‹ Nouvelle correspondanceChapitre 57 sur 188 · A M. BELMONTET · texte numérisé non relu

A M. BELMONTET

Ce 25 mai I866.

Cher monsieur,

Je \'Ous remercie des écrits que vous m'envoyez et de l'occasion que vous me donnez de vous dire que mes sentiments sont moins éloignés des vôtres qne mes paroles de l'autre jour ne pouvaient vous le faire penser.

Je suis sous l'imgression d'une dernière petite botte que vous nous aviez portée, à nous académiciens et à moimême, je crois, dans le nombre. Vous n'êtes pas seulement de la religion napoléonienne (ce en quoi vous nous surpassez tous, sans contredit, et par la date et par la constance), mais vous êtes, à mes yeux, de la religion lyrique, et l'un des fidèles ; voilà un titre. Vous n'avez pas reculé d'un pas. Les tragédies, je m'y connais peu, quoique j'aie apprécié plus d'une fois, à la représentation, celles que vous nous avez données quand vous étiez le frère d'armes de Soumet; mais les belles odes, les belles strophes, je m'y laisse volontiers aller comme au temps de Pindare, et il suffit de quelques-uns de ces coursiers-là, de ces coursiers ailés, aux naseaux de flamme, pour emporter haut un poète et l'élever dans l'estime de ceux qui ont gardé le culte de l'art. C'est par cet aspect que vous me permettrez de vous saluer, et, lorsque vous descendrez du char sur le terrain de la prose, je vous demande de vous serrer tout simplement la main.

A M. ARSÈNE IIOUSSAYE.

Ce 2 juin 18G6.

Mon cher aiui,

J étais un arbre en fleur où chantait ma jeunesse, Jeunesse, oiseau charmant, mais trop vite envolé...

L'oiseau s'est envolé, Tarbre est mort: la branche aux sonnets s'est brisée cFun coup de venr,^il y a bien quinze ans de cela. Et voilà comment je n'ai ni im ni deux sonnets à offrir à mon vieil et toujours jeune ami Arsène.

Pour des photographies, j'en ai. Bertall en a fait une et même plusieurs, debout ou assis : on peut choisir.

A vous de tout cœur.

GLXYI.

A MADAME d'aGOULT^

14 juin 18G6.

Je ne suis pas ingrat ni oublieux; je suis déplus en plus lent et je remets mon devoir comme mon plaisir. J'admire Diotim.c depuis que je l'ai vue et entendue, et il y a longtemps. J'admirai du premier jour ses paroles éle-

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