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l'accablaient pas. Il ne montrait aucune inquiétude Seulement il répétait les paroles qu'il disait assez souvent , même en pleine santé : « On ne vit pas vieux dans ma famille. >
Au mois de janvier 1855, il fui prisdecetteaffectîon des voies aériennes qu'on appelle la grippe. Un jour où il se trouvait mieux, il voulut aller inspecter des troupes qui devaient partir pour la Crimée. Ses médecins s'y opposèrent. — « Vous n'y feriez pas attention, leur dit-il, si je n'étais qu'un soldat malade. » — « Sire, lui répondît-on, nous ne laisserions pas sortir de l'hôpital un simple soldat.» — « Cest bien, répliqua l'empereur, vous faites votre devoir; je vais faire le mien. >» — Le mal s'aggrava; on constata qu'un côte du poumon était engagé. Le 1 1 février il se mit au lit : il ne devait pas s'en relever ; mais il continua à s'occuper des affaires. Le 17 les médecins avertirent le grand-duc héritier que le danger était imminent. Il le dit à sa mère, qui crut de son devoir d'en prévenir le malade. — * Mon ami, ditelle, vous n'avez (tas pu communier avec nous, pourquoi ne le feriez -nous pas aujourd'hui ? » — Il répondit qu'il ne voulait pas communier au
lit et qu'il ne pouvait pas se lever « Suis-je
donc si mal ? » ajouta-t-il. Toutefois il s'acquitta de ce devoir. — « Quand je vous vis pour la première fois, diWl à l'impératrice, mon cnîur me dit : * Voici ton ange gardien, et cette propliétie est accomplie. « — Puis ils récitèrent ensemble des prières. — « N'avez- vous pas, lui dit-elle, pardonné à vos ennemis? — « Oui, répondit-il , mais pas à tous. ■ Elle savait à quel point il était exaspéré contre l'empereur d'Autriche , qu'il avait si efficacement secouru lors de la révolte de Hongrie, et qui venait de s'allier contre lui avec ta France et l 'Angleterre.
— Elle insista. « Dieu veut qu'on pardonne à tous. »
— « Eh bien, soit, répondit-il, je lui pardonne. » A deux heures du matin le médecin en qui
il avait le plus de contiance se décida à lui apprendre toute la vérité. Il lui dit : « Ne voud riez- vous pas voir votre confesseur? Il viendrait prier pour votre rétablissement. » — « Est-ce que je vais mourir?» dit l'empereur, sans se troubler. — • Oui, » lui dît le médecin en fondant en larmes. — « Et vous avez le courage de me signifier ainsi mon arrêt de mort ? « — - J 'obéis, répondit le. médecin, à l'ordre qne vous m'en avez donné avant votre maladie. • — L'empereur lui tendit ta main , et lui dit : Merci. » — L'expression de son visage ne changea pas. Son pouls ne varia point; il se soumet tait docilement à la volonté de Dieu. Il fit appeler ses enfant*, mais voulut épargner cette douleur à l'impératrice ; elle vint , soutenue par un religieux courage, elle lui prit la main; il reçut ks sacrements , récita les prières des agonisants , ajoutant — : - Je prie Dieu qu'il m'accueille dans son sein »; puis il ordonna que le télégraphe transmit aux grandes villes de l'empire ces simples roots : « L'empereur se meurt ». Il régla ses obsèques ,