‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 57 sur 206 · SIC · texte numérisé non relu

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niser, la maison d'Autriche et le parti catholique n'eussent pas manqué, tout en se modifiant, de conserver la suprématie. Napoléon voulait obtenir un autre résultat; pour réorganiser l'Allemagne comme il l'entendait, il disposa d'elle sans la consulter.

Il n'y a peut-être pas d'exemple d'une autre négociation conduite avec autant de mystère et de dextérité.

Des conventions furent d'abord passées, dans le plus grand secret, avec la Prusse, la Bavière, le Wurtemberg, Bade, les deux liesse, etc., les États les plus favorisés par les changements projetés (I). Aucune indiscrétion ne fut commise. L'ambition et la cupidité imposèrent silence au palriotisme. Une partie de l'Allemagne entra dans cette conspiration contre l'indépendance commune, et l'Autriche n'eut point vent de ce qui se préparait, pas plus que les autres États menacés comme elle. Cependant on voyait les petits princes, inquiets de leur sort, venir solliciter à Paris, d'où ils devaient emporter contre la France tant d'amers ressentiments pour les humiliations et les malversations dont ils eurent à souffrir (2). Le premier consul , avant d'arrêter son plan, avait communiqué à l'empereur de Russie les arrangements secrets faits avec la Prusse et les autres États complices de la spoliation de l'Empire germanique (3). Alexandre recevait en même temps la proposition de se rendre médiateur, avec la France, des affaires de l'Allemagne et de se joindre au premier consul pour imposer à l'Autriche et à ses confédérés tous le* cliangcrncnts projetés. La Russie, depuis Pierre le Grand, tendait par tous les efforts de ses usurpations, de ses intriques et de ses alliances de famille, à s'introduire en Allemagne. Elle se vit offrir tout d'un coup, sans qu'elle eût combattu et vaincu, l'avantage de faire au ciror de l'Europe un progrès décisif. Elle feignit d'avoir des scrupules, de ne point vouloir s'allier avec le pouvoir issu en France d'une révolution ; elle se posait dès lors en protectrice de la légitimité. Mais Alexandre ne s'arrêta pas longtemps à ces hypocrisie», et il accepta avec un empressement mal dissimulé la fortune inespérée qui s'en venait à lui (4). Quelques jours après ce pacte des deux souverains, les arrangements arrêtés entre eux étaient signifies à la députation extraordinaire des Etals allemands convoquée à Ratisbonnc (5). Les intérêts et les ambi-

(l> Contention de» 9 et * prairial an x (Si et 24 mal IM«), l" metuldor an a( MJuin J80Î).

(1) « L'Allemagne, dit un liUtorlcn contemporain, fut mtse a l'encan dan» le» bureaux <um relation* ciicrleores ». Tblbaudcau, Consulat tt Empirt, Kl, 9i et IV. 157.

'S) Convention conditionnelle du 13 prairial an x (Ijuln 1901).

<4| Convention dn ta thermidor an x { c août iMt) modifiant et rendant oYunàttvc la précédente ronveution du is prairial an x ( * Juin l80î ':.

H) Ie' IructWor au x ( l» août 1WJ ).

tions avaient été assez lnen combinés pour qu'on n'eût pas beaucoup à craindic de la résistance des parties maltraitées. L'Autriche toutefois Tut à la veille de prendre l.*s aimes et de braver la Prusse et la Bavière alliées contre elle î l ) pour la soumettre aux décrets de la Russie et de I j France; mais elle se trouvait pour le moment trop isolée, accablée pur le nombre de ses adversaire*; elle feignit de se eoutenter de quelques réjiaralions de plus qui lui fureot offertes aux dernier-» jours (2). La députaliou extraordinaire assemblée 5 Rau>l>oniic accéda à la nouvelle combinaison (3), qui fut acceptée par la diète, le 14 mars 1803. Il n'y eut qu'une voix op|H)sante : celle du roi de Suède qui accusa fortement la France de s'être enteu«me avec la Russie pour soumettre l'indépendance de l' Allemagne, et qui accusa la Prusse, la Bavière et les autres Etats signataires îles conventions secrètes de s'être rendus complices de cet abaissement de leur commune patrie. Le roi de Suède pariait comme la conscience de l'Allemagne; on feignit de le prendre pour fou.

La constitution fédérale de l'Allemagne se trouva ainsi changée.

}1 y avait eu trente-trois princes ecclésiastiques : il n'y en eut plus qu'un, conservé en quelque sorte pour la rareté de l'espèce, l'archevêque électeur de Mayencc, qui fut transporté à Rutisbonne avec ses titres de président de la diète et de chancelier de l'empire d'Allemagne; aux autres on accorda ça et là des indemnités ou pensions ; à quelques-uns on n'accorda que des aliments (4), qui ne furent pas toujours exactement payés.

* Le collège des électeurs était, comme on l'a vu, de huit membres, dont ciuq pour le parti catholique et autrichien •. il en compta dix, dont six pour le parti protestant et prussien.

Le collège des princesse composait de quatre» vingt -dix -sept membres, dont quarante-trois pour le parti de la Prusse et cinquante-quatre pour le parti de l'Autriche : il y en eut quatrevingt-treize, dont trente et un pour l'Autriche et soixante-deux pour la Prusse (5).

Le collège des villes avait droit de s'attendre à une révolution en sa faveur ; il représentait la bourgeoisie, le commerce, le travail, toujours intéressés à la paix ; il pouvait devenir, en se transformant, un moyen d'organisation de U

jt) Coneentiaa di: S

(1) Modification du plan d'Ki deninlte* , proposée le • octobre 1*<M. Aatre conerastoo faite le SQ deeenbrr IWî, le crand-dne Ferdinand de Toscane admis au nombre drs électeur».

(3) Le M février 1M>1.

(t) M. Tliiert, HltMre du Cmsula* et de l Umpir,;

t. IV. p. ton.

(3| Non* ne partout pa§ |e| de la révolution, moins Importante, faite dan» la nnbleise immédiate et antres moverainete» de peu d'étendue, qui furent prévue toute» snpprtinées, au détriment de FAntrlebe. On comptait en Allrmr'gne S17 états : à partir de tW)î, il n'y en »ul plu* que 147, rt ee nombre fut réduit * SI Ion de l'étahlt*»*raenl de U coufolératlon du Rhia, en îwe.

NAPOLKON Iw

démocratie allemande. Sans no! doute Napoléon, de l'Allemagne avec 1'Allewagne elle- \ eut trouvé là une force à développer et constituer suivant les principes nouveaux de la France; H avait tout à craindre de Paristocra-

• paix du continent n'avaient plus rîea à craindre des coalitions.

Cependant, an milieu de tout cet enthousiasme , quelques observateurs se demandèrent avec inquiétude si l'on ne venait pas de trop

ne; la démocratie était, en tous les pays, «on appeler la Russie dans les attires de l'Europe (I) ; alliée naturelle. Mais Napoléon remania l'Allemagne «faccord avec la Prusse et la Russie ; H ne pouvait pas songer à constituer une démocratie ; il se borna à sauver certaines villes libres de la convoitise des princes leurs voisins, à augmenter leurs privilèges de neutralité, à rendre meilleure leur condition économique,

et l'on eut pu se demander encore avec moins de raison si l'Allemagne était un de ces pays dont on offense sans danger la dignité nationale; s il n'y avait pas quelque imprévoyance à favoriser près de la frontière française l'accroissement d'un Etal militaire comme la Prusse; si la France, justement opposée à l'Au-

a ne pas permettre qu'elles fussent toutes sup- triche, tant que l'empire d'Allemagne primées. Le collège des villes, non augmenté, l'mdépendanre de l'Europe, avait toujours inamoindri, porté de huit à six, garda son mai- : térét à l'abaissement de cette maison, depuis enifiance et vit se consommer sa déchéance po- la formation de la Prusse , l'annulation de la ïitiqae; l'élément démocratique n'entra pas dans I Suède et de la Turquie, la suppression de la Po-

la diète.

Le* changements territoriaux avaient été déterminés en conformité de celle nouvelle combinaison qui abaissait l'Autriche, mettait la Prusse presqu'à son niveau et plaçait entre les rivalités de la Prusse et de l'Autriclie un grouf>e de princes à peu près indépendants «Je l'une et de l'autre. Par là il apparaissait que l'Allemagne se trouvait en quelque sorte neutralisée ; car si l'Autriclie avait intérêt à la guerre pour rompre l état de choses établi, la Prusse avait intérêt à la paix pour le conserver. Plus d'entente possible en Allemagne ; la division et l'antagonisme de ses forces l'annulaient. Ce qui se voyait

l'Allemagne ne s'appartenait plus; la direction suprême de ses États avait passé à la France/t à la Russie.

Cette monstrueuse solution fut admirée de toute l'Europe. On applaudissait à la chute de la constitution la plus féodale qui fût connue ; cet édifice gothique, comme on disait alors, avait

logne et la formidable extension prise dans le monde par les deux puissances anglaise et russe.

Les événements se chargèrent bientôt de démontrer quelle était la paix qu'on veuait d'imposer à la confédération germanique.

L'Autriche, profondément atteinte dans sa prépondérance , ne pouvait pas se résigner à la position qui lui était faite ; elle n'attendait qu'une occasion pour reprendre les armes contre la France et recouvrer par la force ce qu'elle avait perdu.

On pouvait croire que la Prusse, traitée tout différemment , ne devait se sentir sollicitée

et ce qui était plus réel encore, c'est que qu'au maintien de la paix; il n'en était rien;

placée dans l'alternative de rester un satellite de la France qui avait intérêt à ne pas la laisser davantage s agrandir, ou de se faire en toute occasion le champion de l'Allemagne qui seule offrait à ses ambitions des chances d'avenir, la Prusse ne pouvait pas hésiter ; elle devait être pour l'Allemagne contre la France; aussi été renversé, sans batailles, sans luttes civiles, ne songea-t-elle qu'à faire oublier la part principale qu'elle avait prise à l'introduction de l'influence étrangère dans les affaires germaniques *, son thème fut bientôt établi : elle n'avait consenti à s'agrandir par le secours des étrangers que pour assurer à l'Allemagne la force protectrice d'un État vraiment allemand , car l'empire autrichien ne l'était plus ; il était italique, slave, hongrois, roumain. L'Allemagne souffrait beaucoup de ce que l'on ent disposé d'elle sans elle et de ce que ses princes, pour prépondérance sur le continent européen? Ce s'agrandir au détriment tes uns des autres, s'é-

! talent rendns complices de cette humiliation : eu Prusse on prit à tâche de démontrer que toute

sans victoire sanglante, par le génie et l'ha- Lik-té d'un seul homme. Ce qui frappait les imaginations , c'est qu'un aussi grand résultat s'était tout d'un coup dégagé d une négociation jusque-là restée secrète.. Quels n'avaient pas été, disaient les politiques, les efforts de l'ancienne France , depuis François l,r, Richelieu et Louis XIV , pour abaisser la maison d'Autriche, lui opposer les petits princes ses confédérés et enlever à l'empire d'Allemagne la

tant de vaillants capitaines et d'habiles nfetres n'avaient jamais obtenu que d'une manière incertaine , Napoléon venait de le conquérir et de l'assurer en quelques mois par une négociation. On parlait de sa foudroyante stratégie sur le champ de bataille; sa diplomatie n'était pas moins irrésistible. Homme de guerre, administrateur, négociateur incomparable, aucune gloire ne lui manquait. L'Allemagne neutralisée et rattachée à la France, l'avenir et la

(t)« On iroiira, dit n»ec beaucoup de sens tin historien du temps, on trotur.i que le prnnlrr consul avait (.ilt une f uite en laissant Intervenir la Rutstr dm* les affaires <f Occident. ■ Thib.iude.ni . Consulat H Empire, tome III, pnRc ni. Thlbamieau cite une note diplomatique où ce rrproctie est ttrtiemeot formulé : , « C'est la France qui. malgré l'Autriclie, a fait Inter- I venir la Russie dans les arrangement* de l'Empire ger- • manlque. •

319 NAPOLÉON Ier 320

cette humiliation ne provenait que de la France, il se trouva sur le Rhin avec près de deux cent s'assistaut de la Russie dans son œuvre d'intrigue j mille hommes (l). 11 surprenait l'Autriche et de prépotence. La Russie, trompée, disait-on, se repentait déjà du rôle qu'elle avait joué. La

Prus3e favorisa ainsi elle-même le développement des haines nationales ; c'est dans ses universités que les sociétés secrètes se mirent dès lors à organiser la propagande contre la France.

avant que la Russie eut eu le temps d'arriver à son secours (2). Le 2 décembre 1805, il rencontrait à Austertilz l'armée rusée et les débris de l'armée autrichienne. L'empereur Alexandre, vaincu, ne se tira des mains du gé néral français lancé à sa poursuite que par un

Nous nous sommes longuement étendu sur ce subterfuge assez peu chevaleresque (3)

début delà politique de Napoléon en Allemagne, > Quels qu'aient été les résultats de la bataille

parce que, de là, sont fatalement dérivés tous d'Austcrlilz et ceux du traité de Presbourg qui

les excès qui, depuis ont rendu la guerre inter- ; la suivit (4) , une coalition nouvelle vint les

minable sur le continent. I mettre en question. La Russie parlait de paix

Napoléon, qui ne revenait pas sur ses décisions, à peuplés comme elle avait parlé d'armistice

persista dans la combinaison qu'il avait résolu j quelques jours auparavant , contrairement à

d'imposer à l'Allemagne, alors même qu'il put j toute vérité. Elle attendait, gagnant du temps.

voir tous les mécomptes et toutes les résistances qui en étaient la suite. A la force invincible des choses, il opposa une autre force, sinon plus invincible, du moins plus tenace encore et violente, celle de sa volonté. 11 avait jugé que la Prusse et l'Autriche devaient vivre dans une condition se • condaire sous la suprématie de la France ; qu'il n'y avait pas pour elles d'autre loi d'existence entre les conflits des trois puissants empires qui sedisputaient la domination de 1 Europe et du monde; que, cette loi, elles l'accepteraient tôt ou tard, quand elles auraient vu que rien ne pouvait les défendre contre l'ascendant de la France. Il s'arrêta donc à cette difficile politique. De là, ces rapides expéditions par lesquelles, épargnant tour à tour l'Autriche et la Prusse après les avoir terrassées, il sembla prendre à tâche de leur démontrer coup sur coup qu'il pouvait les détruire, qu'il tenait à les conserver, mais qu'elles avaient à choisir entre de nouvelles épreuves, toujours plus dures , et la nécessité de vivre d'accord avec la France sans la contrarier et l'inquiéter.

L'Autriche se leva la première. Seule, elle n'en eût pas eu l'audace. Mais il tardait à la Russie de réaliser, par quelque avantage effectif, ce protectorat, trop lionorilique à son gré, auquel Napoléon l'avait convié par ses arrangements de 1802. C'est avec l'aide et la complicité de la Russie que l'Autriche avait été abaissée en ces arrangements : toutefois, les deux puissances s'entendirent La Russie promit à l'Autriche une armée que l'empereur Alexandre devait commander en personne, et la coalition de 1805 se forma (1).

Malgré les prodiges des campagne* d'Italie, on ne connaissait pas encore alors toute la puissance de mouvement des années françaises. Napoléon était en ce moment occupé sur les côtes de l'Océan à préparer l'invasion de l'Angleterre. Aux premiers indice» de la coalition,

C) Truite de Snlnl-Pétrrsbours; entre l'Angleterre et la Russie, S avrU 1803 — Acces-non de l'Autriche au traité précèdent, • «ou: tsos. - Ces deux traite*, qui Inaugurèrent la troisième coalition contre la Fr-ince. ne furent pas publiés a la d ite de leur conclusion ; Us oc turent connus que plus lard.

un autre effort de l'Allemagne. L'Autriche abattue , tous les regards se tournaient vers la Prusse. Celle-ci se leva à son tour, et la Russie, laissant là ses mensongères négociations , déclara qu'elle se joindrait à la Prusse. Ce fut la quatrième coalition.

Leshostililés commencèrent le 9 octobre 180G. Le 27, après la bataille d'Iéna ( 1 4 octobre), l'armée française entrait à Berlin. En dix-sept jours, c'en était fait de la monarchie prussienne ; pendant le mois de novembre, toutes ses armées furent dissipées ou laites prisonnières et ses places fortes occupées par les Français.

La Russie ne s'était pas trop hâtée, l'année précédente, pour agir de concert avec l'Autriche ; soit lenteur d'exécution, soit calcul, elle l'avait laissée subir le premier feu de l'agression, se réservant à elle-même de porter les coups décisifs et de triompher d'un vainqueur épuisé.

(1) L'Autriche avait envahi la Ratière, le 8 septembre 1*05. Dès les 31 anût, t, t et S septembre, les 3*. 4», 5» et €° corps de l'armer française partaient de Boulogne et marchaient sur le Rhin.

[t] fies le 17 octubre, quinze cent» ofûclers et quarante mille Aiitriihlrns c.ipltuliiient dans Ulm ; le l» novembre, Napoléon entrait a Vienne, et tonte la monarchie autrichienne était à la merci de son vainqueur.

(S. Alexandre, fugitif, sentant Davnut prés de l'atteindre, lui c'ivoya un aille de camp pour lui dire que la poursuite devjlt cesser, « car il v avait armistice. » — « Je n'en sais rien, répondit le inarerh.il, mais J'en croirai la parole écrite de S. M. l'empereur de Ru^lc. ■ Alexandre donna cette parole sur un morceau de papier écrit en tonte liâte au crayon. Et la poursuite cessa. Or, le lait afflriué par Alexandre n'était pas vrat. 11 n'y avait pa» armistice. Mjis on eut le temps d'rspéd>er des aides de camp pour obtenir que l'armistice lût accordé. Cet étrange billet d'Alexandre fut placé dans un portefeuille quint- qui' tait Jamais le cabinet de l'empereur; en tStV, il disparut et ne put se retrouver. L'on ne saurait rien de cette anecdote, l'on n'rn aurait pas du moins une preuve authentique si le maréchal Davoul, suivant 1 usage inllilaire, n'avait pas rendu compte de l'événement, en même temps qu'à l'empereur, au m-ijor général de l'armée; à l'empereur. I<- billet autographe; au major général, une copie authentique. On a bien pu soustraire le billet autographe du pnrli feuille de l'impereur; mal* ta copie autlientique, a laquelle on n'a pas songé, est restée au dépôt de la guerre, a Pans, avec le rapport du martohal Dnout contenant tout le détail du récit que nous venons d'abréger.

(M Traite de l're>buurg, signé le M décembre ieoî.

321 NAPOLÉON 1er .122

iiie n'en usa pas autrement en 1806. La Prusse : nitiens (1); il l'avait, de plus, amoindrie en Aidait à la merci de sa puissante alliée, lorsque | lemagiie : l'inquiétant électoral de Bavière pecelle-ci commençait à peine à se mettre eu mou ve- sait désormais sur sa frontière, augmenté de ment pour venii à son secours. La Russie se faisait | ses dépouilles et transformé en royaume; deux

ainsi grandement désirer ; elle habituait les esprits en Al lemagne à la nécessité de son intervention ;

autres États s'étaient encore accrus du territoires détachés de l'Autriche, l'électoratde Wurtemberg

entre elle et la France d'immenses es* paces incertains, hostiles, au delà desqueU, sans parler des rigueurs du climat, elle ne pou* vait se conserver et vivre qu'an prix de victoires

c'étaient les champions les plus ardents de l'in- élevé à la royauté et l'électorat de Bade (2). En dépendance germanique qui l'appelaient, et, ré- outre de ses dispositions formelles, le trailé de duits aux extrémités par ses lenteurs, ils en | P resbourg eut des suites où se développent de arrivaient a l'appeler sans condition. Autre avan- j plus en plus les vues de Napoléon sur l'Alletage : l'année française se trouvait provoquée | magne. Deux princes français furent introduits à venir elle-même au-devant d'un ennemi qui | dans les États germaniques , comme des gages s'annonçait sans jamais apparaître, et, par là, d'alliance et comme des garanties de fidélité ; ces elle s'exposait beaucoup, car elle s'éloignait de i deux princes, appartenant à l'armée victorieuse plus en plus de tout secours et de tout renfort, j de 1805, reçurent, à titre de fiefs relevant de

l'empire français, des pays acquis par traités de la Prusse , l'un , Murât , les duchés de Clèves et de Berg (3), l'autre, Berthier, la principauté de Neufchâtel (4). Un plus grand changement se préparait pour l'Allemagne : le 12 juillet 1806, après de secrètes négociations où se renouvelèrent les intrigues , les trahisons , les efforts réciproques de spoliation qui avaient précédé les remaniements territoriaux de 1802, une importante convention lut signée à Paris; par celte convention , les rois de Bavière et de Wurtemberg, l'électeur archichancelier de l'empire germanique, l'électeur de Bade, le duc de Berg et de Clèves, le landgrave de Hesse-Dnrmstadt , les princes de Nassau- Usingen et de Nassau- Weilburg, de Hohenzollern-Hechingen et Hohcnzollern-Sigmaringen , de Salm-Salm et Salrn- Kyrburg, d'Isenburg-Birslein , de Liechtenstein , du génie et celui de la civilisation la décidèrent J le duc d'Aremberg et le comte de La Ley en , se en faveur de Napoléon et de la France. L'âme J séparèrent de l'empire germanique et se constituèrent, sous la protection de la France, en Confédération du Rhin. Le titre de Prolecteur était déféré à Napoléon. Les nouveaux confédérés, qui se donnèrent une organisation complète, une ville fédérale, Francfort-sur- le- Mein , une diète composée de deux collèges, etc., s'obligèrent à fournir des contingents militaires dans le cas de péril commun ; ces contingents ne pouvaient être levés que sur l'invitation du Protecteur de la Confédération; les moindres princes devaient fournit quatre mille hommes ; en tout, du côlé dea Allemands, soixante-trois mille; l'empereur,qui était aussi un des confédérés, en devait fournir deux cent mille (5). 11 n'y avait plus d'empire d'Allemagne; ou pour mieux dire, cet empire passait à la France. Le chef de la maison d'Autriche résigna le vain titre qui lui restait encore : le Saint- Empire romain cessa d'exister; François If, empereur d'Allemagne,

L'armée française atteignit enOn l'alliée de la Prusse. L'armée russe subit un premier choc, puis disparut (1). Mais voyant que son adversaire ne commettait pas alors l'imprudence de la chercher dans ses brumes, qu'il s'établissait dans un pays ami, la Pologne, et qu'il l'y attendait , assuré comme s'il eût été entouré d'une autre France, l'armée russe revint résolument à la charge (2). Ce nouveau choc fut long, acharné, et, des deux parts, terrible. Quelque temps il fut douteux qu'il pût y avoir un vainqueur; mais enfin, à défaut de la valeur, ce fut hi fortune qui se munira inégale; l'ascendant

d'Alexandre, toute troublée de la conscience de son infériorité, cessa de résister, et, jusqu'à des temps moins contraires , elle garda pour lutter contre son adversaire trop puissant d'autres arme» que celles de la force.

L 'effroyable bataille d'Eylau avait fait suspendre les hostilités (3). La bataille de Friedlan<l (4) fut suivie d'un armistice (Sj, bientôt changé en un trailé de paix.

Les deux souverains vinrent l'un à l'autre au milieu du Niémen (6) , et là ils s'embrassèrent en présence des deux armées qui battirent des mains, joyeuses de cette démonstration d'amitié où semblait triompher la paix du monde.

La paix fut signée à Tilsit avec la Russie le 7, avec la Prusse le 9 juillet 1807. Napoléon put croire désormais assurés les desseins qu'il avait sur l'Allemagne et l'Europe centrale.

Après la bataille d'AuslerliU et par la paix de Preshourg, il avait contraint l'Autriche à sortir de l'Italie et à lui abandonner tous les pay s vé-

(l) Do m novembre an *5 décembre 1806.

(1) » Janvier 1S07.

» Du « lévrier au » juin 1607.

(*) 1 4 juin 1W7.

m M J"kn 1*07.

{«;■ ts Juin 1807.

KOtV. BIOCR. (itu\tH. -- T.

(l) Article 4 du traité de Presbourg, se décembre iso;.

(t> Articles 7 et 8 du traité de Prcsbourg.

(S) Traité de cession entre la Prusse et la France, M février 180«. - Décret d'investiture, 13 mars 1806.

(4) Traité de cession entre la Prusse et la France, t8 février 1806. - Décret d'investiture . 90 mars 1806

{») Convention arrêtée a Paris , le It Juillet isos. — Déclaration des rois, ducs et princes d'Allemagne, du Ie* août 1806.

NAPOLÉON 1er

ne fut plus que François, empereur héréditaire «l'Autriche (i). . , Les deux tra-tésde Tilsit, en 180/, vinrent confirmer, en les développant, ces résultats do la paix de Picshourg L'Autt iche av ait été Amoindrie et abaissée en iSOn; la Prusse fut abaissée et amoindrie a son tour en 1807. Napoléon najouta rien a son litre de Protecteur de la Confédération du Rhin ; mai* il introduisit dans cotte Confédération qui t- ndait à devenir la puissance prépondérante de l'Allemagne deux nouveaux éléments de domination française : le* rovaun.es de Westphalieet de Saxe. Le royaume de Westplialie, coti.prenaiit outre la Weatphalte, lélectorat de liesse enlevé à un allié de la Prusse et d'autres provinces détachée* de la Prusse a la gauche de l'Elbe, fut donné au plus jeune frère de Napoléon, Jérôme; cette nouvelle rovauté et sa prochaine accession a la confédération du Rhin furent reconnues par les traités de Tilsit 2), ainsi que la nouvelle royauté d un autre îrère de Napoléon en Hollande. L'électeur de Saxe était un ancien allié de la Prusse; il venait de prendre les armes avec elle contre la France, et vaincu avec elle, il avait demandé la paix; Napoléon s'était empressé delà lui accorder; il avait fait plus dans son habile générosité: les avantages et les espérances dont l'électeur de Saxe se trouva comblé devaient à jamais le détacher de la Prusse el le liera la Franc* ; l'électeur de Saxe, devenu roi, entra dans la confédération do Rhin.avcc toutes ses branehes,le* maisons ducales de Saxe Weimar, Saxe-Gotha, Saxe-Memingen , Saxe-Hildburgliausen et Saxe-Cobourg (3/. Lu attirant dans la sphère de sa politique le royaume de Saxe, Napoleou lui assigna un autre rôle que de peser sur la Prusse; il lui adjoignit nue création nouvelle, le duché de Varsovie formelle fractions de la Po'ogne que la Prusse possédait depuis le premier partage de 1772 (4). Le duché de Varsovie était destiné à consommer un autre résultat de la bataille d'AusterliU et de la paix dt: Presbourg : celait l'exclusion de la Russie dos aflaires de l'Allemagne. La Russie avait été malencontreusement appelée à intervenir comme médiatrice dans les ai rangement» de l«02. Ce droit d'ingérence et de suprématie qu'elle avait

« aAm! '8iÏ i% so. et « l r do inné do 7 Jolllct 1801. - Art., le» « , i. 8, 10 J Anal du ir-Ue du ».

(.» Tralu- avec l'électeur oc Sase, l'oaen. H décembre 1805 - Traite avec le» maison* ducale» de baie, 15 décembre tww. - On doit noter que, m>nob>lant ce ira lie, Sjie-C<»l>"nrjt n'rnlra pa» tout d'abord dan» la wnlcoeraton d.. Rnu et dan» 1'adtancc rte la France. Le duc .le S.ne-C. bo .ru eu.it mort et «et fib *c trouvai.l an >er- ,lce de la nn««ie. Napoléon prit po»*e«*l«n du duché tt7 janvier 1*071. - le duc de Sa.e-Omuurg fui plu» ta d renus en Pu»a«aton de .on duché par l article 11 du tra.ie de TiWl. 7 Juillet 1«07. qui reconnut et coou.ma toutes le» auRmenUlions et diipiMitioe.» reUl.*c» i la Saxe; article IS nomment, le. même» ■* retrouvent dan» le traite de Tilsit avec la ITuasc. » juillet 1*07, article» k, 10 | ïe. t«i U.rtC.

(M Antcle» > du traité du ~ Juillet XW, Cl M et 13 du traite du 9 Juillet IM7.

perdu à Austerlitz, elle ne le retrouva pas à Tilsit; désormais entre elle et l'Allemagne il devait y avoir ce duché de Varsovie dont te nom seul était une menace pour ses ambitions.

D'après les apparences , Napoléon restait bien le maître des affaires de l'Allemagne. Les deux puissances du Corps germanique s'étaient affaissées ; à leurs cotés s'élevait une confédération nouvelle, mais placée sous le protectorat de l'empereur des Français , mêlée d'éléments et d'Intérêt» français , obligée à un service militaire envers la France, ne pouvant |>as prendre part à d'autres triomphes qu'à ceu-i qui devaient consolider l'ascendant de la France : la confédération du Rhin représentait une Allemagne qui ne s'appartenait plus. Les divers princes de ces lieres contrées que la conquête étrangère n'avait jamais outragées ne semblaient pas protester contre cette humiliation. Dans le midi de l'Europe abaissé et comme décomposé par tant d'abus de gouvernement, il y avait, de la part des princes et des peuples, d invincibles réglantes. Dans le nord de l'Europe, au contraire, où rien ne semblait encore avoir entamé le» énergies nationales, on eut dit que les princes se soumettaient avec enthousiasme à la loi de la force. A Lrfurt où Napoléon, après Tilsit , vint tenir comme une cour plémèrc de son empire germanique (1), on vit les princes allemands s'incliner tous devant la fortune de leur vainqueur. On remarqua surtout I attitude de l'empereur Alexandre. Parmi les fêtes données à Erlurt il y avait des repr. scnlattons théâtrales où Napoléon se plaisait à faire connaître aux princes du Nord le» cheb-d'o-uvre de la scène tragique française, qn'd aimait entre tous pour leur correction et leur élévation héroïque. Un .soir qu'on jouait Œdipe devant un parterre de rois, comme disaient alors les courtisans, à ce vers,

L'amitié d'un grand bororoc c«t un bienfait de» dieux. Alexandre se tourna vers Napoléon a**is à ses cOlés et lui prit la main. Napoléon n'avait pas en ce moment son attention à ce qui se passait; il était môme un peu assoupi; il s'éveilla, mais sans saisir tout d'abord l'à-propos, et son air distrait, incertain, faillit nuire au succès de l'allusion! Il se remit bientôt; l'auguste flatterie ne fut pas trop compromise : le parterre de rots sourit peu et applaudit (2).

(l) l>u r. scplcmbre au U octobre 1M»8. î! Sauvai A .Hptomatiquet dt tord HoUandpubSvs par joii fils, traduit» <le l'anglai» par H de <.i».n»ki ; e..nst»5l iclwp. ix. P. «M - repre*eota encore a trturt la Mort de Cèutr. Napoléon qui ne bi**a.t a ptr- «mine le soin «le reBl< r le programme les Ic-.e», avait ,u,.n,éme des>,»é celte tragédie ou Ijm pou val trouver tant de ver» de crcon»la.ice et notamment celui-ci .

Kl ce bra* dan» >nn se in va porter le trépas. 1- , rieur lal-ant le pcr«onnaue de Itrutut, Talma, a 4e- L ! racm5e qu en prononçant ce «eraqul répondu aux

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