance de Sidi-Yaqoub, qui se termina par une ; retraite glorieuse mais sanglante devant un en* I uemi dont le nombre était quintuple du nôtre, Mustapha se conduisit encore avec sa valeur et son intelligence accoutumées, et à la tète de ses Douayers il repoussa plus d'une fois l'infan- I terie et la cavalerie d'Abd el Kader, que leur | supériorité numérique rendait plus audacieuses que de coutume. Aussi le roi Louis- Philippe le nomma, le 30 avril, officier de la Légion d'Honneur.

Au combat de la Sikka (6 juillet 1836), nous retrouvons Mustapha ben-lsmaïl attaquant d'abord la cavalerie de Bcn-Nouna, puis l'in- j fanterie du centre d'Abd el Kader. Il y reçut à j la main droite une blessure grave qui ne lui fit pas cependant abandonner le champ de bataille, et prit part depuis à toutes les affaires livrée» dans la province d'Oran pour réparer les revers de la Macta et de la Tafna. Le grade de maréchal de camp fut sa récompense, le 29 juillet 1837. L'année suivante, assigné comme témoin dans le procès intenté au général de Brossant, Mustapha vint en France. L'éclat que son nom avait déjà répandu et cette étrangeté mêlée de gloire qui chez un peuple blasé semble avoir seule le privilège de ranimer la curiosité

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avaient déjà fixé les regards sur lui. Appelé à Paris et reçu par Louis-Philippe, qui lui serra familièrement la main , le vieux guerrier arabe demeura émerveillé des prodiges de notre civilisation ; aussi à son passage à Alger pour retourner dans son camp, quelqu'un lui ayant demandé comment il avait trouvé la France. « Je ne comprends pas, répondit-il, que les habitants d'un si beau pays viennent se battre pour nos misérables terres d'Afrique. »

En 1841, Mustapha se distingua dans l'expédition dirigée contre Tekedempt et Mascara; puis, de concert avec le colonel Tempoure, il entama et réussit k mener à bonne fin des négociations avec le célèbre marabout Mohammed Oulid Sidi-Chigr, qu'il associa à sa politique contre Ab el Kader, ce qui amena la soumission des tribus voisines de Tlemsen. Sa conduite dans cette glorieuse campagne lui mérita , le 5 février 1842, la croix de commandeur de la Légion d'Honneur. Ce fut sa dernière récompense. Après avoir aidé le général de Lamoricière à soumettre la grande tribu des Flittas, Mustapha ramenait à Oran ses cavaliers chargésd'un butin immense , résultat de razzias nombreuses exercées sur tout ce qui restait de tribus rebelles. Le duc d'Aumale, par un habile coup de main, venait d'enlever à Raz el Aïn M'ta Taguin la sroahla d'Abd el Kader (16 mai 1843), et les Arabes compagnons de l'émir avaient fui dans toutes les directions. Ce fut alors qu'arrivé dans un petit bois, à El-Biada, près de Kerroucha, entre l'Oued-Relouk et Zamoura, Mustapha, qui chevauchait à l'arrièregarde de son marhzen, fut atteint en pleine poitrine d'une balle partie de derrière les broussailles qui bordaient un étroit passage. Le courageux vieillard, au bruit de cette décharge, avait armé ses pistolets, et deux des brigands qui venaient de l'assassiner étaient déjà tomWs sous ses coups, lorsque son cheval épouvanté se cabra et le jeta mourant sur la terre. Saisis d'une terreur panique, et croyant leur etiel mort, les cinq ou six cents cavaliers de Mustapha se débandèrent, et l'abandonnèrent au yatagan de quelques Arabes, qui, suivant leur coutume, lui tranchèrent la tête.

Ce fut ainsi que périt un des plus fidèles alliés de la France sur la terre d'Afrique. Habitué à passer sa vie sous la tente ou à cheval , faisant la guerre depuis cinquante-cinq ans, Mustapha ben-Ismaïl avait acquis une grande expérience des affaires de sa nation. Doué d'un coup d'tvil d'aigle, d'une activité prodigieuse et d'une force morale et physique étonnante, il était le guerrier le plus redoutable de ces peuplade» belliqueuses. Aussi exerçait-il sur elles une immense influence, et si son noble caractère n'eût pas été empreint d'une extrême loyauté, qui lui interdisait les moyens devant lesquels son rival ne recola jamais , peut-être eût-il balancé I* puissance d'Abd et Kader, son ennemi i«r-

sonne!. C'est à cette haine que les Français devaient de compter Mustapha dans leurs rangs. Tout le inonde sait à l'année les services qu'il rendit. Suivi de ses cavaliers, dont rien n'arrêtait la bravoure , ce chef éclairait sans cesse notre marche; continuellement aux trousses de (ennemi, il prévenait nos généraux de ses moin- «1res mouvements. Ceux qui ont fait les 'expéditions de la province d'Oran se rappelleront longtemps la figure patriarcale de ce guerrier, qui dans un âge où l'homme ne cherche que le repos avait conservé toute la vigueur de la jeunesse unie au flegme du vieillard. Leur imagination leup rappellera bien des fois ses drapeaux verts et blancs flottant derrière lui et qui déployés majestueusement sur les hauteurs, en avant des colonnes , semblaient autant de phares dirigeant la marche des Français.

H. Fjsolet ( de Montpellier).

BcTbragger. Algérie hU torique, pittoresque et monumentale. — Pelllttter, Jnnales algérienne». — Oran tout le commandement du lieutenant général Dfaoictels. - Flao.net, Biographie de l arme» d' Afrique. - Moniteur algérien.

mcstoxidis (André), philologue et hisrien grec, né a Corfou (lies Ioniennes), en 1785, mort le 17 juillet 1860. II fit ses études en Italie, et fut reçu docteur à l'université de Padoue. L'ancienne littérature grecque et l'histoire de sa ville natale l'occupèrent principalement. Les diverses notices pour servir à ï histoire de Corçyre depuis les temps héroïques jusqu'au douzième siècle, qu'il publia en italien, lui valurent d'être nommé historiographe de Corcyre. Tant que son pays resta sous la domination française, il résida habituellement en Italie. 11 donna à Milan en 1811 le 1er volume d'une grande monographie intitulée llluslrazione Corcyrese; le 2e volume parut en .817, et le 3e, particulièrement destiné aux monnaies de Corcyre, en 18 !9. MusloxMfs publia le discours d'IsQcrate, Thpl tî5; imiôattac, avec d'importantes additions inédites; Milan, 1812, in-tP, et fit paraître avec Demelrius Scliinas un Recueil des fragments inédits des auteurs grecs, d'après les manuscrits de la bibliothèque Ainbrosiçnne; Venise, 1816-1817. Au milieu do ses travaux d'érudil, il n'oubliait pas les intérêts de la Grèce opprimée par les Turcs. Son Exposé des faits qui ont précédé et suivi là cession de Parga, Paris, 1819, irrita le haut commissaire britannique dans la république des Sept-lles, lord Thomas Maitiand, qui lui retira le titre d'historiographe de Corcyre, en 1820. Sous l'administration de Capo-J'Istria. en Grèce, d fut nommé directeur de l'Instruction publique. 11 se démit de cette place k la mort de Capo-d'Istria, et se retira à Corfbn, où il continua •le s'occuper de ses études de prédilection. Outre tes ouvrages déjà cités, on a de Mustoxidis beaucoup de mémoires intéressants dans divers recueils périodiques, V Hermès devienne, l'EMrjvopvntio, La Pandore d'Athènes. L. J.

MUSTAPHA BEN-ISMAIL - MUSURUS

nécrologie dam lut Pandore ( ISflO). - Jarùuch tura Conxtrtationt Lexicv n (iMl}.

artseftes ( Marc), célèbre humaniste grec, né vers 1470, à Retimo, dans l'Ile de Candie, mort en 1517, à Rome. Fils d'un riche commerçant, il vint de bonne heure en Italie; il suivit les leçons de Jean Lascaris, qu'il égala bientôt dans la connaissance des langues et des littératures de l'antiquité. En 1503 il rut appelé à enseigner à Padoue le grec. En 1509 il se rendit à Venise, et il y donna avec beaucoup de succès des leçons publiques de langue grecque. Admis dans la savante académie, qui se réunissait chez Aide Manuce, il contribua plus que tout autre à donner aux éditions grecques sorties des presses de ce célèbre imprimeur leur grande correction. Musurus alla ensuite reprendre possession de sa chaire à Padoue. En 1516 il fut appelé à Rome par Léon X, qui le nomma à l'archevêché de Malvasia. II mourut peu de temps après, d*hydropisie, et non, comme le prétend Paul Jove, do chagrin de ne pas avoir été promu cardinal. Voici le jugement que porte sur lui Érasme, qui l'avait connu personnellement : « Lalinx lingux usque ad tniraculum doctus qxiod vix ulli Orxco contigit, prxler Th. Gazam et Jo. Lascarem ; deinde totius philosophie non tantum studiosissimus , vir sumniis rébus natus , si licuisset superesse. » Musurus n'a laissé que quelques Epigrammes grecques, insérées dans le Dictionarium grxcum; Venise, 1497, dans l'édition de Musée donnée à Venise, 1517, et dans les Symmicta de Margunio, ainsi qu'un Encomium Platonis en grec, en tète de son éditton de Platon , et réimprimé avec une version latine et des notes; Amsterdam, 1676, in-4*, Cambridge, 1797, et à la suite de l'Apologie des accents grecs de Poster. H a fait paraître la première édition d'Aristophane, Venise , 1498 ; de Y Btymologicon magnum , Caliergi, 1499; des Œuvres de. Platon, Venise, 1513; du Lexicon d'Hésvcbius , ibid., 1514; d'Athénée, ibid., 1514 ;d'Oppien, Florence, 1515; il a placé en tête de cette dernière édition une préface reproduite dans les Annales des Aides de Renouard, qui contiennent plusieurs renseignements sur Musurus. Une lettre italienne de ce dernier se trouve dans la Raccolla de Pino ; plusieurs autres lettres en grec sont dans la possession de M. Firmln Didot. O.

P. Jove, Ètogia. — Boeroer, De Doetit Orteeit. — Papadapoll, HUt. Ggmnatil Patavini. — Facciolall, FattL — Bajle, Dictionnaire. — TtraboscM, Storia délia Let» ter. ItalUtna.

•mcscrïts (Constantin), diplomate ottoman, de la famille du précédent, naquit à Constantinpple, le 18 février 1807. Son père, Paul Musurus, natif de Retimo etf Crête, descendait d'une des anciennes familles patriciennes qui, vers le milieu du dixième siècle, furent envoyées de Constantinople pour s'établir en Crête et se partager le pays, que Nrcéphore Phoca* venait de conquérir sur les Sarrasins. M. Musurus reçut à

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Constantinople, ainsi que ses deux frères, une éducation des plus soignées; il suint dès son enfance son penchant pour la littérature classique de la Grèce et de Rome ; il étudia également les science* et plusieurs langues européennes. En 183? il fut nommé secrétaire du prince de Samos , Etienne Yogoridès ; et c'est en cette qualité qu'il accompagna, en 1833, les trois commissaires des ambassades de France , d'Angleterre et fie Russie, envoyés à Samos pour exhorter les Samiena à faire leur soumission à la Sublime Porte. Les Samiens ayant rejeté les conseils des commissaires, la Sublime Porte envoya en 1834 nne QotUlle chargée du blocus de l'Ile; et M. Musurus se rendit en même temps à Samos avec la flottille, eu qualité cette fois de commissaire politique du gouvernement ottoman , et aussi comme délègue du prince et comme gouverneur de Samos. Il entreprit alors la pacification de 111e, et réusait a en obtenir la soumission par la persuasion seule, et sans l'emploi d'aucun moyen coercitif. Avec le concours d'nne assemblée générale constituante, il organisa l'administration intérieure du pays sur des bases constitutionnelles très libérale». Il gouverna ainsi Samos pendant quatre ans à la satisfaction des Samiens, dont les sentiments de reconnaissance furent constatés par les adresses des assemblées générales annuelles; et au moment où M. Musurus quitta H le ces mêmes sentiments lui furent de nouveau témoignés par les adresses do sénat et de toutes les municipalités de la principauté. De retour à Constantinople , il épousa, en 1839, la princesse Anne, seconde fille du prince Vogoridès. Les services qu'il avait rendus au gouvernement ottoman lui méritèrent d'être envoyé l'année suivante à Athènes avec le rang de ministre ; et pen après il reçut pour les mêmes fonctions le titre d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire. Il resta à Athènes jusqu'en 1848. Cette longue mission était, à cette époque surtout, une des plus difficile» pour un diplomate ottoman; elle fut signalée notamment par une interruption des relations diplomatiques entre los deux cours, par le triomphe de la politique ottomane et par une tentative d'assassinat dirigée contre M. Musurus. Ces nouveaux services déterminèrent la Sublime Porte à confier à M. Musurus un poste plus élevé; et vers la fin de 1846 il fut rappelé d'Athènes pour aller représenter la Turquie près de la cour d'Autriche en qualité d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire. La question délicate des réfugies hongrois qu'il eut à traiter a cette éimque fut {xjur lui l'occasion d'un I nouveau succès. La fermeté dont il fit preuve en cette occasion lui mérita d'être envoyé à Londres; et après avoir, au commencement de 1851, rempli la mission de féliciter de la part •lu sultan le roi Victor-Emmanuel sur son avènement au trône, il se rendit en Angleterre avec le titre d'envoyé extraordinaire et ministre plé

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nJpotentiaire, et fut en 1856 élevé à la dignité d'ambassadeur près la même cour.

Pendant le cours de ces dernières fonctions, qu'il exerce encore aujourd'hui, la guerre d'Orient et d'autres événements de haute importance ont mis M. Musurus à même de rendre de nouveaux services à son gouvernement , qui lui en a témoigné sa satisfaction par les nombreuses marques de distinction dont ce diplomate a été l'objet dans un poste si important.

Doc. part.

mc&zka ( Mcolas ), historien hongrois, né le 28 octobre 1713, à SchclliU (comté de Meytra), mort vers 1780, à Neusol. Admis en 1730 chez les Jésuites, il enseigna la rhétorique, la philosophie et la théologie à Vienne, détint provincial de son ordre et fut attaché en 1776 k l'évéché de Neusol en qualité de grand prévôt. On a de lui : Yitx palatinorum sub regibus Uungarim ; 2* édit, Tyrnau, 1752, in-fol. ; — De Legibusx seu peccatis et peccatorum pœna ; V ienne, 1 759, in-4* ; — plusieurs traités de théologie et de morale. P. L— v.

Botermund, Suppl. à Jôcktr.

M ut EL de Boccbe ville ( Jacques- François), littérateur français, né le 25 mars 1730, à Bernay, où il est mort, le 4 février 1814. 11 fut avant la révolution conseiller à la chambre des comptes de Rouen , et devint ensuite maire de sa ville natale, fonctions qu'il exerça pendant plusieurs années. Il avait du goût pour les lettres, comme le témoignent les poèmes de : L Éducation (Bernay, 1807-1809, 2 vol. in-8% et 1812, in-8°) et de YÉloge de l'Agriculture ( 1808, in-8° ) ; à la suite du premier on trouve encore une tragédie, diverses pièces de vers, la traduction de quatre livres de L Enéide, etc. On a aussi de lui un discours en prose, qui remporta en 1783 le prix à l'académie de l'Immaculée Conception, sur ce sujet : Combien il est intéressant pour la gloire et le bonheur des Français de conserver le caractère national (Li&ieux, 1784, in-8°), et des poésies insérées dans VAlmanach des Muses. P. L.

Htoçr. nomv. d*l Conttmp.

Mtnri ( Gianmaria ) , auteur religieux italien, né ver» 1650, à Venise. Il appartenait à l'ordre de Saint- Dominique. Parmi le* .nombreux ouvrages qu'il a laissés, on remarque : Aborti d'ingegno; Venise, 1674, in-12; — Le Isole fortunate délia religione; ihid., 1679, in-8° ; -la Magia de' Carat leri; ibid., 1682, in-12 ;

— La sacra Lega ; ihid., IC88, in-4" ; — L'Ac* cademia sacro-poUtica ; Milan, 1695, tn-49 ;

— La Penna volante; Venise, 1702-1703, 9. vol. in -8° ; — La Penna pvlitica et La Penna critica ( 1707 et 1716) ; — Le Gemme del Vaticano , panegiricisacri ; ihid., 1705, in-12, etc. Muti vivait enooreen 1716. P.

Kcharri, MM. Prédicat or um, U, 7».

NtJTILPS (C. Papius), un des principaux généraux samnite* dans la guerre sociale ou

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marsiqne ( 90-89 avant J.-C. ). A la tète de la grande armée samnite, il envahit la Campanie , et occupa les principales villes de cette province ; mais il fat repoussé avec une perte de siv mille hommes dans une attaque contre le camp du consul Se\. César, en 90. L'année suivante, chargé de tenir tête à Sylla, qui avait envahi le Samnium, il essuya une défaite complète , reçut une grave blessure et s'enfuit avec peu de monde à Jûsernia. Depuis ce moment il disparaît de l'histoire. Son nom est écrit diversement M ut Uns, Mutilius, Motilus, et Motulus; mais la première forme est la plus j correcte. Appien rapporte qu'un Statius, ancien chef des Samnites, périt *lans les proscriptions du second triumvirat en 43. Ce Statius, après avoir combattu contre les Romains, avait été .admis dans le sénat à cause de sa réputation, de ?a fortune et de sa noble naissance. A l'âge de quatre-vingts ans, il fut inscrit sur la liste fatale, à cause de sa fortune. Comme on ne connaît pas de chef samnite du nom de Statius, Wesse ing avait proposé de lire P a pins dans le texte d'Appien, correction ingénieuse spécialement admise par les éditeurs. Cependant elle n'est point fondée. On lit dans VEpitome de Tite Live au sujet des proscriptions de Sylla : • Un autre proscrit, nommé Motilus, se présente secrètement et la tête voilée derrière la demenre de sa femme, Bastia. Elle le repousse parce que, dit-elle, Mutilus est proscrit. Alors le malheureux se tue, et arrose de son sang la porte de la maison de sa femme. » La grande place donnée à ce proscrit dans le récit de Tite Live semblait prouver que ce Mutilus était un personnage important, et, selon toute probabilité . le chef samnite Papius Mutilus. Cette probabilité admise par M. Mérimée est devenue une certitude depuis que l'on a retrouvé des fragments de l'historien Licinianus qui donnent les deux noms du proscrit et ajoutent quelques traits nouveaux au. récit de Tite Live. L. J.

Appien. BcL CI»., I, 10, 41, So; IV, H. - Omsf, V, 18. — Vellrio* PaUTCula*. Il, »». - lltodorc de Stelk, XXXVII, Bel., I - The Live, EplU-me. M. - UctnUnus, jtntuUium qt'te supersunt ; Berlin, 1857, to-4». — Proftper Mértmee, Hislutrr cU la guerre iocialr.

•wtrris ( Jean ), littérateur, français, né vers 1765, en Bourgogne, mort le 16 mai 1837. Il • venait d'entrer dans les ordres lorsque la révolution eut lieu, et comme il refusa de prêter le serment exigé des ecclésiastiques, il fut forcé de s'expatrier. Rentré à Paris après le 18 brumaire, il travailla à la rédaction de plusieurs journaux, entre autres à celle du Journal des Débats, dont il resta jusqu'en 1816 un des principaux collaborateurs. Vers cette époque, il fut employé dans les bureaux du ministère de l'intérieur à l'examen des écrits politiques. On a de lui, en société avec Salgues et Jondot, un cours d'études sur les principes de l'ordre social, intitulé: La Philosophie rendue à ses trais principes ( Paris, 1801, 2 vol.in-8*) et |

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