MARCHÉ AUX GUENILLES. BAINS DE SPIRE
L’église dont nous venons de parler sépare la Grand’rue du Vieux-Marché-aux- Vins, sur lequel se tient tous les vendredis un marché de friperies, de vieux meubles et de ferraille.
Dans la même rue , on remarque les bains de Spire , qui, d’après une inscription assez singulière , furent achevés en 1576, lorsque les Zurichois se rendirent à Strasbourg pour la célébration des jeux de l’arquebuse. Us mirent si peu de temps à leur voyage , dit l’inscription , qu’ils apportèrent à Strasbourg une bouillie de mil ( Hirsebreij ) encore toute chaude, qui fut mangée au Poêle-des-Maçons sur la table de J’ammeistre. Ce voyage a été célébré en prose et en vers par plusieurs auteurs qui en font une description merveilleuse.
Cette bouillie avait été transportée dans un vase d’airain pesant 140 livres, et
entouré de sable chaud. Le vase existe encore et se trouve à la bibliothèque de la ville.
Non loin des bains de Spire, on remarque le bel hôtel de Neuviller , qui était autrefois la propriété du chapitre de ce nom.
En continuant de suivre le Vieux-Marché-aux-Vins et la rue des Petites-Boucheries , on tourne à droite et on arrive à la Place-d’ Armes.
place-d’armes. arcades.
La Place-d’ Armes forme un polygone d’environ 160 mètres (492 pieds) de longueur , sur environ 120 mètres (570 pieds) de largeur. Cette place, assez irrégulière, est défigurée par d’antiques maisons à pignon qu’on commence cependant à restaurer peu à peu. Le côté du nord, précédé d’une plantation d’arbres, est occupé par un vaste bâtiment élevé en 1767; il est affecté à l’état-major de la place, au loge-
ment du lieutenant de roi, au bureau des logements militaires.
C’est au milieu de cette place que va être élevé le monument de Kleber , cet illustre guerrier, que Strasbourg s’honore d’avoir vu naître dans ses murs.
Non loin de la Place-d’ Armes, sont les Arcades. Cette espèce de galerie couverte, où se trouvent un grand nombre de beaux magasins , ne mérite en elle-même aucune attention particulière. A la naissance des Arcades est la petite rue de l’École ; elle conduit à une place au milieu de laquelle s’élève le Temple-Neuf.