LVII LA CUISINE... DANS TOUS 1RS PAYS
Parlez! dit-il, maudit bavard;
« Qu’alliez-vous faire à la cuisine?... »
Si le livre de M. Urbain Dubois avait fait partie de la blMio* thèque de son monastère, le bon prieur eût vu qu'on pouvait faire des carpes à la marinière, — à la polonaise, — à la Narbonne, — à la Russe, — à la bière et à la matelote, — et qu'il existait plus d'une manière... de ne les pas manger au (gras.
Je n'ai cité ici que les mets singuliers ; il y a douze cent trente-huit recettes dans ce livre qui sort du prosaïsme de la Petite Cuisinière bourgeoise.
Le cuisinier s'y fait chimiste, hygiéniste, historien.
Il va regarder dans tous les plats, et découvre, au profit de la science culinaire, les marmites les plus imposantes.
Il vous initie aux menus les plus affriolants : un menu servi à Constantinople dans un dîner à l’ambassade de France, — an menu servi au roi de Grèce, au Kursallde Nauheim, — un menu servi chez M. Baroche, ministre de la justice. — an autre chez M. de Metternich, ambassadeur d’Autriche à Paris.
Le nom des artistes culinaires qui ont servi ces menus est ©entionné en toutes lettres.
C’est M. Jules Tarette chez M. Walewski.
C'est M. Carlier chez M. Thiers.
C’est M. Alexandre chez le maréchal Niel.
C’est M. Piscart chez le baron James de Rothschild.
Je ne dois point omettre M. Ripé, cuisinier du comte de Bismark, qui a rendu hommage à la France, en servant, l’an dernier, à la table du président du conseil à Berlin, des salmis de bécasses à la Pèrigordt une casserole de riz à la Toulouse , M le potage à la Reine Hortense.
Je ne sais si M. Urbain Dubois est jeune ou vieux; mais il aie courage de la jeunesse: il ose!... Ce n'est pas peu de îhose, en gastronomie comme en affaires!...
Et, bien que, contrairement à ses avis, je manie la four* «bette comme je manie la plume, de la main droite, je n'en suis pas moins prêt à lui appliquer la maxime de Lucain : iudaces fortuna juvat !
Ce qui n'est pas du latin de cuisine...