ÉON III
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(11 Voici le texte de ers préliminaires : • Entre S. M. l'empereur d'Autriche rtS. M. l'empereur dei Français, II • été contenu ce qui suit :
1» Les deux «ouveralna favoriseront la crratlon d'une confédération Italienne.
l° Cette confédération sera sous la présidence honoraire du Saint- Père.
S» L'empereur d'Autriche eede i l'empereur dea Français ses droits sur la Lombardle, A l'cicepUon dea forteresses de Maotoue et de Peschlcra, de manière que la frontière des possessions autrichiennes partirait du rayon extrême de la forteresse de Peschtera et s'étendrait en ligne droite te long du Mioclo Jusqu'à la (irait* ; de U. a Sctrzarola et Suiana au Pô. d'où les fronUères actuelles continueraient A former tes Mmltes de l'Autriche. L'empereur dea Français remettra le territoire cédé au roi de Sardalgne.
*• La Vénctle fera partie de la confédération Italienne, tout en restant sous la couronne de Tempereur d'Autriche.
«• Le grand-dnc de Toscane H le duc de Modène rentreront dans leurs États en donnant une amnistie générale.
6° Les deux empereurs demanderont au Saint-Père d'Introduire dans ses Etal* des reformes indispensables.
7* Amnistie pleine et entière est accordée de part et d'autre aux personnes compromises a l'occasion dea derniers événements dans les territoires des parUca belligérantes. » Fait a Villafranca, le il juillet 1199. François-Joseph, M. P. ; Napoléon, M. P.
de celui dont « le royaume n'était pas de * monde », regrette douloureusement la peife du pouvoir temporel, qu'il déclare, dans on langage qui n'a rien d'évangéïique , necasaire à l'exercice du pouvoir spirituel , se mettant en contradiction flagrante avec l'enseignement de toute l'histoire, et ne cachant point ses sympathies pour les ennemis du progrès, ni sa haine pour ce qui tient de près ou cfc loin aux grandes conquêtes de la révolutioo française (1). La base du traité de Zurich, Mt d'une confédération italienne ayant le pape pour président honoraire, de même que tous les conseils que l'empereur des Français a cru deroif adresser au Saint- Père, sont rejetés avec dédain par ceux-là mêmes qui auraient eu tout intenH a les accepter (2). Cependant des baîoiwftte non italiennes protègent encore le pape contre les Italiens qui n'en veulent point comme roi; les troupes françaises continuent d'occuper Rome, et la capitale décrus? du royaume d'Italie est un foyer de conspiration contre Victor- Emmanuel et son puissant allié. Cette situai** anormale disparaîtra , comme l'erreur, oVraal l'inflexible logique des événements. Les appris vainement réitérés au zèle des catholique, la déroule de Castelfidardo, la violence des afrv cutions pontificales et des manifestes epbfpaux, l'impuissance des intrigues légitima*» des bandes mercenaires de François H, Jf" vraienl, si les partis n'étaient pas aveugle», awii dissipé toute illusion dans le camp des prince de droit divin ; pendant que les enfants de Mal*, représentés au parlement de Turin et fjro«f*> autour de leur roi conslituuomiel , nese la»*»! détourner de leur but par aucune excitai*», w indigène , ni étrangère , et donnent au mondr beau spectacle d'un peuple qui a le senbvxd de sa force et la conscience de son droit.
L'avantage immédiat que la France retira d> u guerre d'Italie fut (24 mars 1860) l'acquis*** * trois nouveaux départements par Panne*** d» comté de Nice et de la Savoie (3), au grand dépaw d'une puissance voisine qui aime à P™**?*^ beaux discours en faveur des nations opfrw**' mais qui ne dépense pour leur cause »t**fv obole. L'Angleterre évoqua, à cette oeca** l'ombre des souvenirs de 181 5, et ce neful p* a faute, si , au sujet de la neutralisation des iroa tières franco- helvétiques , elle ne parvint p** • brouiller l'empereur avec la Suisse et avec tos^ signataires du traité de Vu*
(1) Voj. YJlloeution du pape, prononcée le I J Jour de ta canonisation dea martyrs japonai». tt U ponte des évéques et cardinaux réunis a SolW\ ^p
(tl Voy. la lettre de l'empereur au pape. P0»'** /V m Moniteur ( tl janvier ISM) ; les Doc*m<*U W*^ tiquti (années 1860 et 18*1 ), et V Empereur. P** te roi dTltaJle, broch. ln-8», 1M1. ^Iflt.
(s; La Savoie forme le département de U i** (ttl.MO habitant*; chef-lieu Cbanabéry ! . etj» ment de la Haute Savoie («tt.OOOhabittntt: ebeM*" necy ». Nice, avec une population de !•♦,"•* ■■,t, ' le département des Alpes maritimes.
447C») NAPOLÉON III 4-18 (TS
L'annexion des nouveaux territoires à l'Empire • cette résidence vide de défenseurs. Les re*
Tançais était exigée par la rectification de ses cherches qu'on y fit amenèrent la découverte d'un
limites du côté du royaume d'Italie, auquel Na- grand nombre d'objets précieux, parmi lesquels
poléon 111 venait de donner la Lombardie par deux bâtons de commandement, dont l'un Tut
les traités de Vtllafranca et de Zurich. La Savoie était d'ailleurs une conquête en quelque sorte toute morale : les habitants de cette province, appelés à se prononcer eux-mêmes à cet égard librement, montrèrent, par l'unanimité de leurs suffrages, combien ils désiraient faire of-
ofl'ert a la reine Victoria et l'autre à l'empereur des Français. Le palais de Yuen-Ming fut ensuite livré aux flammes, sur l'ordre de lord Elgin, alin de frapper de terreur les Chinois pour lesquels la conservation de ce palais impérial était l'objet d'un culte superstitieux. Le 17 octobre, au mo-
ficiellement partie de la grande famille française, ment où les troupes alliées allaient se disposera
à laquelle ils appartenaient déjà naturellement par leur langue, leurs mœurs, la communauté de leurs intérêts et les grandes phases de leur histoire.
Cependant l'empereur avait donné à la Grande- Bretagne l'exemple du désintéressement en aidant sa jalouse et inquiète alliée dans la guerre de la Chine où le commerce de la France est encore si faiblement représenté.
On se rappelle que l'escadre anglo-française, ayant à bord les plénipotentiaires qui devaient se rendre à Peking pour la ratification du traitédeTien-tsin,fut reçue a coups de canon dans le Peî-ho, et dut battre en retraite à la hauteur des forts de Takou. Cet acte d'une hostilité sauvage ' détermina les deux puissances alliées à prendre une résolution prompte et énergique. Le baron Gros et lord Elgin retournèrent dans la mer de Chine avec des forces suffisantes. Le 21 août 1860, l'armée anglo-française sous les ordres de sir Grant et do général de Montauban, emporte d'assaut les forts de Takou après avoir chassé les troupes tartares de leurs camps retranchés. Mais, pendant qu'on cherche à s'entendre sur quelques préliminaires et le lieu de réunion, un corps de Tartares effectue une attaque imprévue, et plusieurs membres du personnel des deux légations sont emmenés prisonniers. Les victoires, successivement remportées, le 18 et le 21 septembre, à Chan kia wang et à Palikao, sont le châtiment de cette félonie, conduite habituelle d*un peuple qui manque de tout sentiment de droit international. Ces journées victorieuses rapprochèrent l'armée alliée à 12 kilomètres de Peking, et lui valurent cent pièces de canon : elle n'avait éprouvé que des pertes insignifiantes. « La plume, ajoute le rapport du général de Montauban, créé depuis par l'empereur comte de Palikao, la pJnme est impuissante à donner une idée vraie de ce qui se passa autour de nous. L'ennemi nous entourait à perte de vue; les rapports des prisonniers et des espions varient , dans l'évaluation des forces chinoises, de 40 à 60,000 hommes. Tout cela est si étrange que, pour rendre compte de nos succès, il faut remonter bien haut dans 2e passé, et se rappeler les victoires constantes de quelques poignées de soldats romains sur les hordes barbares. » Le 5 octobre 1 860, l'armée alliée quitta Palikao pour se porter sur Peking. A son approche, les troupes tartares se retirèrent à Yuen-Ming, magnifique résidence d'été de l'empereur de Chine. Mais, à son arrivée, elie trouva
bombarder Peking, le prince Kong, frère do l'empereur de Chine, fit annoncer qu'il était prêt à conclure ia paix. Comme condition préalable tous les prisonniers devaient être rendus. Sur treize prisonniers français , six rentrèrent au camp après avoir essuyé les traitements les plus inhumains , sept étaient morts par suite de ces traitements : ils furent solennellement enterrés à Peking dans l'ancien cimetière français que l'empereur Kang-Ili avait autrefois accordé aux missionnaires catholiques. La paix, signée avec un grand cérémonial , le 26 octobre 1 860, ratifia le traité de Tien-Tsio, et stipula une indemnité de huit millions de taèls à payer pour frais de guerre.
L'empereur est aujourd'hui officiellement représenté à la cour de Peking : jamais souverain de France n'avait encore obtenu une pareille satisfaction. Le prince Kong, chef du conseil de régence, fait donner au jeune empereur Tchoung- Tclii (âgé de dix ans) les principes d'une éducation européenne, où n'est pas oublié l'enseignement de la langue française. Ce même prince, éclairé et libéral, adressa (mai 1862) aux ministres de France et d'Angleterre une dépêche pour les remercier de la coopération de ces puissances pour la destruction des rebelles ou Taïpings, et il déclare « être prêt à tout faire pour resserrer les liens d'amitié qui unissent le gouvernement chinois à ses bons et loyaux alliés ». L'ouverture de la Chine auv peuples de l'Occident sera signalé comme un des faits les plus considérables de l'histoire du dixneuvième siècle. Les ambassades de la Cochiuchine (mai 1861) et du Japon (avril 1862), envoyées à la cour des Tuileries, montrent que les nations les plus réfractaires de l'Asie s'empressent d'entrer dans la voie du progrès, ouverte par la France et l'Angleterre.
Le royaume d'Annam, dans les parages de la Cocbtnchine, persistait seul encore à susciter des obstacles à la libre communication. Depuis le commencement de notre siècle, la France avait vainement essayé de renouer des relations avec le gouvernement annamite ou d'obtenir des atténuations aux violences doot les missionnaires étaient l'objet. En 1856, l'empereur avait chargé un agent spécial de se rendre à Tourane et dit faire une nouvelle tentative pour vaincre l'aveugle obstination de la cour d'Annam. Cet agent ne l ui pas même admis à débarquer, et il dut s'éloigner sans avoir pu faire parvenir à Hué le message dont
il était porteur. Ces procédés furent suivis d'une nouvelle persécution plus rigoureuse encore que les précédentes, dirigées contre les missionnaires, et un évéque (M. Diaz) fut mis à mort après avoir été livré à d'affreux tourments. Il étail impossible à l'empereur de permettre que ses ouvertures fussent rejetées avec tant de hauteur, et que sa sollicitude devint une cause de persécution ; une expédition fut résolue. Le gouvernement espagnol, qui avait des griefs analogues à faire redresser, s'empressa de concourir au but de cette expédition dont le commandement était confié au vice-amiral Rigaull de Genouilly. en mettant à sa disposition un régiment de Manille et deux navires de guerre. Le 17 février 1859 la citadelle de Saigon fut emportée d'assaut par les troupes franco-espagnoles; le 17 novembre suivant eut lieu la prise du fort de Tourane qui domine les communications entre la capitale (Hué) et les forces de l'ennemi; les Annamites furent battus à Mitliy et délogés de leurs retranchements; enfin, depuis le 10 février 18(50, le port de Saigon est ouvert au commerce de l'Europe (I). L'attitude hostile du gouvernement annamite provoqua bientôt de nouveau l'intervention du corps expéditionnaire, placé sous le commandement du vice-amiral Cbarner. Les journées des 2i et 25 février 1861, et la prise de la citadelle Mithy le 12 avril suivant, doivent assurer à la France la possession des provinces méridionales de la Cochinchine. Enfin un rapport récent du vice-amiral Honard nous apprend qu'après la répression énergique d'une vaste in surrection.un traite* de paix a été solennellement tondu a Hué { 1 4 avril 1803) avec le roi Tu-Duc.
Si nous voyons, dans l'Asie orientale, un grand empire se ranimer sous le souffle civilisateur de l'Europe chrétienne, un autre empire, à l'ouest de ce grand continent , menace de s'éteindre sous l'influence de ce même souffle. Les fanatiques sectateurs de Mahomet, ces guerriers jadis si redoutés, savent mal contenir leur haine en face de ces giaours autrefois si méprisés, aujourd'hui ses protecteurs. La Mecque est le foyer où se retrempe chaque année la rage des musulmans; en 18j8, elle fit explosion à Djedda, port des pèlerin? de l'islam, par l'assassinat des consuls français et anglais. Le massacre des Maronites par les Druses, en juin 1860, fut le second épisode de cette conspiration universelle des musulmans contre les chrétiens. A peine la nouvelle îles événements de Syrie était- elle arrivée en France, que l'empereur, en vertu de cet antique protectorat des chrétiens d'Orient qu'il ne saurait abandonner, sa hâta de provoquer les mesures nécessaires pour remédier à la situation; à l'exemple de Louis XIV, il s'adressa d'abord immédiatement au suilan pour invoquer son intervention en faveur des chrétiens du Liban. Le 12 juillet 1860, le Sultan lui écrivit pour attester
|l) /'oy. dans te Monilrur du tB Juillet 18*0 te règlement de ['ouverture de ce port.
son désir de faire justice. Mais on reconnut bientôt que ni l'ancien droit de protection, ni les sentiments exprimés par le sultan ne pouvaient suffire: tandis que Fuad Pacha se dirigeait avec ses troupes vers la Syrie, les massacres continuaient. L'empereur voulut alors proportionner l'action à la nécessité, tout en procédant avec une réserve extrême dans une ques-
tion où l'avenir est si fortement engagé. Ce ne
fut qu'après s'être mis préalablement d'accord avec les grandes puissances qu'il envoya ses troupes en Syrie. « La France, disait l'empereur en passant le 31 juillet en revue le corps expéditionnaire placé sous les ordres du général de Ueauforl d'Hautpoul, la France salue avec bonheur une expédition qui n'a qu'un but, celui de faire triompher les droits de la justiceet de l'humanité. - Ainsi, la tache acceptée de tous, c'est la France seule qui va l'accomplir. Aussitôt sou drapeau se déploie à Beyrouth, et les massacres s'arrêtent. Daus cet intervalle , les autres puissances de l'Europe envoient une commission de délégués avec la triple mission de châtier les coupables, de réparer les désastres en fixant des indemnités et de se concerter sur la pacification définitive des peuples du Liban. On avait d'abord pensé qu'un délai de six mois suffirait pour cela; mais, lorsque le délai allait expirer, on reconnut que l'oeuvre de réparation, rencontrant des obstacles imprévus, n'était pas encore achevée. La Syrie devait ôlre évacuée en mars 1861, bien que les conditions, qui eu avaient nécessité l'occupation, fussent toujours les mêmes. La conférence de Paris fut mise en demeure d'examiner de nouveau la question. On y souleva des objections de tout genre : la Porte Ottomane se prétendait assez forte pour arrêter le progrès des massacres, des incendies et du pillage. L'Angleterre, plus jalouse de ses intérêts que soucieuse du sang des chrétiens, pensait comme la Porte. La Russie penchait vers l'opinion de la France; l'Autriche et la Prusse, sans se montrer opposées à cetté opinion, l'accueillaient avec inoins d'empressement. Enfin, on parvint à s'entendre sur un attermoiement : l'intervention fut prorogée de trois mois, du 5 mars au 5 juin. Depuis l'échéance de ce dernier délai et le départ des troupes françaises, les appréhensions des chrétiens de la Syrie augmentent. En cas de nouveaux massacres, la Russie a d'avance, par une déclaration solennelle, mis sa responsibilité à couvert. Quant à la France , tous ceux qui ont à cœur l'intérêt de l'humanité s'associeront à ces paroles d'un des ministres de l'empereur : « Les actes signés et la dignité de la France nous font un devoir rigoureux d'exécuter loyalement la convention (I). S'il en résulte de nouveaux malheurs, ce n'est pas nous, mais d'autres qui en auront la responsabilité. Si la France ne se trompe pas dans
(1) U» article» de cette conrenUoD «ont indiqués dans te Moniteur du il juin
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ses prévisions, si ceux qui Dépensent pas comme elle se trompent, le sang qui pourrait couler retombera sur eux. En présence de ces invocations île la foi jurée, en présence d'un souverain qui, chez lui et quelque faible qu'il puisse êlre, invoque son indépendance et se déclare en état de faire lui-même la police de ses provinces, nous ne pouvons faire qu'une chose, c'est de prendre l'Europe à témoin de nos craintes et de l'immense responsabilité qu'elle encourt... Ce n'est pas la France qui évacue ce malheureux pays, c'e&t l'Europe (»)• »
Nous ne dirons qu'un mot d'une guerre encore pendante, mais dont tout laisse entrevoir une fin prochaine et heureuse. Les sujets de plainte que la France avait depuis douze ans contre le Mexique déterminèrent l'empereur à y envoyer une armée. Ils sont nettement exposés dans une note de M. Thouvenel, ministre des affaires étrangères, au contre-amiral Jurien de la Gravière, commandant l'escadre dans les parages du Mexique. On y voit les pertes considérables et les vexations de tout genre que les Français, résidant dans ce pays, ont eu à subir par suite dt l'anarchie qui y règne depuis tant d'années. En 1853 et 1858, le gouvernement de l'empereur était déjà intervenu à ce sujet; mais les conventions, arrêtées entre lui et les chefs momentanément au pouvoir, se trouvaient annulées par leurs successeurs ou devenaient inexécutables par la coexistence de deux autorités de fait, l'une à la Vera- Cruz , l'antre à Mexico. « Les embarras d'une telle situation, ajoute M. Thouvenel, ne se faisaient pas sentir pour nous seuls; les autres puissances européennes, qui ont de nombreux intérêts engagés au Mexique, la Grande-Bretagne et l'Espagne notamment , en souffraient comme nous. Les préoccupations de même nature que cet état de choses devait , par conséquent , inspirer aux trois gouvernements, les avaient amenés, chacun de leur côté, à penser que la reconstitution an Mexique d'un pouvoir unique et suprême, dont l'action pourrait s'exercer sur foute l'étendue dt» territoire, était l'unique moyen de rendre à ce pays et à tous ses habitants , nationaux et étrangers, l'ordre et la paix que troublait si profondément une lutte sanglante dont on ne prévoyait |vas le terme (2). » A la fin de 18GI, le président actuel de la république mexicaine, Juarez, parvint a occuper seul le pouvoir que lui disputait le général Miramon. Le moment était venu de demander de nouveau une juste satisfaction à des plaintes légitimes. Les négociations entamées it cet égard semblaient devoir aboutir, lorsque le président Juarez proposa et fit voter (17 juillet I8fii) par le congrès une loi dont le premier article prononce la suppression, pendant deux ans, des conventions étrangères, annule des engagement* qui s'exécutaient, et met
11} Discourt de M. Htllatilt an S^oat ( 1S mal 1S6I ). {jj Note île Al. Tliouvcocl, dans le Moniteur de no- Ttmttre Kfli.
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à néant toutes les garanties de réparation qu'on avait eu tant de peine à obtenir. En conséquence de cet acte, les gouvernements de France, d'Angle* terre et d'Espagne signèrent, dès le mois d'octobre 18f»t, une convention portant qu'ils prendraient les dispositions nécessaires pour envoyer sur les côtes de Mexique des forces de terre et de mer suffisantes pour saisir et occuper les différentes forteresses du littoral. Les Espagnols débarquèrent les premiers à Vera-Cruz ; ils furent bientôt rejoints par les Français et les Anglais. Mais cette entente ne devait pas se maintenir. Le général espagnol Prim négocia seul avec le gouvernement mexicain une convention, dite de la Soledad , que les plénipotentiaires français et anglais acceptèrent, mais que le gouvernement de l'empereur desavoua comme contraire à la dignité de la France. Cette divergence complète de vue fit rompre l'alliance. Resté seul sur le sol mexicain , le général Lorencez n'hésita pas à diriger sa petite armée sur Mexico, et le 28 avril 1862, il enleva la forte position des Combrès, non loin d'Orizaba, où l'ennemi s'était retranché. S'avançant plus profondément dans l'intérieur, il arriva le 5 mai, en face de Puebla, sans rencontrer de résistance. Trompé |>ar les rapports des généraux mexicains qui se disaient ennemis de Juarez, il croyait y être reçu avec enthousiasme. Ce fut le contraire qui arriva. L'armée y subit un échec, aggravé par une pluie torrentielle qui rendait les pentes inaccessibles ; emmenant ses blessés et ses malades, elle se retira à Orizaba pour y passer la saison des pluies , pendant laquelle il est impossible de tenir la campagne. Dans l'intervalle de nouveaux renforts furent expédiés de France, et l'armée, ayant repris l'offensive sous le commandement du général Forey, s'empara de Puehla (17 mai 1863), après un siège opiniâtre de deux mois. La prise de cette ville, où l'ennemi avait concentré tous ses moyens de défense, mérita au général Forey le bâton de maréchal. Le 10 juin suivant, le commandant en chef fit son entrée dans la capitale du Mexique au milieu d'un enthousiasme indescriptible. « Les soldats de la France, dit-il dans son rapport, ont été littéralement écrasés sous les couronnes et les bouquets dont l'entrée de l'armée à Paris, le 14 août 1859, en revenant d'Italie, peut seule donner une idée (1). »
Sans doute bien des graves questions extérieures, telles que la souveraineté temporelle du pape, la pacification des esprits en Italie, la guerre fratricide des États-Unis, les aspirations unitaires de l'Allemagne et de la Scandinavie, la décomposition de l'empire Ottoman, attendent des solutions universellement désirées. La Pologne, combattant pour son indépendance, a réveillé les sympathies de l'Angleterre et delà France; et les gouvernements de ces deux pays, joints à celui de l'Autriche, ont douné à entendre à l'empereur
(Il Moniteur du 10 Juillet 19€S.
de Russie des conseils destinés à calmer les in- publique, et par l'exclusion des fonctionnaires,
quiétudes de l'Europe. La Prusse, plus libérale assurant l'indépendance du vote, il est pour la
que son roi, demande un gouvernement constitu- confection des lois ce que le jury est pour leur
tionnel, et ne veut pas se laisse devancer par application. Ses membres, tous soumis au serment,
l'Autriche dans la voie de la liberté.
Mais, a voir les grandes choses que l'empereur a déjà faites, il est permis de bien augurer de ce qu'il fera encore, en prenant pour devise ce vers de Lucain, appliqué à César i
Nil actutn reputans, si quld supercuet agendum.
Montrer aux yeux de tous que les guerres d'ambition ou de conquêtes sont devenues im
sont nommés pour six ans, et reçoivent une indemnité. Au\ dernières élections (31 mai 1863) presque tous les candidats du gouvernement ont été élus dans les départements, tandis que Paris a envoyé à la chambre tous les candidats de l'op|K>àition qui s'étaient présentés à ses suffrages. C'est un symptôme de l'opinion publique demandant « le couronnement de l'édifice par
possibles, que les peuples doivent se rapprocher, l'établissement d'une entière liberté (1). » non par le choc des armées, mais par l'échange Gardien de la constitution, le Séuat doit veiller des lumières, enfin que la valeur d'une nation se au respect «les principes fondamentaux de i'orgamesurera par son travail, par le contingent qu'elle ! nisation civile, politique et sociale. Aucune loi ne fournit au fonds commun de la civilisation, telles j l>«ut être promulguée avant de lui être soumise, sont au fond, à juger par ses actes, les pensées Si une loi est contraire à la constitution, à la redirectrices de Napoléon 111. Moins peut-être que l'g'on, àla morale, etc., le Sénat peut s'y opposer, tout autre souverain, l'empereur ne saurait se , 11 '^R!e tout ce qui n'a pas été prévu par laçonsfaire illusion sur les difficultés de sa tâche, ainsi !' titution ; il maintient ou annule les actes qui lui que sur l'instabilité des conditions humaines. 11 le donna du reste lui-même à entendre à l'occasion
de la naissance du prince im|>érial ( Sapoléon Eugène- Louis- Jean- Joseph, né le 1G mars I85r>), en répondant aux félicitations du Corps législatif : « ... Les acclamations unanimes qui entourent le berceau démon fils ne m'empêchent \ et reçoivent une dotation annuelle de trente mille
sont déférés comme inconstitutionnels par le gouvernement ou dénoncés, pour la même cause, par les pétitions des citoyens ; et en cas de dissolution du Corps législatif, il pourvoit à tout ce qu'exige la marche régulière du gouvernement. Ses membres sont nommés à vie par l'empereur,
pas de réfléchir sur la destinée de ceux qui sont nés et dans le même lieu et dans des circonstances analogues. L'histoire a des enseignements que je n'oublierai pas. Elle me dit, d'une part, qu'il ne faut jamais abuser des faveurs de la for-
francs. Par le régime, inauguré en 1852, « l'empereur est seul responsable devant le peuple fran> çais, auquel il a toujours droit de faire appel » (art. 5 de la constitution. ).
Le conseil d'Etat, chargé d'élaborer les projets de lois présentés par les ministres , sert de lien
tune; de l'autre, qu'une dynastie n'a de chance de stabilité que si elle reste fidèle à son origine | entre le gouvernement et le Corps législatif, et conen s'occupant uniquement des intérêts populaires ! court à une administration régulière, éclairée, du
popul
par lesquels elle a été créée (1). »
Ce qui fait la force de la constitution de 1852,
pays. Il comprend cinq sections, correspondant aux différents départements ministériels, et uue c'est qu'elle ne se pose pas comme une borné ! sixio,ne T1' j"6e toutes les questions soulevées immuable. Répudiant ces formules ahfiir«ifp* nui i entre l'administration et les particuliers. C'est une
dministratif et judiciaire. Ses
immuable. Répudiant ces formules abstraites qui ont la prétention d'enchaîner l'avenir, elle satisfait aux principales exigences du progrès et proclame à la face du monde la perfectibilitedes choses humaines. Fondée sur la volonté nationale , elle réduit à l'impuissance les partis hostiles, ne perd jamais de vue la grandeur et la prospérité de la France, et favorise le développement pacifique des nationalités. En établissant que les ministres ne sont plus responsables, elle a voulu mettre un terme à ces compétitions d'ambitions parlementaires, causes continuelles d'agitation et de faiblesse pour les gouvernements passés. En rendant au chef de l'État son indépendance et son initiative, la nouvelle constitution a consacré en même temps le principe de la division des pouvoirs. Par le vote des lois, «les impôts et des comptes, le Corps législatif, produit du suffrage universel el de l'élection directe, reste en possession de ses attributions essentielles; par la publicité des débats, il est maintenu en communication avec l'opinion
\\) MoniUur du 1» mars isj«.
espèce de conseil membres, nommés par l'empereur, sont amovibles. Lesprojetsde lois, discutés et adoptés par le conseil d'Etat, sont transmis au Corps législatif qui les examine d'abord dans leur ensemble et soumet ensuite l'examen des articles a des commissions dont les séances ne sont pas publiques. S'il y a des amendements, ils sont renvoyés au conseil d'Etat, et ne sont admis que si ce dernier les approuve ; ensuite la commission rédige son rapport, et une seconde discussion a lieu dans une séance publique du Corps législatif, où le gouvernement avait d'abord pour organes des ministres sans portefeuille. Cette création de ministres n'ayant dans les faits à débattre aucune part personnelle, vient d'être supprimée; l'empereur, par le décret du 23 juin 18G3, leur a substitué des ministres chargés des rapports du gouvernement avec les grands
1) Vor. Ir dUcour* de l'empereur, prononcé le M Janv. à poccision «le la diMributlon des récompenses au» exposant» de Londres.
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corps de l'État, « dans le but d'organiser plus solidement la représentation de la pensée gouvernementale devant les chambres sans s'écarter de l'esprit de la constitution. » Le ministre d'État, dégagé de toutes attributions administratives et le ministre président le conseil d'État, avec le concours des membres de ce conseil, sont désormais chargés d'expliquer et de défendre les questions portées devant le Sénatet le Corps législatif.
Les ministres, ne s'occupant chacun que de son département, sont les agents directs de l'em pereur; ils ne sont responsables qu'envers lui, mais ils peuvent être mis en accusation par le Sénat. Knfin l'empereur, relevant le principe d'autorité, s'éloigne à la fois du gouvernement parlementaire et du gouvernement absolu. C'est la réalisation de ce système politique que Montesquieu avait défini la division des trois pouvoirs sous le gouvernement d'un seul.
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matérielles du pays a profité en même temps au capital et au travail, et la nouvelle gloire de l'armée française, rehaussant la grandeur de la patrie commum, est devenue le lien d'une puissante union. La France, accoutumée à tenir la première place dans les conseils de l'Europe continentale, avait été amoindrie par les traités de 1815; et les gouvernements qui s'étaient depuis lors succède-, loin rie la relever de cet état d'humiliation, ne semblaient s'appliquer qu'à la blesser encore davantage dans son orgueil et dans sa dignité, en la traînant à la remorque des puissances étrangères. Napoléon 111 lui a rendu à la fois sa splendeur et sa prépondérance.
Si les Français aiment la gloire militaire et l'égalité civile, ils ont aussi l'amour et le génie des arts de la paix. Satisfaire les nobles instincts de la nation et pourvoir en môme temps au bien être des masses, c'était réconcilier le ca-
Chaque nation présente un ensemble de ca- pital avec le travail, et asseoir la société sur des
ractères, dont la connaissance suffit pour en tracer en quelque sorte a priori toute l'histoire. L'attention de l'empereur doit avoir été frappe de ces passages des Commentaires de César : Gallos novis rébus sludere et ad bellum mobiliter celerilerque excitari ; — iVon solum in omnibus civitalibus a (que in omnibus pagis, sed pene etiam in singuUs domibus factiones sunl (1). L'amour du changement, l'ardeur guerrière, l'esprit de parti, divisé à l'extrême, c'est cet ensemble de qualilés ou de défauts, compris par César sous la dénomination générale â'in/irmitas Gailomm, qui alimente l'histoire des Gaulois, anciens et modernes, malgré l'assimilation de la race conquérante qui a donné son nom au pay s. L'antagonisme entre les différentes classes de la société française a varié de formes suivant les époques, pour aboutir, de nos jours, à la redoutable question du capital et du travail; de politique qu'il était pendant des siècles, cet antagonisme a fini par revêtir la forme sociale.
Si le mouvement est l'essence du progrès, la France en est incontestablement Pavant-garde, et sa marche doit être d'une grande autorité pour l'avenir des nations. La classe, qui représente la propriété ou le capital, triomphante depuis juillet 1830, fut vaincue en 1848, et prit bientôt sa revanche aux journées de juin. Mais ce dernier triomphe était si chèrement acheté et semblait si précaire, qu'elle se montrait prête à acclamer tout pouvoir qui la délivrerait de l'invasion du socialisme et de la terreur des ateliers nationaux. Calmer deux adversaires implacables, au milieu d'une société bouleversée, c'était là une entreprise qui ne pouvait être tentée avec des < hances de succès que par la volonté intelligente et ferme d'un ?eul homme. Ce qui paraissait presque impossible, le second Empire l'a fait. L'impulsion donnée au développement des ressources
(!) Fot. noire article César dans le tome IX de la Biographie générale.
bases solides. C'est ce grand problème social que l'empereur a en partie résolu par tout ce qu'il a fait à l'intérieur.
Auguste trouva Rome en bois; il la laissa en marbre à ses successeurs. Napoléon 111 aura réalisé, par la transformation de Paris, une merveille non moins grande que celle du neveu de César. A la place des maisons en plâtre s'élèvent, comme par encliantement, des palais en pierres de taille; les vieux monuments sont rajeunis, et de nouveaux surgissent; des boulevards et des rues à larges trottoirs donnent plus d'air et de lumière aux anciens quartiers qu'ils traversent ; et, ce que des générations de rois avaient vainement tenté, la volouté de l'empereur l'a réalisé : le Louvre est achevé et se relie par un magnifique développement au château des Tuileries, également rajeuni. Enfin, la capitale élargie, assainie, réédifiée sur un nouveau plan, s'est accrue de plus d'un demi -million d'habitants depuis l'extension de ses limites jusqu'aux fortifications (loi du 16 juin 1859). Paris, est aujourd'hui la cité la plus populeuse du monde comparativement à la surface qu'elle occupe : en 1789, elle comptait seulement 600,000 âmes; en janvier 1860, sa population était de 1,575,942 habitant*, répartis sur 8,502 hectares (l).
L'exemple de la capitale fut suivi par les départements et les communes. Leurs budgets respectifs témoignent des effets de l'éloquence persuasive des autorités locales. Chaque année les départements proposent et le gouvernement autorise de 20 à 25 initiions d'impositions extraordinaires. Y a l- il des cours d'eau à rectifier, des routes, des ponts, des quais, des édifices à réparer, des rues à élargir, des marécages à dessécher, des terres à défricher, etc., les municipalités s'adressent au gouvernement qui ne manque jamais de prendre leurs de-
(1) Parts conifrrnd cntlron 193 habitants par hectare, tandh que Londres, pour la même superficie, n'en a guère plut de ts.
mandes en sérieuse considération. Il contribue pour sa part à toutes ces dépenses, et si les communes sont obérées, H trouve des capitalistes qui avanceront l'argent nécessaire, et le* bénéfices résultant des travaux feront plus que rembourser la dépense. Taris, Lyon, Marseille se sont mis à la tète de ce mouvement d'émulation ; et les campagnes elles-mêmes n'ont pas voulu rester en arrière des villes.
Il serait inexact de dire que cette intervention du gouvernement dans les travaux d'utilité publique ne date que du second Empire. Depuis 1820 on voit figurer au budget des sommes qui varient de 25 à 70 milliousde fr., employées en construction de canaux, de roules, de chemins de fer, etc. Mais, si le gouvernement impérial n'a fait, sous ce rapport, que suivre l'exemple de ses prédécesseurs, il a eu à la fois la prudence d'éviter leurs erreurs et le pouvoir de réaliser ses propre* vues. Les cliemins de fer et les douanes en offrent les preuves. Pendant qu'en Angleterre la construction des voies ferrées était entièrement abandonnée à l'industrie privée, on avait ailleurs posé en principe qu'au gouvernement doit appartenir toute initiative de ce genre d'entreprises. En France surtout ce principe avait été poussé à l'extrême, et la question y fut réduite à ce <iilemme : le gouvernement doit-il construire toutes les lignes à ses frais, ou, dans l'impossibilité de faire immédiatement face à tant de dépenses, serait-il plus convenable d'y faire concourir, moyennant certains avantages, les capitaux privés? Ces doux points de vue, vivement discuté* dans les Chambres, aboutirent à la loi de 1SÎ2, espèce de compromis qui devint la source de grandes pertes de temps et d'argent. Au lieu d'être stimulées, les compagnies se reposaient sur le gouvernement; elles intiiguaienl j our devenir chacune la plus favorisée, et c'est ainsi que des rivalités individuelles nuisirent ici, comme ailleurs, à l'intérêt commun. 11 en élait résulté qu'à l'avénemeut de l'empereur, la France n'avait pas plus de 3,541 kilomètres de chemins de fer, traînant une existence précaire. Un nouveau système se substitua à l'ancien. Le gouvernement impérial prit les mesures nécessaires à la formation de compagnies assez fortes pour achever les lignes qui étaient sa propriété. Afin de stimuler les capitalistes, il prolongea de plus du double la durée ordinaire des concessit ns, qui fui portée à quatre-vingt-dixneuf ans. Tontes les compagnies furent réorganisées sur celte base; elles curent bientôt de l'intérêt à fondre les petite? lignes en quelques grandes qui devaient se partager tout le territoire. Les subventions gouvernementales furent , pour la plupart des cas, supprimées en I S 57, et l'on adopta comme règle une garantie de 4,05 pour cent, à titre d'inb rêl et de fonds d'amortissement, pendant cinquante ans sur un maximum fixe de dépense. Après tous les re-
NAPOLÉON III 448 (M
venus des anciennes et des nouvelles lignes, dépassant une somme déterminée, devront être partagés avec l'État. On estime que la pro|K>rtion des dépenses supportées par le gouvernement pour l'exécution des 5,000 kilomètres d'embranchements, décrétés en 1857, ne dé-
passe pas 25,000 fr. par kilomètre contre 100,000 que lui coûtaient en moyenne les anciennes lignes ( par kilomètre). C'est ainsi que, par une révolution heureuse, les voies ferrées ont perdu leur caractère d'entreprises gouvernementales, sans parler de la rectification de beaucoup d'embranchements que des intérêts de clocher tendaient à détourner du vrai but de l'utilité générale. Aussi par suite de cette émancipation, les chemins de fer se sont-ils développés avec une rapidité extrême et au profit de tout le monde. De 3,541 kilomètres (1851 ) ils se sont élevés, au commencement de 1863, à 10,096 kilomètres, cl ce résultat a été obtenu avec la moitié moins de charges qu'imposait au trésor l'ancien système. Cette extension des moyens de communication et de transjtort, aris.ii rapides que peu coûteux, n'a pas tardé à réagir salutairement sur le commerce et l'industrie.
Dans sa lettre au ministre d'État, l'empereur a témoigné toute sa sollicitude pour l'industrie, le commerce et l'agriculture, cette grande nourricière des peuples. * Avant de développer, dit-il, notre commerce étranger par l'échange des produits, il faut améliorer notre agriculture et affranchir notre industrie de toutes les entraves intérieures qui la placent dans des conditions d'infériorité. Aujourd'hui non-seulement nos grandes exploitations sont gênées par une foule de règlements restrictifs, mais encore le bien-être de ceux qui travaillent est loin d'être arrivé au développement qu'il a atteint dans un pays voisin. Il n'y a donc qu'un système général de bonne économie politique qui puisse , en créant la richesse nationale, répandre l'aisance dans la classe ouvrière. En ce qui touche l'agriculture , il faut la f.nre participer aux bienfaits des institutions de crédit , défricher les forêts situées dans le* plaines et reboiser les montagnes, affecter tous les ans une somme considérable au\ grands travaux de dessèchement, d'irrigation et de défrichement. Ces travaux, transformant les communaux incultes en terrains cultivés, enrichiront les communes sans appauvrir l'État, qui recouvrera ses avances par la vente d'une partie de ces terres rendues à l'agriculture. Pour encourager l'industrie, il faut affranchir de tout droit les matières premières, et lui prêter, exceptionnellement et à un taux modéré, les capitaux qui l'aideront à perfectionner son matériel (1). » Fn résumé suppression des droits sur la laine et les colons; réduction successive sur les sucres et les cafés; amélioration énergiquernent poursuivie des voies de communication ; réduction des droits sur les canaux et, paroi Moniteur du 13 Janvier ts«'o.
suite, abaissement général des frais de transport ; I réunion providentielle de circonstances impré-
prêts à l'agriculture et à l'industrie; abolition du système prohibitif; traités de commerce avec les puissances étrangères, telles sont les bases du programme impérial. Déjà réalisé en partie par la création du crédit foncier, l'augmentation du capital de la Banque, la conversion des rentes, les avances faites à l'agriculture pour l'introduction du drainage , il fift surtout mis en pratique par le traité de commerce avec l'Angleterre.
vues vint mettre pour ainsi dire le dernier sceau aux efforts du gouvernement impérial pour réveiller les forces engourdies de la nation. A peine avait-il abandonné l'échelle mobile pour les grains, qu'une mauvaise récolte Ht ressortir tous les avantages de la liberté d'importation. A peine avait-il supprimé les droits prohibitifs sur certains articles manufacturés , que la crise américaine fit apprécier tous les bénéfices d'une
On avait depuis longtemps signalé comme une politique commerciale qui seule pouvait neufra-
anomalie étrange de voir,dans un pays si ja- liser les effets de pareilles catastrophes,
loux du principe de l'égalité, quelques intérêts La France, qui paraissait naguère privé*1 de
particuliers protégés au détriment de l'intérêt capitaux et dépourvue de tout esprit d'initiative,
général. Le gouvernement du roi Louis-Phi- en abonde aujourd'hui à tel point « qu'elle mc-
iippe avait essayé de modifier le système protec- | nace, dit un célèbre diplomate anglais (Ion!
leur de l'industrie française; mais il rencontra, i Jîormanby), de devenir la métropole financière
dans l'opposition parlementaire, des obstach invincibles. Le gouvernement impérial réalisa liardiment les réformes économiques réclamées par l'immense majorité de la nation. En présence des clameurs sinistres de quelques manufacturiers, appuyés par le commerce de dé-
aussi bien que la métropole politique de l'Kurope. » — « Autrefois, ajoute ce diplomate, non suspect de flatterie, les potentats avaient-ils he. soin d'argent, ou les gouvernements voulaientils construire des chemins de fer, ils s'adressaient presque exclusivement à l'Angleterre, où
ïail, il lui fallut une foi inébranlable dans l'effi- non-seulement affluait une plus grande a bonracité des principes du libre échange. Le traité dance de capitaux , mais où régnait aussi un es-
de commerce anglais, conclu pour dix ans, mit lit! au vieux système des prohibitionnistes, tout rn protégeant, dans de justes limites, les in* dustries nationales. Signé le 23 janvier 18G0, il ne fut ratifié par le Corps législatif que le 4 lévrier 1861, non sans une vive opposition. Il
prit d'avfnturc plus hardi que partout ailleui Si un projet ne trouvait point d'appui en Angleterre, il était considéré comme perdu et était abandonné. En outre, toutes les fois qu'un pays était ouvert aux entreprises, les Anglais étaient toujours les premiers sur l'arène, et dans la plupart
importe de faire remarquer qu'à peu d'exceptions ; des cas ils n'avaient même pas de concurrence à près , les concessions que faisait l'Angleterre craindre. 11 n'en est plus de même maintenant, avaient un effet immédiat, tandis que celles de j L'Angleterre n'est plus le dernier refuge des soula France s'échelonnaient sur une série de mois verains et des gouvernements nécessiteux ; non et d'années, combinée de façon à rassurer, par j que les Anglais soient peut-être devenus plus prucertains ménagements, les intérêts qui se consi- | dents, mais parce que les Français sont devenus
déraient, à tort ou à raison, comme plus ou moins lèses par la levée des prohibitions. L'expérience a déjà montré combien ce traité est propre à développer l'activité industrielle et commerciale de la France an contact de sa puissante rivale. Les craintes mêmes d'une diminution des recettes par suite de la réduction du tarif ont été pr»mptement calmées. Dès les premiers mois de la mise à exécution du traité (d'octobre à décembre 1861 ), la diminution fut un peu plus que nominale, et dans les premiers mois de 1 862 les recettes donnèrent un excédant, non-seulement sur 1860, mais sur 1859, années antérieures à la réduction.
Chaque pays a sa spécialité, qui est l'expression des aptitudes inhérentes au caractère et aux mœurs de ses habitants. La France a la réputation bien méritée d'être la patrie, du goût. Les importations françaises en Angleterre, comme les importations anglaises en France, firent bientôt ressortir la supériorité respective des deux peuples dans certaines fabrications qui devinrent le vrai |>oint de départ île leurs relations commerciales; c'est une entente progressive et un rapprochement mutuel qui en amèneront peu à peu le véritable équilibre. Une
son. Biocn. i;énér. — t. xxxvrr.
plus hardis et plus disposés à courir des risques dans l'espoir de réaliser de gros bénéfices (I). »
La transformation d'un peuple, habitué à tout demander au pouvoir plutôt qu'à ses forces individuelles, et la position éminente que, par suite de cette transformation, il occupe aujourd'hui parmi les nations commerciales et industrielles du monde, voilà des résultats d'une incontes. table valeur. Et ces résultats ont été obtenus avec des sommes beaucoup moindres que celles qu'on avait autrefois dépensées inutilement dans le même but. Ainsi, de 1852 à 18G2, le stimulant, employé pour développer l'esprit d'entreprise et la prospérité publique, représente un total do 1,300 millions (en additionnant ensemble les dépenses, tant ordinaires qu'extraordinaires) contre 1,706 millions, dépensés dans les dix ans qui ont précédé le régime impérial.
Le système de centralisation avait été poussé à l'excès. Imprimer à la nation le goût de l'administration des localités par elles-mêmes, c'est conjurer ces périlleuses transitions de l'apathie à la violence. Le gouvernement de l'empereur l'a com-
(1) Dix (tns d'impérialisme en France; Pari*, 18<3,
Digitiz(
pris : l'exposé de la situation de l'empire, présenté < calculer les somme» de capitaux absorbés par en IKftt?, au Sénat et au Corps législatif, signale les établissement* de crédits, tels que le crédit
les progrès accompli» dans cette voie. Une li berté entière a été laissée à l'initiative des conseils municipaux et des conseil* généraux de s départe ments. et un grand noinbrcd'aftaires locales, qui autrefois ressortissaient au ministère de fin té* rieur,ont été abandonnées à la décision des préfets.
Du reste, le conseil d'État vient d être ofticieilemcnt saisi de cette ini[*>rtante question par une lettre de l'empereur, ainsi motivée : « Nuire système de centralisation, malgré ses avantages, a eu le grave inconvénient d'amener un excès» de réglementation. Autrefois , le contrôle incessant de l'administration sur une foule de choses avait peut être sa raison d'être ; mais aujourd'hui ce n'est plus qu'une entrave. Comment comprendre, en effet, que telle affaire communale, par exemple, d'une importance secondaire, et ne soulevant d'ailleurs aucune objection, exige une instruction de deux années au moins, grâce à l'intervention obligée de onze autorités différentes? Dans certains cas, les entreprises industrielles éprouvent Unit autant de retard. Plus je songe à cette situation , plus je suis convaincu de l'urgence d'une réforme. Nais dans ces matières où le bien public et l'intérêt privé se touchent par tant de points, le difficile est de faire à chacun sa pirt, en accordant au premier toute la protection, au second toute la liberté désirable (I ). » La pensée de l'empereur réalisera une des plus grandes réformes de notre temps, quand on songe aux lenteurs et aux entraves que partout l'administration apporte à l'expédition des affaires.
Si le système de centralisation a des inconvénients, il a aussi des avantages. Joint au réveil de l'esprit d'entreprise , il a servi à réaliser le nouveau mode des emprunts publics, où la limite inférieure des coupons de rente a été fixée à 10 francs. Cette innovation heureuse, en multipliant le nombre des souscripteurs, encourage les petites épargnes en même temps qu'elle rend presque inutile l'intervention, jadis si puissante, des banquiers. C'est le système d'association universalisé, avec garantie du gouvernement. Les emprunts faits par le gouvernement impérial représentent une somme d'au moins deux inillards et demi, y compris les obligation* trentenaires et la dernière conversion du 4 1/2 pour cent. Tous les petits capitaux , autrefois inactifs, sont maintenant lancés dans la circulation, et c'est à cette source que s'alimentent presque toutes les grandes entreprises. Les chemins de fer français, fonds de roulement et matériel compris, représentent au moins 3,750,000,000 fr. ; les emprunts des villes de Paris, de Lyon et de Marseille, pas moius de 250,000,000; les emprunts d'autres villes et communes, environ 50,000,000; ceux des départements, 220,000,000. Il est impossible de
foncier, le comptoir d'escompte, le crédit mobilier, la banque d'Algérie; par les nombreuses compagnies d'assurances, de docks, de ports, de transports publics de navigation, de gaz, de forges, enfin par toutes les entreprises industrielles qui ont reçu un grand développement ou qui ont été créées pendant la période décennale de 185,2 1862. S'il est difficile, sinon impossible, de préciser les sommes absorbées par ces entreprises, il est au moins certain que ce sont presque exclusivement des capitaux français. Il en est du petit capitalise comme du soldat français : isolé, c'est un homme tout comme un autre; mais, associé à ses camarades, il devient un héros. Le système d'association populaire a donne au craintif petit rentier l'audace anglosaxonne , à lui dont les rêves de spéculation se bornaient naguère à goûter otium cum dtgnitaie. C'est le triomphe du régime itn|>érial de montrer au monde que ni de grandes guerres, ni de mauvaises récoltes, ni des crises financières et commerciales, ni des magnificences coûteuses, n'ont pu arrêter le développement do la prospérité générale de la France.
Les perfectionnements apportes a la marine excitèrent la jalousie de l'Angleterre, qui plus d'une fois semblait redouter la descente d'un nouveau conquérant. La guerre de Crimée trancha une question depuis quelque temps en litige : la supériorité des vaisseaux à hélices sur les bâtiments à voiles. On y vit aussi pour la première fois manœuvrer avec succès un navire cuirassé. L'expérience ne fut pas perdue de vue. Dès 1857, le gouvernement de l'érapereur conçut un vaste projet, dont l'exécution devra, dans une période de quatorze ans (de 1858 à 1872), transformer complètement la marine française. Voici ce projet : « l° former une flotte de transition en adaptant des hélices auxiliaires à tous les vaisseaux de ligne qui ne sont pas trop vieux; 2° construire et armer graduellement cent chiquante vapeurs rapides, de différentes dimensions, et d'après les meilleurs modèles connus; 3° achever une flotte de transports de soixantedouze vaisseaux, partie en transformant les frégates à voiles en transports à vapeur, et partie en construisant de nouveaux bâtiments. » L'exécution de ce projet augmente le budget de 17 millions par an. Cette augmentation élève à 124 millions les dé|>enses ordinaires annuelles du département de la marine (l). De 1840 à 1847, ces dépenses varièrent entre 120 et 134 millions. C'est donc 10 millions de moins que dans les dernières années du règne de Louis- Philippe. Et cependant quelle différence dans les résultats! Dans la guerre d'Orient, la supériorité de la marine française dut être reconnue par l'Angleterre elle-même; la batterie flottante, l'A-
Ul Lettre de l'empereur adrennée du palais de Pon- I (1) Excepté les budirti de tMl et itct. nusmentéa par talocbleau, le St Juin 196», au présidera du cousrll d Liât. ' tes expéditlous de Sjrte, de Ctilue et du Metique.
valancke, apparut sente à Kinborn, et la Gloire fut ta première frégate cuirassée mise à Bot.
Le* colonie» reçurent par le décret du 26 septembre 1855 une organisation nouvelle, concernant surtout le partage des revenus et des dépenses entre le budget de l'État et te budget
447 (") NAPOLÉON III 448 (8î)
a peu près abandonné. L'éducation tend a se généraliser. Près de quatre mille écoles de garçons et plus de sept mille de filles ont été ouverte» depuis 1848, et dans les lycées, le nombre des élèves a augmenté de plus d'un cinquième. De récents efforts témoignent de toute la sollicitude de l'em pereur pour l'enseignement professionnel.
Si le règne de Louis XIV fut le siècle littéraire par excellence, l'époque actuelle sera le tabilité publique. Depuis l'émancipation des es- \ règne de la science. C'est par l'irrésistible action daves, le travail dans les colonies languissait; [ civilisatrice des découvertes et des applications il est aujourd'hui fortement encouragé, sur les i scientifiques ou industrielles que la société moeôtes d'Afrique, par «les contrats libres et tein- derne tend à subir une transformation profonde, poraires, qui assurent aux nègres un salaire pour Ce mouvement caractéristique ne devait pas les travaux qu'ils exécutent. L'Algérie, que l'em- échapper a la sagacité de Napoléon III. Aussi pereur visita en personne, est devenue l'objet de l'empereur l'encourage-t-ii par tous les moyens
colonial. Le principe de cette
quelques dispositions nouvelles, fut coné par le décret du 31 mai i862 sur la comp-
toute la solliritu.lt' <i ti gouvernement, comme l'atteste la lettre adressée au gouverneur général (février 18«3) (1).
La loi dn 25 avril 1855 a modifié avantageusement le caractère de l'armée. En vertu de cette loi, qui supprime le trafic des remplacements, tout individu appelé au service peut s'assurer l'exemption en versant une somme déterminée dans la caisse de la dotation de l'année, qui pourvoit a tous les engagements et réengagements volontaires. L'armée finira ainsi par se composer exclusivement de volontaires et de soldats de profession. Le droit à une pension a été réduit de vingt-cinq à vingt ans; et la médaille militaire, créée en 1842, confère aux sous-officiers et soldats une rente annuelle de 100 francs. La perspective d'entrer dans la garde impériale, qui a un uniforme distinct, on service agréable, plus que double solde, est aussi un puissant élément d'attraction pour la vie militaire. Malgré les grands changements apportes ôans l'armement ( adoption des canons rayés), l'habillement et le matériel, malgré l'amélioration de la condition du soldat, les dépenses du budget de la guerre sont proportionnellement moindres de ce qu'elles étaient avant 1852. Le budget de 1847 donne 333 millions pour les dépenses de trois cent trente-sept mille hommes; et le budget de 1858 ne porte qu'une augmentation de 33 millions pour un effectif de quatre cent quinze mille hommes en moyenne. Le système des congés, combiné avec la faculté, laissée à l'cm|>ereur, de fixer ia proportion du contingent dont le maximum doit être voté par le Corps législatif, permet d'avoir une armée toujours prête à entrer eu campagne sans trop charger le budget.
L'instruction publique occupe une place impo liante dans cette grande impulsion donnée aux forces du pays. La création de plusieurs cliaires, l'établissement d'une nouvelle section (économie politique ) dans l'Académie des sciences morales et politiques, l'amélioration du sort des instituteurs, en sont des preuves. Le système de bifurcation des sciences et des lettres, introduit en 1 852 dans l'enseignement secondaire, a élé depuis
(t) Moniteur du 10 Juillet 1961.
propres à stimuler l'esprit d'invention et de recherches. Parmi ces moyens il faut citer, en première ligne, la réorganisation complète des Expositions, tant universelles que spéciales, de toutes tes productions humaines, l'institution de grands prix, l'affranchissement de tonte mesure et de tout droit restrictif* pour les journaux ou recueils purement scientifiques et littéraires, de grandes publications faites sous les auspices ou aux frais du gouvernement impérial, etc. Des missions envoyées dans différents pays de l'Orient, des fouilles entreprises en Phénicie, en Mésopotamie, en Algérie, etc., ont amené des découvertes archéologiques et épigraphiques , précieuses pour la connaissance de l'antiquité. Les musées du Louvre, enrichis par des acquisitions considérables, attestent la même sollicitude pour les beaux-arts. Enfin, aucun souverain n'aura autant fait que l'empereur pour les origines gauloises par une élude comparative, consciencieuse, des documents anciens et des indications territoriales.
Dans la grande ré|tartition du travail national, l'empereur n'oublie pas l'assistance aux infirmes. A coté des nombreuses sociétés de secours mutuels, dont il a provoqué la fondation , on a vn s'élever Cliopttal de SainUv Eugénie, la caisse de retraite pour la vieillesse, les cités ouvrières, les asiles de Vincennes, du Vésinet, etc. Au nom du prince impérial se rattachent l'orphelinat et une société de bienfaisance , qui , sous la présidence de l'impératrice, a pour but « soit de faire des prêts destinés à faciliter l'achat des instruments, outils, matières nécessaires au travail, soit de venir en aide pour des besoins accidentels et temporaires à des familles laborieuses ». Excepté pour les enfants trouvés et les aliénés, toute assistance est volontaire. C'est de donations et de fondations que les nombreux établissement charitables tirent leurs principaux revenus. Aux maisons de travail d'Angleterre (workhouses), le gouvernement, d'accord avec les autorités municipales, a substitué tout un système de travaux publics; c'est ainsi que bien des bras sont employés à construire ou entretenir des routes, à embellir les villes, à défricher des terres incultes, à dessécher des marais, à assainir des