M. MILCENT, MÉDECIN HOMOEOPATHE
Ce iO février 1868.
Monsieur et cher docteur,
Je comptais presque vous voir ces jours-ci. J'ai à vous remercier de deux écrits, dont je vous ai dû l'envoi. Us m'ont fort intéressé, et, quoique je sois bien peu juge en ces matières, je me suis permis tantôt et souvent d'approuver, d'autres fois de discuter, d'autres fois enfin de trouver que la logique extrême entraînait un peu au delà de l'expérience. Je suis de ceux, par malheur, qui pourraient être classés parmi les inconséquents et qui sont accoutumés à prendre des uns et des autres et à flotter dans J'entre-deux. Ce que je fais en morale, j'eusse probablement été tenté de le faire, si j'étais devenu médecin. Mais combien j'apprécie, croyez-le, l'élévation des doctrines, la fermeté des points de vue, la largeur et l'équilibre, l'animisme vraiment hippocratique! Je vous aurais dit, monsieur et cher docteur.
quelque chose de tout cela, en vous exprimant tous mes remerciements. — La force a continué de me revenir: je marche et je crois être maintenant au point où j'étais avant ma complication. Il ne faut pas désirer trop guérir.
Veuillez agréer, monsieur et cher docteur, l'assurance de mes sentiments dévoués.
A M. ARTHUR DE GRAVILLON.
Ce 6 mars 1868.
Cher monsieur,
Je n'ai votre adresse exacte que de ce matin. Je vous envoie un numéro de Reloue en retard. Demain ou aprèsdemain, je vous adresserai par la poste tous les autographes de madame de Staël et de madame Récamier. Je prie mon ami Chantelauze de les relire encore, car il est resté pour moi quelques mots Coûteux. Je croyais que^ quand on avait passé quatre-vingts ans^ la coquetterie se retournait et qu'on se piquait d'avoir plutôt plus que moins. Vous avez été charmant de confiance, et je vous en remercie d'autant plus que, ayant eu affaire pour mes biographies à bien des familles, j'ai rarement trouvé cette libéralité entière de procédé. C'est que vous êtes homme de lettres et que, vous aussi, vous avez mordu à la grappe.
Croyez-moi votre obligé et dévoué.
2ôS NOUVELLE CORRESPONDANCE