NEUVIÈME PÉRIODE
Ré formation.
Diète d’Augsbourg. Luther soutient ses propositions devant le cardinal Cajétan et devant l’empereur.
Pierre Philippus prêche pour la première fois d’après le texte pur delà Bible, dans l’église de Saint-Pierre-le-Vieux.
Pierre Cberegatus, légat du Saint-Siège, arrive à Strasbourg, et s’élève contre la publication des nouveaux principes religieux.
Le chapitre ayant interdit à Zell la chaire de la Cathédrale , les menuisiers construisent une chaire portative qu’ils offrent à ce prédicateur.
Antoine Firn, curé de Saint-Thomas, se marie. Plusieurs autres prêtres imitent son exemple.
Un grand nombre d’ecclésiastiques quittent Strasbourg.
Diebold Schwartz dit la première messe en langue allemande dans la Cathédrale.
On y communie sous les deux espèces.
L’évêque défend aux laïques non lettrés de lire la Bible ni aucun ouvrage spirituel.
L’empereur Charles Y exprime au magistrat son mécontentement sur toutes les innovations téméraires qu’il a laissé introduire dans la religion.
Le pape adresse de fortes menaces au magistrat de Strasbourg.
Nouvelle insurrection des paysans alsaciens contre les nobles et les prêtres. Ittel Jœrg, de Rosheim, leur chef, est exécuté à Strasbourg.
L’inhumation des morts dans l’intérieur de la ville est défendue. Les autels , les images des saints et les lustres sont enlevés des églises.
Carlstadt, chassé de Wittenberg, publie à Strasbourg ses opinions sur la présence réelle de J.-C. dans le sacrement de l’eucharistie. Sa doctrine, conforme à celle de Zwingli, est adoptée par les ecclésiastiques protestants de Strasbourg.
Les anabaptistes se répandent en Alsace. Leur doctrine , subversive de tout ordre public, leur fait interdire les portes de Strasbourg.
La messe est abolie à Strasbourg par le grand conseil des échevins.
Le représentant de Strasbourg est exclu du conseil de régence de l’empire.
Une diète tenue à Spire défend à toutes les villes de l’empire d’abolir la messe et de faire aucune innovation contraire au culte catholique. Strasbourg et plusieurs autres Tilles protestent contre cette dis-
position comminatoire et en appellent à un futur concile. De là le nom de protestant .
Alliance de Strasbourg- avec les villes helvétiques de Berne , de Bâle et de Zurich ,
. à l’effet de résister aux intentions hostiles de l’empereur.
Diète d’Augsbourg présidée par Charles Y. Mélanchthon, le plusinstruit desdisciples de Luther, est chargé de rédiger la profession de foi des protestants et de défendre leurs intérêts. Le pape et son légat excitent l’empereur contre les novateurs et lui arrachent un rigoureux édit.
Union de Smalkalde pour la défense de la nouvelle religion et la liberté de conscience.
Fondation de la bibliothèque publique de Strasbourg par Jacques Sturm. Elle se composait originairement de 700 volumes.
Strasbourg souscrit à l’alliance de Smalkalde.
Fondation de l’hospice des Orphelins.
Les ministres de l’église protestante de Strasbourg adoptent la doctrine de Luther relativement à l’eucharistie.
Fondation du collège de Strasbourg. Jean Sturm, le célèbre historien SIeidan, si souvent cité par Robertson, etc., en furent les premiers maîtres.
Jean Calvin, chassé de Genève, devient prédicateur des réfugiés français à Strasbourg.
Diète de Ratisbonne. Strasbourg y envoie Jacques Sturm, Beatus de Dunzenheim, Bucer et Capito.
Mort de l’évêque Guillaume III. Erasme Schenck de Limbourg lui succède.
Institution du collège des Wilhelmites.
Guerre de Smalkalde. Strasbourg y envoie son contingent.
Les protestants perdent la bataille de Mühlberg.
L’empereur publie le règlement provisoire connu sous la dénomination d 'intérim.
Par ce règlement, il est ordonné aux protestants de restiluer aux ecclésiastiques catholiques, la Cathédrale et les églises de Saint -Pierre -le -Vieux, de Saint- Pierre-le-Jeune et de la Toussaint. Les autres églises furent laissées aux protestants, avec la permission de conserver leurs prédicateurs mariés et de communier sous les deux espèces.
Le magistrat conclut une transaction avec l’évêque Erasme à l’occasion deViintérim
Le célèbre Sleidan est député vers le concile de Trente pour défendre les intérêts des protestants de Strasbourg.
Henri II, roi de France , surprend Metz , Toul et Verdun , et s’avance vers Strasbourg en s’annonçant comme le défenseur de la liberté germanique. Le magistrat^ qui connaissait la politique des princes libérateurs, lui refuse tout passage.
Charles V passe le Rhin à la tête de cinquante mille hommes et s’avance vers Metz, qu’il assiège. Ses efforts pour reprendre cette ville sont infructueux.
Mort de Jacques Sturm, le magistrat le plus intègre et l’un des citoyens les plus vertueux dont Strasbourg puisse se glorifier.
Jean Sleidan termine également son illustre carrière.
Le traité conclu à l’époque de l 'intérim, expire ; les catholiques sont forcés de restituer les églises qui leur avaient été accordées à cette époque pour l’exercice de leur culte.
Strasbourg achète la seigneurie libre de Barr.
L’empereur Maximilien II permet au magistrat de juger au civil et sans appel, jusqu’à concurrence de 600 florins (monnaie rhénane).
Le collège de Strasbourg est transformé par le même en académie.
L’évêque Erasme meurt dans son château de Saverne. Jean, comte de Manderscheid , lui succède.
Célébration des jeux de l’arquebuse à laquelle assistent les arquebusiers de Bâle et de Zurich.
Daniel Specklin (Speckle), architecte de la ville , restaure les fortifications.
Strasbourg est troublé par les contestations du chapitre catholique et des chanoines protestants.
Mort de l’évêque Jean de Manderscheid. Cet événement amène de nombreuses discussions relatives à l’élection d’un nouvel évêque , et donne naissance à une guerre civile.
La doctrine de Luther est sanctionnée de nouveau par le magistrat.
Convention de Haguenau. Le margrave George de Brandebourg, qui, à l’âge de 16 ans, avait été élu évêque de Strasbourg par les chanoines protestants, renonce à ses prétentions sur cet évêché.
La ville de Strasbourg souscrit à l’union évangélique.
L’Académie de Strasbourg est organisée en université par Ferdinand II, empereur d’Allemagne. Le collège , ou gymnase , est séparé de cette institution.
L’Alsace est envahie par les Suédois.
Paix de Westphalie. Par ce traité, l’Alsace est cédée à la France.
Etablissement d’un observatoire à Strasb.
Les villes impériales d’Alsace sont successivement prises par l’armée française, et leurs fortifications rasées.
Le magistrat promet une stricte neutralité au maréchal de Turenne, commandant des troupes françaises, et reçoit à ce sujet de vifs reproches de l’empereur d’Allemagne.
Le maréchal de Créqui emporte le fort de Kehl, et brûle le pont du Rhin, par lequel Strasbourg, malgré ses promesses de neutralité (disait-on) avait donné passage aux troupes impériales.
Paix de Nimègue entre la France , la Hollande et ses alliés. La Franche-Comté et plusieurs villes des Pays-Bas sont comprises par ce traité, dans les possessions françaises.
Etablissement de la chambre de réunion à Brisach. Cette chambre exige des villes d’Alsace le serment de fidélité à Louis XIV.
Strasbourg est réuni, par capitulation, au royaume de France. Cette capitulation consacre le libre exercice de la religion protestante , l’élection du magistrat et le maintien des franchises dont cette ville jouissait depuis de longues années.