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bile, mécontents de l'arrêté qui les frappait , avaient menacé de faire appel à la violence. Le pouvoir exécutif Gt tomber ces menaces par une démonstration énergique, et l'ordre fut promptement rétabli.
Depuis l'adoption de la proposition Râteau ( 12 février), l'Assemblée semblait elle-même pressée d'en finir avec ses travaux. Elle vota rapidement la loi sur le conseil d'État, qui lui permettait de choisir dans son propre sein les membres de ce conseil, et la loi électorale , qui excluait de la représentation nationale les fonctionnaires publics. Pendant ce temps , il se passait de graves événements au dehors. Le roi Charles- Albert avait entrepris, avec l'aide des seuls Italiens , d'affranchir la patrie commune de la domination étrangère. Mais l'accord , si nécessaire au moment du danger suprême, leur manquait absolument. Le parti modéré voulait l'indépendance de la haute llalie avec une monarchie constitutionnelle : il succomba à la journée de Novare. L'Italie centrale était au pouvoir des républicains : ils avaient formé une Constituante, qui, le 8 février IS49, déclara fie IX, alors retiré à C.aéte, déchu de tous ses droits comme prince temporel. A ta nouvelle de co qui «e passait en Italie, l'Assemblée adopta, !e 31 mars, la résolution suivante, aiusi formulée : « L'Assemblée nationale déclare que si, pour mieux garantir l'intégrité du territoire piém on tais, et mieux sauvegarder les intérêts et l'honneur de la France, le pouvoir exécutif croit «levoir prêter à ses négociations l'appui d une «>ccupatioA partielle et temporaire en Italie, il trouvera dans l'Assemblée le plus entier concours ». Cette résolution fut appuyée par une loi ( 17 avril ) qui accordait le crédit nécessaire (1 ), pour l'entretien sur le pied de guerre , pendant trois mois, du corps expéditionnaire de la Méditerranée. C'est à la suite de ce vote et en présence de l'intention qu'on supposait à l'Autriche et à Naples d'envahir les États-Romains, que l'expédition de Rome fut résolue. Les troupes françaises débarquèrent le 26 avril à Civita-Vecchia : leur commandant en chef (voy. Oioijïot) essaya de calmer les esprits dans une proclamation pacifique et conciliatrice, adressée aux habitants des États Romains. La Constituante romaine y répondit par un cri de pierre, se déclarant décidée, pour sauver la République, à repousser la force par la force. L'attaque qui suivit ce défi ( 20 avril) ne fut pas heureuse : l'armée française éprouva une résistance inattendue. Vivement impressionnée par les nouvelles de Rome, l'Assemblée nationale, par son vote du 8 mai , invita le gouvernement r. à prendre sans délai les mesures nécessaires pour que l'expédition d'Italie ne fut pas plus longtemps détournée du but qui lui était assigné ».
Mats ce but, l'Assemblée ne l'avait jamais indiqué , et en ne le faisant pas , elle manquait
(i* Un million deux cent mille francs.
ÉOiN III US (»)
à tous ses devoirs, puisque c'était file qui avait pris l'initiative de l'intervention en Italie. Le président de la République, voyant l'honneur mditaire engage, s'empressa d én\oyer des renforts, et terminait sa lettre an général Oudinot par ces mots : •» Dites à vos soldats que j'apprécie leur bravoure, que je partage leurs peines et qu'ils pourront toujours compter sur mon appui et ma reconnaissance ». En même temps il lit partir un diplomate |>our tenter un accommodement. Cette démarche ayant échoué, le général Oudinot reçut, le 1<«" juin, l'ordre I «l'entrer à Rome de gré ou de force. L'entrée ; des Français à Rome eut lieu le 3 juillet. L'ar- | mée laissa aux habitants le soin de préparer ! eux-mêmes le retour de Pie IX. Le* cardinaux reprirent aussitôt l'autorité; et, comme ils annonçaient hautement les projets les plus réactionnaires dans une proclamation on n'était pas même mentionné le nom de la France, le prince président écrivit au colonel Edgar Ney, son officier d'ordonnance, qui se trouvait en mission à Rome, cette letle mémorable du 18 août : « La République française n'a pas envoyé une armée à Rome pour y étouffer la liberté italienne, mais, au contraire, pour la régler en la préservant contre ses propres ex» ès, et pour lui donner une base solide en remettant sur le trône pontifical le prince qui le premier s'était placé hardiment à lu tête de toutes les réformes utiles. J'apprends avec peine que les intentions bienveillantes du Saint-Père, comme notre, propre action , restent stériles en présence de passions et d'influences hostiles. On voudrait donner comme base à la rentrée du pape la proscription de la tyrannie. Dites de ma part au général Rostolan qu'il ne doit pas permettre qu'à l'ombre du drapeau tricolore on commette un acte qui puisse dénaturer le caractère de notre intervention. Je résume ainsi le pouvoir temporel du pape : Amnistie générale, sécularisation de l'administration, code Napoléon, et gouvernement libéral, >• — Ces lignes traçaient enfin le but d'une expédition que le pouvoir exécutif n'avait pas fait naître, mais qu'il avait dû accepter du pouvoir législatif.
L'Assemblée constituante avait disparu : le 28 mai 1849, elle avait1 cédé la place à l'Assemblée législative, sortie des élections du 13 mai. Ces élections avaient fourni, outre un certain nombre d'anciens représentants, beaucoup d'hommes nouveaux ou appartenant aux anciens partis monarchiques : éléments hétéroclites, qui se donnaient eux-mêmes les noms de rouges et de blancs , et qui dès les premières séances marquèrent, en sens contraire tout leuréloignement pour la République telle que la voulait la constitution. Édifié sur les tendances de l'Assemblée législative, le prince président n'avait qu'à en surveiller tranquillement les évolutions, toujours l'œil fixé sur la volonté de la nation. Il con-
scrva le cabinet du 10 décembre, arec quelques modifications qui témoignaient de nouveau de son esprit conciliateur (1). Après la vérification des pouvoirs et la constitution du bureau où l'on retrouve, assis au fauteuil de la présidence, M. Dupin aîné, l'ancien président de la chambre des députés, le président de la République adressa, le 7 juin, à l'Assemblée, conformément aux termes de la constitution, un message exposant l'état général des affaires du pays. Après y avoir rap-
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duire, sans préoccupations dynastiques, les destinées du pays. Notre devoir est donc de faire la part entre les idées fausses et les idées vraies qui jaillissent d'une révolution ; puis, cette séparation faite , il faut se mettre à la tête des unes et combattre courageusement les autres. La vérité se trouvera en faisant appel à toutes le^ intelligences, en ne repoussant rien avant rit» l'avoir approfondi, en adoptant tout ce qui aura élé soumis à l'examen des hommes compë-
pelé que les circonstances ne lui ont pas encore j tents et aura subi l'épreuve de la discussion., permis d'accomplir toutes les améliorations J'appelle sous le drapeau de la République et promises, il insiste sur la nécessité de s'en- sur le terrain de la constitution tous les hommes tendre, « aûn de faire renaître la confiance là où dévoués au salut du pays ; je compte sur leur la crainte et la défiance du lendemain ont produit | concours et sur leurs lumières pour m éclairer, la stérilité. ».... «Pour atteindre en partie ce but, j sur ma conscience pour me conduire, sur la ajoute le message, le gouvernement n'a eu qu'à protection de Dieu pour accomplir ma mission.» suivre une marche ferme et résolue, en mon- Dans ce message, clairet précis, le président de trant à tous que, sans sortir de la légalité, il |a République exposait avec une égale franchise emploierait les moyens les plus énergiques pour , ce qu'il avait fait, ce qu'il aurait voulu faire, et rassurer la société. Partout aussi il s'efforce de I ce qu'il promettait de faire, avec le concours rétablir le prestige de l'autorité , en mettant tous d'hommes intelligents et intègres, choisis dans ses soins a appeler aux fonctions publiques les tous les partis. La suite devait prouver qu'il est hommes qu'il jugeait les plus honnêtes et les inutile déparier à qui ne veut rien entendre, plus capables, sans s'arrêter à leurs autécé- j Les affaires de Rome avaient encore ajouté aux dents politiques. C'est encore afin de ne |»s in* j divisions intestines de l'Assemblée. Tandis que
l'extrême gauche foi mutait (séance du 11 juin 1849), par l'organe de Ledru-Rollin, un acte d'accusation contre le président de la République et ses ministres pour avoir violé la constitution en intervenant à Rome, la majorité émit un vote approbatif pour cette même intervention
quicter les esprits, que le gouvernement a dû ajourner le projet de rendre la liberté aux victimes de nos discordes civiles. Au seul mot d'amnistie, l'opinion publique s'est émue en sens divers; on a craint le retour de nouveaux troubles; uéanmoios j'ai usé d'indulgence partout où elle
u'a pas d'inconvénient. Les prisons se sont déjà q„; était, comme chacun le savait, l'œuvre de la
ouvertes à quinze cent soixante-dix transportés de juin, et bientôt les autres seront mis en liberté sans que la société ait rien à en redouter. » — Passant ensuite en revue les différents services de l'État, il termine par ces belles et sages paroles : « La principale mission du gouvernement républicain, c'est d'éclairer le peuple par la manifestation de la vérité, de dissiper l'éclat trompeur que l'intérêt personnel des partis fait briller à ses yeux. Un fait malheureux se retrouve à chaque page de l'histoire • c'est que plus les maux d'une société sont réels et patents, plus une minorité aveugle se lance dans le mysticisme des théories. Après 89, ce n'était pas pour les idées de liabeuf, ni de tel autre sectaire que la société fut bouleversée , mais pour l'abolition des privilèges, pour la division de la propriété, pour l'égalilé devant la loi, pour l'admission de tous aux emplois. Eh bien ! encore aujourd'hui, ce n'est pas pour l'application des théories inapplicables ou imaginaires que la révolution s'est accomplie, mais pour avoir un gouvernement qui, résultat de la volonté «le tous, soit plus intelligent des besoins du peuple et puisse cou-
(t) M. Dofoiirc, ancien mtnhtrc du genérn) Cavaignac, remplaça M. I.eon Kiuchcr au ministère de l'inlcrirur; MM. I.an)uln»l< et de Tocqui-tlllc, l'un du ceiitro <'roi'., l'autre du centre franche, «accédèrent a M. Buiret et i M. Drouyo de l.huys.
Constituante. Un appel à l'insurrection, lance du haut de la tribune, fut suivi de l'échauffourée du 13 juin, promptement réprimée (I). La majorité «le l'Assemblée profila de l'occasion pour mettre Paris en état de siège, suspeudre le droit de réunion, interdire le colportage des journaux, rapporter plusieurs décrets du gouvernement provisoire; en même temps elle vota toutes les autorisations nécessaires pour arrêter et poursuivre ceux de ses membres qui pouvaient être inculpés dans la journée du 13 juin.
Le moment était venu de voir de plus prt> l'attitude du pays dont chaque parti invoquai! la souveraineté. Dès le commencement de juillet 18'i9, le président de la République entreprit un voyage dans les départements. Il visita d'abord les principales villes du nord et de l'ouest. A Chartres, il assista à l'inauguration du chemin de fer; à Amiens il distribua des drapeaux à la garde nationale; à Ilam il visita la forteresse, naguèie témoin de sa captivité. « Je ne saurais, disait-il eu répondant au toast du maire, me glorifier d'une captivité qui avait pour cause l'attaque contre un gouvernement régulier. Quand on a vu combien les révolutions les plus justes entraînent de maux «près elles, on comprend à peine l'audace d'avoir voulu assumer sur soi la
(t) Voy. Icj article* Ledrc-Roixin et Chasgarïuc*.
terrible responsabilité d'un changement. Je ne me plains donc pas d'avoir expié ici, par un emprisonnement de six années, une témérité contre les lois de ma patrie, et c'est avec bonheur que dans les lieux mêmes où j'ai souffert, je vous propose un toast en l'honneur des hommes qui sont déterminés, malgré leurs convictions, à respecter les institutions de leurs pays. » Rouen, Elbeuf, Saumur, Toure, Angers, Nantes, lui offrirent des banquet?. Dans les discours qu'il prononça, il rappelait avec beaucoup d à-propos les principaux souvenirs historiques de ces localités. Il visita ensuite Épernay et Sens, et fut de retour au palais de l'Elysée le 13 septembre, pour la distribution des récompenses aux artistes de l'Exposition de 1849, voulant user « de la plus douce prérogative du pouvoir, qui est d'encourager le mérite partout où il se rencontre ».
Pendant les ravages du choléra qui, pour la seconde fois, désolait l'Europe, l'Assemblée législative prorogea ses séances du 1 1 août au 1er octobre. A sa rentrée, elle approuva, en volant divers crédits supplémentaires, la politique du gouvernement dans la question italienne. Ces votes étaient la réponse de la majorité aux ordres du jour impliquant un blâme, proposé par la gauche. Durant les débats sur les affaires de Rome, on remarqua le sileucc des ministres au sujet de la lettre du prince président à M. Edgar Ney : ils semblaient en décliner toute responsabilité. Cette même lettre, à laquelle le motu proprio de Pie IX ne donna qu'une satisfaction illusoire, devint de la part de la droite un objet de dédaigneuses railleries. Cet ensemble d'incidents amena la dissolution du cabinet Odilon Barrot, qui fut remplacé par le ministère du 31 octobre (1). Le président de la République s'en expliqua clairement dans le message qu'il envoya, le même jour, à l'Assemblée. « Dans les circonstances graves où nous nous trouvons , y disait-il , l'accord qui doit régner entre les différents pouvoirs de l'État ne peut se maintenir que si, animés d'une confiance naturelle, ils s'expliquent franchement l'un vis-àxts de l'autre. » Indiquant ensuite les motifs qui l'ont déterminé à changer le ministère, il ajoute : « Pour raffermir la République menacée de tant de côtes par l'anarchie, pour assurer l'ordre plus efficacement qu'il ne l'a été jusqu'à ce
(1) Ce noavcaa cabinet se composait de M. Fcrd. Narrât à l'Intérieur ; M. Achille Fould, aux finances ; M. Ronher. a la Justice; M. de l'arlcu, à l'Instruction publique , M. Dumas, a l'agriculture et au commerce; l\.mir»l Romain lie»fo»»C«, a la marine ; M. Blneau, aux travaux public* ; le général Lahltte, aux affaire* étrangères. Ce dernier ne prit Min portefeuille que le 17 novembre. M. tic Ravneval, ambatsadeur à Naplc», D'ayant pas accepte le ministère des affaire* étrangère*, l'intérim en avait été confie au générât d'Hautpoul. Le IS mars suivant, M. Baroche remplaça M. F. Barrot a I intérieur. Ce fut sou* le ministère du St oetobre qu'on acheva d'épurer le personnel administratif et des parquets, et que furent votées la loi temporaire relative aux Instituteur* communaux (tl )iqv. 1M0» et la loi organique sur l'enseignement prtet secondaire (19 ljnv.,s6 février et 15 mar* J.
jour, peur maintenir à l'extérieur le nom de la France à la hauteur de sa renommée, il faut des hommes qui, animés d'un dévouement patriotique, comprennent la nécessité d'une direction unique et ferme, et d'une politique nettement formulée; qui ne compromettent le pouvoir par aucune irrésolution ; qui soient aussi préoccupés de ma propre responsabilité que de la leur, en action comme en paroles.» Enfin, les lignes suivantes s'adressaient plus particulièrement à la majorité des électeurs, à la nation, au vrai souverain • « Sans rancune contre aucune individualité, contre aucun parti, j'ai laissé arriver aux affaires les hommes d'opinions les plus diverses, mais sans obtenir les heureux résultats que j'attendais de ce rapprochement. Au lieu d'opérer une fusion de nuances , je n'ai obtenu qu'une neutralisation de forces. L'unité de vues et d'intentions a été entravée, l'esprit de conciliation pris pour de la faiblesse. A peine les dangers de la rue étaient-ils passés, qu'on a vu les partis relever leur drapeau, réveiller leurs rivalités et alarmer le pays en semant l'inquiétude. Au milieu de cette confusion, la France inquiète, parce qu'elle ne voit pas de direction, cherche la main, la volonté, le drapeau de l'élu du 10 décembre. Or, cette volonté ne peut être sentie que s'il y a communauté entière d'idées, de vues, de convictions entre le président et ses ministres, et si l'Assemblée elle-même s'associe à la pensée nationale dont l'élection du pouvoir exécutif a été l'expression. Tout un système a triomphé au 10 décembre; car le nom de Napoléon est à lui seul tout un programme; il veut dire : a l'intérieur, ordre, autorité, religion, bien-être tlu peuple; à l'extérieur, dignité nationale... La lettre d'une constitution a sans doule une grande influence sur les destinées d'un pays, mais la manière dont elle est exécutée en exerce une plus grande peutêtre. >»
Ce message fut, comme on devait s'y attendre, accueilli par l'Assemblée avec une froideur qui déguisait mal ses rancunes ; elle allait bientôt y répondre par des actes de la plus haute gravité.
En novembre 1849 eut lieu devant la cour de justice de Versailles le procès des principaux chefs de la journée du 13 juin. Trente membres de la gauche de l'Assemblée y furent condamnés. Vers la même époque , comme pour tempérer ce que ces condamnations pouvaient avoir de rigoureux, le président île la République rendit à la liberté et a leurs familles treize cent quarante et un insurgés de juin 1848. Cette mesure d'humanité fut vivement blâmée par les anciens partis. Ceux-ci devinrent bien plus mécontents encore à la suite des élections partielles du 10 mars et du 28 avril 1850, qui amenèrent sur les bancs de l'Assemblée plusieurs républicains ardents. Aussi, dès le 2 mai 1850, il se forma une commission pour restreindre le suf-
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frage universel (1). C'est de là que sortit, après des discussions orageuses, la fameuse loi du 31 mai, aux termes de laquelle l'exercice du droit d'électeur était soumis à trois ans de domicile dans la commune ou dans le canton. « Cette loi, s'écriait M. de Lamartine, est un coup d'État par interprétation. « — « C'est une violation de la constitution », ajoutait le général Cavaignac. — « C'est une mutilation du suffrage universel », ajoutait M. Victor Hugo. — « Personne, repondit M. Thiers, ne songe à attaquer le suffrage universel, à éloigner le peuple de l'urne électorale; c'est la vile multitude que la loi veut écarter; ce sont les mauvaises blouses, ces ouvriers nomades, toujours dociles au mot d'ordre qu'ils vont prendre au cabaret. »
Dès ce moment la lutte était engagée, lutte opiniâtre, bruyante, acharnée, entre 1rs partis extrêmes dont aucun ne voulait de la République selon la lettre et l'esprit de la constitution. A part quelques républicains modéré*, c'était là le ! seul point sur lequel ils se trouvaient d'ac- j cord.
La loi du 31 mai, en restreignant le suffrage ; universel , attaquait indirectement Pélu du 10 décembre. Les débats qui s'ouvrirent, quatre jours j après, sur la demande d'un crédit supplémen- , taire pour frais de présidence, ne «levaient plu? laisser aucun doute à cet égard. Sur la demande du ministre des finances de porter les frais de représentation à trois millions, le traitement res- . tant fixé à 600,000 fr., l'Assemblée nomma d'abord une commission qui substitua au projet du gouvernement une proposition toute différente , tendant à allouer feulement une somme de 1,600,000 fr. pour dépenses faites en 18i9 et 18î>0, par suite de l'installation du président. Cette proposition équivalait à un rejet. La gauche se montra, en cette circonstance, inoins hostile que la droite, qui n'avait pourtant guère lésiné avec d'autres gouvernements. « Si vous voulez donner, disait M. Mathieu (de la Drôrnc), ne marchandez pas; si vous voulez refuser, n'humiliez pas; la dignité du pouvoir y perdrait et vous n'y gagneriez rien. » La minorité de la commission proposa alors un amendement qui ne fut adopté qu'à une faible majorité et grâce encore à l'intervention du général Changarnier. Le mois suivant, l'Assemblée nomma ( 20, 23 et 25 juillet) une commission de permanence, chargée de surveiller la marche des affaires cl de convoquer l'Assemblée dès l'apparition de quelque symptôme grave (2). C otait faire une
(I) Cette comnii«»lon était composée de MM. BeooUt d'Aiy. Hcrryer. Beugnot. de Brojrllc, Buffet, de Cnasse- JouH-aubJl, l>»ru. Uon Faucher, Jules de la'tevrlc, Molé.de Monl.tlrmbert, de Montebelln. l'Wcatory, de Scje,dcSahJl-PH.'»t. Thler», de Vatlmesnll.
tl> Cette commission était composée de MM. Odllon Barrot, Jule» de La-teyrie, Monrt.Rrncrat de Saint-Prir*t, gênerai Chïr.tMrnler. Olivier, Berryer. Nettement, Mole, (rentrai Laumtun , gênerai I arauflrlèrr, lirognot, de Mornay, de Mnnlrbcllo, de l'K<plnjo»e , Cretun, ftu- Ihléres, Visio. Lco de Laborde, Casimir l'erur, de Crcu-