‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 74 sur 206 · ON III 448 (TS · texte numérisé non relu

ON III 448 (TS

à en juger seulement par le nombre dos morts ci des blessés abandonnés sur toute l'étendue du champ de bataille, qui n'avait pas moins de cinq lieues de front. 11 laissa entre les main» du vainqueur trente pièces de canon, quatre drapeaux et six mille prisonniers. L'armée autrichienne combattit sous les jeux de son souverain; la présence des deux empereurs et du roi rendit la lutte aussi acharnée que décisive. Napoléon 111 ne cessa pas un seul instant de diriger l'action , en se portant sur tous les points où ses troupes avaient à déployer le plus d'énergie; à diverses reprises, les projectiles de l'ennemi frappèrent dans les rangs de IYtat-major et de l'escorte qui suivaient l'empereur.

Immédiatement après cette victoire, les Autrichiens abandonnèrent toutes les positions qu'ds avaient préparées sur la rive droite du Mincio. Le 1er juillet, l'armée alliée franchit cette rivière sans résistance, et le 3, le prince Napoléon atteignit Goito, à la tête du be corps pour faire sa jonction avec le reste des troupes. Aiusi arrivée devant Vérone, l'armée de Napoléon lit, composée de cinq corps d'armée et de la garde impériale, occupe une ligne compacte qui s'étend parallèlement au Mincio depuis Castelnovo jusqu'à Pozzolo. Peschiera est sous le canon sarde. Enfin une flotte, sous le commandement de l'amiral Romain Desfossés, a pénétré dans l'Adriatique : maltresse de l'Ile de Lassini, elle n'attend que le signal d'attaquer Venise. Ce fut dans cette position menaçante, au milieu de la marche victorieuse d'une armée de cent cinquante mille hommes, que l'empereur des Français résolut, comme par une inspiration soudaine, de proposer a l'empereur d'Autriche un armistice. Aussi cette proposition parut-elle si extraordinaire a François-Joseph qu'il semblait d'abord n'y voir qu'un piège, et il remit au lendemain sa réponse à la lettre autographe dont le général Fleur)- , arrivé à Vérone dans la nuit du 7, était porteur. Le 11 juillet, les deux souverains eurent une entrevue à Villafranca, silué à peu près à égale distance de Solferino et de Vérone. « A neuf heures précises , raconte un témoin oculaire , l'empereur Napoléon atteignit Villafranca; et comme l'empereur François Joseph n'était pas encore arrivé, il continua sa route dans la direction de Vérone, voulant, par courtoisie, aller au-devant de Sa Majesté; son escorte se rangea en bataille, à la sortie de Villafranca, dans un champ sur la gauche de la route. Bientôt apparut l'empereur d'Autriche qui marchait en tête de son escorte. L'empereur des Français mit aussitôt son cheval au galop et s'avança seul au devant de Sa Majesté (I). » Après avoir échangé une poignée de main, les deux empereurs descendirent de cheval dans la grande rue de Villafranca, devant la matson de M. Morelli, et montèrent au premier étage

(I) La Campagne à'italiéile i»5»par le baron de Ba.-*neourt, t. il. p. »*». Cette cotreyue UU le sujet d"uii beau Ublrsudc M. Y*oo.

4-17 NAPOI oii un salon leur avait été préparé. Ils y eurent un entretien qui dura près de deux heures. Ce fut de là que sortirent le» préliminaires de Villafranco ( l ), ratifiés plus lard par le traité de Zurich.

La modération dans la victoire est une chose bien rare. L« vainqueur qui demande la paix , quelle grandeur ! Apres la bataille de Solferino chacun s'attendait à voir l'empereur poursuivre ses succès pour arriver, selon son programme, à l'expulsion définitive des Autrichiens de la péninsule. Mais que de sang il aurait fallu verser encore ! Puis, il importait de voir comment les Italiens s'entendraient entre eux-mêmes dans leur œuvre d'unification ; il importait de les soumettre pour ainsi dire, en face de toutes les puissances, spectatrices plus ou moins intéressées, à la double épreuve du temps et de la sagesse. Cette dernière considération devait être décisive dans l'esprit de l'empereur. Malheureusement la sagesse ne vint pas du coté où elle aurait dû se trouver. Depuis les vaines tentatives diplomatiques pour rétablir, conformément aux préliminaires de Villafranca, le grand-duc de Toscane et le duc de Modène dans leurs États, depuis la chute des Bourbons de Naples par suite de l'invasion des troiqies de Garibaldi, depuis l'annexion des Deux-Siciles et celle des Marches, de la Romagne et de l'Ombiie, en un mot, depuis la création du royaume d'Italie noua le sceptre de Victor - Emmanuel , reconnu aujourd'hui par toutes les puissances , moins l'Autriche et l'Espagne, la cour pontificale, loin de s'unir au mouvement qui entraîne tous les Italiens k ne former qu'une seule nation, qu'une seule patrie, repousse systématiquement , obstinément , par son invariable non posswnus , toute offre de conciliation , tout moyen de transaction; elle répudie cet immortel principe d'équité « que les gouvernements sont faits pour les peuples et non les peuples pour les gouvernements », et le vicaire

Page 1