A M. DE SAINT-GENIS
Paris, 3 juillet i869.
Cher monsieur,
Vous m'aurez excusé; toujours souffrant, avec cela engagé dans un travail périodique, je manque à bien des devoirs et à des plaisirs : c'en eût été un pour moi de vous avoir déjà félicité de voire deuxième volume, sur lequel je me renconire tout à fait de sentiment avec notre ami M. Lallier.
Vous faites bien de détacher ce portrait du plus aimable des sainls^ : je l'ai beaucoup étudié autrefois, et je pense, que vous ne le surfaites en rien. Si quelqu'un a jamais reçu un don, c'est lui bien visiblement : il avait Vattrait^ et le charme qu'il répandait alentour était irrésistible. La Savoie doit l'aimer entre tous, car, lui-même, il la fait aimer et il la représente en ce qu'elle a de plus naïf, de plus lin, de plus riant, de plus cher aux âmes poétiques et tendres. Vous avez très bien remarqué qu'il avait l'amour de la nature, mais de telle façon et à tel degré, qu'on ne sait trop si c'est la nature qui l'a mené à la charité ou la charité à la nature. Comme son doux et puissant Maître le iNazaréen, il avait le don des symboles; tout ce qu'il voyait autour de lui lui parlait et il traduisait, lui aussi, ce langage en paraboles. Il allait évangélisant. C'est comme cela qu'on les voudrait tous, et, quoiqu'il n'ait été ni fade ni