Chargé de la critique littéraire à îa Revue de Paris
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 85 que parce que je le croyais sans inconvénient^ et peu fait pour exciter la contradiction. lime semblait qu'en causant d'une part avec M. Bulozpour vous assurer de quelques points et de rétat des îieux^ il vous était facile d'autre part de rejoindre ces points-là d'après vos impressions et vos lectures. Du moment que la difficulté vous semble telle, il vaut mieux se porter sur un autre sujet. J'en causerai moi-même avec M.Buloz quand je le verrai, et m'assurerai de ses intentions.
Je dois pourtant voiis dire que yous vous êtes assurément mépris quand vous avez cru qu'on vous poussait à des révélations de vie privée. Il faut sur ces points, même en biographie littéraire, en savoir plus qu'on n'en dit, pour ne pas dire à faux; mais, dans les cinquante articles de poètes et romanciers publiés dans la llevue^ je cherche en vain à m'en rappeler un seul où l'on ait transgressé la convenance sur ce chapitre de la vie privée ; et certainement aujourd'hui, et à l'égard de M. Soulié, on ne demandait pas autre chose.
Mais veuillez ajourner, puisqu'il vous a semblé ainsi. Nous en reparlerons, après que j'aurai parlé moi-même à M. Buloz.
Mille compliments affectueux.
A M. CHARLES EYNARD
27 août (1843).
Cher monsieur, J'ai reçu votre aimable souvenir; vous savez bien que toutes les occasions qui me reportent là-bas en idée sont
les bienvenues. Je n'ai pas bien saisi par votre lettre si M. d'Ochando en devait être le porteur, s'il était arrivé déjà ici ou en train de se marier à Genève. Dès que je saurai où le trouver ici, je ne manquerai pas de me rendre à d'aussi flatteurs désirs que ceux que vous m'exprimez. J'ai reçu de madame Edling les lettres du comte Joseph ^ auxquelles j'attachais tant de prix; mais je ne ferai mon travail sur lui qu'après mon second volume paru, c'est-àdire dans quatre mois, je pense, si les calculs de Paris ne sont pas toujours en défaut quant au temps. — J'espère que votre douce vie du lac, en vous donnant un redoublement de bonheur, ne vous aura pas ôté tout regret de Paris et tout désir de le revoir ; j'y pense beaucoup, à votre lac ; je crains d'être malade, cet hiver, de ne l'avoir pas vu cette année; j'en avais besoin, j'en avais soif; mais tant de choses enchaînent, qu'on finit par se lasser et rester où Ton est... Mais je souffre de ne pas m'y être retrempé. Nos amis Olivier le savent bien.
Veuillez, cher monsieur, offrir mes humbles respects à madame Charles Eynard et me rappeler non moins respectueusement au souvenir de toute votre famille, qui m'a fait un si obligeant accueil.
A vous.
Je ne sais où estLèbre depuis deux bons mois. — Voici un petit mot pour M. Châtelain que je vous serais obligé de lui faire tenir.