NABONASSAR
aux Tyriens. De retour dans sa capitale, Nabokodrossor se reposa de ses conquêtes, qui lui valurent d'être comparé à Hercule par Mégasthène; il apporta tous ses soins à orner Babylone de magnifiques édifices; ce fut lui, probablement, qui y construisit les jardins suspendus si fameux dans l'antiquité. Dès 586 il avait fait élever dans la plaine de Dura une idole en or, haute de soixante coudées; trois jeunes Hébreux, Ananias, Azarias et Misaël, qui avaient refusé d'adorer cette statue, furent jetés darw une fournaise ardente; ils en sortit en l sans avoir été atteints du feu; à la vue de ce miracle, le roi défendit de mal parler du Dieu des Hébreux. En 569, enivré de sa toute-puissance, il perdit tout à coup la rai ion ; s'imaginant être une bête fauve, il s'enfuit dans les champ*, et alla jusqu'à y brouter l'herbe. Ses ongles s'allongèrent , et ressemblaient à des griffes ; son corps se couvrit de poils, et le roi des rois, cramt naguère dans toute l'Asie, ne garda presque plus rien de la figure humaine. Sa folie, pendant laquelle son fils Évilmérodach fut investi du gouvernement, dura sept ans ; il en guérit enfin en 563, et reprit possession de son trône. 11 mourut l'année suivante, après avoir porté l'empire chaldéen au point culminant de sa prospérité. O.
Mérose. — Jéréœie. — Ezéchld. - Les Boit. — Flavius Joscpbe.
nabox assar ( NapWootfo; ), roi de Babylone, vivait vers le milieu du huitième siècle avant J.-C. Il est célèbre par l'ère chronologique qoi porte son nom et qui a donné lieu à d'interminables discussions. On pense généralement que cette ère se lie à quelque grand événement de l'empire babylonien ; mais cet événement est impossible à déterminer dans l'étal d'ignorance où nous sommes touchant l'empire d'Assyrie, et l'empire babylonien ou chaldéen. 11 est probable que le royaume de Babylone ne devint conquérant qu'à partir du règne de Nebukaduezar (Nabuchodonosor), en 604 avant J.-C. Jusqu'à cette époque les rois de Babylone dépendaient des princes assyriens et agissaient souvent comme leurs vice-rois et leurs satrapes. Il faut remarquer toutefois que l'étroite sujétion de Babylone ne commença que du temps du roi assyrien Asarhaddon, qui imposa aux Baby loniens son fils comme vice-roi. Il est donc probable que NalxMiassar ne relevait pas de l'Assyrie. Quelques chronologistes pensent que l'ère de Nabonassar se rapporte au renversement de la suzeraineté des Assy riens et à l'établissement d'une dynastie babylonienne indépendante.
L'ère de Nabonassar fut employée dans les tables des astronomes anciens, où elle tient; la même place que l'ère des olympiades dans l'histoire politique. Elle marque le point de départ de la chronologie babylonienne. Les Grecs d'Alexandrie , Hipparqne , Bérose et Ptolémée l'adoptèrent, et les chronologistes modernes ont pn la rattacher à l'ère chrétienne au moy en des
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phénomènes célestes qui, selon Ptotèmée, concordèrent avec l'avénemcnt de Nabonassar. Le commencement de celte ère a été fixé au 26 février 747 avant J.-C. ; les années qui la composent sont des années vagues de trois cent soixante-cinq jours, sans intercalation à la quatrième année, ce qui produit une année en plus sûr quatorze cent soixante années juliennes. Y.
Sealljfer. fie Emtnd Temp., p. 35». - Roscnmullrr. Biblic Ceography of Central Alia . »ol. Il, p. 41, de la trad. aoirUlae. — Clinton, ratti /ultenici, vol. I. p «78.
iiABOPOLAtfSAK, roi de Babylonie, mort en 605 avant l'ère chrétienne. Il n'était d'abord que simple satrape du roi d'Assyrie Sarak ou Snrdanapale. En 625 il fut chargé d'arrêter l'invasion des Scythes dans la Babylonie, pays qui, après avoir réussi à s'affranchir de la domination assyrienne, y était retombé depuis plusieurs années. Au heu de combattre les Scythes , il s'entendit avec eux , se lit proclamer roi de Babylonie, et se maintint par les armes contre son ancien souverain. Plus tard il s'allia avec Cyaxare, roi desMèdes, pour partager le royaume d'Assyrie. Après avoir, dans deux batailles, vaincu l'armée de Sarak , ils cernèrent Ninive ; comme on ne connaissait pas encore les machmes de j siège, l'ennnemi ne put entamer les remparts gigantesques de cette ville; elle ne fut prisequ'après un siège de pins de deux ans , lorsque l'Euphrate à la suite d'une crue extraordinaire eut détruit le mur d'enceinte dans une étendue de plus de vingt stades. C'est alors que Sarak, pour ne pas tomber aux mains de ses ennemis , dressa dans son palais un immense bûcher, où furent entassés tous ses trésors, et qu'il s'y fit brûler avec toutes ses femmes Si l'on admettait, avec | M. de Saulcy, que ta prise de Ninive dont parle Ctésias est la même que celle qui nous occupe , Ndbo|>olassar aurait , après la destruction complète de la ville, obtenu, par ruse, de son allié que les décombres de ce bûcher lui tussent attribués. Le roi mède, apprenant plus tard quelles masses d'or et d'argent y avaient été trouvées, en aurait d'abord conçu une violente colère, mais il se serait ensuite affeisé. Ce qui est certain , c'est que les deux princes se partagèrent les États assyriens, en prenant le Tigre pour ligne de démarcation (l). Sur ces entrefaites le roi d'Egypte Nechao avait conquis une partie de la Syrie et s'était avancé jusqu'à ta forteresse de Karkemisch, dont il s'était emparé. Nabopolassar, désirant acquérir une puissante marine, résolut d'arracher cette province anx Egyptiens; empêché par l'âge de marcher luimême contre eux , il en chargea son jeune fils Nabokodrossor ( voy. ce nom ). Il mourut avant la fin de la guerre. O.
Diodorc de Sicile — Rérose. — Bosebe, Chrontam». — Alexandre Pottbistor. — Saule?, Htckerehet sur ta
{« Au milieu des alertions contradictoires des historiens. Il est Impossible de préciser la date de la chute de Mnlve ; en Uut cas elle est poster Icare a fis et antérieure a COS.
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chronologie des rm pires de Ninive, de fiabylons et dhlctabane. - Hocfcr, La Phenlcie. ta Babylonie et r.ltsyrte.
NACCMAXTi (Gmcamo), en latin Xaclan- /«$, théologien italien, né à Florence, mort le 24 avril l»69. Religieux dominicain, il professa la théologie à Rome, et fut créé, en 1541, évêque de Chioggia, dans l'État de Venise. Il assista en cette qualité au concile de Trente, et s'y distingua autant par son savoir que par sa soumission à rétracter quelques opinions assez libres qu'il avait avancées. Nous citerons de lui : Script urxsacrx medulla; Venise, 1561, in-4";
— Enarrationes in Epistolam Pattli ad Ephesios, in maximum pontifuatum, etc.; Venise, 1570, 2 vol. in-8*; — Dïgrrssiones et Tractationes ; Venise, 1657, 2 vol. in -fol. P.
tJghelII, Itnlia utero. — Kchard, Script, ord. Prédicat., I. — uhilint, Thtatnt (ffimomini teittratL
nachbt ( Louis- fsidore), pharmacien français, né à Laon, en 1755. mort en 1832. FiU d'un médecin, il vint à Paris (aire set études scientifiques. Après de bons examens, il fut nommé prévôt du Collège de Pharmacie. Il s'établit alors dans la capitale, et joignit à son officine d'apothicaire une fabrique de produits pharmaceutiques. Nachet fut un des premiers praticiens appelés à professer lors de la création de l'École de Pharmacie; il remplit ses fonctions durant trente années. Il a fourni des articles au Dictionnaire des sciences médicales , au Journal général de médecine; au Journal de pharmacie ;et a laissé quelques traités sur le beurre ( on chlorure ) d'an timdine ; sur Vémétique; sur les élhers; sur le kermès minéral, ou poudre des Chartreux ( oxysulfurc d'antimoine hydraté) ; sur le soufre doré a" antimoine, etc. L — z — k.
V-f. Mérat, Journal de pharmaciê, t Xvifl, p. «as. kacbmax (Moïse m-j, célèbre rabbin espagnol, né à Girone, en 1 194, mort à Jérusalem, vent la fin du treizième siècle. Il étudia d'abord la médecine, et pratiqua son art avec beaucoup de succès; il s'appliqua ensuite à approfondir le Talmud, et devint très-versé dans la science de la cabale. Aussi (ut il appelé en 1 263 par le roi Jacques d'Aragon à di-cuter avec les dominicains Paul Christiani et Raimood Martin sur la question de la venue du Messie; dans les actes de cette dispute, rédigés par lui et insérés, mais très-fautivement, dans les Tela tgnea Satanx, il s'attribue une victoire complète snr ses adversaires; Fr. Bosquet, évoque de Lodève, dans une lettre mise en tète du Pugio fidei, assure que Nachman fut réduit au silence. Plus tard Nachman se retira à Jérusalem, où il construisit une synagogue. On a de- lui : Brur hal attora, $eu Expositio legis ; Naples, 1490, in fol. ; Venise, 1545, in-fol.; Cracovie, 1587, in-fol. ; — Lex hominis ; Constantinople, 1519; Venise, t598, in-4tt; — Animadversiones in Maimonidx Jad Chadzka; Constantinopl', 1510, in-4"; — Commentarius in Jobu/n; Xc-
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nise, lâf S, in-4"; — Responsa legalia ; Venise,
1523, in 4°; — Ighereth Kakkodesch, Epistola sanclifatis; Rome, 1546, Cracovic, 1594, in-12; — FonsJacobi; Venise, 1647;— Mitmot h Jehova, Bella Domini, à la suite des Opéra d'Alpbès; Venise, 1552, en faveur duquel cet ouvrage est écrit; — Sepher Jezira ; Mantoue, 15G2, in-8°; — Lilium secretorum ; Venise, 1590, in-4*; — Novellx expositiones tn Bava Bathra ; Venise, 1623, in-4"; — Schaar fiagemul, Porta rétribution is ; Cra- 4-ovîe, 1648 ; on cite aussi une édition de Naples, 1500, et une autre de Venise, 1601 ; — plusieurs autres écrits religieux et philosophiques , dont quelques uns sont restés inédits. O.
SrrpUbu, MblUcke ScnbenUn, t VU. - WoNf. Bibtiottoxa hebraica. — fioul , Bibliotheca judaica.
kachtgall (Otlomar),ea latin Lxucinius, humaniste allemand, né à Strasbourg, vers 1487, mort vers 1535. Apres avoir étudié les belles* lettres et la jurisprudence à Paris, à Louvuin, à Padoue et à Vienne, il visita une grande partie des États de l'Europe, notamment la Hongrie et l'Italie, ainsi que plusieurs contrées de l'Asie. Dans l'intervalle il entra dans les ordres; de retour en Allemagne, il prêcha dans divers endroits, »*ntre autres à Augsbourg, où il se lia avec le unieux Geiler de Kaisersberg. En 1514 il revint dans sa ville natale ; pendant plusieurs années il y donna des leçons de grec, langue qu'il fut appelé, en 1522, à enseigner au couvent de Saint- Ulric à Augsbourg. Les sermons qu'il prononça dans cette ville contre les doctrines de Luther loi firent, en 1528, interdire la chaire; l'année suivante H se fixa à Fribourg en Brisgau, où il continua à prêcher contre la réforme. Nachtgall, renommé auprès de ses contemporains pour ses connaissances étendues et variées, était d'une humeur très-satirique ; Érasme et Hutten notamment furent l'objet de ses plaisanteries mordantes. On a de lui : Carmen hero'tcttm grxcum quo J. Geileri Kaisersbergii obitum décantât ; Strasbourg, 1510, ia-4°; — Institutiones musicx ; Strasbourg, 15l5et 1536, in-4°; Augsbourg, 1542, in-4°; — Progymnasmata grxcx litteraturx ; Strasbourg, 1517 et 1523, in-ï° ; — Grunnius sophista, sive Pelagus Aumanx miserix, quo docetur utrius natura ad virtutcm et felicitatem propius accédât, . lèominis an bruit animant**; Strasbourg, 1522, ûv8* (vog. Scbelhorn, Amœnitates litterarix, t. X ) ; — Evanyelica Historia, e gra co versa; Augsbourg, 1523, in-40. Nachtgall a donné lui-même une traduction allemande de cette concordance des Évangiles, due à Tatien , Augsbourg, 1524, in- 8° ; l'année suivante il publia en allemand une autre concordance, arrangée par lui-même ; — Jaci et sales ; Augsbourg,
1524, in -8°, Francfort, 1602, in-8° : recueil de contes, dont plusieurs assez licencieux. Nachtgall a aussi publié des éditions de Martial, I de Lucien, d'Aulu Gelle, de plusieurs dialogues |
— NADAL lio de Plutarqùe, etc. ; enfin, il a donné une traduction allemande des Psaumes de David ; Augsbourg, 1524, in-4". O.
Schelhorn, JmaaUaies UiterurUe, t. VI, p. MA. - Nlccron, Vrmoires. t. XXXII. Hruckcr, MUccllanea.
— Rotermund, Supplrment à Jôcher.
NADAL (Augustin), littérateur français, né en 1664, à Poitiers, où il est mort, lé 7 août 1740. Son père était un marchand passementier. Après avoir terminé ses études, il vint à Paris, et obtint l'emploi de précepteur dan» la maison du marquis d*Étampes, capitaine des gardes de Monsieur, frère du roi. Quelques pièces de vers et la tragédie de Soûl, qui eut du succès, suffiront pour le faire admettre, en 1706, dans l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il n'avait guère avancé sa fortune lorsqu'il rencontra dans le duc d'Aumont un véritable Mécène, qui lui donna, en 1708, la place que remplissait auprès de lui le poète La Fosse, celle de secrétaire de la province du Boulonuois. En 1712, il accompagna ce seigneur, nommé ambassadeur auprès de la reine Anne pour la paix d'Utrecht, et, en récompense de ses services, il fut pourvu, en 1716, de l'abbaye de Doudeauville en Boulonnois. Un peu après la mort de son protecteur, il retourna à Poitiers. L'Académie de musique, qui s'était établie dans cette ville sous les auspices de Le Nain, intendant de la province, (ni donna lieu d'écrire plusieurs morceaux pour être chantés dans les fêtes ; s'il eût eu plus d'égard à conserver sa réputation qu'à sacrifier à son gont, il aurait supprimé presque tout ce qu'il a Tait à cette époque, n fut inhumé dans l'église de Saint-Cybarl, et c'est d'après son épitaphe que nous avons indiqué son âge, qu'il avait toujours eu la faiblesse de cacher. L'abbé Nadal est uu poëte médiocre et un prosateur ampoulé. On trouve dans ses tragédies de rares beautés, que déparent de nombreux défauts et une versification souvent lâche et embarrassée. Ses écrits de morale et de critique donnent une idée plus avantageuse de son esprit et de son savoir, sinon de son bon goût. On a de lai : Saùl, tragédie (jouée le 25 février 1705); Paris, 1705, 1731, in-t? : la seule de ses pièces qui soit restée pendant quelque temps an théâtre ;
— Le Nouveau Mercure (janv. 1708 à mars 1709, janvier à mal 1711 ) ; Trévoux. 1708-1711, 8 vol. in- 12; le plan de ce journal, entrepris avec Piganiol de La Force , était le même que celui du Mercure galant : historiettes, dissertations, pièces fugitives en vers et en prose , nouvelles du mois, etc. ; — Hérode, tragédie (15 février 1709); Paris, 1709, in-12 : on s'efforçâ d'y voir contre la cour des allusions satiriques, qui étaient bien loin de la pensée de l'auteur; — Antiochus,ou les Machabées, tragédie (16 décembre 1722); Parts, 1723, in-12;
— Mariamne, tragédie ( 15 février 1725) ; Paris, 1725, iu-12; — Observations critiques sur la tragédie <f Hérode et Mariamne de M. de Vm