‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 50 sur 206 · ER 17C · texte numérisé non relu

ER 17C

ut prxlibatio prius usut et rei utilitale, caetera aut mugis placcant posthxc edenda, aut minus sait e m dtspliceant sitentio sepulta. Prxstolor enim erudilorum de hts judicium et censurant, priusquam extera in lucem lemere prolala lividorum detractationi expo- I nantur. Napier étant mort en 1617, ce fut son fils Robert qui, en 1619, publia l'explication promise par son père. Cette seconde édition porte | pour titre : Mirifici Logarithmorum Cunonit

I descriptio explicatio. Accesserunt opéra

posthuma : Primo, Mirifici ipsius Canonis construclio et logarithmorum ad naturales ipsorum numéros habitudines. Secundo, Ap> pendix de alta, eaque prastentiora logarithmorum specte construendis. Tertio, Propositions quxdam eminentissimx, ad triangula sphxrica mira faciltlale resolv<ndu; Authore, etc. ( Edimbourg, in-4*). En comprenant les Opéra poslhuma, l'ouvrage renferme trois livres. Le premier contient cinq chapitres consacrés aux définitions, aux propriétés des logarithmes, à la description des tables, à leur usage et a des exemples. Le second livre ( De Canonis mirifici logarithmorum prxclaro usu in trigonometna) esl divisé en six chapitres : on trouve dans le sixième les formules de trigonométrie sphérique qui portent le nom d'Analogies de ÏSeper,

Les Opéra posthuma, que précède une préface de Robert Napier, ont pour litre particulier: Mirifici Logarithmorum Canonis construclio una cum appendice de alia atque prxstantiore logarithmorum specte condenda, quibus accessere propositions ad triangula sphxrica faciliore calculo resotvenda : Una cum annotât ionibus aliquot doctisstmi D. Itenrici Briggii (1), in eas et memoratam appendierm. La manière dont Napier euvisage les logarithmes offre une certaine analogie avec celle dont Newton considère la génération de ses fluxions. Il exécute très-simplement le calcul des progressions qui lui sont nécessaires. Du reste, Napier ne s'occupe que des logarithmes des lignes trigonométriques. Dans son système, le logarithme du 6inus de zéro est l'infini positif, celui du sinus de 45° est nul ; enfin, pour l'arc de 90° le logarithme du sinus esl l'infini négatif. On voit donc que ce système n'est pas le système particulier de logarithmes hyperboliques auquel on applique, depuis Lacroix, le nom de logarithmes népériens.

Napier a encore publié : Rabdologix (2) seu numeralionis per virgules libri duo : cum appendice de expeditisstmo multiplications promptuario, quibus accessit et arithmeticx

(1) A peine Napier rot-H publié son premier ouvrage qur Bngg* alla le trouver a Kdi ni bourg et lui proposa de changer «on »y*leme oe logarithmes et de prendre 1» ba<e 10, adoptée aujourd'hui pour Ici logarithme» tulgairrs.

(î) l)c fiSSo;, tacUlw.

NAPIER

localis liber unus (Edimbourg, 1617, in-12). ■ traitement comme un outrage et une injustice,

On y trouve la description de l'instrument à calculer appelé bâtons de Neper. Dans la dédicace, Napier parle des logarithmes vulgaires, dont il espère que Briggs construira les tables.

E. Merueux.

et le souvenir s'en est conservé dans ses lettres. En 1838 et 1X39, il commanda le district militaire du nord de l'Angleterre, et ayant été nommé major général, il fut envoyé dan3 l'Inde , pour commander l'armée du Bengale (1841). Ce fut un moment décisif dans sa carrière. A Bombay, il attira l'attention par ses plans éner- ; giques de réforme militaire, et il continua de s'en occuper jusqu'à la nomination de lord Ellenborough comme gouverneur général de l'Inde. L'arrivée du gouverneur lui ouvrit un large napier (Sir Charles-James ), général an- ! champ d'activité. Il fut invité à faire le plan

Montocla. llittoire dtt Mathématique t. — Ma^errc, SeriptoreM logantkmiei ( Londres . 1191 ) — Delambre, llttloirt de F astronomie mtxterne, I, 491 et srq — Mark 5«p»rr, Mcmoirt of lohn Napier of Merchiston, etc. (Kdlmbounr. MSi, lo-8* de M» panes). — Btot. Journal ta sa> ani» i année 18». p. Ul t6t, tS7 ro). — Terqoem, NouceUe$ Annales de mathématiqua, XIV, tSU.

glais, né le 10 août 1782, en Irlande, mort le 29 août 1863 , près de Portsmouth 11 était fils aîné du colonel Georges Napier, contrôleur des comptes en Irlande, et de lady Sara h Lennox, fille du duc de Richmond (voir ci-après sir William ). Après quelques études faites sous les yeux de

d'une campagne dans l'Afghanistan. A cette époque, il y avait une grande confusion dans le Scinde, et les désastres de Caboul avaient fort affaibli l'influence et le prestige des Anglais. Les Ameers du Scinde étaient perfides, et comme ils ne respectaient aucun traité, il fut résolu de

son frère, il entra à douze ans comme enseigne les subjuguer par la force. Les plans de Napier

dans le 22e régiment de ligne, et fit un service actif lors de l'insurrection de l'Irlande en 1798 et en 1803. Ayant obtenu une commission , il passa en Espagne en 1808. Il commandait le âO' régiment de ligne pendant la terrible retraite tur La Corogne sous John Moore, y reçut cinq

étaient hardû et nouveaux, et son tact ainsi que sa vigueur militaire en assurèrent le succès. Il em|>or(a la forteresse d'Emaum Ghur, qu'on avait toujours regardée comme imprenable. Wellington en parlait comme d'un exploit des

plus curieux et des plus extraordinaires. Pro» blessures et fut fait prisonnier. Son état était tel fitant de ses avantages, Napier s'avança hardi* qu'il obtint la faveur de se rendre en Angleterre, ment, malgré le petit nombre de ses troupes,

Il y trouva ses parents en deuil , à l'occasion de la nouvelle de sa mort , et en possession de l'administration de ses biens. Forcé à l'inaction pour se faire traiter, il emptoya ses loisirs à écrire sur les colonies, les lois militaires et l'étal de l'Irlande. Se jugeant suffisamment rétabli, il rejoignit l'armée anglaise dans la Péninsule comme volontaire (1809). Il avait un malheur particulier dans presque foutes les actions. A Coa, il eut

et a Meeanee il mit en déroule les Ameers ( février l>43). En quelques jours l'armée prit possession de Hyderahad, et ayant surpris, par une habile manoeuvre, Shere Mohammed (surnommé le Lion ) , il le chassa devant lui , après avoir fait un grand carnage des ennemis. Devenu maître de ce beau territoire, il se mit avec ardeur au travail d'organisation civile et politique. Il partagea les indigènes dans des classes, réor-

deux chevaux tués sous lui; à Busaco, il reçut ganisa les collections détaxes, améliora les lois une balle qui, pénétrant au côté droit du nez, ; existantes, abolit le système des suttees, et

traversa la mâchoire à gauche et en brisa l'os en fragments. Il prit part à la bataille acharnée de Fuentes de Onoro, au second siège de Badajoz, ainsi qu'à beaucoup d 'actions moins importantes. En 1813, on le trouve servant à bord des navires qui surveillaient la côte des États-Unis,

mit la tenure des terres sur un pied plus équitable et plus judicieux. Pendant qu'il citait occupé de ces réformes , lord Ellenborough fut rappelé par la Compagnie. Napier fut extrêmement sensible à cette sorte de disgrâce ; il sentait qu'il perdait un ami et un protecteur. En

et employant son temps à capturer les navires | 1847 il revint en Angleterre, et y fut reçu avec

américains et à faire de fréquentes descentes. Il revint en Europe quelques jours trop tard pour se trouver à la bataille Je Waterloo; ■ mais il prit part à l'assaut de Cambrai , et accompagna l'armée anglaise à Paris. Peu après, il fut nommé gouverneur de Céphatonie (Iles Ioniennes), et c'est là que ses talents administratifs commencèrent à se développer. Il paraît qu'il se lit aimer de ses administrés , car jusipa'au jour de sa mort ceux-ci lui donnaient le nom de père, et lui envoyaient tous les ans le meilleur de leurs vins. Toutefois, il ne garda pas

un vif enthousiasme. Ses victoires et son administration dans le Scinde avaient donné un grand éclat à sa réputation. La victoire douteuse de Chillianwallah, dans la campagne contre les Sikhs, produisit en Angleterre une vive sensation mêlée d'inquiétudes. L'opinion alarmée demandait l'envoi d'un général énergique et expérimenté. Wellington pressa Napier de retourner dans l'Inde. Celui-ci avait soixante-six ans ; de plus, il n'avait pas oublié certains griefs. Cependant il céda aux représentations du vieux général, et s'embarqua pour l'Inde (mars |H49).

poste de longues années, et se vit remplacé Heureusement, à son arrivée à Bombay, il trouva

brusquement. C'était sans doute par suite d'un l'état des choses amélioré , et ses talents mili-

eonflit- d'autorité avec ses supérieurs et de son ' taires n'étaient plus d'une pressante nécessité,

caractère violent et rude. Mais il regarda ce ! Mais son esprit était trop ardent et trop actif

Francis - Patrick), général et historien militaire anglais, frère du prévient, naquit en 1785, à Castleb.wn ( Irlande », et mourut le . Il était le troisième (ils du colonel Georges Papier, par sa seconde femme, lady Sarah Leunox, fille du duc de Riclimond , et épouse divorcée de sir Charles Runhury. A quinze ans, William Napier entra au service comme enseigne, devint promptemenl lieutenant, et fut nommé capitaine en juin 180t. Il servit au siège de Copenhague et prit part à la bataille de Kioge (1807). L'année suivante, il passa dans la Péninsule , et fit sous Moore et sous Wellington toutes les campagnes jusqu'à la dernière en 1814. Il prit part à plusieurs actions acharnées, et fut deux ou trois fois grièvement blessé. Ses services furent récompensés par

179 KAPIKR pour rester sans rien faire II s'occupa d'un sys- KAPIER (Sir William tème de réformes inilrt;n*i t s. Il voy.ut avec peine, et non sans inquiétude, le lu\e, la vie molle et les folies dépenses des officiers anglais; il aurait voulu les ramener a des habitudes plus sévères. Ses plans furent assez mal accueillis, et il se trouva en conllit d'autorité avec lord Dallmu* sie , gouverneur général. Napier s'imaginait de bonne foi que lui seul avait la capacité nécessaire (jour gouverner l'Inde; il ambitionnait le pouvoir politique, et de là des froissements avec son supérieur. Il avait on traitement magnifique, 17,000 liv. st. (425,000 fr. ) Dansson dépit, il offrit plus d'une fois sa démission, et quand elle eut été acceptée il se plaignit amèrement que la jalousie et les intrigues de lord Dalhousie lui eussent fait perdre les avantages de sa position : non pas que personnellement il eut des promotions et par des médailles en or, d'arl'amour de l'argent, mais il s'inquiétait pour l'a- gent (à deux et trois agrafes). En 1828 il corn venir de sa famille. Il revint en Angleterre en mença la publication «le son Histoire (if la 1850. Sa santé et ses forces déclinèrent rapide- ' guerre dans la Péninsule et le midi de la ment. 11 se montra en public pour la dernière France (1807 à 1814). Les volumes ont paru fois aux. funérailles de son ami et protecteur le successivement, et l'ouvrage n'a été complété duc de Wellington, et mourut d'épuisement à qu'en 1840 (G vol., in-8'). Colonel depuis 1*30, Oaklands, «a maison de campagne, près de il fut nommé major général en novembre 184 1, Portsmouth, à la fin d'août 1853. Une statue en et de 1842 à 1848 il fut lieutenant gouverneur bronze a été élevée par souscription dans Tra- de l'Ile de Guernesey. En 1845 il publia la Confalgar-Square au conquérant du Scinde. quête du Scinde, deux parties. Il fut nommé

Sir Charles Napier avait été marié deux fois; il lieutenant général en I 851 , et mis à la tète du 22' n'a laissé que des filles. Son frère sir Wtlliam régiment de ligne en 1853. Deux ans auparaa publié en 1857 La Vie et les opinions de sir Vant il avait publié 1' Histoire de Vadminis- Charlfs L'objet du livro est de glorifier le héros tra t ion dans le Scinde du général sir Charles et l'administrateur. On y trouve des renseigne- papier, avec planches et illustrations; et en menls d'un grand intérêt pour l'histoire; mais \^ j| donna un volume sur Les Batailles et les Revues anglaises ont critiqué sévèrement le les Sièges des Anglais dans la Péninsule, extrait de sa grande histoire. On lui doit également quelques brochures de polémique militaire , an sujet d'accusations [ortées contre son frère sir Charles ou son cousin l'amiral Napier, et quelques traités «l'économie politique sur la la\e des pauvres et celles des grains. Sou ouvrage te plus célèbre est son Histoire de la guerre dans la Péninsule, qui a eu plusieurs éditions. Le général Mathieu Dumas en a donné une excellente traduction en français. Sir William eut à sa disgénéral du premier ordre, pleiu de hardiesse, position des matériaux abondants, puisés aux de tact, et exécutant avec une impétuosité irré- meilleures sources. Le duc de Wellington, le sistible des plans bien calculés. Ce génie mili- maréchal Soult, plusieurs officiers généraux , taire a surtout brillé dans la campagne du Scinde, anglais et français, lui ont fourni des documents On trouve çà et là dans ses lettres des pensées ou des renseignements de grand intérêt. Outre où so révèle la haute intelligence de l'homme cela, il put consulter une correspondance consid'État. L'homme privé était bon et d'un co ur dérable, en grande partie en chiffres , que le roi chaud et généreux. Malheureusement ses talents Joseph avait laissée derrière lui lorsqu'il fut et ses qualités étaient souvent dominés et allé- \ obligé d'ahandonucr Vittoria. Ces luttrea étaient rés par un orgueil excessif, des passions faciles à en trois langues, la plupart illisibles ou chiffrées, se blesser, un tempérament naturellement irrita- Sa femme lui offrit de les mettre en ordre, de

manque de discernement dans le choix des lettres , les déclamations et les attaques injustes contre des hommes éminents , une glorification continuelle de tous les Napier. La Revue d'Edimbourg n'hésite pas à conclure que l'ouvrage fait peu «l'honneur à sir William , qui cependant, dit-elle , est un des premiers écrivains de notre époque. Le héros qu'il a voulu exalter y perd même de son mérite réel, des qualités qu'il possédait. Suivant de bons juges, c'était un

We, qu'avaient encore empiré plusieurs blessures et les terribles épreuves de la guerre. J. C.

Cvrloptrdia, Ençlish bioarnphg. — Tht Lift and opinion» «J amn-al ttr ( V James Sapirr. fry timt. otn. ur If. Aapitr, t »ol.; 1 nn.1f.ii, l<<57. — Edm'mrç fleîVic. octobre t«7 — l.ondou Qunrterii Rrriew, Jan»lrr 1W7, .

et ju.it. isw. - imud sinicc Maçatine, octobre tus. I son ouvrage seize ans d un travail assidu. Son

les déchiffrer, de les traduire et de donner le résumé de chacune. Elle apporta à ce long et difficile travail une rare sagacité, une application infatigable et réussit à en faire des matériaux de nature à servir. Sir William consacra à écrire

NAPIER

talent d'écrivain n'a pas été au-dessous de la grandeur et de l'importance de l'entreprise. L'historien s'y montre veiné dans la science et la pratique de la pierre , dans la politique du temps, et il écrit avec bonne foi et indépendance de jugement. Ses récits sont pleins de vipieur, d'animation et d'intérêt. Les principaux événc-

rruhtaires, les batailles et les sièges sont retracés avec des traits intelligents et pittoresques qui les gravent dans l'esprit Le style est clair, vigoureux , mais tombe parfois dans l'emphase et la déclamation. Il est facile de voir que les préjugés anglais ont dominé souvent ses opiuions les plus réfléchies. Son ouvrage,. l'Administration du Scinde, bien que rempli «l'intérêt et de renseignements, est loin d'avoir la même sobriété de jugement et de forme ; il est diffus et trop

Vers la fin de 1811, Napier fut envoyé dans l'Amérique du Nord, alors en guerre avec l'Angleterre, et prit une part signalée aux opérations contre Alexandrie et Baltimore. En 18 là, la paix ayant été faite, il reçut les insignes de l'on Ire du Bain, et fut mis en disponibilité. Il ne fut rappelé au service aciif qu'en

. les personnages célèbres, les opérations j janvier 1829, et reçut une mission pour le Por-

tugal. Il parait que l'objet était d'obtenir de dom Miguel la restitution de certains na\ ires anglais qui avaient été saisis sous un prétexte frivole. Ce fut pour lui l'occasion de jouer un rôle important dans les troubles qui agitaient ce royaume. Il a raconte lui-même , non sans une veine de rhétorique, ses exploits et ses services dans l'ouvrage qu'il publia »ous le titre de H i s tory of the War of Succession in Portugal. Dom Mipiel s'était emparé du trône, et

raclé de polémique. L'historien ne peut rester de | prétendait s'y maintenir. L'empereur dom Pe-

sang-froid quand les qualités et la gloire oc Napier sont en question. Son récit de la Campagne dans les collines de Cutchee, collines qui sont un amas de rockers élevés, d'une longueur de plus de cent milles et d'une largeur de quatre-vingts, coupées de ravins, et alors le re-

dro, qui, en 1831, avait abdiqué la couronne du Brésil et s'était rendu en Europe, soutenait en Portugal en faveur de sa fille l)ona Maria une lutte qui depuis dix-huit mois n'avait amené aucun résultatdécisif. lin 183a, il préparait une expédition nouvelle contre le Portugal. Napier déclara son

paire d 'habiles et audacieux voleurs, ressemble ; opinion que le seul moyen de résoudre la question i un roman oriental , tant le paysage y présente • portugaise était de se porter hardiment à l'em-

nn caractère sauvage et étrange, et les détails des aventures l'attrait du merveilleux. J. C.

Ençiuk Cvctofurdia {Hiagraphf).— M en of tke Tinte. - Cvclopxdui of Engluh lUtratur».

H APi ER (Sir Charles), vice-amiral anglais, cousin du précédent, né le 6 mars 1786, dans le comté de Slîrling ( Ecosse), mort près de Londres, le 6 novembre 1860. Il était le filsalnë de Charles Napier de !Vferchistoundlall,ct sa famille élait ancienne Atreizeans,ilentradanslamarineet ht son apprentissage dans l'océan Atlantique et la Méditerranée. En 1802 il fut nommé enseipie, et en 1805 lieutenant du Courageux, a bord duquel il prit part à plusieurs combats. Il fut envoyé aux

bouebure du Tage et de s'emparer d'assaut de la capitale. Cet avis prévalut. Des auxiliaires furent enrôlés en Angleterre et ailleurs. Une foule devaillants officiers s'engagèrent dan» cette expédition, qui avait pour but le triomphe du gouvernement constitutionnel. Dom Pedro était arrivé, et avait ranimé les forces et l'ardeur .le son parti. Le moment d'une action décisive était venu. L'amiral de dom Pedro ayant donné ou plutôt reçu sa démission, le commandement fut offert à Napier, qui, malgré les circonstances critiques, n'hésita pas à l'accepter. Le 3 juillet 1833, à la hauteur du cap Saint Vincent , il aborda la flotte mipiéliste, consistant en deux vaisseaux de ligne, tiois

Antides, et là, dans un engagement très-vif avec ; fortes corvettes, deux bricks et une ckébèque.

corvette française , il eut la cuisse brisée par on coup de feu (1808); il commandait alors le brick Recruit, de dix-huit canons. L'année suivante, il contribua à h prise de La Martinique, en s'emparant, par un coup de main audacieux, du fort Édouard , séparé du fort Bourbon par environ trois cents mètres. Dans les mois qui suivirent, il déploya une extrême ardeur dans la poursuite de trois navires de guerre français, poursuite qui se termina par la prise du D'Hautpoul, vaisseau de soixante-quatorze. Le commandant en chef le nomma capitaine, titre qui fut confirmé plus tard par l'amirauté. Dans le cours de l'été, le capitaine Napier revint en Angleterre, ne reprit la mer qu'au commencement de 181 1. et fut envoyé dans la Méditerranée. Il se signala en plusieurs occasions par l'audace et le sang-froid, captura grand nombre de navires de s'empara de l'Ile de Ponza,. malgré le

L'engagement fut vif et acharné. Emporté par son impétuosité, Napier sauta sur le Don Juan, et faillit être assommé par un coup de barre de. fer; mais, dit-il, l'assaillant eut lieu de s'en repentir. La victoire, décidée en faveur des constitutionnels, mit en leur pouvoir la moitié des navires ennemis. Dom Pedro récompensa les importants services de Napier par le titre de vicomte du cap Saint- nncent. et le rang de vice-amiral dans la marine portugaise , outre des croix et d'autres distinctions. Mais après les témoignages de reconnaissance vinrent bientôt les mécomptes. Napier fui blessé de certains procèdes du gouvernement, surtout de ce qu'on avait réduit la force navale sous ses ordres, et l'année suivante il résigna son poste et revint en Angleterre. Il ne fut pas employé immédiatement. L'année 1839 lui ouvrit une belle perspective. Il fut nommé commandant en second, sous l'amiral sir Robert

feu de quatre batteries, et parvint à s'y maintenir, i Stopford, chef de l'escadre de la Méditerranée

NAPIER

qui devait agir sur les côtes de Syrie. Napier prit une part brillante aux principales opérations; mais il avait l'ambition de vouloir en accaparer toute la gloire , comme s'il eût été seul à commander. Il bombarda Sidon et l'emporta d'assaut, malgré sa citadelle 1 1 des murs bien défendus (septembre 1840). Comme il s'en attribua le succès exclusivement dans ses lettres, et qu'il oublia les services de plusieurs braves officiers qui y avaient puissamment concouru , des réclamations plus ou moins vives devaient se produire plus tard contre lui. Kn octobre suivant, il délit Ibrahim-Pacha qui occupait une forte position dans les montagnes près de Beyrouth, et par suite la ville su rendit. Ses exploits furent aussi rapides que brillants ; mais son costume et ses excentricités fournirent alors plus d'un sujet d'excellente caricature : c'était monté sur un âne , le chef protégé par un large chapeau de paille , un formidable gourdin à la main , et son chien Pow trottant à ses cotés, que le nouveau paladin conduisait à l'assaut ses matelots et ses soldats de marine. Dans les premiers jours de novembre, il seconda au siège de Saint-Jean d'Acre l'amiral en chef. A l'en croire, lui seul aurait décidé le succès de l'attaque, lui seul aurait enlevé Saint-Jean d'Acre aux Egyptiens. Cependant on a mentionné dans le temps une fausse manœuvre de sa part, qui faillit compromettre l'attaque, et qui amena une explication assez sèche entre lui et l'amiral en chef. Quoi qu'il en soit , tout fut couvert par le succès et la prise de la ville. « Ces fortes murailles, dit avec un accent de triomphe un biographe anglais, ces fortes murailles qui avaient résisté autrefois pendant six mois à vingt mille bombes et deux cent mille boulets, volèrent en éclats sons le feu de nos navires, et prouvèrent une fois de plus que s'ils peuvent approcher assez des mur*, aucune place n'est imprenable » Après la réduction d'Acre, Napier prit le commandement de l'escadre devant Alexandrie et signa le traité imposé à Méhémet Ali par l'Angleterre. Il avait rendu des services signalés; il en fut récompensé avec éclat par le titre de commandeur du Bain, les félicitations du parlement et des décorations accordées par les empereurs de Russie et d'Autriche, et par le roi de Prusse (décembre 1840). De retour à Londres, au printemps suivant, il fut quelques mois après compris au nombre des aides de camp de la reine. Enfin il réussit à se faire élire au parlement, et prit place dans les rangs des whigs. Mais en raison de son caractère ardent, susceptible et plein de rudesse, il eut plus d'une querelle avec ses amis poiitiques et surtout les ministres d'alors. 11 employait ses loisirs à publier dans le Sun ou le Times des lettres où il attaquait très- vertement les nombreux abus de l'administration maritime, œuvre méntoire sans doute quand il s'agit d'abus, mais où il mêlait des satires piquantes sur les personnages officiels et de brillants panégyriques sur lui-même. L'amirauté, daus le

but d'arrêter ou de tempérer ces pièces d'éloquence, le nomma en 1847 comman tant de la station de la Manche, poste qu'il occupa deux ans. Mais à l'avènement de sir Piancis Baring à la tète de l'amirauté , Napier fut remplacé. Sou indignation d un pareil traitement s'exhala dans une lettre pleine d'amertume et de virulence à lord John Russell. lettre qui acheva de le brouiller avec le gouvernement. Il ne s'y borne pas à des attaques mordantes -, ii s'adjuge à lui même la gloire de grands talents et de services encore plus grands : •• J'ai détrôné , dit-il avec orgueil, doin Miguel. La bataille du cap de Saint- Vincent a changé une dynastie aussi bien que toute la face politique de l'Europe. — J'ai accablé le grand prince du Liban, l'allié de Méhémet Ali; j'ai vaincu le fils de Méhémet et chassé ses troupes de la montagne. — Mes succès ont empêché l'expédition de Syrie d'avorter; sans moi, Acre n'aurait pas été attaqué ; la guerre avec la France eût été inévitable; notre politique aurait été renversée, et avec elle l'administration de Melbourne. — Mes services surpassent ceux, de n'importe quel amiral vivant. Je pense que je puis dire, sans crainte d'être contredit, qu'ils ont eu plus d'influence sur l'état de l'Europe que ceux de tout autre officier général de la marine » Lord Russell se borna à répondre qu'il était loin de contester l'importance de ses services, mais qu'il n'avait pas en hr une confiance aussi illim tee.

Napier fut obligé de dévorer son mécontentement. Il profita de ses loisirs pour réimprimer en volume, sous le titre de « The A'ory, ils part and présent stale » , les lettres que depuis trente ans il avait adressées aux journaux (1851). Il y joignit une longue et emphatique préface, émanée de sa plume, et une introduction, un peu sauvage, de son cousin le major général VV. Napier ( l'auteur de V Histoire de ta guerre de la Péninsule). De bonne heure Napier s'était fait l'avocat de réformes dans la marine. 11 avait beaucoup vu, beaucoup refléchi, et il montre un grand bon sens dans plusieurs des conseils qu'il donne. Malheureusement, les personnalités rudes et blessantes sont mêlées aux meilleures choses. Cependant il eut la satisfaction de voir réaliser plusieurs des réformes qu'il avait conseillées, par exemple, l'abolition du fouet pour les matelots, et l'établissement d'un registre régulier. Depuis 1846 il était contreamiral du Pavillon Bleu; en mai 1853 il fut promu, à l'ancienneté , au rang de vice-amiral. En 1854, aux premiers indices de la guerre avec la Russie, la faveur publique, qu'il avait toujours soigneusement cultivée, se prononças! fortement pour lui, que l'amirauté lui confia le commandement de la flotte de la Baltique 11 avait tant parlé de son héroïsme sans égal , de la décision irrésistible de son caractère, des exploits qu'il avait accomplis , qu'on attendait de lui des merveilles. A un dîner public, il se laissa entraîner à eu promettre; l'enthousiasme et les plu* m*-

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gnifiqoes espérances raccompagnèrent à son départ. « Dans un mois , avait-il dit, Cronstadt sera en mon pouvoir, ou je serai au fond de la mer. » Il avait souk ses ordres la plus belle flotte, qi pouvoir sans limites , la confiance de la nation. Une division française, commandée par le générai Baragnay d'illiers, garnissait ses ponts. I) avdt à peine perdu de vue Spithead qu'il adressa à ses équipages une courte mais trèsénergique proclamation , qui commençait ainsi : • Mes garçons , aiguisez vos coutelas ! ( Boys, sharpen jour cutlassesl), figure de rhétorique qui semble du domaine de Punch. Quelques mois s'écoulèrent. L'amiral se promena de port en port , et tout bien considéré , il arriva à la conclusion que les murs de granit de Cronstadt, Sweaborg et Helsingfors étaient imprenables. Ses exploita se bornèrent à la destruction de la petite ville et du fort de Bomarsund à laquelle les Français prirent comme troupes de débarque* ment la plus grande part; mais à son retour, il eut soin de proclamer qu'il avait ramené la Hotte en bon état et intacte. L'opinion attendait autrecUose. En juin 1855, Napier avait été nommé amiral du Pavillon Blanc : c'était une faible consolation pour son orgueil déçu. Il commença à ae plaindre amèrement du mauvais vouloir du ministère, qui ne lui avait donné que des moyens insuffisants pour l'action, qui lui avait imposé d'artificieuses restrictions, etc., et chercha à prou» ver que là se trouvait la cause du peu qu'il avait fait. Pendant des semaines, les journaux retentirent de ses récriminations , que réfutaient vivement les feuilles ministérielles. Cette querelle, qui ravivait les résultats peu décisifs de sa campagne, faillit enlever à Napier les faibles restes de sa popularité. Cependant, en novembre 1855, il parvint à se faire élire au parlement par le bourg de Southwark, et en 1857 il obtint le renouvellement de son mandat. Le» classes populaires et laborieuses aimaient le vieux Charley, comme on l'appelait familièrement. C'était naturel. Il était très- brave, et s'était signalé par des exploits brillants; il s'était en toute occasion beaucoup vanté, ce qui est un moyen de persuader la foule ; il avait presque constamment fait de l'opposition, que le ministère fût tory ou whig, et prêché avec persévérance des réformes.

L'amiral Napier avait obtenu beaucoup de succès dans les meetings et sur les bustings. Toute sa vie il eut une espèce de passion pour ta politique. Après quelques échecs de candidature, il avait réussi à entrer au parlement en 1841, et depuis il brigua constamment cet honneur. Il se montra partisan du scrutin, de l'extension de suffrage , et des réformes dans toutes les branches de l'administration publique. Outre les deux ouvrages que nous avons cités, on a encore de lui la Guerre de Syrie, 1S42, 2 vol., et Ma propre vie, 1R5G, un vol. Il y montre en général plus d' 'humour que de véracité, et les effusions continuelles de son amour- propre et

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