NAPOLÉON (JOSEPH
6 mai 1797, et ambassadeur près de la même ' fusion de sang. Duphot se jeta an milieu des solcour, le 15 mai suivant. La position de l'ambas- dats pontificaux pour leur demander de cesser sadeur était délicate. D'un côte le pape Pie VI, le feu ; il fut à l'instant saisi et massacré. Joseph forcé de stibir le traité de Tolentino, désolé des lui-même courut les plus grands dangers. Il de* dures conditions qui lui étaient imposées, manda immédiatement ses passeports, partit craignant qu'elles fussent un premier pas vers pour Florence et se rendit de là à Paris, tandis* une spoliation complète, se déliait de l'envoyé qu'une armée française allait venger à Rome le de la République ; d'un autre côté, le parti peu meurtre de Duphot. Il trouva à Paris son frère nombreux mais remuant qui voulait renverser Napoléon qui fut contrarié du résultat de son
ambassade. Le Directoire au contraire lui témoigna sa satisfaction et lui fit entrevoir l'ambassade
la papauté, comptait ou affectait de compter sur lui, et le compromettait par des démonstrations
inopportunes. Le gouvernement pontifical enve- de Berlin. Joseph préféra entrer au conseil des
nima encore une position fâcheuse en donnant le commandement de l'année papale au général
Cinq -Cent s dont il venait d'être élu membre par le département du Liamone (Corse). Son rôle
autrichien Provera. A cette nouvelle, Napoléon, dans cette assemblée fut sans importance. II crai-
qui dirigeait d'une manière absolue les affaires d'Italie, ressentit une violente colère contre la cour de Rome. Il écrivit à son frère une lettre qui, comme le dit très-bien M. Du Casse, « est d'une haute importance et donne la clef de la politique que le jeune général en chel comptait
guait, dit-il, de porter ombrage au Directoire et de nuire à son frère alors en Égypte , et dont le sort dépendait encore des directeurs. 11 sortit du Conseil en 1799, et alla jouir de la vie de famille dans la belle campagne de Mortfontaine, qu'il avait achetée à quelques lieues de Paris. Ce fut
tenir en Italie. » En voici les passages les plus là qu'une lettre du directeur Gohier lui apprit
significatifs :
• Exigez non-seulement que M. Provera ne soit point général dot troupes romaines , mais <|uc sous vingt-quatre heures il soit hors de Rome. Déployez un grand caractère. Ce n'est qu'avec la plus grande Fermeté, la plus grande expression dans vos paroles que vous vous ferez res|>ecter de ces gens-là : timides lorsqu'on leur montre les dents, ils sont tiers lortqu'on a trop de ménagements pour eux.
* Si le pape était mort , vous devez faire tout ce qui vous est possible pour qu'on n'en nomme pas un .tutre, et qu'il y ait une révolution. Le roi de tapies ne fera aucun mouvement ; s'il en faisait lorsque la révolution serait faite et le peuple déjà constitué, von» déclareriez au roi de Naples, à l'instant où il franchirait les limites, que le peuple romain est sous la protection de la République française.
« Si le pape est mort, et qu'il n'y ait aucun mouvement a Uome, de sorte qu'il n'y ait aucun moyen d'empêcher le pape d'être nommé, ne sourirez pas que le cardinal Albani soit nommé. Vous devez employer non- seulement l'exclusion, mais encore les men îccs sur l'esprit des cardinaux , en déclarant qu'à l'instant même je marcherais sur Rome. »
L'hypothèse de la mort du pape ne se réalisa pas, et Napoléon quitta l'Italie pour se rendre au congrès de Rastadt. A Rome la position devint chaque jour plus difficile entre la cour pontificale et l'ambassadeur de la République. Dans la nuit du 28 décembre 1797, des insurgés peu nombreux et portant la cocarde tricolore tentèrent un mouvement qui fut promptement réprimé par les
que son frère Napoléon était débarqué à Fréjus, Cette nouvelle n'était pas inattendue pour lui. Le j octobre, il avait dit à son ami Miot que le retour de Napoléon était prochain. Miot ajoute que Lucien et Joseph étaient parvenus à faire signer par le Directoire parmi d'autres papiers , et sans que celui-ci s'en doutât, l'ordre au général Bonaparte de revenir en France, et qu'ils avaient réussi à envoyer cet ordre à leur frère. Le fait ainsi présenté est peu vraisemblable. Joseph se contente de dire qu'il expédia en Égypte un Grec nommé Bouibaki portant au général Bonaparte avec des renseignements précis sur la situation politique l'invitation de revenir. Dans la préparation du coup d'Etat de brumaire , Joseph eut une assez grande part. Ce fut lui qui amena Moreau à Bouaparte, et qui, par l'intermédiaire de Caban i?, fit les premières ouvertures à Sicyès. Dans la journée même du 19 brumaire, il n'eut pas à se montrer, et le rôle décisif appartint à Lucien. Il refusa un ministère et consentit seulement à être membre du Corps législatif, et bientôt après du conseil d'État. Sa |>ai ticipation aux premiers événements du consulat fut peu sensible; il parait cependanj qu'il exerçait une influence réelle. « J étais, dit- il, plus propre que tout autre à éclairer le premier consul, puisque j'étais resté en dehors de l'administration active de sou gouvernement. Je voyais beaucoup de monde à la ville et à la campagne, et, libre de tous dé-
dragons du pape. Joseph a toujours affirmé qu'il lailâ, je me faisais une étude suivie d'observer et
était complètement étranger a cette tentative ; de deviner quels étaient véritablement les vrr-ux
malheureusement la manifestation recommença ' et les désirs des diverses classes de la société,
le lendemain (29 décembre). Les troupes ponti- j Combien de fois n'ai- je pas été consulté sur une
licales poursuivirent les insurgés jusque dans les ; mesure d'administration ou de législation, pour
cours du palais de l'ambassade française et firent savoir quelle était l'opinion de telle personne de plusieurs décharges. Joseph, accompagné de plu
sieurs officiers, entre autres du brillant général Duphot qui devait épouser le lendemain sa bellesœur M»c Clary, iutervint pour faire cesser l'ef-
bon sens, de telle classe de la société, à Paris, à Lyon, à Marseille ! » Joseph, honnête, éclairé, ce rapprochant par ses idées des députés libéraux et modérés de la Constituante, avec des ma-
U7 (*•) NAPOLÉON aières élégantes et dignes qui rappelaient l'ancienne cour, était parfaitement propre à cette reuvre de conciliation qui consistait à réunir autour du premier consul les hommes les plus sages de tous les partis. Nul aussi n'était plus capable que lui de représenter la France auprès des gouvernements étrangers et de bien conduire ces négociations pacifiques qui sout restées une des gloires du consulat. Napoléon discerna vite cette aptitude de son frère. Dès le printemps de J 800, il le nomma membre de la commission chargée de rétablir la bonne harmonie entre la France et les États-Unis. Joseph négocia ensuite avec M. de Cobenzel la paix avec l'Autriche signée àLunéville, le 9 février 1801. Presque aussitôt après son retour de Lunéville, il eut mission de traiter avec les envoyés du pape i te rétablissement des rapports religieux entre la J Krance et le saint-siége. Le concordat fut signé •lans son hôtel de la rue du faubourg Saîntllonoré. Les négociations d'Amiens suivirent de près. Les bases d'un traité de paix avaient été posées en Angleterre, mais il restait, pour rendre les préliminaires définitifs, à régler beaucoup de questions relatives à ia navigation, au commerce, .i l'évacuation de Malle par les Anglais, au payement des frais d'entretien des prisonniers de guerre. Joseph apporta un excellent esprit dans ces transactions, dont les détails appartiennent à l'histoire générale plutôt qu'à la biographie, et il trouva dans le plénipotentiaire anglais , lord Corn w al lis, l'homme le plus loyal et le plu3 <onriliant. Les négociations aboutirent donc a un heureux résultat, et la paix d'Amiens fut signée !e 2â mars 1802. De retour à Paris, Joseph vit >on frère s'acheminer d'une magistrature temjwraire et limitée à uo pouvoir absolu et héréditaire). Cette politique ardemment ambitieuse •veilla sa propre ambition, assez grande quoique ;>eu active. 11 pensa que son âge lui assignait la première place après son frère, et chaque fois «pie ce droit fut mis en question, il se montra extrêmement jaloux de te maintenir. Dès qu'il s'agit de transformer le consulat à vie en empire, l.i p ave question de l'hérédité se présenta et .-ouîeva dans la famille du premier consul des dissensions auxquelles Joseph prit une part plus vive qu'on ne l'aurait attendu «le son caractère doux et patient. La perspective du trône lui fit un peu oublier son abnégation philosophique. Les Mémoires de Miof, l'ami et le confident intime de Joseph, ont éclairé cette page de l'histoire impériale d'une lumière complète, et on peut dire cxi-,e.*sive, en ce sens que Miot a soigneusement noté pour la postérité des propos tenus dans un moment d'irritation et bien vite oubliés. Il serait injuste de donner à ces emportements passagers une portée qu'ils n'eurent jamais. On ne saurait, par exemple, regarder comme l'expression d'un sentiment sérieux les paroles suivantes dites par Joseph à Miot qui lui conseillait l'obéisnanee : « 11 ne me trompera plus. Je suis las de sa tyran-
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nie, de ses vaines promesse*, tant de fois répétées et jamais réalisées. Je veux tout ou rieu: qu'il me laisse simple particulier ou' qu'il m'offre un poste qui m'assure sa puissance après lui ; alors je me livrerai, je m'engagerai ; mais, s'il s'y refuse, qu'il n'attende rien de moi. N'a-t-il pas assez du funeste pouvoir «pi'it eierce sur la Franee, sur l'Europe , que son insatiable ambition a troublée, sans me traîner apn'-s lui en esclave soumis?.... Mais je suis homme, et je veux qu'il s aperçoive qu'on peut oser ne pas céder
à ses caprices Je me réunirai à Sieyes, à Morcau
même, s'il le faut, a tout ce qui reste en France île patriotes et d'amis de la liberté pour me soustraire à tant de tyrannie (I). »
Ces paroles, quelques autres encore plus fâcheuses à propos du divorce avec Joséphine auquel Joseph poussait son frère dès 1803, uc doivent pas être prises à la lettre. Aussi, sans révoquer en doute la véracité du comte Miot, nous ne ferons usage de ses Mémoires qu'avec beaucoup de réserve. Le résultat de ces querelles domestiques est seul à uoter. Napoléon, qui ai ait d'abord voulu laisser indécise ia question d'hérédité, qui ensuite avait voulu reconnaître pour héritier le fils de Louis, finit par faire entrer ses deux frères Joseph et Louis , tout en se réservant de revenir au fils de Louis au moyen de l'adoption. Après avoir accepté Joseph pour son successeur éventuel, Napoléon exigea qu'il devint mililaire et l'envoya, au mois d'avril 1804, prendre avec le titre de colonel le commandement du 4e régiment de ligue au camp de Boulogne. Quel ques mois auparavant Joseph avait refusé avec beaucoup d'obstination la place de président du Sénat, qu'il ne jugeait pas compatible avec ses droits dynastiques. Napoléon, devenu empereur, songea à ériger la Lombardie en royaume et offrit cette nouvelle couronne à son frère, à condition qu'il renoncerait à ses droits éventuels a la couronne de France. Joseph s'y refusa absolument. L'année suivante (1805), il fut placé à la tôle du gouvernement en l'absence de Napoléon qui faisait la guerre en AUcmague.
Depuis trois mois il s'occupait avec zèle d'une administration rendue difficile par la crise financière, lorsqu'il reçut (janvier 1800) l'ordre d'aller prendre le commandement des troupes destinées à envahir le royaume de Naples. La faible et perfide cour de Naples était incapable de résister a l'orage qu'elle avait provoqué en manquant & ses engagements d'une manière aussi coupable qu'imprudente. Joseph, averti par une lettre de son frère qu'il allait conquérir un royaume pour luimême (2), franchit le Garigliano, le 8 février, à la
(I) Mémoires de Miot, t. Il, p. 1», 113.
|î| . Mon frère, lui écrivill K.ipoléun, 19 Janvier 1*0«, mon Intenll.m cil que dan« les premier* Jours de février tous entriez dans le royaume de rsaple», et JVnlend» que vous ru'irutruUlez dan* le courant de février que uo» drapeaux flottent »ur le» mur* Je cette capitale. Vou* ne frrrz au'Mne MHpemlon d'arme» et n'entendrei a aucune capitulation. Mon Intcnllon e*t que les Bourbon* aient ce*«S de régner a tiaplr* ; Je veux asseoir sur ce trône un prince «le ma maison; vous d'abord «l cela vous consent ; un autre si cela ne vou* convient pas. »
■ti::™) NAPOLfco
U-la dune armée de quarante mille hommes cotomandée par Masséna et Reynier, et, le tâ, il entra dans Naples, que la cour avait abanrfcmnée précipitamment pour se retirer en Sicile. FI ne rencontra pas d'abord de grandes difficultés. Gaëtc et Civitella del Tronto exigèrent un siège, el la Calabre reliait encore occupée par quatorze mille Napolitain» ; mais tout le reste du paya acceptait la domination française. Les souvenirs encore récents de l'honible réaction qui avait marqué le retour des Bourbon* , en 1799, assuraient aux nouveaux maîtres de tapies l'assentiment de la partie la plus éclairée de la population. Joseph, laissant ses lieutenants, Saint-Cyr a Civiteila, Masséna à Gaëte, Reynier en Calabre, achever la conquête du royaume, s'appiiqua sérieusement à l'administration intérieure qui exigeait les plus grands soins. Les Bourbons fugitifs avaient à dessein tout désorganisé; ils avaient en surtout la prévoyance d'emporter les fonds des caisses publiques. Joseph trouvait des finances minées lorsqu'il avait le plus grand besoin d'argent pour payer ses troupes; car Napoléon n'entendait pas faire supporter à la France les frais de. la conquête de iNaples (I). Il fallait rétablir l'ordre,
(1) Miot, ami de Joseph et destiné a être un de se* ministre*, reçut en purl.int de Paris les Instructions de Napoléon ; elle* sont curieuses et mentent d'être citées. « Vous allez p.irtlr pour rejoindre mon frère. Tous M dire* qur Je le fais roi 'le Mjplej, qu'il reniera grand électeur et que Je ne change nen à ses rapport* avec la France. Mal* dib-s-lut bien que la moindre Imitation, ta
niiil ulre incertitude le perd entièrement Toua le»
senilments d'affect.nn ce ient actuellement a la raioon d'Kl it. Je ne reconnais, pour parents que ceux qui me servent Ce n'est point au nom de Bonaparte qu'est iitiaet é- ma (ortune. cVst au nom de Napoléon ... Je ne puis aimer aujourd'hui que cent que J'estime. T«>ua les Unis, tous les rapport* d enfance, il faut que Joseph 1rs nubile. Qu'il se fasse csiuurrl Qu'il acquière de la gloire! Qu il se f.me casser une Jambe à la guerre! alors Je l'estimerai, Qu'il renonce a toutes se» vieilles idées! Qu'il ne redoute plus la fatigue I Ce n'est qu'en la mëprKmt qu'on drvient quelque chose. Voyez, mol, la campapnr que Je Viens de faire . r.iglt.iflon et le mouvement m'ont rngr ;il»sc. Je crois que si Ions le* rnls de l'Europe se coalisaient contre mol. Je Rignemls une p in*e ridicule.
" Je donne à mon frerc une belle occasion. Qu'il gouverne sapement et avec fermeté ses nouveaux l'.tatsl QnU se montre digne de tout ce que je lui donne! Mais ce n'est rien d'être à M .1 pics où vous le trouverez uns doute arrivé, car Je ne croi* pus qu'il y ait eu de rtslstmee. Il faut encore s'emparer de la Sicile. Qu'il pousse crtte guerre avec vigueur! qu'il se montre souvent a la trtf des troupes ! qu'il soit ferme! c'est le seul moyen de se faire estimer du soldat. Je lui laisserai quatorze rr^tinents d'inf.miene, cinq de troupes a cheval, à peu près quarante mille hommes. Qu'il m'entretienne cette partie de mon armée : c'est la seule contribution que Je lui demande. Mais surtout qu'il empêche .M*** de voler. Je veux que ce qu'il fera psvrr atil peuples du royaume de N.iple* tourne au proHl d : mes Iruupes et de l l t.tt et ne \ienne pas engraisser <ies fripons, t e que M'" a fuit du, s les ht-.ls vénitiens e*t épouvantable. Cria n'est point une affaire terminée encore. Qu'il le renvoie donc a la pirrulère preuve qu'tl aura de ses friponnerie* ! Je ne crains pas le» générant rt Je ne le* ménage pas. Quant a Salicelli. J'ai dejj mandé à mon frère qu'il ne lè Lusse pas autant voh-r. Je n'ai pas voulu le lui rr ruser : t'est «in homme d'e*prll qui pourra lui être ulile. Surveille* ces dei.i hommes el ne Ui>*ei pas déshonorer le caractère de mon frère. Il vous lera ministre ne la guerre. Vous avez entendu : Je ne puis plus avoir de parents dan» l'ubs-
H (Joseph) -#48 (*;
créer des ressources et ne pas mécontenter àpays. Jo«epk apportait dans l'acromplisseMCK de cette tacite de Ijnteiligeace et d'excellentes intentions. Ce prince, qui avait eu dans sa jeunesse sa période assez vive de républicanisme, avait gardé un fond» d'idées libérales. Le rùle d'un roi philosophe lui souriait- De plus il avait partagé son amitié entre quatre hommes distingués qui ne pouvaient que le contirmer dan* ses idées : Jaucourt, Radercr, Stanislas Girardin et Miot. Il forma un ministère omiposé en majorité de Napolitains, et où ne figuraient que deux Français, Miot comme ministre de la guerre et Salrcetli comme minisire de la police. Il s'efforça de gagner l'attachement de ses futurs sujets en contribuant à leur bien-être et en les gouvernant avec douceur. Napoléon u approuvait pas celte indulgence; dans des lettres presque journalières écrites à son frère, il ne cessait de lui répéter qu'il fallait administrer avec plus de fenneté, désarmer la population de Naples , Taire fusilier impitoyablement les huzaronis qui donnaient des coups de stylet, en imposer à la populace italienne par une terreur salutaire et avant tout payer ses troupes. En vain Joseph lui représentait l'état d'un royaome dans lequel le commerce était éteint, les ports bloqués et d'où les principaux propriétaires avaient fui en emportant tout l'argent qu'ils avaient pu ramasser ; en vain il lui apprenait que la reine Caroline avait extorqué par anticipation le payement des impôts et qu'à Naple* une immense population habituée à vivre des bienfaits de la cour mettrait de misère. A ces représentations l'empereur repondait :
« Son frère, Je vois qne par une de vo* proclamations vous promettez de n'imposer aucune contribution de guerre ; g ne vous défendez que les soldais exige ul la table «le leurs botes. A mon avis vous prenez des mesures trop étroites. Ce n'est |u* en cajolant les ppuplrs qu'on les gasne. et ce n'est pas avec ces mesuresqne vous vous donnerez les moyens d'acconler de ju*res récompenses à votre année. Mettez 30 millions de contributions sur le royaume de Naples : payez bien votre armée. Quanl & moi, il serait par trop ridicule que la conquête de Xq.Jes ne valut pas du bien-être » t de l'ai«iice à nmu armée. Il est impossible que vous vous teniez dam ces limites là... Vos proclamations au peuple de Njples ne sentent pas assez le maître. Vous ne gagnerez rien en caressant trop. Ces peujdes il' Italie et en général les peuples, s'ils n'apert uivent pas de maîtres, sont disposés à la rébellion et à la mutinerie. ■
Au milieu des embarras que lui créaient la situation du pays et la politique itr.périetr*e de son f 1ère, Joseph reçut le décret daté du 30 mars 1800 qui le nommait roi de Naples, en lui conservant le tîlre de grand électeur qu'il avait reçu à la formation tle l'Empire fi ançais, et en réservant ses droits de succession au trône impérial.
curlté. Ceux qui ne s'élèveront pas avec moi ne seront plus de ma famille. J'en fais une famille de ioi> ou plutôt de vlce-rol*, car le roi d'Italie, le roi de Njplrs et d aulrr-s aurore que |e ne nomme pas seront tons rattache* s ua sjiUidc fedcratif. v Miot, Mémoire*, t. H, p. 291.
49T Cl)
Ce décret loi arriva le t3 avril, tandis qa'ilparourait les taJahces, récemment conquises par r. Le 1 1 mi il iit son entrée solennelle à Depwisdvux moi» le» affaires oc s'étaient j>*4 améliorées. Bien loin de pouvoir conquérir la Sicile, comme Napoléon t'avait espéré, les avaient de !» peine à s'établir solidele royaume de Naples. L'Ue de Capri avait été prise par le» Anglais; Gaéte résistai t w\ attaque» de Macaéna. Joseph se rendit devant cette place pour bâter le siège (28 juin ). Presque au même moment un grave accident arrivait dans la Calabre. Le général anglais Stuart débarqua avec six mille hommes sur la cote de Sainte-Kophémie ; Revnier l'attaqua hnprudemoent av te des troupes moins nombreuses et falignées , fut battu (3 juillet) et se retira à Catan- ▲ cette nouvelle, une insurrection générale dans les Calabre» et atteignit la Basili- Les soldats français isolés ou dispersés 'lans <ie petits postes périrent égorgés avec d'horribles raffinements de barbarie. Indigné de ce» atrocités, le général anglais Stuart s'efforça d'y mettre un terme. Il promit dix ducats (44 f.)
NAPOLÉON (Joseph) 448
d'un poid» accablant sur les classe* laborieuses sans profiter ni aux classes laborieuses ni à l'État. Joseph, désirant porter remède à tant de maux, se mil à l'œuvre et il effectua tout le bien qne lui permirent d'accomplir des circonstances singulièrement défavorables. Il abolit la féodalité, réforma les ordres monastique», organisa sur des principes de régularité et d'équité l'administration municipale et la justice, établit l'assiette des impôts sur d'excellentes bases, et assura le fonctionnement des finances par la création des caisses de rentes d'amortissement. 11 développa l'instruction, et donna une impulsion active aux travaux publics. Ces perfectionnements apporté» dans toutes les branches de l'administration eurent lieu dans un pays récem* ment conquis, où l'insurrection vaincue avait dégénéré en brigandage, où il fallait maintenir une armée nombreuse, on le gouvernement trouvait très-peu d'agents habiles et fidèles. Ces circonstances expliquent pourquoi avec d'excellentes intentions Joseph ne donna pas à son œuvre toute la perfection désirable. Le sévère toiletta, dans un sombre tableau à la manière de
pour ciiaqne soldat, et là ducats (G6 f.) pour j Tacite, a dit : « On abolissait la féodalité et on
chaque officier qui seraient amenés sains et *as& a son quartier général. La générosité de Stuart sauva la vie à un certain nombre de français; mai» l'armée entière se serait trouvée dans un grand péril , si la capitulation de Gaéte
fondait des domaines féodaux; on publiait un code judiciaire et on multipliait les commissions militaires, les tribunaux d'exception; on flétrissait les spoliations des Bourbons, cl on dépouillait les possesseurs de fermes, les acheteurs
(l» juillet) n'avait permis au corps de Masséna j d'offices civils, les fondations pieuses; on pardfaJIer au secours de Reynier. Les deux géné- i lait avec horreur des pratiques de la police de ran soumirent les Calabre» et forcèrent les An- Vauni , avec exécration des jugements du Spc- Jais à retourner en Sicile. 11 ne fallait pas son- I ciale, et l'on accomplissait de pires jugements ger à s'emparer de l'Ile; mais Joseph, désormais ] et de pires pratiques. Il semblait que sur les possesseur tranquille de la partie continentale < ruines des erreurs détruites on voulût élever «le» Deux-Sicile*, put vaquer aux soins difficiles j un édifice de ruines égales. «Après cette sombre de l'administration de ses Élats. Il écrivait a son ; peinture, le même historien ajoute : « Mais on ii ère ;« Quelque chose que je puisse dire, Votre | voyait, et sans mélange de mal, les couvents
réformés, la propriété divisée, le nombre des propriétaires augmenté, l'influence de la papauté abaissée, l'égalité entre les citoyens établie, le mérite apprécié, les sciences restaurées, les savants respectés, la civilisation avancée. Les erreurs dont nous avons parlé plus haut trouveront leur excuse dans les nécessités de la conquête, de la guerre, de la révolte; c'étaient des maux graves, mais passagers. Les institutions et les lois, seules choses qui durent, étaient conformes aux besoins de la société et à r opinion du siècle. » Il semble qu'un prince, qui dotait
peut se faire une idée de l'état d'oppression, de barbarie, d'avilissement dans lequel ce royaume était. » Ces paroles ne sont I -oint exagérées. Le» Bourbons de Napies avaient conservé le système féodal et le système rnonaslique avec tous leurs abus. La police était tyrannique et cruelle. La liberté individuelle n'existait pas. Le chef de la police, qui avait en mente temps la surintendance de la justice crirtirneth*, exerçait un pouvoir sans bornes. Il annulait à son plaisir les arrêts des tribunaux, et infligeait sans appel des amendes , des châtiments corporels et même la peine de mort. Les j un pays conquis d'avantages si grands et Fi duprisons placées dans les quartiers les plus popu- ! râbles, aurait du recueillir la reconnaissance et le Uux> de la cité étaient horriblement insalubres, respect de ses sujets. La partie la plus éclairée Les geôlier», choisis en général parmi les agents ; de la population accepta, il est vrai, avec faveur de police {sbirri), se faisaient un jeu des souf- | le nouveau régime; mais des révoltes fomentées frances et de la misère des prisonniers. Comme \ par la cour de Sicile continuèrent à troubler l'ordre on ne tenait pas de registres, des innocents pas- ( public, et d'odieuses conspirations obligèrent Jossient des années en prison à côté de scélérats | seph à des actes de rigueur, qu'il modéra autant l'oubli préservait du châtiment L'adminU- j que possible et qui répugnaient absolument à 'ration financière était ruineuse et insuffisante. ! son caractère. Le 30 janvier IK08, une explosion U«s impôt» étaient si mal assis qu'us pesaient i fit sauter une aile du palais de Salicetti, mi-
nistre de la police. Salicetti, sa fille et son gendre, | le duc de Lavello, furent plus ou moins gravement atteints. L'explosion avait été causée par une machine chargée de trente kilogrammes de poudre. Les auteurs de ce crime, accompli à l'instigation de la reine Caroline, si l'on s'en rapporte aux révélations de Yiscardi, se salèrent presque tous eu Sicile. Plusieurs furent condamnés a mort ; Yiscardi, le révélateur, ohtint grâce de lu vie. On voit contre quelles passions féroces Joseph avait à lutter. Sa douceur naturelle n'en fut point altérée, et son frère dut lui rappeler plus d'une fois qu'une clémence excès* sive avait ses dangers. « Il ne faut pas perdre de vue, lui écrivait- il, que la force et la justice sévère sont la bonté des rois. Vous confondez trop la bonté des rois et la bonté des particuliers. » Joseph reconnaissait la justesse de ces conseils et ne les suivait pas, et à son tour il se permettait des conseils qui n'étaient ni moins justes ni plus écoutés. La correspondance des deux frères, dans cette période marquée par les victorieuses campagnes de Prusse et de Pologne (1806-1807), est certainement intéressante. L'un s'y montre dans toute sa grandeur, dans l'immensité de ses desseins et l'inépuisable fécondité de son génie, l'autre s'y montre dans sa modération timide et un peu molle.
Après la paix de Tilsitt , Napoléon résolut de faire un voyage en Italie. Joseph, dès qu'il fut instruit de ce dessein, le pressa de venir à Naples, et ne pouvant l'y décider, il exprima le désir de se rendre lui-même à Paris. L'empereur n'y consentit pas et lui donna rendez -vous à Venise. Dans cette entrevue, qui eut lieu le 2 décembre 1807, il fut surtout question de Lucien, que Napoléon désirait rattacher à la grandeur impériale ; mais il ne fut rien dit des dissensions de la famille royale d'Espagne, dissensions qui venaient d'éclater avec violence et dont l'empereur songeait déjà à profiler dans l'intérêt de sa politique (l). Joseph fui chargé de visiter Lucien à Modène et de le préparer à un rapprochen>ent. Il eut peu de succès dans cette négociation, et retourna à Naples, où il s'occupa des préparatifs •l'une invasion en Sicile, devenue plus facile depuis que les Anglais avaient dirigé sur Gibraltar une grande partie de leurs troupe*. Le détroit resserré qui sépare la Sicile du continent eut été un faible obstacle si les Français avaient possédé tout le littoral de la Calabre ; mais les forteresses de Scylla et de Reggio étaient encore au pouvoir des Anglais. En attendant la prise de ces deux places, la flotte destinée à concourir à
Or Nom avons dit , d'après M. Tniers et M. Du Casse, qu'il ne (ut pas qurstion de lR«p.i|rne daut l'entrevue de Venise. Miot prétend le contraire ( Ncmoirci, t. Il . p. Ko), et il affirme que le* - arrangement» qui. l'année ftuivantr, eurent lit-u a l'égard de l'b*p.itrne. et dont les funestes eontequrners portèrent tioe prrmlere rt redoutable atteinte a cette prospérité qui étonnait le inonde, furent arrête* a \>nt*c. t O témoignage est grave et mérite qu'on eu tienne compte.
(Joseph) 448(*)
l'invasion de la Sicile fut envoyée à Corfba, « quand Scylla et Regio eurent capitulé, l'attend* de l'empereur s'était portée sur no objH pte vaste que la Sicile. C'était un autre (rioeoor Joseph était appelé à occuper et i con^r r
Au mois d'avril 1808, l'empereur cotmne&cU entretenir son frère des affaires «TEspapr, ta* une lettre du 18, il lui écrivit qu'il n'euitpu impossible que, dans cinq ou six jour*, il fappelU près de lui à Bayonne. C'était la pnrmkrt h» qu'il plaçait devant ses yeux la perspective làtcuse et redoutable de la couronne d E&papx. Trois semaines plus tard (10 mai), il lui écrivit que Charles, roi d'Espagne et son fils Fenlioaod, avaient abdiqué, que la nation, par l'organe (h conseil de Caslille, avait exprimé le déurqi* )'em|tereur donnât un roi à l'Espagne. * Catt vous que je destine celte couronne, ajo«U-lrÛ. Le royaume de Naples n'est |ws ce qu est 11* pagne ; c'est onze millions d'habitants, plu de lào millions de revenus, et la pos*eu»o
toutes les Amériques Je désire donc qoï»
médiatemeiit après avoir reçu cette lettre, laissiez la régence à qui vous voudra, le commandement des troupes au maréchal Jourdan, et que vous partiez pour vous rendre à Baj«* par le plus court chemin de Turin, du iront O nis et de Lyon... Gardez du reste le îeerei' M. Thicrs, qui cite cette lettre, ajoute : « Trfc était la manière simple et expédiée u« !»• quelle se donnaient alors les couronne», mi* celle de Charles-Quint et de Philippe 11. » ** la couronne d'Espagne était plus facile a doestf qu'à prendre. Joseph le sentait vagoenitut. <* sans prévoir toutes les difficultés de sa D0u*d!» tâche, il quitta Naples avec tristesse. Il reçu la lettre de son frère le 21 mai ; il *e nwt en route le 23. En arrivant en France, w des Alpes, il rencontra son ancien professw^ collège d'Autun , l'abbé Simon, devenu r»èq« de Grenoble et en visite pastorale dans *on d»cèse. Aux compliments du prélat, Josep*» & poudit par des paroles qui peignent mitai a* tout ce que nous pourrions dire l'état <fc ** âme au moment où il allait prendre U cooroew d'Espagne et des Indes :
« Puissent vos félicitations être d'un heur»0* : gurc à votre ancien élève! puissent ^«"J* prières détourner les malheurs que je prévoi»! Qo* a moi l'ambition ne m'aveugle pas, rn«* joyiw la couronne d'Espagne n'éblouissent pj$ quitte un pays où je pense avoir où je me flatte d'avoir été aimé, et de k|Mer.^': moi quelques regrets. En pourra-til è»rc le nouveau royaume qui m'attend ? Les n'ont, jiour ainsi dire, jamais connu de °*l**z tour a tour conquis par les Normands, le» W •mol» , le» Français, peu leur importent leur» • très,... En arrivant chei eux.J'ai trouve touti "J1 J'ai stimulé leur apathie naturelle, donne m o"1 l uJmiiiUtration, mis de Tordre un po» l*1"^ m'a *u sré de nu bonne volonté, de nv» En Espagne, au contraire, j'aurai beau fi«r J« me dépouillerai pas fi complètement de**0 b •
NAPOLÉON (Joseph)
d'étranger qu'il ne m'en reste, assez ponr me faire haïr d'nn peuple lier et chatouilleux sur le point d'honneur, d'un peuple qui n'a connu d'autres guerres que des guerres d'indépendance, et qui
abhorre avant tout le nom français Tout nie pré-
up; d'invincibles difficultés....." Je vois un Itorizon chargé de nuages bien sombres; il* recèlent dans leur sein un avenir qui m'effraye. L'étoile de mon frère •cintitlera-t elle toujours lumineuse et brillante ti^ns les cieux? Je ne sais; mais de tristes pressentiments m'assiègent en dépit de moi-même; ils m'obsèdent, me dominent. Je craius bien qu'en me donnant une couronne plus belle que relie que je dépote, l'empereur n'ait chargé mou front d'un fardeau plus pesant qu'il ne saurait porter. Plaignezmoi donc, mou cher maître, plaignez-moi ; ne me félicitez pas. »
Ce discours prophétique a pu être un peu arrangé après coup ; mais Joseph dut dire quelque chose d'approchant. Il quittait avec regret la
pays. Dans la seconde quinzaine de juin, la junte réunie sous la présidence de M. d'Azanza discuta et sanctionna, avec quelques modifications, le projet de constitution préparé par Napoléon et qui donnait à l'Espagne un sénat de vingt-quai re membres, des cortès composées de 172 membres, et devant se. réunir au moins tous les trois ans. Ces institutions représentatives, peu énergiques sans doute, n'en étaient pas inoins un progrès réel pour l'Espagne. Tandis qu'on préparait la constitution de son nouveau royaume, Joseph fit ses adieux à ses anciens sujets en leur envoyant une ! constitution du même genre, qui arriva à Naples le 2 juillet et ne fut jamais appliquée. Le 8 juillet, il abdiqua la couronne des Deux-Siciles. La veille, ' il avait prêté serment à la constitution espagnole , et reçu le serment de la junte. Le lendemain, I 9 juillet, il quitta Bayonne pour l'Espagne, après avoir composé son ministère uniquement d'Esde Naples, et il n'avait pas la force de pagnols qui avaient été presque tous ministres de refuser la couronne plus brillante qui lui était ! Charles IV et de Ferdinand : MM. Urquijo, Ceoflerte. Napoléon, sans même attendre son arri- ! vallos, Azanza, O* Farrill, Jovellanos, Pinueia, vée a Bayonne, rendit le G juin un décret par ! Ma/arredo. Sa maison se composa également des l?q«el, s'appuyant sur les déclarations du con- grands seigneurs qui naguère servaient Ferdiseil de Castille, il proclama Joseph roi d'Espagne iwnd : les ducs de l'hifantarfo, de Frias, de etdes Indes, en garantissant au nouveau souve- Hijar, del Parque, etc. Enfin à toutes les adhérain l'intégrité de ses États d'Europe, d'Afrique, sions que nous avons énumérées, il faut joindre d'Amérique et d'Asie. Joseph arriva le lende- celle de Ferdinand lui-même qui, par une lettre main. Son frère, allant au-devant de lui, le corn- datée de Valençay, 22 juin, félicita Sa Majesté Ma de prévenances, et le mit rapidement au catholique sur son avènement au trône d'Espagne courant des transactions qui avaient amené la j et la pria d'agréer son serment de fidélité. Telle du trône d'Espagne , transactions aux- était la situation officielle , quand Joseph mit le
quelles Joseph était resté complètement étranger [ pied sur le sol espagnol ; la situation réelle était
et dont il n'avait connu aucun détail. La situa- 1 bien différente. Pendant les mois de mai et de
fou se présenta d'abord à lui sous un aspect ' juin, une insurrection formidable avait éclaté
beaucoup plus «impie et plus flatteur qu'il ne contre le gouvernement que Napoléon voulait im-
*J était attendu. La famille royale d'Espagne wait quitté Bayonne résignée en apparence à sa déchéance, et laissant de médiocres regrf ts parmi m anciens serviteurs. Les deux partisans les pins dévoués de Ferdinand, le duc de l'Infantado et M. de Cevallos, furent les premiers à lui offrir leurs compliments et leurs services (8 juin) ; les membres de la junte constitutionnelle que Napo
léon
avait
Je lui porter leurs félicitations. Le duc de l inïanlado parlant en leur nom commença ainsi son
poser à l'Espagne. Les Astuiics, la Galice, la Vieille-Caslillc, l'Estramadoure, l'Andalousie, les royaumes de Murcie et de Valence, la Catalogne et l'Aragon s'étaient soulevées. L'armée régulière avait été entraînée par le mouvement populaire. Les forces françaises dispersées dans le nord et dans le centre de la Péninsule , peu nombreuses (soixante à soixante-dix mille hommes environ)
convoquée à Bayonne s'empressèrent ; et composées en partie de conscrits, se trouvèrent
insuffisantes contre le soulèvement général. Le maréchal Moncey, qui était arrivé jusqu'aux portes
«Wonre : « Sire , les Espagnols attendent du de Valence, dut se replier sur Madrid ; le général
jNme de Votre Majesté tout leur bonheur. On Dupont, qui avait saccagé Cordotic, essaya vaine-
jtënre ardemment votre présence en Espagne. » ' ment d'aller dégager la flotte française enfermée
La dépotation du conseil royal de Castille, Tin- \ dans Cadix, et bientôt forcée de capituler; il dut
don Raymond Estenhard au nom des j se retirer sur Andujar. Au nord, Saragosse four «">*eits de l'inquisition, des Indes, des finances nissait à l'insurrection un point d'appui mena
de* ordres militaires, le duc del Parque au J?m -le l'armée, O' Farrill, ministre de la guerre,
*anza, ministre des finances «le Ferdinand, ne j de fermer au nouveau roi l'accès de sa capitale.
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çant pour la ligne de l'Èbre. Enfin une armée espagnole, sons les ordres de La Cuesta, menaçait
pas moins explicites dans leurs assurances ; Des renforts (quarante à cinquante mille hommes),
ement. Ces protestations étaient en partie | envoyés au mois de juin, permettaient aux Franwes, car heaucoup d'Espagnols, téi Mite décrépitude dans laquelle l'Espagne «*u tondre
am Wr ne,1UC0UP d'Espagnols, témoins de jïïf ante décrépitude dans laquelle
1 ^mb*e sous l'ancienne dynastie, attendaient ^«ïnastic nouvelle la régénération de leur
çais de se maintenir, mais leur donnaient à peine l'espoir de porter un coup décisif à l'insurrection. Telle était la situation que Joseph avait à peine entrevue à Bayonne et qui se révéla à lui aussitôt
qu'il eut mi» le pied sur le sol espagnol. Ses pre- ! mières impressions à Irun, à Tolosa, à Viltoria furent désolantes; il remplit ses lettres de plaintes qui étaient autant de reproche» indirects contre son frère. L'empereur sentant sans l'avouer l'étendue de sa foute répondit aux affligeantes prévisions de Joseph avec une douceur inaccoulu* mée; mais surpris lui-même par la rapidité des événements, il ne put pas envoyer les renforts nécessaires et la situation s'aggrava de plus en plus. Quelques extraits des lettres de Joseph donneront une idée de cette progression de malheurs. Il ne faut pas oublier qu'il était parti le 9 juillet ; il écrit le 10 : « Il y a beaucoup à faire pour conquérir l'esprit de cette nation ; avec de la modération, de la justice, cela sera possible, surtout dès que les insurgés auront été battus. » Le il : « L'esprit est partout très-mauvais.. Nous ne possédons que des provinces pauvres, rien n'entre au trésor. » Le 12 : « J'arrive dans celte ville ( Vittoria) où j'ai été proclamé hier. L'esprit des habitants est très - contraire à totit ceci... Personne n'a dit jusqu'ici toute la vérité à Votre Majesté. Le fait est qu'il n'y a pas on Espagnol qui se montre pour moi, excepte le petit nombre de personnes qui ont assisté à la junte et qui voyagent avec moi. Les autres, arrivés ici et dans