‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 77 sur 206 · ON III 4I · texte numérisé non relu

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reur insiste, dans sa lettre, sur la nécessité de renfermer le budget dans des limites invariables. « Le seul moyen efficace d'y parvenir est, dit- il, d'abandonner résolument la faculté qui m'appartient d'ouvrir, en l'absence des chambres , des crédits nouveaux. Ce système fonctionnera sans préjudice pour l'État si, après l'examen attentif des économies possibles, une économie loyale des besoins réels de l'administration persuade le Corps législatif de la nécessité de doter convenablement les mêmes services. » L'empereur termine ainsi cette lettre mémorable : « En renonçant au droit qui était également celui des souverains même constitutionnels qui m'ont précédé, je pense faire une chose utile à la bonne gestion de nos finances. Fidèle à mon origine, je ne peux regarder les prérogatives de la couronne, ni comme un dépôt sacré auquel on ne saurait toucher, ni comme l'héritage de mes pères, qu'il faille avant tout transmettre intact à mon fils ; élu du peuple, représentant ses intérêts, j'abandonnerai toujours sans regret toute prérogative inutile au bien public, m Cette déclaration, toute spontanée, loin de réveiller l'esprit politique engourdi, ne fit que constater, dans les débats de l'adresse, que les mandataires de la nation étaient moins libérau\ que le chef de l'État; die devait aussi donner à réfléchir au roi de Prus§e,qui, immédiatement après avoir rendu visite à l'empereur au château de Compiègne (octobre 1861), répéta, dans une occasion solennelle, qu'il se glorifiait de ne tenir son sceptre que de Dieu.

La difficulté des circonstances et la nécessité d'interroger avec soin fous les symptômes de la véritable opinion publique nous semblent parfaitement expliquer les oscillations et les incertitudes apparentes delà politique impériale. Ceux qui savent combien il est difficile d'administrer seulement une petite commune de manière à en concilier tous les intérêts, apprécieront les embarras du gouvernement d'un grand pays plus équitablement que ceux qui ne jugent des choses que de loin, à travers le prisme de leurs sentiments, de leurs passions ou de leurs théories. Prenant cà et là quelques actes isolés , on est arrivé à se demander si la balance penche du côté des idées anciennes plutôt que des idées nouvelles. Mais les actes de l'empereur, il importe de les juger dans leur ensemble, par le but auquel ils tendent et par les résultats obtenus dans un espace de temps, relativement si court.

hommes; abattement de s à I pour 100 da droit sur les valeurs transmises par la poste; établissement d'un nouvel Impôt sur le* chevaux et tes voiture* de luxe ; établiMemrnt d'un droit de timbre de dix centime* sur les foctnrr*, reçu* et quittance* échangé* entre particuliers; conversion facultative pour 1rs rentier* de la rente 4 t/t en rente * p. 100; augmentation du droit sur les sucres, reparti temporairement a (S fr.. décimes comprl*; point de nouvel emprunt ; point d'impôt sur le retenu, etc. Deii* de* me*ures financières proposées par M. Fould sont déjà réalisée* : l'unification de la dette publique (lui lia s fé»rier réglant la conversion des rentes) et la réduction de l'cflrcllf de l'armée.

Ce qoi donne à Napoléon III une incontestable supériorité sur tous les autres souverains, c'est qu'il a appris par lui-roéine à voir constamment au delà du cercle fatal où la flatterie et le zèle des courtisans emprisonnent les princes. Placé entre les impatients qui traitent de réactionnaire quiconque ne marclie pas assez vite en avant , et les ultra-impérialistes, vrais ou apparents, qui, à l'instar des ultra-royalistes et des « satisfaits » d'autrefois, peuvent tout perdre en voulant tont conserver, l'empereur a, soyons justes, un rôle bien difficile à remplir. Les satisfaits , associés aux ultramontains, virent avec défiance la guerre d'Orient, s'opposèrent de tous leurs moyens à la guerre d'Italie, essayèrent de dissuader l'empereur d'étendre les pouvoirs du Corps législatif, et continuèrent de s'agiter pour le faire revenir sur la politique de la guerre d'Italie ou du moins maintenir \e statu quo à Rome. Contre ceux-là les impatients voudraient voir exécuter un nouveau coup d'État; mais ils oublient que c'est là une arme dangereuse , à laquelle on ne recourt pas toujours impunément. Le souvenir du 2 décembre n'a t-il pas servi à mettre plus d'une fois en suspicion les intentions les plus sincères et les plus loyales ? Ce qui augmente encore la difficulté du rôle, c'est que l'empereur, au milieu des rapports contradictoires, des conseils intéressés et des renseignements incomplets qui doivent l'entourer, ne peut guère se fier qu'à luimême pour démêler la vérité. Heureusement celui à qui la France a confié ses destinées connaît à fond les tendances du siècle, les instincts de la nation , les besoins des peuples, les aspirations de l'avenir. Cette connaissance profonde ressort de tous ses actes ; elle se trouve consignée dans des discours, dans des lettres, dans des proclamations, qui, modèles d'élévation et de style, faisaient dire à Béranger qu'il aurait voulu être de l'Académie pour donner sa voix à l'empereur.

L'époque à laquelle nous vivons est pleine de graves indices. Des idées que Von ne rencontrait au dix- huitième siècle que sous la plume de quelques écrivains, sont maintenant débattues au grand jour, devant les nations, jalouses de leur in* dépendance; des droits que l'on croyait à jamais consacrés par un usage traditionnel sont remis en question; enfin les peuple*, à qui est dévolu le sceptre de la civilisation, naguère divisés par des rivalités séculaires , se rapprochent par les échanges de la lumière et du travail, et tendent à réaliser, au sein de l'Europe, cette gramle confédération des États, véritable ligue amphictyooique, qui fut le rêve de Henri IV et de Napoléon Ier. Aussi l'élu de la France doit- il ^'attendre à fixer sur lui l'attention du monde entier, privilège glorieux et instructif à la fois : glorieux pour le prince qui, pénétré de la grandeur de sa mission, dédaigne les clameurs impatientes ou intéressées, et persiste, malgré l'injustice des partis, à faire le bien en dirigeant les

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forces vives de la société vers un but utile à tous; — instructif pour l'historien et l'homme d'État, lorsqu'ils acquièrent ainsi la conviction qu'il faut s'élever au-dessus des passions du présent pour travailler efficacement à la prospérité d'un pays et à la grandeur de l'avenir.

Mais h'ïI incombe au souverain de grands et difficiles devoirs, les peuples ne doivent, de leur coté, jamais oublier que le progrès ne se décrète point, et qu'il dépend de la bonne volonté de tous. Ferd. Hoefek.

Œuvres de Napoléon III. — Moniteur universel . — M. Véron, Mémoires d'un Bourgeois. — E. Lecomte, J/ntis-Napolèon Bonaparte , ta Suisse et le roi Louis- Philippe ; Paris . 1SM, In-S". — M. de 11 Gneronnlcre, Portraits polluque» {Napoléon ///), 1SU. — M. de Aauocourt , L'Expédition de Crimes et ta Campagne d'Italie. — Comptes-rendus et bulletins olficleli. — Brochures de circonstance- - Diverses notice* biographiques.

* Eugénie ( Marie- Eugénie de Montijo de Guzbian y Porto-Carrbro), comtesse de Teba , impératrice des Français, née à Grenade (Andalousie), le 5 mai 1816. Elle est la seconde fille du comte de Montijo, grand d'Espagne, mort en 1839 à Madrid , et de Marie-Manuela Kirkpatrick. Sa noblesse remonte plus haut que l'institution de la grandesse dont elle possède trois titres, Teba, Daùoa et More, et, au rapport des généalogistes, elle compte parmi sesancêtres Alonzo Perez de Guzman, défenseur de Tarifa en 1293. Après avoir passé ses plus jeunes années à Madrid, elle fut placée d'abord dans un pensionnat à Toulouse, puis à Bristol, et reçut une éducation distinguée que développèrent encore différents voyages. D'une beauté incontestable, elle fut en ISS 1 remarquée aux fêtes de l'Élysée par le président de la république qui, bientôt proclamé empereur, la jugea digne de devenir sa compagne. Napoléon 111 convoqua aux Tuileries, le 22 janvier 1853, les grands corps de l'État, et annonça qu'en dehors des traditions des alliances souveraines, il avait fait choix de M»* de Montijo pour épouse. « Celle qui est devenue, dit-il, l'objet de ma préférence est d'une naissance élevée. Française par le cœur, par l'éducation, par le souvenir du sang que versa son père pour la cause de l'Empire, elle a, comme Espagnole, l'avantage de ne pas avoir en France de famille à laquelle il faille donner honneurs et dignités. Douée de toutes les qualités de l'âme, elle sera l'ornement du trône, comme au jour du danger, elle deviendrait l'un de ses courageux appuis. Catholique et pieuse, elle adressera au ciel les mêmes prières que moi pour le bonheur de la France-, gracieuse et bonne, elle fera revivre dans la même position , j'en ai le ferme espoir, les vertus de l'impératrice Joséphine. » Le mariage fut célébré, le 29 janvier 1853, aux Tuileries, et, le lendemain, à Notre-Dame. Le con^j'I municipal de Paris vota 000,000 fr. pour offrir une parure à la nouvelle impératrice ; mais elle refusa cette somme et demanda qu'elle fût consacrée à la fondation d'un établissement d'éducation professionnelle pour de jeunes tilles pau-

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vres. Sur le* îaO.OGO fr. que l'empereur avait j prince, qui lui témoigna beaucoup de bienvetl-

placés dans la corbeille de mariage, elle en fit | lance. Le jeune écolier euvoya à son frère cette

repartir 100,000 entre les focales maternelles, \ pièce de. vers composée par l'abbé Simon , et

et le surplus servit à fonder de nouveaux lits à j « vingt au» après, elle fut sur le point de sauver

l'hospice des Incurables. Au mois d'avril 1855, j le peut-liUdu prince ». Joseph revint en Corse,

l'impératrice accompagna l'empereur dans son en 1781, fort incertain de la carrière qu'il em-

voyau*' ^n Angleterre, et le suivit, en août et septembre 1860, dans ceux qu'U lit en Normandie, en Bretagne, et dans Le> depw tements récemment annexés et en Algérie. A son retour, elle entreprit seule, pour motifs de tante, un voyage en Ecosse. La France la comprit dans le» vteux qu'elle adressa à l'empereur après l'attentat du 14 janvier 1858, où elle avait montré un courage au-dessus de son sexe. Le l" février de cette année un décret la déclan» régente, pow en porter le titre et en exercer les fonctions à partir du jour de l'avènement «te l'empereur mineur. Entin, protectrice et présidente, des sociétés maternelles de France . l'impératrice Lu^enie laissera dans bien des cœurs des souvenirs durables, parce que son âme généreuse aime à se rappeler qu'il est des pauvres sur la terre. Le 1G mars 1856, elle a donné naissance à un fils qui a reçu les noms de A'apoléon- Eugène- LouLs- Jean- Joseph.

La sœur aînée de rîmpératrffe, Frm\c'isTa-dC' Sales, comtesse de Montijo et duchesse dV Penaranda, épousa en 1845 le duc de Berwick et d'Albe; elle est morte à Paris, le 16 septembre 1860, à l'âge de trente cinq ans. H. F— t.

Moniteur unie. IW IMS. — Doatm. part. — Vapcretu, Met. unie, dts Cwittap.

A. Joseph et sa famille.

brasserait. Il songeait au service militaire et surtout a l'artillerie qui l'aurait rapproché de son frère; en attendant il accompagna à Montpellier sou père dangereusement malade. Charles Bonaparte en mourant (février 1784) exigea de Joseph la promesse de renoncer à la carrière des armes, et de retourner en Corse, où une femme encore jeune et six enfants réclamaient ses soin*. Devenu à dix-sept ans le protecteur d'une famille nombreuse, il s'occupa sérieusement de ses devoirs domestiques. Ses meilleures distractions furent deux visites que Napoléon fit en Corse en 17S0 et 1787. Napoléon alla bientôt rejoindre son régimeut à Valence, et Joseph se rendit en Toscane pour se perfectionner dans la langue italienne et étudier le droit. Après quelques mois d'études a l'université de Pb>c, il revint en Corse et fut reçu avocat à Baslia (juin 1788). Son fière Napoléon venait de son cùté d'arriver en Corse. Celte lie, où l'autorité de la France était encore mal établie, ressentit vivement le contre-coup des premiers événements de la révolution française. Les deux frères se prononcèrent avec ardeur pour la cause de la liberté. Ses opinions et surtout sa connaissance du français valurent à Joseph une assez grande influence sur la municipalité d'Ajaccio, dont il faisait partie. Après la proclamation de la constitution de 1 70 4* il fut

nommé président du district. « Je voulus, dil-il,

joskpii (Joseph Bonaparte), frère aîné de , témoigner ma reconnaissance au peuple qui m'a-

Napoléon Ier, roi de Napies, puis roi d'Ls- > vait élu, et je Os imprimer un livre élémentaire

pagne, né à Corte (lie de Corse), le 7 janvier j sur la constitution, & l'usage des cilovens du

1768, mort à Florence, le 28 juillet 1844. Son j département de la Corse, en français et en ita-

père, attaché au parti français et nommé, eu j '»«-'»- Cette publication fut appréciée, et je fus

1777, député de la Corse à la cour «le France, j nommé par mes concitoyens membre d'une com-

eromena avec lui Joseph et Napoléon et les plaça , mission pour aller sur le continent complimenter

au collège d'Aubin. Il obtint peu après pour Na- le général Paoli , et l'engager à débarquer a

poléon une place d'élève à l'école de Brienne, I Ajaccio. Noire commission rencontra Paoli à

et les deux frères se séparèrent. « Je n'ai jamais oublié le moment de notre séparation, dit Joseph dans un fragment de Mémoires que nous aurons plusieurs fois l'occasion de citer. J étais tout en pleuis. Napoléon ne versa qu'une larme, qu'il voulut en vain dissimuler. L'abbé Simon , sous-principal, témoin de nu» adieux, me dit aprè3 son départ : « 11 n'a versé qu'une larme , mais elle prouve autant sa douleur de vous quitter que toutes les vôtres. » Joseph nous apprend qu'au collège ses lectures de prédilection étaient le Télé vio que de henelon et le poème de» Saijansde Sajnt-Laml>ert, et il ajoute que ces liv res eurent une puissante influence sur son caractère, qui resta en effet toujours empreint il'uue soi te de philanthropie sentimentale. Dans unedislri-

Lyon, mais nous avions été prévenus par celle de Bastia. Nous arrivâmes ensemble à Marseille, où il s'embarqua directement pour BaMù, et nous retournâmes a Ajaccio. Mon frère N<qwléon et moi partîmes bientôt pour voiler le général Paoli : nous le rencontrâmes au Ponte-Nuovo. Il nous accueillit comme les enfants d'un ami. « Peu de temps après, Napoléon retourna sur le continent. L'union des Bonaparte et des Paoli fut de courte durée. Paoli, par haine des excès de la révolution et plus encore par attachement à l'indépendance de la Corse, rompit avec les envoyés de la Convention au commencement de 1 793 et entraîna presque toute la population de l'Ile. Les Bonaparte restèrent fidèles a la France. I Joseph qui, au sortir de l'administration du dé-

botion de prix à laquelle assistait le prince de j parlemeut, avait eié nommé juge au tribunal Condé, Joseph récita des vers en l'bouueur du | d'Ajaccio, ne put pas être installé dans ses fonc-

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tion*. Loi, son frète Napoléon, revenu en Cor*e après le dix août, et leur famille , s'embarquèrent pour la France avec h»s commissair. s de la Convention. Leur maison et leurs propriétés furent saccagées ainsi que le constate le eert'heat suivant délivré par Louis Coti, procureur sj ndic du district d'Ajaccio, lequel - déclare qne, dans le mois de mai dernier (i7î»3), tersque le général Paoli et l'administration dn département envoyèrent dans la fille d'Ajaccio des troimes armées qui, d'accord avec d'autres rïalrres de la viN», s'emparèrent de la citadelle,., ces rebelles cherchèrent à «'emparer de la famille «le Bonaparte, qui eut le bonheur de sesoustraire à leurs persécutions; qu'ils dévastèrent, pillèrent et incendièrent les biens <te cette famille, dont le crime était son inaltérable attachement à la République, etc. » Les deux frères, débarqués a Toulon, établirent leur famille à la Valette, puis tandis que Napoléon rejoignait son régiment à Toulon, Joseph partit pour Paris. Il y arriva au moment où le parti montagnard venait de 6'assurer du pouvoir par l'expulsion et l'arrestation des Girondins. Bien accueilli du gouvernement auquel il venait proposer les moyens de reprendre la Corse, il repartit bientôt pour faire partie de l'expédition projetée. Mats, dans l'intervalle, Toulon s'était soulevé, et les six mille hommes des tinés à la conquête de la Corse durent être cm ployés à la reprise de la ville insurgée. Au siège de Toulon, Joseph remplit les fonctions de chef de bataillon à l'état m^jor généra", tandis que son frère dirigeait l'artillerie des assiégeant*. Les représentants de la Convention, Gasparin, Saliectti, Robespierre le Jeune, appréciant son mérite, lui confièrent plusieurs missions qui avaient pour obji't l'approvisionnement de l'armée, et le nommèrent commissaire provisoire des guerres à Marseille, où sa famille se trouvait réunie. Il connut dans cette ville et épousa Mtlr Julie Clary, fille d'un riche négociant. Le bonheur et la fortune qu'il trouva dans ce mariage ne lui firent pas oublier son pays. A la campagne où il vécut avec sa famille, d'abord près d'Antibes, puis dans le voisinage de Nice, il attendit avec impatience le départ de l'expédition de Corso; mais ce, projet n'eut qu'un commencement d'exécution; la flotte sur laquelle il s'était embarqué ne put atteindre l'Ile. Joseph, persistant dans son entreprise, se rendit à Gènes qui était devenu un des asiles des réfugiés corses du parti français. Là, il ne tarda pas à se convaincre que le parti contraire, découragé par le départ de Paoli et mécontent des Anglais , n'opposerait aucune résistance aux armes de la République, et que la seule apparition «lu drapeau tricolore déterminerait la soumission de lile. Sur ces entrefuites, il reçut la nouvelle de la journée du 13 vendé

51 déo-mbre 1795. « J'ai reçu, mon bon ami, ta lertre où tu me fais des reproches mit mon silence; je t'ai cependant écrit. Tu ne dois avoir aucune inquiétude pour la famille ; elle est abondamment

pourvue de tout Tu ne tardera» |ias à avoir un

consulat. Tu as lort d'avoir de l'inquiétude. Si tu t'ennuie» à Gènes, je ne vois pas d'inconvénient a ce que lu viennes à Paris; j'ai ici logement, table et voiture à ta dis|>o*rtion. Si tu ne veux fias être consul, viens ici; lu choisiras la place qui pourra te convenir. Adieu, mou bon a ui; tu serais bien injuste de penser que je puisse un instant être indifférent sur ce qui te concerne; sois gai, et s>i tu t'ennuies, viens-l'en à Taris, où tu auras le temps de t\ium*er et de faire ce qui te conviendra. »

7 février 1796. « Tu seras immanquablement nomme consul à la première placerai le conviendra en attendant reste à Gènes prends une maison |»artkuliére et vis chez loi. Salicelti, qui est commissaire du gouvernement à l'armée, et < hauvet, qui est commissaire ordonnateur en chef, t'emploieront à Gènes de manier»; k ne pas rendre ta demeure dans celle ville onéreuse a ta fortune et mutile à la patrie Mou intention est que tu restes à Gênes à

moins que Salicetti ne t'emploie à Livourne. Tout cela ne sera que provisoire; tu auras b en lot un consulat. Uii'ii ne peut égaler l'envie que j'ai de tout ce oui ncut le rendre heureux. *

miaire (1795), qui valut à son frère la place de général en second de l'année de l'intérieur et une grande influence. Voici quelques extraits des lettres que Napoléon lui écrivit a celle époque.

Deux mois après cette seconde lettre, Napoléon prit le commandement en chef «le l'armée d'Italie. Joseph se hâta de le rejoindre et assista à la première partie de la campagne qui se termina par l'armistice de Cherasco (j floréal 17'Jû). Son frère le chargea d'accompagner Junot qui portait à Paris les drapeaux conquis , et de faire valoir auprès du Directoire les raisons pour conclure immédiatement la paix avec le Piémont. Les directeurs accueillirent avec de grands égards le frère du général victorieux , et le ministre des affaires étrangères, Charles Delacroix, lui proposa la place d'ambassadeur auprès de la cour de Turin. Joseph déclina cette offre et repartit pour l'Italie avec sa belle- sieur Joséphine. « En Iraversant la Savoie, dit-il, nous fîmes In rencontre d'un jeune militaire blessé. Il nous lit un récit touchant, que je me plus à écrire pendant la nuit que je passai à la Novelaise. » Ce récit est une petite pastorale qui fut imprimée dans le temps, sous le titre de Moïna Napoléon, déjà maître d'une partie de l'Italie et occupant Livourne d oit il était facile de passer en Corse, pensa à reprendre son lie natale sur les Anglais. Quelques centaines d'hommes, sous les ordres de Gentilli, nncien lieutenant de Paoli, suffirent à cette conquête qui coûta à peine quelques coups de fusil. Joseph Bonaparte eut mission avec son ami M kit, commissaire du gouvernement, d'organiser lile. Il s'acquitta de cette tâche avec beaucoup d'impartialité. An retour de cette mission qui dura trois mois, il fut nommé résident de la République auprès dn duc de Parme (mars 1797). Ce poste secondaire était un acheminement à des fonctions plus élevées. Le Directoire le nomma minisire plénipotentiaire à la cour de Rome, le

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