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que fassent ses pressentiments, ils étaient encore au-dessous de la vérité. Au moment où il écrivait cette lettre, vingt mille Français, enveloppfs entre le Guadalquivir et la Sierra Morena, w> naient de rendre leurs armes au général espagnol Castaûos (22 juillet). La capitulation de Bavlrn, en réduisant d'un quart l'effectif disponible des forces françaises et en exaltant au plus haut fiorat la fureur nationale des Espagnols, força Jowyb d'abandonner Madrid. Il partit le 31 juillet, «le laissé de tous les Espagnols qui s'étaient attaché à sa fortune, excepté Azanza, O' Farrill, Drquijo. L'année française rétrograda lentement sur Itbre et prit position derrière ce fleuve a Miranda. Ces événements produisirent sur napoléon une impression plus forte qu'il ne voulut l'avouer. Il aimait sincèrement son frère, et il s'affligeait de le voir dans une po&itioB au&u cruelle. Il semble qu'il eut un moment lidccde modifier profondément ses projets sur l'Espagne. Dans une lettre remarquable datée de Bordeaux, 3 août , il ne parut pas éloigné d'un accommodement avec les insurgés, et il ajouta ce* parafer» qui contenaient une insinuation assez claire: «Je crois que, pour votre goût particulier, vous v«a» souciez |>eu de régner sur les Espagnols. » Jeueph accueillit cette ouverture avec empressement, et
les autres villages avant moi , se sont cachés , 1 dans une lettre du 9 août il proposa a 1' épouvantés par l'opinion unanime de leurs compatriotes. » La brillante victoire du maréchal Bessières sur les troupes de La Cuesta (14 juillet) ouvrit à Joseph la roule de Madrid, mais ne lui apporta qu'une satisfaction passagère. M écrit
un plan qui, suivant lui, conciliait touL Joseph avec l'armée française renforcée aurait marché contre les insurgés , tes aurait battus , serait rentré triomphant dans Madnd, et là aurait renoncé à la couronne d'Espagne pour aller re-
ie 18 : « Il parait que personne n'a voulu dire i prendre celle des Deux-Siciles. Lorsque Napotéoo l'exacte vérité à Votre Majesté. Je ne dois pas moi J reçut cette lettre, il était revenu à ses premier» la lui cacher. La besogne taillée est très-grande ; t projets. Il avait déjà disposé du royaume de pour en sortir avec honneur, il faut des moyens immenses... Je ne suis point épouvanté de ma
en faveur de Mural, et se croyant sûrdn concours de l'empereur de Russie, il comptait
position, mais elle est unique dans l'histoire : je j reprendre en quelques mois toute la peuiusuie des
n'ai pas ici un seul partisan. » Le 19 : « Toutes les lettres qui arrivent de Madrid se réunissent dans la même opinion sur l'état déplorable des
Pyrénées à Cadix.
Il ne restait donc plus à Joseph qu'à dans la vie privée ou à conquérir son royauine.
de son frère lui tirent préférer le second. 11 re*U donc dans sa position défensive dei'Èbre, attendant que l'arrivée de puissants renforts et de Ifapoléon lui-même permissent aux Franc»» de prendre l'offensive. Jl venait de recevoir cormne major-général le maréctial Jourdan pour lequel il avait beaucoup d'estime et d'ami lié,
affaires, dont le rétablissement ne peut plus ré- Pour son bonheur il aurait dû choisir le premier sulter que des elforts extraordinaires que fera j parti; son honneur, sa condescendance aux vue» Votre Majesté... Tout ce que je lui dis n'est pas exagéré. Il faut cinquante mille hommes et 50 millions de francs dans le plus court espace; le double ne suffirait pas dans trois mois. » Enfin de Madrid même, où il avait fait son entrée le 20 juillet, au milieu d'une population silencieuse et irritée, il écrit cette lettre qui résume les autres.
24 : « Nous n'avons bientôt plus le sou ; toutes dont il avait hautement apprécié les services a les provinces sont occupées par l'ennemi, qui est Naples, et qui devait être pour lui, pendant cette partout. Henri IV avait im parti ; Philippe V n'a- malheureuse guerre, un conseiller intelligent et vait à combattre qu'un compétiteur; et moi j'ai fidèle. Les deux mois de septembre et d'octobre pour ennemi une nation de douze millions d'ha- furent employés à réorganiser l'armée, à la con-
hitants, braves, exaspérés au dernier point centrer dans la Navarre et la Biscaye et à fermer
Les honnêtes gens ne sont pas plu» pour moi que aux insurges les défilés par lesquels devaient les coquins. Non sire, vous êtes dans l'erreur;
votre gloire échouera en Espague (1). » Si tristes leltre ia u "* lne p,aU poinl 11 "* p0"»1 **
rlr. mais de vivre cl il Ctro victorieux; et vihi.i l'eUvd le serez. Je trouverai rn E«patrne le» eoloi (i) Napoléon répondit 4 cette lettre « Le style de votre eule, mais non les limite» de mou pouvoir. •
NAPOLÉON (Joseph)
déboucher les renforts commandés par l'empereur. Napoléon Arriva à Vittoria le a novembre, et donna aux troupes françaises une impulsion décisive qui fit plier aussitôt les armées espagnoles. Battus à Burgos par Soult, le 10 novembre, a Espino;a par Victor, le 10 et 1 1, à Tudela par Lannes, le 23, à Somo Sierra par l'empereur en personne, le 30, les Espagnols livrèrent aux vainqueurs la roule de Madrid. Na|»oléon arriva devant cette ville le 2 décembre, et l'occupa le 4. Pendant cette roarcbe rapide, Josepli fut laissé complètement à l'écart ; il ne lui fut pas permis de venir à Madrid et il dut résider au Panio, à quelques lieues de la capitale. M. TUiers pense que Napoléon, persuadé que des mesures de rigueur étaient indispensables , voulut en assumer la responsabilité, et en même temps faire vivement regretter aux Espagnols nn prince qui pouvait seul les soustraire aux dures nécessités de l'occupation militaire. Quel que fat le motif de sa conduite, Joseph ressentit avec amertume la position humiliante qui lui était faite, surtout quand il vit que son frère, non content de le laisser étranger aux mesures de répression qui atteignaient (es premières per-
les églises, devant le saint sacrement, appui, amour et fidélité à Joseph. I^s habitants prêtèrent ce serment, et sans doute avec sincérité, car ils avaient ha!e de voir un gouvernement régulier succéder à l'occupation militaire. Malheureusement, la guerre ne touchait pas a son terme. Napoléon ma relia contre les Anglais après avoir donné à son frère le titre de son lieutenant, mais en ne lui laissant qu'une autorité nominale que les généraux français étaient peu disposés à reconnaît) e. Le mouvement de l'empereur, quoique interrompu par son brusque départ pour la France, obligea lès Anglais a une rapide retraite sur la Corogne on ils se rembarquèrent (17 et 18 janvier 1*09). Le 13 janvier, le maréchal Victor remporta à Uclès, sur l'armée de l'Infantado, ancienne armée de Ca&tanos, une victoire complète qui vengea le désastre de ilaylen. Profilant de l'impression produite par ces brillants succès, Joseph fit son entrée soleuuetle dans Madrid, le 22 janvier. 11 Ait assez bien accueilli par une population qui exécrait ks Français, mais qui n'était pas inseusible à l'honnêteté et à la bouté de Joseph. Un mois après son entrée à Madrid, le roi apprit la capitulation
sonnes de PEspagne, ne lui donnait aucune part de Karagosse qui 6'était rendue (20 février 1809), décrets destinés dans l'intention du vainqueur | après une des résistances les pins opiniâtres
dont il soit fait mention dans l'histoire. La conquête de toute la i'éiiiasule srmldait prochaine. Des trois principales années françaises, l'une, tous les ordres de Soult, aUait marcher sur Lisbonne, l'autre, commandée par Victor, devait envahir l'Andalousie, la troisième, sous le général ëuchet, devait conquérir le royaume de Valence, il semblait impossible que l'insurrection espagnole, si souvent battue, résistât à un tel déploiement de forces. Diverses circonstances rendirent inutiles les efforts de deux cent mille Français. Les insurgés étaient presque aussi redoutables et peut-être plus gênants, vaincus que vainqueurs. Lear victoire de Baylen les avait amenés à se masser en deux grandes armées qui n'avaient pas soutenu le choc des troupes régulières de Napoléon. Leur défaite les dispersa en innombrables bandes ou guérillas qui, connaissant parfaitement le pays, sûres de trouver des vivres et des informations chez leurs compatriotes et des abris dans les montagnes, tourbillonnaient autour des armées françaises, les harrassaient, )t>s décimaient en détad, coupaient leurs communications, interceptaient leurs convois, et les forçaient souvent à marcher au hasard , à faire campagne sans vivres et à combattre sans munitions. Des opérations militaires précises, suivies, concordantes, étaient impossibles au milieu de ce chaos de guérillas, ou du moins pour les préparer et les diriger, il aurait fallu une autorité unique et énergique, prompte a commander, certaine d'être obéîe. Malheureusement, l'autorité de Joseph n'était que nominale. Les maréchaux n'étaient placés sous ordres que pour la forme ; il leur était pres-
à régénérer le pays conquis. Ainsi Napoléon, sans consulter Joseph, décida par une suite de décrets la suppression des lignes de douane de province à province, la destitution de tous les membres du conseil de Castille, et le remplacement immédiat de ce conseil par une cour de cassation, l'abolition du tribunal de l'inquisition, la défense à tout individu de posséder plus d'une commanderiez l'abrogation des droits féodaux et 1a réduction an tiers des couvents existant en Espagne. Il n'y avait rien à objecter à la plupart de ces mesures sinon qu'elles auraient dû être prises par le souverain et les Cortès. D'autres mesures législatives d'un mérite plus contestable achevèrent de désoler Joseph et lui arrachèrent la lettre suivante, 8 décembre :
< Sire, M. d'Urqutjo me conminniqne les mesures législatives prises par Votre Majesté. La honte couvre mon front devant mes prétendus sujets. Je supplie Votre Majesté de recevoir ma renonciation à tous les droits quelle m'avait donnés au trône d'Espagne. Je préférerai toujours l'honneur et la probité au pouvoir acheté si chèrement. I- n dépit des événements, je serai toujours v<itre frère le plus afTectionné , votre ami le plus tendre. Je redeviens votre sujet , et attends vos ordres pour me rendre où il plaira à Votre Majesté auc je me rende. »
Napoléon laissa cette lettre sans réponse et ne s*inqiiiéta pas de ce qu'il appelait la mauvaise humeur de son frère. Il était tout occupé de prendre des mesures militaires pour l'entière conquête de la Péninsule, et songeait à s'élancer sur Tannée anglaise aventurée dans la Vieille- Caslille. Avant son départ, il exigea que les habitants de Madrid (15 décembre; jurassent dans