A M. S. BENOIST, PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES LETTRES DE NANCY
Ce 12 août -1869.
Cher monsieur, Je serais impardonnable si je tardais plus longtemps à vous remercier de votre excellente et substantielle lettre qui répond à tout sur Virgile. La plupart des choses que vous vouiez bien me dire, je les reconnais et serais bien mal venu à les contester. Je ne doute pas que, si un homme de goût et d'érudition possédait dans son cabinet les trois ou quatre principaux manuscrits de Virgile, qu'il y revînt sans cesse à bâtons rompus et à l'occasion, il ne lui vînt toujours à l'esprit quelque petit perfectionnement possible de texte Ce qu'il me semble seulement, c'est que, dans
1. Énéide. VI, 852. M. Benoist était d'avis, qu'au milieu de l'universelle enquête dont rAniiquité latine est l'objet depuis près de quatre siècles et avec les grands progrès qu'a faits l'étude du latin depuis une trentaine d'années, surtout en Allemagne, les textes des Anciens n'ont encore rien de définitivement assis. Il reconnaissait avec Sainîe-Beuve que les manuscrits de Virgile ont à peu près livré leur dernier mot; mais il pensait, et Sainte- Beuve admettait que, pour l'orthographe, les antiquités, le choix entre les diverses variantes, et surtout l'interprétation, la carrière était loin d'être fermée à de nouveaux progrès. (Voir l'Introduction des deux premiers volumes de Virgile.) (G. L.)
DE G. -A. SAÎNTE-DEUVE. . 367 l'état de choses il y a une espèce de limite, passé laquelle il n'y a plus que bien peu h espérer. Ainsi Ribbeck luimême me paraît quelquefois excéder ; dans le beau passage, par exemple: Excudent alii..,y son cedo, comme vous le faites remarquer, est une intéressante variante ; mais quel plaisir trouve-t-il à mettre : hœc tibi enmt artes ! Cest ce que j'appelle excéder. Mais je balbutie ce qu'il faut apprendre sans cesse et ce que vous savez : je ne veux, cette fois, que vous dire combien je vous suis obligé et reconnaissant. Tout à vous.
CGGXXÎV.
A M. CAMÎLLE ROUSSET.
Ce 13 aoÛB 1869.
Mon cher ami,
Je vois avec une sorte de scrupule et presque de remords toute la peine que je vous ai donnée avec ma question. La réponse, il est vrai, est toiU à fait intéressante, et elle seule pouvait résoudre les contradictions et les incertitudes que je trouvais de plusieurs côtés sur le colonel — général d'Alton. Le résultat intéresse d'ailleurs toute une ville, et je le reproduirai avec soin dans son détail^.
Je suis aussi peiné de ce qui menace cet homme d'an grand mérite et plein d'avenir^. Je l'ai entendu à la tribune et j'avais conçu de lui (indépendamment de sa valeur
1. Voir l'article sur le comte d'Alton Shéo [Nouveaux Lundis^ t. XIIÎ).