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; pion de Tordre , qu'A croyait toujours menacé ,
I se faisant un devoir de préserver la Russie de toute diminution du pouvoir absolu.
Au moment où le grand-duc Nicolas succédait à son frère, l'Europe était en paix et les relations de la cour de Russie avec toutes les puissances de l'Europe étaient faciles et amicales. Toutefois quelques difficultés donnaient lieu à un échange de notes entre la Porte Ottomane et la cour de Russie, qui se plaignait de la violation des articles du traité de Bucbarest relatifs auv privilèges garantis aux principautés de Moldavie, Valachic et Servie. Pour prévenir une rupture, qui aurait troublé la paix de l'Europe, le gouvernement anglais chargea le duc de Wellington de se rendre auprès de l'empereur Nicolas, afin de le disposer à des procédés de conciliation envers la Porte Ottomane. Un autre sujet d'inquiétude, encore plus grave, avait décidé la mission de lord Wellington. Les Grecs s'étaient depuis plusieurs années soulevés contre la domination ottomane. Ils prétendaient se rendre indépendants; l'opinion publique en Angleterre et surtout en France s'était enthousiasmée pour leur cause. Des volontaires partaient pour aller combattre avec les Grecs; des comités s'étaient formés pour leur faire passer des secours. Le gouvernement français encourageait ce mouvement des esprits. C'était pour empêcher la Russie de s'emparer exclusivement du patronage de l'insurrection des Grecs que le cabinet anglais avait donné cette mission au personnage le plus considérable dans la politique européenne. Lord Wellington fut reçu avec tous les honneurs dus à son importance et au grade de feld-marécbal que lui avait donné Alexandre 1". 11 assista aux obsèques de l'empereur Alexandre, dont la dépouille mortelle avait été transportée de Crimée à Pétersbourg. On donna son nom à un régiment de l'armée russe.
La négociation dont le duc de Wellington était chargé ne présenta aucune difficulté. L'empereur l'assura qu'il n'était nullement disposé a se faire le protecteur de l'insurrection des Grecs; qu'il déplorait les ravages que l'armée égyptienne commettait dans la Morée et qu'il était prêt à signer une convention d'après laquelle la Russie, la France et l'Angleterre notifieraient à la Porte Ottomane leur intention de mettre fin à une guerre qui menaçait la population chrétienne d'une extermination totale.
Le duc de Wellington avait donc réussi au delà de ses espérances et peut être de son désir, pour la question grecque. Il eut moins de succès quant aux différends qui pouvaient amener une rupture entre la Russie et la Porte Ottomane. L'empereur lui fit connaître franchement la politique qu'il a suivie pendant tout son règne. Il
j ne voulait pas qu'une affaire enlre lui et la Porte devint européenne et fnt soumise à I interven-
I tiou des autres puissances.
Le 3 septembre 1826, l'empereur Nicolas célébra à Moscou la cérémonie de son couronnemont; les fêtes furent magnifiques. Les ambassadeurs extraordinaires de toutes les puissances assistaient à cette solennité. Immédiatement après le sacre, l'empereur descendit du trône, et s'avança vers sa mère , qui se présentait avec toute la famille impériale pour lui rendre hommage. Il voulait lui baiser la main; l'impératrice le serra dans ses bras, émue jusqu'aux
cruelle, leur désobéissance et leur révolte.
Cependant, les démonstrations des trois puissances se bornaient à l'envoi des flottes, oui étaient d'abord chargées d'empêcher l'armée égyptienne de débarquer dans la Morte, oùMéhémct-Ali l'envoyait au secours des Turcs; nue escadre russe avait été envoyée de la Baltique dans les ports d'Angleterre, puis s'était rendue dans la Méditerranée. Ibrahim Pacha était déjà entré en Morée, et il attendait un renfort que
larmes, ainsi que lui. Constantin, venu exprès devait lui amener une flotte turque. Les amiraux
de Varsovie, assistait à cette solennité
Un traité conclu en f 813, parla médiation de l'Angleterre, entre la Russie et la Perse avait laissé indélcrminée la frontière qui devait être tracée par des commissaires de ces puissances; ou n'était pas encore parvenu à s'accorder lorsque l'empereur Nicolas, pour notifier son avènement et régler la question des limites, envoya le prince Mentchikoff, le même dont la mission à Constanlinople décida vingt-cinq ans après la rupture et la guerre de la Russie avec la Porte Ottomane. Sa mission en Perse eut la guerre pour résultat ; elle fut favorable et glorieuse pour l'armée russe; elle dura plus d'une année, et se
anglais et français lui signifièrent de ne la pas recevoir. De son refus résulta la bataille de Navarin, où la flotte turque fut détruite par le» escadres des puissances alliées. Puis la France, épousant manifestement la cause des Crées, envoya une expédition en Morée, d'où Ibrahim se retira.
L'empereur Nicolas prévoyait et souhaitait peut-être la guerre avec, la Turquie. Le soccé» de ses armes dans la guerre de Perse l'encourageait. D'ailleurs en montant sur le trône il s'était proposé avant tout d'avoir une belle et nombreuse armée. Son gont, ses soins, la pensée que tel était le premier devoir d'un souveraia
termina par un traité qui donna à la Russie les le portaient à en faire sa principale occupation, proviuces d'Eiivan et de Nakitchévan. La pro- Les levées qu'il avait ordonnées inquiétaient teclion que l'Angleterre accordait à la Perse n'a- i l'Europe. L'Angleterre et surtout l'Autriche auvait point décidé l'empereur Nicolas à accepter 1 raient voulu prévenir la guerre; la Franre.au
contraire, sans la désirer, s'applaudissait de voir ses relations avec In Ru&sie devenir plusintirr.es et concevait quelque espérance d'un dédommasement des sacrifices qui lui avaient été imposé*
sa médiation. Il avait voulu imposer la paix, et non l'obtenir; elle lui valut la province d'Érivan et toute la rive gauche de l'Araxe. Au moment où commençait la guerre de
Perse, le traité d'Akcrmann avait mis un terme par les traités de 1815. M. de La Ferronays, qui
avait été longtemps ambassadeur à Pétersboor? et qui avait gagné la confiance bienveillante de
.iux dissentiments qui troublaient les relations de la Porte Ottomane avec la cour de Russie.
Voyant que l'armée russe avait constamment l'empereur, venait d'être nommé ministre des
l'avantage sur les Persans, que l'Autriche et même l'Angleterre ne lui étaient pas assez favorables pour se compromettre avec la Russie, que l'insurrection grecque, encouragée et secourue par la France et l'Angleterre, faisait des progrès menaçants, le divan se résigna : ses plénipotentiaires signèrent un traité conforme aux propositions de la Russie.
Au moment même où ce traité était conclu, il était évident qu'une nouvelle guerre allait éclater.
D'après les articles qui avaient été convenus commença aussitôt, et l'empereur partit un mois
dans les conférences tenues à Pétersbourg, lors de la mission du duede Wellington, les puissances devaient interposer leur médiation entre la Porte Ottomane et les Grecs. Il n'était pas vraisemblable que les conditions qui lui étaient présentées fussent acceptée». — La Grèce devait être un État distinct et séparé de l'empire Ottoman ; la seole dépendance et obligation maintenues devaient consister en un tribu annuel. — Le divan se refusa absolument aux propositions qui lui étaient faites par l'Angleterre, la France et la Russie. En même temps le Grand-Seigneur semblait se préparer à la guerre. Il venait de licencier les
affaires étrangères. M. Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie, était fort mêlé aux affaires intérieures de la France. Ainsi tout contribuait à donner une sorte de popularité à la guerre qui allait commencer; plusieurs officiers français furent même autorisés à servir dans l'armée russe.
Le manifeste, qui ne laissait aucun espoir d'accommodement, fut notifié à toutes les puissances de l'Europe au mois d'avril 1828. La guerre
après. La Moldavie et la Valachie furent d'abord occupées ; la gauche de l'armée se porta sur le* bouches du Danube, dans le dessein de s'emparer du littoral de la mer Noire. L'empereur s? rendit pour presser le siège de Varna, pen tant que la principale force de l'armée assiégéait Silistrie, et trouvait une résistance puissante, éprouvant même quelques échecs. Le siège de Varna fut difficile et coûta cher à l'armée russe. L'empereur, sans être général en chef, dirigeait toutefois les opérations et n'était pas toujours do même avis que les généraux. II en advint qu'un mouvement qu'il avait ordonné eut un résultat
janissaires et de réprimer, avec une énergie i regrettable. Il comprit que la présence du
rain a une armée qu'il ne commande pas n'est pas utile |K>ur le succès. Aussitôt après la prise de Varna, il s'embarqua pour Odessa. Une tempête terrible, tellequ'il s'en élève quelquefoisdans la mer Noire, le mit en grand danger pendant plusieurs heures. Aussitôt après avoir débarqué , il retourna à Pétersbourg.
La campagne de 1828 n'avait pas eu le succès qu'avait espéré l'empereur. L'armée russe avait rencontré |>artout une résistance qu'elle n'avait pu vaincre ; elle avait même éprouvé quelques échecs. La prise de Varna était le seul résultat dont on pouvait se féliciter. L'Europe attentive à cette guerre avait reconnu que la puissance militaire de la Russie n'était réellement pas telle qu'elle le paraissait. L'Autriche, qui prenait un grand intérêt à l'Empire Ottoman, avait laissé voir la satisfaction que lui donnait sa résistance h l'invasion des armées russes. L'empereur Nicolas ne prit point part à la campagne de 1829. Il se rendit dans le mois de mai à Varsovie, où il fut couronné roi de Pologne. Son frère Constantin était resté commandant de l'armée polonaise et chef du conseil d'administration. Les cérémonies furent pompeuses; l'empereur fut accueilli avec enthousiasme par la population; mais il ne fit point cesser le régime dictatorial qui supprimait provisoirement les garanties constitutionnelles. Il ne voulut pas convoquer la diète, et l'armée polonaise, tonte brillante qu'elle était, n'obtint pas, comme elle le désirait, de prendre part à la guerre contre les Turcs.
La campagne de 1829 fut une série de victoires , soit en Asie, soit en Europe. Le général Diebitsch, qui avait été appelé au commande-, ment de l'armée de Bulgarie, passa les Balkans par les défilés voisins de la mer Noire. Des renforts lui furent envoyés par mer. Le théâtre de la guerre fut donc transporté en arrière de l'armée turque , qui défendait les passages des Balkans. Après quelques combats le général Diebitsch s'empara d'Andrinople. Constantinoplc était menacé de près. Mais la principale armée turque était en arrière de l'armée de Diebitsch. La position était donc dangereuse; heureusement le divan, craignant de voir les Russes entrer à Constantinople, envoya des né- i rains. gociateurs pour proposer la paix. L'empereur ! Bientôt avait aussi donné l'ordre de traiter aussitôt que des propositions seraient faites. Ses instructions n'étaient pas exigeantes : la fortune de la gu"Te pouvait changer; ses armées étaient dé-
toutes les nations. Les garanties données par les traités précédents, à la Servie et aux principautés danubiennes, furent continuées. Cette modération du vainqueur était plus apparente que réelle; il était évident que la Turquie n'était plus en état de résister à la puissance russe , qu'elle allait passer presque à un état de vassalité et que désormais la Russie aurait la prétention d'exercer une influence prépondérante sur la Porte Ottomane, et d'écarter l'intervention des puissances européennes dans toutes les questions qui intéresseraient la Turquie. Les relations de la Russie avec la France restaient les mêmes, et la paix d'Andrinople n'y causait ni regrets ni inquiétudes. L'expédition d'Alger avait été annoncée d'avance à l'empereur Nicolas , et il avait proposé d'y coopérer.
Mais bientôt tout changea et l'Europe n'eut d'autre préoccupation que la révolution qui avait élevé le duc d'Orléans sur le trône de France. Tous les souverains, sans retard ni hésitation, reconnurent le roi Louis-Philippe ; ils comprirent que c'était le seul moyen de maintenir l'ordre public en France, de garantir l'Europe de la propagande révolutionnaire et peut-être de la préserver d'une guerre formidable. Telle ne fut pas la pensée de l'empereur Nicolas. Son ambassadeur, Pozzo di Ûorgo, avait le premier, dans le corps diplomatique, regardé comme indispensable et urgente une démarche qui indiquerait l'assentiment des souverains. Il ne fut pas désavoué par sa cour ; mais de ce jour il perdit toute la confiance de son empereur. Le souvenir toujours présent de la sédition qui, lors de son avènement , avait mis en péril sa couronne et sa vie , lui rendait odieuse toute révolution ; d'ailleurs il n'avait jamais ces-e de s'applaudir de la preuve qu'il avait donnée de son respect pour la légitimité, et ne voulait pas voir que lui aussi régnait par la nécessité des circonstances et non pas par la stricte observance de la loi de succession. Il répondit à la lettre par laquelle le roi Louis-Philippe lui annonçait son avènement, en ne lui donnant pas le titre de frère ; il ne lui communiqua jamais les événements de famille , ainsi que cela se pratique entre souve-
après
l'insurrection des Polonais vint accroître encore son horreur des révolutions. Ce fut l'époque la plus affligeante de sa vie. Les succès qu'obtinrent d'abord les Pololonais, l'intérêt que leur témoignait la France
rimées par la peste; il lui importait de ne pas l'irritèrent et parfois le mirent en doute sur Fis-
augmenter la malveillance et l'inquiétude des sue défmitrve de cette guerre. Lorsqu'il apprit la
puissances européennes et surtout de l'Autriche, , victoire du prince Paskewitch et la prise de
qui ne voulaient pas que l'empire Ottoman fnl Varsovie, il se jeta à genoux pour remercier
conquis ou mis sous le joug de la Russie. Les Dieu. Dès lors il soumit la Pologne i un gou-
plénipotentiaires russes ne demandèrent ^ws vernement absolu et arbitraire, supprima toutes
d'autre accroissement de territoire que le littoral les garanties qu'avait accordées la constitution
oriental de la mer Noire et les forteresses qui le donnée par l'empereur Alexandre, et se prit
défendent. Ils stipulèrent que les Dardanelles se-, de haine contre les Polonais,
raient ouvertes aux bâtiments de commerce de , Les séquestres, les confiscations, les deporta-