A JOHN STUART MILL, ESQ
Paris, 28 mars 1841.
Je remets sans cesse à vous écrire, mon chnr Mill, afin de pouvoir le faire plus longuement. Je commence à com-, prendre que si j'attends ainsi qu^il me vienne du temps, je finirai par ne pas vous écrire, et qu'il vaut mieux le faire d'une manière brève que de ne le pas faire du tout.
Je vous dirai d'abord que j'entends encore très-souvent parler de votre article sur mon livre. M. Royer- Collard qui, comme vous savez, est un grand juge, me disait encore l'autre jour qu'il venait de .relire pour la seconde fois votre article, et qu'il le considérait non pas seulement comme une bonne revue, mais comme un onvrage original d'une grande profondeur et d'une valeur considérable. J'ai voulu vous faire connaître ce jugement, parce que dans ces matières M. Royer-Collard rend des