‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 58 sur 206 · I. ,»lle un regard Inquiet. Tous le* visage. étaient u · texte numérisé non relu

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u.eiirts Impassibles.

Cependant le patriotisme allemand commençait à s'agiter. En 1806, pendant que l'armée française occupait encore l'Allemagne et que l'on formait la confédération du Rhin, la police découvrit des papiers, des appels à la révolte, à l'assassinat, un plan, une agence d'insurrection. Plusieurs libraires furent arrêtés colportant ces écrits, et, d'après l'ordre de Napoléon , déférés à une commission militaire (1). De six prévenus, quatre furent renvoyés à leurs gouvernements, deux, Schoderer et Palm , condamnés a mort Napoléon fit grâce à Schôderer ; mais le libraire Palm, de Nuremberg, fut fusillé. Lors de la guerre de Prusse , un gentilhomme de la cour de Berlin avait abusé d'une mission pacifique dans le camp français, pour y surprendre induement des renseignements militaires ; la preuve de cette déloyauté, une lettre, avait été saisie. D'après les lois de la guerre, il méritait la mort. Mais Nai>oléon fut touché des larmes d'une épouse, cl il livra à M0" de Haf/feld la lettre qui condamnait son mari (2). Le patriotisme allemand se montra encore à Napoléon, mais cette fois sous une forme plus charmante que terrible. La reine de Prusse avait beaucoup fait pour entraîner son mari à la guerre et lui procurer l'alliance de l'empereur Alexandre. Depuis, on l'avait vue sur un champ de bataille, à la tète de son régiment de dragons dont elle portait l'uniforme, brillante de jeunesse, de beauté et d'ardeur. Après la défaite, elle parut devant son vainqueur à Tilsit, non plu-; courroucée et menaçante sous son casque d'or, mais frappée au coeur d'une douleur a laquelle elle devait bientôt succomber (3). Napoléon ne céda pas à cette faiblesse gracieuse et suppliante , et la reine de Prusse ne put survivre à l'humiliation «le son pays. Mais il resta d'elle comme une flamme dont s'anima en ses conciliabules le sombre enthousiasme <lu Tugenbund. La révolte commença dès 1807. En 1&09, elle courait à travers toute l'Allemagne: Kattdans la Vieille Marche; Dornberg, dans la Westpbalie; Schill, dans le Bas- Elbe; Brunswick Œls, dans la Bohême, avec sa légion de la Mort» Amende, autour de Dresde; Ratidojewich, dans la Franconie; Hormayr, Hofer, le capucin Haspinger, dans le Tyrol. Le Tugûnbund n'était point seul; il y avait d'autres associations; une d'elles était placée sous l'in-

(l) Lettre* * Berthler, à Talleyrand, du I août 1808.

(8) Napoléon, dan* une lettre charmante a Joséphine, du 6 novembre 1808, a lui-même raconté cette anecdote qui s'est pas«ée du 17 au tv octobre, aux premier* Jours de l'entrée de Napoléon à Berlin.

fSj La remède Prusse était arrivée a Tllsit le 6 .'ulifet 1807. Le sort de sou paya se décidait ; la Pruvse allait perdre une grande partie de son territoire, et particulier eraent l'importante place de Magdcbourg. Napoléon, qui aval! donné une léte ans. souverain^ du Nord, s'ct.itt montre fort empressé auprès de la reine de Prusse; se trouvant seul, un moment, arec eUe, il lut offrit i»c «e.ir qu'il venait d'arracher d'un vase pincé sur un meuble. La reine Louise prit gracieusement la fleur, mm en ajoutant avec lia sourire plein de tristesse r; d ém êlé « Et MaodtbourgT — Napoléon devint tout d'un coup sourleui et * éloigna. La reme quitta précipitamment la lele; le* aaoglola 1 étouffaient.

vocation de Louise, reine de Prusse. Un chef et un organisateur de ce mouvement patriotique, Justus Grener, fut appelé à la direction oflicielle de la police à Berlin. Les cortès d'Espagne appelaient toutes les nations à se soulever, laissant d'ailleurs à leurs exemples de parler plus haut que leurs manifestes. Napoléon ne fut pas suffisamment averti par ces formidables symptômes qui lui montraient le sentiment national, au nord comme au midi de l'Europe, partout révolté, par un fatal malentendu, contre le promoteur du nouveau droit populaire. Il ne voyait dans ces émotions que les excès de quelques lettrés sans effet réel sur les masses et des fantasmagories mises en jeu par les polices étrangères. Mais il fut averti par un événement d'une gravité pour lui incontestable.

L'Autriche sur qui tombaient loin les coups de la révolution depuis la fin du siècle dernier, l'Autriche se releva pour un suprême effort, et sa puissance que l'on croyait épuisée après tant de défaites, d'amoindrissements territoriaux et de combinaisons hostiles, apparut aux champs de Wagram, telle encore qu'elle frappa son vainqueur d'étonnement et de respect (1).

Devant cette démonstration , Napoléon sembla se demander s'il ne devait pas suj»primer l'Autriche comme puissance de premier ordre, la partager en autant de royaumes qu'elle réunissait sous elle de nationalités distinctes, et l'emprisonner définitivement, ainsi divisée, dans un cercle d'Etats qui la neutraliseraient, le royaume d'Italie, le royaume de Bavière, la confédération du Rhin, et le duché de Varsovie? Ne devait-il pas, au contraire, épargner l'Autriche , beaucoup accorder à son ambition, se faire d'elle une alliée, la rattacher par l'intérêt à la France et s'entendre avec elle

(I) La campagne de 1800 eitraordtnalre de la part de l'Autrxhe, qui envahit en même temps la ll.ivlêre, l'Italie et le duché de Varsovie, du • au 18 avril 180*. NI la bataille d'Eckmflhl, où l'Autriche perdit 50,000 homme* (si avril 1809), ni ses échecs a Hattsbonne, a Oldleru, n Ebi-r^berg (83, 19 avril, 3 mal 180P). ni la prise et la capitulation de Vienne (18 mal 1BW|, ni l'Inertie de la 1'russe, ni l'hostilité de la Russie se joignant à la France |3 mat 18091, n'avalent encore abattu la r.-solution et le* forces de l' Autriche. L'effroyable bataille d Lufing (81 -15 mal 18o9|, suivie d'une victoire douteuse. laissa l'armée française dans une position eice*sivement critique, et comme assiégée dam l'Ile Lobau sur le Uanube. Kilc y resta Ju*. qu'aux premiers Jours dejulll'-t; le Danube ne put être repassé une du 4 au S de ce mois Même après la bataille de Waprram elle-même, livrée du s au 7 juillet 1808, l'Autriche conservait encore une puissante armée et &a rigoureuse attitude. Mais depuis ta Jonction des deux arii ées françaises d'Italie et d'Allemagne. Jonction qui avait en lieu du IV autS Juin 18o8, une plus lonituc résistance était devenue, sinon Impossible, du moins dndcile et surtout douloureuse pour les populations «lutrelilir.rirs c'e toutes parts envahies par nés troupes étrangères. Quelques revers étant encore venus éprouver l.i enn»lance de l'Autriche â Hollabrunn, a Znaira (911 Juillet 1809 . un armistice fut demande par le prince Chai les et acconle avec empressement par Napoléon (18 JmtTctJ- l -t p»U ne fui pourtant signée que trois mois après, le 11 octobre 1809, a la salle de l'attentat du Jeune krêttétîc StJaps.

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