À M. RAULIN
Ce mercredi, 20 juin i832.
Mon cher ami,
Je reçois votre lettre trop tard; elle est arrivée hier soir chez ma mère à six heures, et j'étais déjà sorti de dîner pour faire l'article, de sorte qu'on ne me l'a apportée que ce matin. J'y vois que j'ai été bien malheureusement inspiré de toucher précisément avec trop peu de révérence ce qu'il m'aurait été aisé de ménager, et agréable, je vous
1. Il s'agit ici des remparts de Boulogne, et d'un souvenir essentiellement local.
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 21 assure, vous m'en priant. Au fond, je n'ai atteint, en rien de sérieux, le noble abbé S que je tiens pour très honnête homme et digne de toute estime, mais peu estimé assurément. S'il a contresigné les Chartes, il n'en a nullement compris les conditions : il y a une certaine loi d'avril 181 4 contre la presse qui est absurde et de lui. Au reste..., ^ l'a assez bien traité. Mais tout ceci est racjieté par ma maladresse que je vous prie de me pardonner et d'atténuer, si vous le pouvez, auprès de la personne qui a dû en être choquée. Tout à vous.