‹ Nouvelle correspondanceChapitre 17 sur 188 · A MADAME 0..,, DE LAUSANNE · texte numérisé non relu

A MADAME 0..,, DE LAUSANNE

Savez-voLis, chère madame, que cela rentre bien dans mes idées de gloire d'apprendre que vous lisez mes vers en tête-à-tête avec Miçkiewicz ? Yoyez-vous, la plus grande gloire des poètes morts ou absents consiste à ce que les vivants heureux et présents les lisent pour en faire un accompagnement et un prétexte à leurs pensées : le piano du fond pendant lequel on cause.

La Rochefoucauld a dit : « Nos actions sont comme les bouts rimés que chacun fait rapporter à ce qui lui plaît. » Jugez si cela est encore plus vrai de nos vers.

1. Cette lettre est le commentaire en prose de la précédente à madame d'Agoult. C'est, du moins, la même pensée sous une forme un peu moins ennuagée.

Je donnerais donc tout l'honneur d'être lu par vous avec lui au bonheur de lire près de vous ses vers et le Faris ou le sonnet en Âh ! ah ! ou n'imporle quoi interrompu par une parole de vous, par un sourire ou par de fous rires.

Et si lui, Miçldewicz, en était fier^ il serait bien bon enfant vraiment I — ce Je serais bien fâché d'être immor- •tel, dit Heine (le poète), parce que, si je Fêtais, immortel, je m'apercevrais bien vite que je ne le suis pas. »

XXXY.

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