NARSÈS
Icfense. Le pape Jean III, son ami, alla lelrouvcr a Nu pies et le supplia de venir à Rome. Narsès \ consentit ; mais, accablé par les années, il mourut dans cette ville, à quatre-vingt-quinze ans, si on en croit les historiens byzantins, ou du moins à un âge très-avancé. S'il eût vécu, il est probable qu'il eût repris le commmandement et dé* livré l'Italie de l'invasion des Lombards. Sa mort laissa ce pays sans défense, et l'Italie fut à jamais perdue pour l'empire. On a contesté la vérité de toute cette histoire de la disgrâce de Narsès, de son appel aux Lombards, de son tardif repentir. Sans doute le récit de Paul Diacre, qui est ici notre principale autorité, a un caractère romanesque peu fait pour exciter la confiance. Il est assez probable que plusieurs des circonstances rapportées par le chroniqueur italien sont fausses ou exagérées ; mais le fond de son récit nous parait exact. Nantes, disgracié et irrité, voulait se venger et se rendre- nécessaire. Rien ne convenait mieux à ses desseins qu'une invasion, on la menace d'une invasion des barbares. Il appela sans scrupule les Lombards, se croyant sûr de les écraser dès qu'il aurait obtenu satisfaction de la cour de Constanlinople. Narsès fut le personnage le plus extraordinaire de son temps. É^al à fié lisaire comme général, il le surpassa comme homme d'État; abaissé par sa situation au-dessous des esclaves, il s'éleva à la première place de l'empire après la dignité suprême ; avec le corps débile d'un enfant et la voix d'une femme, il avait l'âme d'un héros et le génie d'un grand homme. L. J.
Procope. BetL Goth^ II, 18, etc.; III, IV.— Paul Diacre, De Gentis txmg,, Il, l. S. — Marcellln, Chron. — Agathias, 1. 1, II. - Zooaras, vol. II. p. «8. elc. — Cedrenua, p. 3*7. - Malcla. p. 83. - Thi'ophane, J0l-»O«. - E»ajnrhis, IV, «. - AnatUse, Hi$t.% p. et ; f ita Joan., III, p. *3. - Affncllii*, Liber Pontifie. — Rarooiui, Annales. — Muratorl, Jnn. Italije, t. III, p VTt. — Gibbon, HUt. of décline and fait ot Roman Empire. — Le Beau, HUt. <(m Bat-Empire, t. VIII, IX, édlL de Saint -Martin.
NARSÈS. Yoy. Nersès.
naruscrwicz (Stanislas -Adam), poète et historien polonais, né en Lithuanie, le 20 octobre 1733, mort à Janowo, le 8 juillet 1796. D'une très-ancienne famille, il entra dans l'ordre des Jésuites, et termina ses études dans leur grand collège a Lyon; il visita ensuite l'Allemagne et l'Italie. De retour dans son pays, il devint successivement professeur d'éloquence à l'académie de Vilna et directeur du collège des Nobles à Varsovie. Présenté par les princes Czartoryski au roi Stanislas-Auguste , il fut admis dans la société intime de ce souverain, qui, après la suppression des Jésuites , lui confia plusieurs emplois élevés, et l'appela en 1788 à l'évêclié de Smolensk et en 1790 à celui de Luck. Homme de bien et patriote zélé, Naruscewicz se distingua aussi par son goût éclairé pour les lettres. Il a écrit en polonais : Poésies diverses, 4 vol.; une nouvelle édition a paru à Leipzig. 1835, 3 vol. : ce recueil contient des odes, des idylles, des épltres,des satires, des fables; ces pièces,
. NARVAEZ 472 fort admirées de son temps, sont écrites d'us style pur et élégant; mais elles manquent d*mv piralion; — Histoire des Tartares de Crimée; — * Histoire de Pologne; Varsovie, 1780-1781 et 1803-1804 : cet excellent ouvrage, résolut ow recherches les plus consciencieuses, commer.» à l'an 965 et s'arrête à l'an 1386 ; l'auteur avait l'intention de le faire procéder d'une introduction , où devaient être traités les origines da peuple polonais et les temps fabuleux de son histoire ; il avait réuni à cet effet plus de trois cents volumes de matériaux manuscrits ; lorsqu'il eut été empêché par la mort d'exécuter wa projet, ils furent remis à une société de savants qui rédigèrent cette Introduction , publiée r% 1824 à Varsovie ; elle parut de nouveau en Me de la nouvelle édition de Y Histoire de Pologne; Leipzig, 1836, 10 vol. ; — Voyage de Stanislas- Auguste à Kaniow en 1786; — Vie de Charles Chodkiewicz, hetman de Lithnamt, Varsovie, 1805, 2 vol. in 6*. Narnsceww a aussi donné des traductions des Œuvres t\t Tacite, 1772, 4 vol. in-4°, et des Odes de Horace. Une grande partie de ses écrits a été reproduite dans le Choix d'auteurs polonais, pubijpar Mostowski. O.
Hlrsclilng, Handbveh. — Chodjntckl, Dirt. des Psèv naU savants. — Renikowakl, HUt. de la littérature »#louais*. - Woyclrkt, HUt. lut. de ta folowe.
il art A RZ (Panfilo oe), conquistador espagnol, né à Valladotid, vers 1470, mort en joilH 1528, dans la Floride. Quoique fort jeune, il avait déjà acquis quelque capacité nulrtain», lorsqu'il passa dans les nouvelles conquêtes qg< les Espagnols venaient de faire dans la mer cV> Antilles. Il descendit à Cuba, où il aida Tarielantado, don Diego de Velasquez, à soumettr* > complètement l'Ile. Velasquez, depuis longfeinr* j jaloux des succès de Hernan Cortès , alors enin? dans Mexico et qu'il continuait à considérer comme un subalterne insurgé, cherchait un vengeur de ses droits, qu'il prétendait usurpés (rwr à ce sujet les articles Corn ks et Velasqcu '. Il résolut d'envoyer au Mexique une force suffisante pour établir son autorité, an nom de b cour d'Espagne. Il prépara dix-huit navire portant neuf cents soldats et nn matériel <V guerre considérable. Empêché par sa corpulearr de prendre le commandement , il le délégua i Narvaez, qui promit d'amener Cortès mort oc vif. Il partit de Cuba en mars 1520; mais, batte par de violentes tempêtes dans lesquelles il prdit deux bâtiments, ce ne fut que le 23 ami qu'il débarqua devant San-Juan d'Ulloa et * fortifia à Champelloa. Il envoya aussitôt à Saitdoval, qui tenait garnison à Villa-Rica, l'ordre se soumettre. Cet ofticier, dévoué a Cortè*. répondit à cette sommation en envoyant, sous bontr garde, les envoyés de Narvaez à son chef. Narvaf r, qui jusqu'alors n'avait rempli qu'une mi*** pacifique, déclara la guerre: à Cortès. Jamai* > , position du conquérant du Mexique n'avait été *
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grave. Possesseur de Mexico, où il était en quelque sorte bloqué par les indigènes, si Cortez attendait l'arrivée de Narvaez, sa perte était inévitable, surtout si les Aztèques apprenaient que son antagoniste le déclarait rebelle a la couronne d'Espagne, pour laquelle il avait toujours prétendu agir. Cortès comprit sa position, et envoya à Narvaez le P. Olmerio ( voy. ce nom ), son aumônier, bomme plein d'adresse et d'ailleurs chargé de riches présents, qni offrit au lieutenant de don Velasquez une belle position dans la nouvelle conquête, s'il y voulait prendre part. Narvaez rejeta dédaigneusement toute offre d'arrangement ; mais il n'en fut pas de même de la plupart de ses officiers, qui acceptèrent les présents du P. Olmedo et disposèrent leurs soldats à se rallier à Cortès dans le cas d'une action. Informé de ces dispositions, Cortès n'hésita pas : laissant Mexico a la garde de don Pedro de Ah arado, il s'avança lui-même avec deux cent soixante-six hommes seulement contre son adversaire, qui n'en comptait pas moins de huit cent dix et avait dix-huit pièces d'artillerie (mai 1520). Narvaez se laissa surprendre dans Champelloa durant une nuit d'orage. A la tête de quelques-uns des siens, il essaya une vaine résistance. Déjà couvert de blessures, un coup de lance lui lit sauter l'œil gauche et le mit hors de combat. Ses troupes se rallièrent au vainqueur; sa flotte fut prise et lui-même incarcéré au fort de La Vera- Crux. Mis en liberté après sa convalescence et renvoyé en Espagne, Panfilo de Narvaez obtint en 1526 le gouvernement de tontes les terres qu'il pourrait découvrir depuis la rivière des Palmes jusqu'aux confins de la Floride. En mars 1528 . il fit voile de Cuba avec quatre cents hommes, débarqua le 1er mai dans le cap Corrientes, et se dirigea sur le pays d'Apalacbe, que les Indiens disaient riche en or. Après une marche dans une contrée difficile et inhabitée, il arriva le 27 juin à la pille d'Apalache, qui ne comptait pas quarante cabanes. Il reconnut que les Indiens, ne pouvant détruire leurs adversaires par la force, avaient résolu de les faire périr par leur grande passion, celle de l'or. Chaque jour, de nouveaux guides leur indiquaient un nouveau gisement qui reculait toujours, et les chercheurs s'enfonçaient dans des déserts sans issues. Narvaez et les siens restèrent vingtqoatre jours à errer de la sorte, n'ayant d'autre nourriture que des fruits sauvages, et san&cesse harcelés par les indigènes. Beaucoup d'Espagnols succombèrent. Enfin ils arrivèrent sur les bords d'un grand cours d'eau qu'ils nommèrent la Magdafena. Ils construisirent cinq pirogues sur lesquelles ils descendirent jusqu'à la mer. Us abordèrent sur une Ile qu'ils nommèrent San- Miguel et cabotèrent le long des cotes. En novembre, près du cap des Palmes, ils furent attaqués par les Indiens et obligés de prendre le large. Leur flottille fut dispersée par une violente tempête. Narvaez fut englouti avec le plus grand
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nombre des siens. Quatre-vingts hommes furent
jetés sur une lie inculte qu'ils nommèrent Mal-
fiado (Malheureuse). Ils s'y mangèrent les uns
les autres. Quinze seulement arrivèrent après
six ans d'absence ( 15 mai 1536) sur le continent,
dans la Nouvelle-Galice. a. df. L.
Pa<acer del Ile. Aylloo al adttantado Dkao felasquez | lala Fenundloa. 1510, m*). - Helacion del Ile. Ajrllon ( Sa nlo- Domingo, 80 août IttO m* |. — Bernai niai Hist. de la conqvista, cap cixx. - OMcdo, de la$ Induis, Ub. XXXV, cap. xxxxvu. — Urenuna, Ret. seg. de COM4, p. 117-110. - Herrera, Hi$l. gênerai, dee. il. liv. X, cap. i, m. - W. Prescott, Hitt. du Mexique (irad. par Amédée Pichol: Parla, s vol. In »• ), t. II, chap. iv. p. 176-t»0. - La Re<iaudlére, Mexique , ilans V Univers pittoresque, p. îoê-ioa.
'NARVAEZ (Don Manuel Ramon- Maria) , duc de Valence, général et homme d'État espagnol, né le 5 août 1800, à Loja. en Andalousie. Il commença sa carrière militaire après 1815, en entrant comme cadet dans les gardes w alloues, qui formèrent plus tard le 2* régiment d'infanterie de la garde royale. Dans sa jeunesse il fut remarqué pour sa facilité à apprendre les mathématiques, et il eut pour professeur de fortification et d'artillerie don Felipe Valdric, qui devint marquis de Valgornera; il était officier en titre lorsque éclata la révolution de 1820. Partisan du régime constitutionnel, on le vit dans la journée du 7 juillet 1822 défendre par les armes ce régime , contre le maintien duquel s'était soulevée une partie de la garde royale. Quelques mois après, sous les ordres de Mina , il combattait en Catalogne les guerrillas organisées pour le rétablissement du pouvoir absolu. Cette campagne lui offrit l'occasion de montrer sa bravoure. Au siège de Castellfollit ~ il pratiqua , sous le feu de l'ennemi, une mine au pied du rempart d'un des forts, et fut blessé , au moment même de l'explosion, d'un coup de feu dans les reins. Après la restauration de 1823, il quitta l'armée, et se retira à Loja, sa ville natale. L'avénement d'Isabelle II permit à Narvaez de rentrer dans la carrière militaire (1833). Ce fut avec le grade de capitaine au régiment de la Princesse qu'en 1834 il prit part aux opérations actives contre l'insurrection carliste. Tout d'abord il se fit remarquer par son énergie et ses talent» militaires. Employé à l'une des divisions de l'armée du nord , il contribua à la victoire de Mendigorria en forçant , à la tête d'un bataillon du régiment de l'Infant, le pont de la ville, défendu par près de trois mille hommes ; à l'attaque des lignes d'Arlaban, il reçut une assez ^rave blessure.
Signalé comme un des pren jers officiers de l'armée, il parvint en 1836 au grade de brigadier, qui est en Espagne le premier degré du généralat, et fut placé sous les ordres d'Espartero, qui venait d'être nommé général en chef. « Une des qualités qui distinguaient Narvaez, dit M. de Mazade, outre une bouillante intrépidité, c'était une extrême sévérité militaire, une vigueur de commandement qui ne laissait nulle