A M. CHARLES DIGUET
Ce 25 août 1866.
Monsieur et cher poète,
Je lis vos Blondes et vos Brunes. Vous rajeunissez de vieux thèmes. Vous mettez de la saveur moderne à bien des choses que nous avions coutume de goûter sous une autre forme chez Horace et chez les Anciens : la mort à côté de la vie, l'amertume dans le plaisir! Ce n'est pas moi qui vous blâmerai d'être franc. Je me bornerai, pour cette fois, à ne pas présenter votre livre à l'Académie; mais je le laisserai sur ma table, et je relirai de temps en temps quelqu'une de vos jolies hardiesses entre deux poètes du xvi^ siècle.
Bien à vous.