Le ni::m-hal BugeaiKi
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mellra six jours à arriver dans les mains du gouverneur* gcDcral, et ensuite quinze pour parvenir jusqu'à l'ingénieur en chef. Tjà où il n'y a qu'un intermédiaire en France, il y en a quatre en Afrique, et, au rebours dé ce qui serait nécessaire, tout est arrangé de manière k marcher beaucoup plus lentement dans la colonie que dans la métropole. Mais c'est là le moindre mal : le plus grand est la profonde anarchie qui règne et qui forme le spectacle le plus déplorable à voir qu'on se puisse imaginer. Tous les chefs de service se font la guerre enire eux-; aucun ne veut obéir : nulle part ne se manifeste une vue d'ensemble, une volonté prépondérante. C'est, en vérité, pitoyable. J'ai constaté qu'on ne s'occupait même pas d'une façon régulière et active, des mesures préparatoires à toute colonisation, la levée des plans, la reconnaissance de la propriété. Le directeur *** m'a avoué qu'on ignorait absolument quelles étaient les propriétés de l'Élat, non pas au delà de l'Atlas, mais à Alger et dans les environs; qu'on donnait au hasard; que les titres laissés par l'administration turque n'avaient pas encore été traduits; qu'en un mot, on vivait au jour le jour, comme le lendemain de la conquête, suflisant à peine à la besogne courante.
Je m'arrête ici ; les détails me mèneraient trop loin ; et, si j'entrais dans celte voie, je n'en finirais point : il vaut mieux d'ailleurs attendre, pour causer avec vous sur tous ces sujets, que je me sois rendu maitre de tous ces détails et que je sois phis sAr de Texaclilude de mes paroles. Je travaille du matin au soir à acquérir des no<
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lions justes sur les choses et sur les hotnmes: J'espère y parvenir et rapporter quelques connaissances utiles. Quant à présent, je vous écris en courant et d'une manière très-superficielle : ce sont de premières impressions que Texpérience me portera peut-être à modifier. J'en viens à l'objet principal de ma lettre.
La dernière fois que nous nous sommes vus, vous m'avez dit une chose qui m'a fort frappé; je crois l'avoir bien comprise. Le sens de vos paroles était, si je ne me trompe, celui-ci : discerner nettement ce qui constitue Vétat exceptionnel du citoyen français en Algérie, examiner quelles sont les portions de notre droit commun qui pourraient, saiis inconvénient, lui être appliquées; telle était, suivant vous, l'étude la plus utile a laquelle il convenait de se livrer ici. C'est à cette pensée que je désirerais vous voir donner quelques développements pratiques; plusieurs questions de détail nettement posées par vous me serviraient beaucoup pour discerner le sens exact de votre pensée, et m'aideraient dans ic travail dont je sens, comme vous, l'utilité. J'ai, du reste, commencé à m'y livrer avec ardeur. J'ai pris nos codes et j'ai tâché (chose très-difficile dans un pays où le hasard semble la loi suprême) de me faire expliquer ce qu'on avait adopté. Ce n'est point le moment de vous dire, en détail, ce que j'ai rencontré en suivant celte voie. Je me bornerai à la seule observation générale que voici : presque toutes les lois civiles et criminelles de France sont appliquées ici. Les grandes différences qui distinguent la posilion du Français à Alger de sa posi-
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tion en France se rencontrent dans les lois politiques et administratives. Celles-ci sont non-seulement tièsdifferentes, mais contraires à tous nos principes : ce qui soavent est nécessaire et quelquefois parfaitement inutile. La plus grande garantie, lagaranlie-mère, qui me parait manquer à l'Algérie, et vers laquelle toute la population civile sémUe soupirer, c'est l'extension de la loi proprement dite aux principales affaires algériennes. Pensez à cela, je vous prie : quant à moi, j'avoue que, tout disposé que je suis à laisser une plus grande part à Tordonnance ici qu'en France, je me persuade, de plus en plus, qu'il y aurait peu d'inconvénients et mille avantages à faire rentrer, dans toutes les choses principales, cette grande adaire sous le contrôle
des Chambres
Pardonnez-moi, mon cher collègue, ce long griffon; nage écrit bien à la hâte : répondez-moi le plus tôt possible à Alger, et croyez à tous mes sentiments de bien sincère amitié.
AiNNÉE 1847
A M. J -J. AMPÈRE
Paris. i847.
Mon cher ami, M. Guizol est venu hier à mon bnnc ine demander si, lorsque le moment sera venu, vous consentirez à être présenté au roi*. J'ai répondu de vos sentiments monarchiques et même dynastiques, et j'ai affirmé que vous accepteriez avec respect celte occasion d'entrer en communication directe avec Sa Majesté. Quoique M. Guizot m'en croie certainement sur parole, il m'a prié de vous adresser la question et de lui faire connaître votre réponse. Écrivez-moi donc, ou venez me dire deux mots aujourd'hui à la Chambre.
Vous comprenez, du reste, que ceci n'est pas fait pour vous, dont les opinions politiques sont connues. C'est, «vins doute, un précédent qu'on établit pour avoir plus
t. M. Ampère vonnil cFôlre ôlu inembri» de l'Acndémio fntiçaisr.