A M. FERNAND TROUBAT
Ce 3 août 1868.
Cher monsieur,
Il faut que j'aie été souffrant pour ne pas avoir répondu tout aussitôt à votre aimable lettre. Je vous ai tous présents de toutes les manières, votre digne père avec sa belle physionomie, votre charmante fiancée avec sa naïve douceur. Vous avez bien raison de presser le moment d'une union si attendue et préparée durant des années de mutuelle affection. Je voudrais bien pouvoir envoyer mon cher Troubat: il m'est bien nécessaire. C'est ici que j'espère vous voir bientôt, — en automne.
Je suis à vous, cher monsieur, et aux vôtres, de tou t mon cœur.
CGXLIX.
A M. PHILIPPE BURTV^
Ce 10 août 18(J8.
Mon cher ami,
Voilà ce que j'appelle chercher un prétexte pour être aimable. Je me suis malheureusement mis trop tard en route pour le pèlerinage à l'art pur. Vous avez mille fois
1. A propos d'une note publiée dans la Gazette des Beaux-Arts pour répondre à l'étude consacrée dans les Nouveaux Lundis aux Idées et Sensations, de MM. Edmond et Jules de Goncourt.
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 295 raison sur cette indépendance absolue de TArt. Cependant, dans Part écrit, qui n'est plus jamais tout à fait Fart en soi, et qui participe de la pensée, il y a, ce me semble, à tenir compte davantage de la moyenne du public. Nos amis écrivent peut-être un peu trop comme s'il ne s'agissait que des arts pittoresques et plastiques.
Tout à vous d'amitié.
GCL.
A M. FAUGÊRE.
Ce H août 1868.
Cher monsieur et ami,
Je reçois votre intéressant mémoire; il était dur et pénible à faire, mais il est essentiel. J'admire vraiment M. Thiers: ce présomptueux voudrait maintenant nous donner à croire qu'il entend la haute géométrie et qu'il lit Pascal et Fermât de fade ad faciem. Que d'esprit, mais quelle fatuité et quelle faquinerie ! Et penser que c'est là le plus grand de nos hommes d'État hors du pouvoir et notre étoile du matin pour le quart d'heure ! . . .